La Chine, antidote au « choc des civilisations »
Bruno GUIGUE
Servie à toutes les sauces idéologiques depuis trente ans, la théorie de Samuel Huntington sur le « choc des civilisations » est un véritable chef d’œuvre du prêt-à-penser. Les obsédés de la lutte pour « nos valeurs », les vestales du feu sacré de l’Occident, les pessimistes qui pronostiquent la guerre généralisée, ou plus simplement les cyniques empressés de jeter le masque universaliste pour justifier la loi du plus fort : tout le monde y trouve son compte. Battant en brèche la représentation irénique d’un monde pacifié, elle fait partie de ces théories retentissantes qui semblent résumer la signification d’une époque, alors qu’elles en traduisent surtout l’idéologie dominante.
Exposée par l’universitaire américain Samuel Huntington dans un article paru en 1993, puis dans un ouvrage du même nom en 1996, cette théorie fait du conflit international une conséquence directe de la diversité des civilisations :
« Mon hypothèse est que la source fondamentale des conflits dans ce (…)Lire la suite »






















