La « pensée » d’Alain Soral : Révolution ou réaction ? (3/4)

Du bon impérialisme

« Notre intérêt, désormais solidaire de celui de l’Allemagne, n’étant pas non plus de rembourser une deuxième fois " via l’ONU " 80 % du coût de la guerre du Golfe aux Américains, pour nous avoir fait perdre tous nos marchés dans la Péninsule arabique. D’autant plus que le but ultime de cette nouvelle guerre impérialiste est de contrer la suprématie économique européenne, par la mainmise sur ses futures sources d’approvisionnement en énergies fossiles [32]. » Soral représente aux côtés des Le Pen, De Gaulle, De Benoist et autres réactionnaires une tendance de la grande bourgeoise française qui veut briser l’alliance avec les États-Unis.

Ils sont nombreux aujourd’hui à droite à minimiser l’impérialisme français au moment même où il redevient agressif : les événements en Libye, en Côte d’Ivoire et plus récemment en Syrie en sont la preuve. Tandis qu’à gauche, on fait semblant de ne pas le voir, on dénonce Sarkozy, qui serait au service de l’impérialisme américain.

Or, l’impérialisme français est loin d’être enterré, et le grand capital français est tout sauf inféodé aux États-Unis, n’en déplaise à Soral : « En 1980, parmi les 500 plus grands groupes industriels du monde, 217 provenaient des États-Unis, 66 du Japon et 168 d’Europe… [33] » En 2008, la liste du magazine Fortune est la suivante : 140 groupes industriels américains, 68 du Japon, 37 de Chine et 179 de 18 pays européens. Quel est l’impérialisme qui se renforce le plus ? De ces 179, 39 sont français et 37 sont allemands. Fortune vient de publier le classement pour 2010 : États-Unis 139, Japon 71, Chine 46, France 39, Allemagne 37, Grande-Bretagne 29, Suisse 15, Pays-Bas 13, Italie 11, Canada 11, Corée du Sud 10, Espagne 10, etc. [34] Cette liste est essentielle pour voir les vrais rapports de force dans le monde ! L’impérialisme français est loin d’être mort et en Europe, allié bon an mal an à l’Allemagne, il se renforce. En fait, à deux (malgré des désaccords bien sûr, la rivalité ne s’interrompt jamais), ils se complètent pour dominer la politique européenne. L’axe Paris-Berlin voulu par Mitterrand et Kohl, initié par De Gaulle, est toujours vivace. Que l’on pense par exemple aux coups de force du couple Sarkozy-Merkel pour imposer l’austérité à tous les pays européens.

« Grâce à Zemmour, on a à nouveau le droit d’aimer son pays […] je l’aime bien […] il y avait des juifs à l’Action française qui montraient leur amour de la France en se convertissant au catholicisme, pour montrer qu’il n’est pas dans la double allégeance […] être juif, c’est pas seulement une religion, c’est aussi un peuple, une nation avec Israël […] si on aime la France comme il l’aime, on doit faire comme Marcel Dassault, comme Michel Debré, on doit se convertir au catholicisme […] qu’il aille jusqu’au bout de son assimilation, puisque lui aussi est un métis, un immigré, faut pas oublier, il vient du Maghreb, il est issu d’une double culture [35]. » Vous avez bien lu, l’important c’est de soutenir l’impérialisme français. Le but de Soral c’est de remplacer les élites mondialistes donc amorales et antifrançaises par de vrais Français nationalistes et catholiques. Pour rappel, Debré était ministre sous De Gaulle et Dassault, un puissant capitaliste du complexe militaro-industriel français. Alain Soral demandera-t-il la même chose aux jeunes musulmans qu’il fait semblant de chérir ? L’Islam ou la France, il faut choisir !

