Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

11 
Le drapeau cubain flotte sur washington

Isolé dans sa propre arrière-cour, Washington n’avait pas d’autre choix que de changer de politique envers Cuba : Noam Chomsky

Puisque les politiques de terreurs et d’asphyxie économique ont échoué, depuis 2014 Obama a essayé d’employer d’autres moyens pour « instaurer la démocratie », affirme le linguiste.

Le changement dans la politique extérieure des Etats-Unis envers Cuba est dû au fait que, avec les changements notables survenus en Amérique latine ces dernières années, Washington s’est retrouvé de plus en plus isolé dans sa propre « arrière-cour » et s’est vu obligé de changer de position par rapport à l’île, a affirmé Noam Chomsky.

Durant un entretien accordé à La Jornada dans le cadre de l’inauguration des nouvelles ambassades de Cuba à Washington et étatsunienne à La Havane ce lundi, nous avons demandé l’opinion de Noam Chomsky au sujet de la décision des Etats-Unis de rétablir des relations diplomatiques après plus d’un demi-siècle.

« Les raisons du changement dans la politique étatsunienne [envers Cuba] sont assez claires. Depuis plusieurs décennies, les sondages révèlent que la population étatsunienne est favorable à une normalisation des relations. Néanmoins, l’opinion publique est toujours ignorée, c’est une règle. Plus intéressant encore : des secteurs importants du grand capital étatsunien sont pour une normalisation : pharmaceutique, énergie, agro-industrie, entre autres. Ce sont ceux qui habituellement prennent les décisions, et si ils sont ignorés cela veut dire qu’il y a un intérêt d’Etat encore plus important », a signalé le linguiste et intellectuel, un des critiques les plus reconnus au sujet du pouvoir et des relations internationales des Etats-Unis.

« Cet intérêt (suprême) d’Etat est très clairement défini dans des documents officiels internes » que l’on pourrait résumer ainsi : « Le défi des cubains face à la politique extérieure étatsunienne, qui découle de la Doctrine Monroe, ne peut pas être toléré ».

“Doctrine de la mafia”

Chomsky décrit cette politique comme étant basiquement une « doctrine de la mafia », qui cherche à imposer cet ordre mondial, ce qui est compréhensible : les documents officiels internes [du gouvernement des Etats-Unis] expliquent que la désobéissance (à cette doctrine) peut potentiellement se muter en ce que Kissinger a appelé « un virus », qui pourrait propager l’infection et perturber le système dans son ensemble ».
Ainsi, dans le cas de Cuba, cette doctrine consistait en isoler et contrôler « ce virus » à tout prix depuis l’époque de la révolution jusqu’à récemment, mais quelque chose a changé.

Chomsky signale que « cette politique a dû faire face à un grand problème. Lors du Sommet des Amériques en Colombie, les Etats-Unis (avec le Canada) se sont retrouvés complètement isolés sur tous les sujets cruciaux, dont Cuba. Alors que le prochain Sommet de Panama approchait (il a eu lieu en 2014), il devenait possible que les Etats-Unis restent exclus par rapport au reste de l’hémisphère. Il fallait agir ».

Il continue : « C’est à ce moment que Barack Obama a prédit dramatiquement que les politiques étatsuniennes pour apporter la démocratie et les droits de l’homme à Cuba n’avaient pas fonctionné, et qu’il fallait trouver un autre moyen pour atteindre nos objectifs, des objectifs nobles puisqu’il s’agit des notre. Par conséquent, de façon magnanime, les Etats-Unis allaient permettre que Cuba s’échappe -un petit peu- de son isolement international ».

Il rajoute que « cette noblesse (d’Obama) a été chaleureusement applaudie par les médias de la gauche libérale, notamment par le New York Review of Books, qui a expliqué qu’Obama a « vaillamment et intelligemment, mais en prenant de considérables risques politiques, décidé de rétablir les relations diplomatiques en décembre 2014, ce que le président des Etats-Unis a décrit comme un moyen plus effectif de permettre au peuple cubain de s’émanciper [le terme original utilisé par l’auteur est « empowerment », ndt]. Obama a fait des pas vraiment historiques », ce qui lui a permis d’arriver à la Conférence de l’OEA au Panama avec « une légitimité morale renforcée ».

Chomsky traduit toute cette rhétorique ainsi : « Les changements notables dans une grande partie de l’Amérique latine durant ces 10 ou 15 dernières années ont produit un isolement notable des Etats-Unis dans ce qui était historiquement considéré comme son « arrière-cour ».

Il conclut son explication avec un ton férocement ironique : « puisque les politiques de terreur et d’asphyxie économique ont fracassé, les Etats-Unis ont entrepris de mettre en place tous les moyens pour que Cuba puisse bénéficier des plus hauts standards de vie tel qu’au Honduras, au Guatemala ainsi que d’autres pays qui ont déjà bénéficié de la bienveillance des Etats-Unis ».

David Brooks – Correspondant (La Jornada)
Lundi 20 juillet 2015, p. 18.
New York

Traduit par Luis Alberto Reygada pour Le Grand Soir

»» http://www.jornada.unam.mx/2015/07/20/mundo/018n1mun
URL de cet article 29014
   
AGENDA

RIEN A SIGNALER

Le calme règne en ce moment
sur le front du Grand Soir.

Pour créer une agitation
CLIQUEZ-ICI
La télécratie contre la démocratie, de Bernard Stiegler.
Bernard GENSANE
Bernard Stiegler est un penseur original (voir son parcours personnel atypique). Ses opinions politiques personnelles sont parfois un peu déroutantes, comme lorsqu’il montre sa sympathie pour Christian Blanc, un personnage qui, quels qu’aient été ses ralliements successifs, s’est toujours fort bien accommodé du système dénoncé par lui. J’ajoute qu’il y a un grand absent dans ce livre : le capitalisme financier. Cet ouvrage a pour but de montrer comment et pourquoi la relation politique elle-même est (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Un socialiste est plus que jamais un charlatan social qui veut, à l’aide d’un tas de panacées et avec toutes sortes de rapiéçages, supprimer les misères sociales, sans faire le moindre tort au capital et au profit.

Friedrich Engels


Cuba - Tchernobyl : Lettre à Maria.
24 août 2006. Chère Maria, Je ne sais pas si mon nom vous dira quelque chose. A vrai dire, je ne crois pas vous avoir laissé un souvenir impérissable. C’est pourtant vous qui m’avez donné, au détour d’une seule phrase, une des plus belles leçons d’humanité qu’un homme puisse recevoir. Il y a déjà quelques années de cela mais, comme vous pouvez le constater, je n’ai pas oublié. Vous souvenez-vous, Maria, de cet occidental en visite sur votre île qui voulait vous poser quelques questions ? En réalité, et (...)
Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
51 
Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.
Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature d’un de ses journalistes réguliers traitant de l’international, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît l’histoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), c’est une accusation de nazisme et d’antisémitisme qui est ainsi (...)
118 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.