Soral essaie de manipuler les sympathies propalestiniennes et anti-israéliennes pour défendre un renouveau de l’impérialisme français nationaliste et conquérant. Lorsque Soral s’en prend au sionisme, nombreux sont ceux qui pensent qu’il attaque Israël, ce qui n’est pas tout à fait vrai : il en veut aux élites juives apatrides et cosmopolites : « Finalement, les sionistes essaient d’exister : une nation comme les autres […] je préfère cent fois les sionistes à ce genre d’antisioniste juif [comme Chomsky] ce qui les gène dans le sionisme [israélien] c’est que ça rabaisse le cosmopolitisme juif d’élite qui est chez lui partout comme le dit bien Attali […] si on était resté au projet de Herzl où les juifs pourraient vivre en tant que nation sans renouer avec le projet biblique qui est un projet de domination mondiale et mondialiste, je serais le premier des sionistes, car j’estime tout à fait sain qu’un juif veuille exister en tant que nation [36]. »

On comprend mieux pour qui roulent vraiment Alain Soral et Marine Le Pen. Le FN fait en quelque sorte une offre aux grands patrons : « Nous sommes forts, lâchez l’UMPS pour une France forte, alliée à l’Allemagne, protectionniste et impérialiste, choisissez le FN, allié à la droite de l’UMP. » D’où les appels du pied en direction de la droite de l’UMP et la droitisation de l’opinion savamment orchestrée par les médias. Les grands patrons font leur marché quand ils choisissent de soutenir telle ou telle tendance politique en fonction de leurs besoins du moment. Et aujourd’hui, ils ont de plus en plus besoin de museler les syndicats pour faire passer des réformes antisociales dont l’ampleur est inégalée. La social-démocratie et la droite classique manquent d’efficacité pour réprimer le mouvement ouvrier : la droite dure, décomplexée n’aura pas peur de s’attaquer aux droits démocratiques.

Du bon capitalisme

Soral : « seul le retour aux vieilles valeurs morales : respect des anciens, de la hiérarchie et de la parole donnée, sens de l’honneur et du beau, goût du rituel… peuvent produire une politique sociale. […] Une alliance de l’honneur et du producteur [37]. » Comme Sarkozy, Soral ne veut pas en finir avec le capitalisme, il veut le moraliser : il y aurait un « bon » et un « mauvais » capitalisme, à savoir, les capitalistes industriels patriotes contre les capitalistes financiers mondialistes. Encore un mythe… Soral ne dénonce pas le capitalisme en tant que tel, mais le capitalisme usuraire, le prêt à intérêts. Il suffirait donc de remettre les banquiers à leur place en réinvestissant l’État de ses droits entre autres régaliens comme le droit de battre monnaie, ainsi que le suggère Marine Le Pen.

Selon Soral, « La Banque devient ainsi propriétaire de tout, sans jamais rien produire, et avec de la fausse monnaie pour seule mise de fonds ! Nous touchons là à ce que nous pouvons appeler à la fois le génie et le vrai secret bancaire [38]. » Qui n’a été un secret que pour lui, il se révèle donc n’être qu’un vulgaire keynésien (Hitler aussi, tout comme Roosevelt, était keynésien). Cette analyse n’a donc rien de neuf, ni de marxiste, encore moins de révolutionnaire. Ah ! Nostalgie des temps glorieux où l’État pouvait se prêter à lui-même à taux zéro (et donc faire grimper l’inflation qui ruine le bon petit peuple et engraisse les banques… Soral lui-même reconnaît que le pouvoir politique a plus d’une fois fait un usage abusif de la planche à billets). Pas une seule fois d’ailleurs, il ne pose la question essentielle du caractère de classe de l’État.

La Réserve Fédérale américaine représenterait l’archétype de « l’oligarchie bancaire mondiale ». Le vertige des chiffres sans doute : « Or il faut savoir que les seuls intérêts perçus par la FED s’élèvent, annuellement, à 2 500 milliards de dollars. Soit cinquante fois la fortune de Bill Gates. […] Une super fortune que se partage le cartel des douze banquiers internationaux cachés derrière la FED [39]. » Voilà qui donne le tournis ! Sauf que tout est faux. En 2010, la FED réalise un bénéfice de 80,9 milliards de dollars, dont 78,4 milliards reversés au budget fédéral, soit la quasi-totalité. On est loin des 2 500 milliards, qui sont le chiffre d’affaires de la FED non de ses bénéfices. Les bénéfices de la FED sont l’équivalent des bénéfices cumulés des quatre entreprises multinationales qui ont fait le plus de bénéfices en 2010 : Gazprom (Russie), Exxon Mobil (États-Unis), Industrial & Commercial Bank of China (Chine) et British Petroleum (Royaume-Uni). Trois d’entre elles sont des compagnies pétrolières, de vrais capitalistes industriels. Les entreprises russe et chinoise sont possédées par l’État.

Il parle encore de la mise en circulation de nouveaux billets pour 4 milliards de dollars basés sur un équivalent argent (en fait, cela était possible depuis une loi votée au congrès en 1934 ; Kennedy n’a fait qu’étendre ce principe ; on est loin d’une attaque frontale contre la FED…). Quatre milliards, ça pèse peu face aux 533 milliards de dollars que la guerre du Vietnam a coûtés au contribuable américain et de la part qu’en ont tirée les géants de l’armement… [40]

Soral aime mettre en exergue le club du Siècle comme preuve du grand complot de la « Banque ». Mais un examen attentif de la liste des participants aux dîners du Siècle de janvier 2011 montre que sur les 131 hommes d’affaires présents [41], il y a autant de représentants des banques que d’entreprises industrielles ou de services. Il y a surtout ceux issus de grands groupes d’investissements financiers dont les activités sont multisectorielles, tels Lagardère, Aforge, le groupe Arnault (la société holding de Bernard Arnault, le quatrième homme le plus riche de la planète) ou encore LBO France. Qui n’a pas entendu parler du dîner du Fouquet’s du 7 mai 2007, le lendemain de l’élection de Sarkozy [42] ? On pouvait y voir le gratin des capitalistes français venus féliciter leur poulain qu’ils avaient réussi à faire élire : les Arnault, Bolloré, Bouygues, Dassault, Decaux, Frère et bien d’autres. Ce sont ces hommes qui dirigent la politique française dans l’ombre du gouvernement. Les portefeuilles d’actions de ces capitalistes montrent plutôt une imbrication complète entre capital financier et industriel et non la domination de l’un sur l’autre.

Voilà pour le sérieux de la « méthode » Soral. Après ça, il lui est aisé de nous faire prendre des vessies pour des lanternes… de différencier les « bons » capitalistes des « mauvais ».

Les salariés : « des minables qui font un travail de merde [43] »

Toute tentative de mettre fin à l’exploitation de l’homme par l’homme serait-elle illusoire ? « Criminelle ! » répond Soral : « Des deux révolutions du 20e siècle, la surréaliste et la communiste, que reste-t-il ? L’une a changé les objets de décoration sur les murs des bourgeois, l’autre notre arrogance quant à la possibilité de changer le monde autrement que sur le plan esthétique. Révolution futile selon l’ordre du désir, révolution ratée selon l’ordre de la production, deux échecs qui nous forcent à réfléchir sur les pièges jonchant le dur chemin qui mène à l’homme nouveau [44]. »

Soral défend une dialectique des équilibres entre dominants et dominés, ponctuellement rompus, mais toujours restaurés par une nécessité hissée au rang de loi de la nature. On est chez lui confronté à une vision cyclique et fataliste de l’histoire : il n’y a pas de progrès, c’est l’éternel retour de la domination. Rien de nouveau sous le soleil, il y a toujours eu des riches et des pauvres : « Les hommes ont des idées et ils sont obligés de vivre ensemble. Doués d’imagination par la fonction symbolique, mais aussi d’expression par le langage, ils sont portés par leur nature à discuter la Loi […] quelle que soit la puissance de la révélation, toute religion […] est-elle contrainte de justifier la Loi par la logique. Introduisant de fait, comme le ver dans le fruit, la raison dans la foi… C’est ce moment de basculement [45] » qui de manière répétée renverserait les anciennes élites pour en instaurer de nouvelles, portées par une foi tout aussi nouvelle, jusqu’à ce que le cycle recommence. Pas de progrès donc : éternelle domination des élites sur les masses, éternelle, car naturelle.

Soral ne veut donc pas mettre fin à l’exploitation. Cette dernière serait dans l’ordre naturel des choses. « La démocratie n’a jamais existé […] Seule différence avec l’ancienne version antidémocratique d’avant 1789 ? Le privilège de pouvoir être exploité par un ancien pauvre [46]. » « Esclaves noirs, serfs blancs, prolétaires… Le mensonge que les Afro-Américains ont subi en passant du sud au nord après la guerre de Sécession est à peu près le même que celui que subirent les serfs en passant du servage au prolétariat, après la Révolution. Mensonge démocratique recouvrant l’éternelle exploitation des humbles [47]. »

Il ne s’agit pas non plus de transformer la société, puisque c’est impossible : « il est intéressant de remarquer que de tout temps, sous tous les régimes : Égypte pharaonique, démocratie grecque, brahmanisme hindou, monarchie catholique… une oligarchie d’à peine 1 % de la population a toujours commandé à la masse des 99 % restants ; comme une meute de loups dominant un troupeau de moutons [48]. »

Pour Soral, il n’y a que des élites qui se battent entre elles (par petit peuple interposé et qui prend les coups) pour s’emparer de la machine de l’État, des médias, de l’appareil industriel, etc. Tout ça n’a pas grand-chose à voir avec Marx, car il n’y a pas de classes pour Soral, il n’y a que les élites et les masses ; l’occasionnelle référence à des luttes de classes n’est qu’un artifice de langage pour défendre la théorie du grand complot, des intrigues entre les élites pour la conquête du pouvoir. Des pouvoirs pour être précis : économique, étatique, médiatique, etc. La prise du pouvoir n’est qu’un remplacement par des élites plus jeunes, plus vertueuses et spartiates (c’est ce qu’il admire dans la combativité des sionistes…) des plus anciennes, dégénérées, empêtrées dans leurs contradictions.

Il n’a que mépris pour les ouvriers. A leur propos, il tient le même discours que le MEDEF : « Les 35 heures ne sont pas seulement un symbole de gauche, c’est-à -dire une mesure de gauche inefficace […] l’application des 35 heures pénalise systématiquement les PME au profit des multinationales […]. Pour les minables qui font forcément un travail de merde, les petits salariés pour qui aucune perspective ni aucun épanouissement ne peut plus venir d’un travail aliéné à l’extrême, moins de travail et toujours aussi peu d’argent ; soit l’espoir de rester de plus en plus longtemps à la maison devant la télé [49]. »

Ils sont les éternels perdants. « Je les respecte parce qu’ils font tout le boulot », dit-il, mais il tient surtout qu’ils restent à leur place : bosser pour entretenir les « producteurs de concepts », les parasites comme Alain Soral (comme il se définit lui-même d’ailleurs) : « Adolescent […] j’avais pour projet de ne rien faire, juste échapper le plus possible à l’impératif de production pour passer ma vie au café, à discuter et à regarder les filles [50]. » « En contemplant l’Histoire avec un peu de sérieux, on constate que le but permanent du genre humain fut toujours d’échapper au travail [51]. »

Sa conception du travail est celle de toutes les classes d’exploiteurs avant la Révolution industrielle : une conception de parasites, le travail vu uniquement et toujours comme avilissant, comme une déchéance. Conception aristocratique héritée de l’Antiquité grecque, selon laquelle l’homme libre est par définition un combattant ou un intellectuel, libéré de l’obligation de travailler parce qu’il possède des esclaves pour le faire à sa place. Pas étonnant qu’il estime un pouvoir fort nécessaire, sinon comment faire bosser ces fainéants de prolétaires ? « Le goût du travail bien fait, c’est la dignité de l’Homme. Un sens de l’excellence et du devoir gangrené par un détournement de la lutte des classes devenue alibi de la paresse et du sabotage. Un certain parasitisme syndical [52]. »

L’abolition de l’esclavage et du servage grâce aux luttes des paysans contre leurs seigneurs ; la Déclaration des droits de l’Homme en 1789 ; les conquêtes du mouvement ouvrier comme la fin du travail des enfants, le suffrage universel, les contrats de travail, la loi sur les huit heures, les libertés syndicales, la sécurité sociale ; la révolution d’Octobre, les États socialistes ; les indépendances des pays colonisés : tout ça n’existe pas dans le discours de Soral.

(à suivre)

Maxence Staquet

historien. Il enseigne dans un collège d’un quartier populaire de Bruxelles. Collaborateur de l’Inem, il est directeur de l’Université marxiste.

[32] Alain Soral, Abécédaire…, op. cit., p. 294

[33] Beate Landefeld, « La bourgeoisie s’européanise-t-elle ? » Études marxistes no 90, 2010, p. 71.

[34] http://money.cnn.com/magazines/fortune/global500/2008/countries/Germany.htm

[35] http://www.dailymotion.com/video/xcvldn_alain-soral-sur-l-affaire-zemmour_webcam

[36] http://www.egaliteetreconciliation.fr/Alain-Soral-entretien-de-janvier-2012-10103.html

[37] Alain Soral, Abécédaire…, op. cit., p. 7.

[38] Alain Soral, Comprendre l’Empire, op. cit., p. 50.

[39] Ibid., p. 60.

[40] Ibid., p. 66-67.

[41] http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/03/66/15/plpl/Participants-diner-du-siecle-27-01-11.pdf

[42] Lire à ce propos M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot, Le président des riches, Paris, La Découverte, 2010.

[43] Alain Soral, Abécédaire…, op. cit., p. 28-29.

[44] Ibid., p. 435.

[45] Alain Soral, Comprendre l’Empire, op. cit., p. 80.

[46] Alain Soral, Abécédaire…, op. cit., p. 88-89.

[47] Ibid., p. 328.

[48] Alain Soral, Comprendre l’Empire, op. cit., p. 102.

[49] Alain Soral, Abécédaire…, op. cit., p. 28-29.

[50] Ibid., p. 11.

[51] Ibid., p. 103.

[52] Ibid., p. 466.

COMMENTAIRES  

02/06/2012 11:37 par Serge Charbonneau

L’impérialisme français est totalement intégré à l’impérialisme US.
Ne vous en déplaise.

D’ailleurs, on ne peut plus parler d’impérialisme d’un Pays.
Les Pays n’existent plus vraiment au niveau de l’impérialisme.
Il s’agit d’un impérialisme oligarchique qui regroupe autant des Français que des Américains, que des Canadiens, des Québécois, des Japonais, et même des Russes, des Chinois, des latinos Américains bref tout ce qui a le portefeuille épais et qui contrôle par des entreprises diverses le monde dans lequel nous survivons.

Bien entendu, la majeure partie de ce groupe sélect des oligarques du monde entier est Nord américain et Nord européen.

Ces gens peuvent organiser des petites fêtes dans ce genre :
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2012/05/30/005-anonymous-charest-desmarais.shtml

Une vidéo "privée" complète (2h00) mise récemment en ligne.
https://www.youtube.com/watch?v=M7OlFp_9U_E&feature=related

On y voit le domaine où Sarkozy s’est fait dire par son ami Paul Desmarais (l’oligarque le plus réputé du Québec) : « Nicolas, tu ferais un bon Président français et Nicolas fut Président, tout comme Jean Charest son alter ego québécois aussi ami proche de cet oligarque est Premier Ministre.

Autre volet :
Les Soral et Le Pen se sont toujours opposés énergiquement à l’ingérence française en Côte d’Ivoire, en Libye et en Syrie. Leur position est claire contre ces sauvages interventions militaires de l’armée française dans ces Pays souverains.

Dire le contraire, c’est comme dire que la neige est noire.
Et dire que la neige est noire et que la glace est chaude est malheureusement devenu courant dans notre monde, et ce, depuis le 11 septembre 2001, le jour où le "conspirationnisme" a été inventé pour justement pouvoir dire avec assurance que la neige est noire. Ceux qui disent le contraire sont des "conspirationnistes".

Eh oui !
Aujourd’hui il y a le fabuleux "conspirationisme" !
Auparavant, il y avait les accusations somme toute assez inoffensives d’anti-américanismes « primaires » qui servaient à discréditer certains propos.
Aussi le fameux antisémitisme un peu plus musclé comme accusation (et même "négationnisme") servait et sert toujours les mêmes objectifs, c’est-à -dire discrédités les propos et les observations.

On sent que M. Staquet, loin d’être un antisémite ou même antisioniste, utilise un soupçon de ces ingrédients pour attaquer la crédibilité de Monsieur Alain Soral.

Dans son texte précédent, M. Staquet dit :
« Mais ce genre de citation révélatrice est noyé dans un flot de diatribes contre le pouvoir des banques, contre Israël, contre l’impérialisme américain… »

Un flot de diatribes…
Comment pourrait-on qualifier les textes de M. Maxence Staquet ?
Est-ce un flot de diatribes ?
Quel est le but de ce réquisitoire en 4 volets ?
Alain Soral dérange-t-il à ce point ?
Alain Soral menace-t-il à ce point ?

Qui donc Alain Soral menace-t-il tant ?
Les représentants du bien ?
Ceux qui sont des purs, des sans tâche et que le péché déplait ?
Ceux qui font la guerre aux méchants dictateurs du genre Gbgabo, Kadhafi, Assad, Poutine, Chávez, Castro et Cie ?

Oui, je crois qu’il faut dénoncer Sarkozy qui travaillait main dans la main avec la section US de l’impérialisme mondial, tout comme nous devons dénoncer « Flamby » (j’aime bien ce surnom de F. Hollande).

Sarko ou Flamby, c’est du pareil au même, exactement comme Obama ou Bush.
( Obama honore Bush-le-dément qui a des millions de vies humaines du Moyen-Orient sur la conscience :
http://www.lapresse.ca/international/dossiers/maison-blanche-2012/201205/31/01-4530500-george-w-bush-honore-par-obama.php

http://www.liberation.fr/depeches/2012/05/31/etats-unis-obama-recoit-george-w-bush-dont-il-critique-durement-l-heritage_822721 )

Monsieur Staquet, vous me donnez l’impression de nous jouer le grand jeu du lutteur contre le virulent impérialisme français !
Mais, du même souffle, vous défendez sous la table l’impérialisme mondial !
Une stratégie fine.

Vous dites qu’Alain Soral fait semblant de chérir les musulmans !
Et vous, que faites-vous semblant de ne pas chérir ?

Plus on vous lit, Monsieur, moins on vous croit.

Vous dites :
« Soral essaie de manipuler les sympathies propalestiniennes et anti-israéliennes pour défendre un renouveau de l’impérialisme français nationaliste et conquérant. »

Et vous, qu’essayez-vous de manipuler ?
Je vous considère, monsieur, plus manipulateur qu’Alain Soral peut l’être.

Vous manipulez les mots et les discours afin de manipuler le jugement de vos lecteurs. Vos arguments sont minces comme du papier transparent et tout votre discours n’est qu’une suite d’accusations sans grand fondement autre que des interprétations douteuses.

Vous dites :
« On comprend mieux pour qui roulent vraiment Alain Soral et Marine Le Pen. Le FN fait en quelque sorte une offre aux grands patrons »

Moi, ce que je comprends mieux, c’est que vous voulez nous inculquer cette "meilleure" (sic) compréhension qui ne repose sur strictement rien d’autre que des accusations calomnieuses !

Vous, M. Staquet, vous roulez pour qui ?
Ne me dites pas que vous roulez pour la grande Vérité avec un grand V et que vous êtes de ceux qui ont le coeur d’une pureté angélique !

Ceux-là que le péché déplait au point de faire des guerres justes (sic) et surtout « humanitaires » !
Ah ! Ces bons !
Ces bons qui ont pour mission de dénoncer les méchants !
Ces bons qui ont le talent de nous démontrer pour qui roulent les méchants !

Salutations,

Serge Charbonneau, Québec
Celui à qui vous répondrez (si vous répondez) qu’il ne comprend rien parce qu’il ne sait pas !
Eh oui ! Il y a des gens, comme vous qui savent et des gens comme moi qui sont de pauvres victimes de leur inconscience !
Heureusement que nous vous avons, sans quoi, nous pourrions être contaminé par les Soral et pire, les Le Pen du monde entier !

P.S. : Merci au GS de permettre ce commentaire, même s’il va à l’encontre de la ligne éditoriale du journal.

02/06/2012 15:58 par Lionel

Bonsoir et merci pour ces textes,

Ne serait-il pas intéressant à la suite de cet éclairage, d’analyser comment ( par quel processus psycho-socio ) les "intellectuels" d’extrême droite parviennent à se fondre dans une pensée humaniste au point que nombre de personnes se réclamant d’idées de gauche se retrouvent ( ou le croient ) dans leur pensée ?
L’objectif final est clairement de recruter une intelligencia et de créer un parti fort.
Depuis l’avènement du nazisme, les exemples sont assez parlant d’anciens membres du PCF qui ont basculé à l’extrême droite.
Comment une telle chose est-elle possible, comment les frontières sont si ténues ou trompeuses pour que ces gens s’y laissent prendre avec tant de facilité ?
N’y a-t-il pas des questions à se poser sur la façon dont la pensée marxiste a été mal diffusée ( donc mal interprétée ) au point de se confondre avec son exact opposé ?
Il me semble intéressant de bien comprendre de quelle façon, par quel biais et processus d’utilisation de leviers psychologiques ces gens manipulent et racolent dans toutes les couches sociales.
La compréhension et l’intégration d’un tel phénomène contribuerait sans doute à affaiblir considérablement la propagation de la pensée fascisante, même habillée d’une peau de brebis !!!

02/06/2012 16:00 par Edy

Bonjour
Vous écrivez :

"le grand capital français est tout sauf inféodé aux États-Unis, n’en déplaise à Soral : « En 1980, parmi les 500 plus grands groupes industriels du monde, 217 provenaient des États-Unis, 66 du Japon et 168 d’Europe… [33] »

Vous semblez conclure que faire partie d’un "business" exclue de facto le fait qu’on soit inféodé.. Ce serait simplement ignorer le rôle de chef de meute qu’assure les USA. Dans la vaste partie de chasse ordonnée et dirigée par le prédateur en chef, il existe une répartition de marchés où chaque membre de la meute est censé trouver sa part de gâteau, et l’illusion d’une souveraineté à faire valoir auprès des bourgeoisies nationales respectives, communément désignées comme nations indépendantes. Je suis très peu convaincu par cette analyse à charge, bien qu’étant moi-même assez critique des positions d’Alain Soral. L’homme est suffisamment cohérent dans ses positions pour qu’on lui épargne les procès d’intention, fort nombreux dans cet article. J’aurai souhaité un débat de meilleure tenue, ave des arguments qui frappent juste...Auquel cas on aurait pu avoir une riposte de l’intéressé, et un échange comme on les aime sur notre cher LGS.
Cordialement

02/06/2012 20:55 par prof crasseux

c’est laborieux

"Soral représente aux côtés des Le Pen, De Gaulle, De Benoist" suffisait, tout le monde gagnait du temps

j’arrive plus à lire à gauche moi

c’est long... c’est long...

02/06/2012 22:52 par Elisa

Passionnant, l’imposture de Soral et de ceux qui se prétendent anti système est ici magistralement élucidée.
Soral et ses amis de l’extrême droite ont inventé un affrontement sans véritable objet. Leur adversaire qu’il baptise système ou élites est un chiffon rouge qui leur permet de capter démagogiquement des mécontents sans leur offrir aucune alternative autre qu’une vague nostalgie d’un passé vraiment dépassé.

A cet égard il est parfaitement en cohérence avec la stratégie du FN : se donner des airs "subversifs" pour mieux éloigner les victimes du capitalisme vers une impasse politique absolue.

03/06/2012 11:07 par Sheynat

Je rejoins Daniel dans sa suggestion d’analyse et Elisa pour cette passionnante démonstration.
Juste un bémol, ce passage :

Ah ! Nostalgie des temps glorieux où l’État pouvait se prêter à lui-même à taux zéro (et donc faire grimper l’inflation qui ruine le bon petit peuple et engraisse les banques… Soral lui-même reconnaît que le pouvoir politique a plus d’une fois fait un usage abusif de la planche à billets).

Parce qu’utiliser la planche à billets pour provoquer une petite inflation dans un état en situation de récession -ce qui est le cas actuellement- pourrait relancer positivement l’économie, d’après ce qu’explique J. Généreux, il me semble.

Cette parenthèse refermée, cet extrait est particulièrement lumineux et illustre ce que je soupçonne depuis quelques temps :

Soral défend une dialectique des équilibres entre dominants et dominés, ponctuellement rompus, mais toujours restaurés par une nécessité hissée au rang de loi de la nature. On est chez lui confronté à une vision cyclique et fataliste de l’histoire(...)

Un système fondé sur le modèle pyramidale se leurre :
- en détournant "la nature" pour justifier la fatalité de la domination ( j’attends toujours l’exemple d’autres espèces naturelles ayant provoqué les génocides "intra-spéciques" comme le fait l’humanité contre elle-même, que ce soit sous le mode violent armé ou à petit feu en provoquant le suicide des classes exploitées)
- en utilisant l’histoire pour justifier cet unique modèle (pourtant il fut découvert au moins une civilisation première urbanisée et pacifique durant mille ans).
Le coup du "cycle" -infernal- me fait maintenant penser au sablier. C’est un modèle pyramidal qui pourrait donner raison à Alain Soral. Il suffit de le retourner dans sa verticalité et voilà le tour de passe-passe cyclique de la dyade dominant/dominé. Mais ça ne fonctionne qu’en se fixant sur la verticalité. Si on le couche -le renverse- ce raisonnement ne tient plus. La répartition devient équitable sans rapport de force. Je vois donc "réaction" dans ce retournement vertical qui n’est jamais un renversement, mais qu’un leurre de révolution.

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