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La Pologne en guerre

Voilà la seconde partie d’un long article de Simplicius the thinker intitulé "Deux lectures intéressantes : l’interview d’un commandant de l’AFU et un nouveau livre polonais".

La première était une nouvelle interview d’un commandant de compagnie, Nikolai Melnik - indicatif "Fritz", et vous saurez bientôt pourquoi (il est à moitié allemand, ndt)- de la 47e brigade ukrainienne que le site Censor a rendu célèbre. Il a perdu une jambe dans les combats, mais il donne un compte rendu détaillé des débuts de la grande contre-offensive estivale de l’AFU, avec de nombreux détails intéressants sur l’équipement occidental, l’entraînement, etc.

(...)

Nous passons à notre deuxième et dernière exploration. Elle provient de ce fil de discussion sur Twitter, qui donne un compte-rendu éclairant du début de la guerre concernant les relations et les transactions de la Pologne avec l’Ukraine. Le contenu est tiré d’un livre polonais récemment publié, intitulé Polska na Wojnie (La Pologne en guerre), qui n’est pas disponible en anglais, de sorte que l’information diffusée par ce fil Twitter est inestimable.

Préface :

Il s’agit d’un mélange d’entretiens que l’auteur (le journaliste Zbigniew Parafianowicz) a réalisés avec plusieurs membres de haut rang du gouvernement polonais et du bureau du président, ainsi qu’avec des officiers de l’armée et des services spéciaux, à quoi s’ajoutent quelques commentaires de leurs homologues ukrainiens. Ces témoignages sont anonymes, pour des raisons évidentes, mais ils correspondent à ce que nous savons déjà.

Le livre contient beaucoup de détails que seuls des officiels provenant des plus hauts échelons de l’administration polonaise peuvent connaître, sur ce qui s’est passé dans les coulisses au début de l’Opération spéciale.

Voilà la première révélation de l’auteur du fil de discussion :

« 1. Le gouvernement polonais craignait énormément que Loukachenko n’entre en guerre et il préparait un scénario dans lequel des groupes de diversion anti-régime seraient envoyés à l’arrière de l’armée bélarussienne pour y semer le chaos.

En fin de compte, Loukachenko a eu lui aussi tellement peur qu’il a demandé à Varsovie, par divers canaux, si on le laisserait passer la frontière et s’envoler de l’aéroport le plus proche. Il savait que si les choses tournaient mal pour lui, les Russes ne le laisseraient pas partir dans son propre espace aérien ».

Cela voudrait donc dire que la Pologne se préparait à envoyer des sortes de groupes de reconnaissance et de diversion (DRG) en Biélorussie, ou à activer des cellules dormantes, tant elle craignait que la Biélorussie n’entre dans le conflit. Si c’est vrai, c’est très révélateur, car cela montre qu’on est passé tout près d’une guerre européenne totale, et qu’on y repassera probablement dans l’avenir.

La partie concernant la volonté de Loukachenko de s’échapper vers ou à travers la Pologne a été largement diffusée ces deux derniers jours. Elle semble un peu ridicule - peut-être s’agit-il de la propagande polonaise habituelle - mais qui sait ?

La partie suivante est encore plus juteuse :

« 2. Les forces spéciales polonaises protégeaient les délégués ukrainiens qui participaient aux négociations au Belarus (mars 2022). Elles les escortaient dans des hélicoptères qui atterrissaient sur le sol biélorusse et les remmenaient quand c’était fini. Par ailleurs, par hasard (ils entraînaient les forces spéciales ukrainiennes), des commandos polonais étaient présents sur le site de Brovary (banlieue de Kiev) lorsque la guerre a éclaté. Ils sont restés plus longtemps pour recueillir des informations. Une unité britannique aurait fait de même ».

Ce seul élément confirme un grand nombre de détails "secrets" que beaucoup d’entre nous connaissaient - et que les fuites du Pentagone ont confirmés - mais qui continuent d’être minimisés ou carrément niés.

Prenez conscience de la gravité de cette révélation. Les commandos des forces spéciales polonaises étaient effectivement présents à Kiev lors de la première opération russe, qui comprend l’assaut de Gostomel, etc. "Ils y sont restés plus longtemps" et une unité britannique s’y trouvait également.

Nous pouvons en déduire et en conclure que les commandos polonais participaient pleinement aux hostilités alors que les forces spéciales russes débarquaient à Gostomel et se battaient pour Irpin, il n’y a aucun doute là-dessus. Et ils ne sont jamais partis, il est presque certain qu’ils sont toujours là et qu’ils continuent à se battre juste à l’arrière des unités ukrainiennes dans les principaux points chauds, et peut-être même parfois plus près de la ligne de front. Cela n’a rien d’étonnant. Les forces spéciales américaines étaient également présentes en Géorgie, tentant désespérément de soutenir les forces géorgiennes pendant la guerre de 2008.

« 3. Malgré la propagande russe, la Pologne n’a jamais songé à profiter de l’occasion pour reprendre Lviv (Lwów), mais cela inquiétait les Ukrainiens. Varsovie a dit à ses partenaires : "Nous serons à vos côtés jusqu’à la fin, tant que vous continuerez à vous battre". Cette déclaration, ainsi que l’aide inconditionnelle apportée immédiatement à de nombreux niveaux, ont convaincu les Ukrainiens de la sincérité des intentions polonaises. Pour l’anecdote, Dmytro Kuleba et toute sa famille (et son chien) a été reçu par son homologue polonais, Zbigniew Rau, à son domicile privé, où ils ont pu attendre la fin de la période critique. Des propositions similaires ont été faites aux Ukrainiens Danilov et Sybiha ».

La première partie est certainement sujette à caution pour ne pas dire invraisemblable, afin probablement de protéger la réputation de la Pologne et de préparer le terrain à une future revanche basée sur une supposée innocence.

Je ne comprends pas très bien la deuxième partie, mais il semble que les officiels interviewés disent en fait que le ministre des affaires étrangères Kuleba et sa famille ont fui l’Ukraine, au début de l’invasion, pour se réfugier en Pologne pour "voir venir", et que la même invitation a été faite au reste de l’élite ukrainienne.

Rappelez-vous que dans cette première période il y avait beaucoup de rumeurs selon lesquelles Zelensky et consorts avaient tous fui Kiev, et de spéculations sur le fait qu’ils vivaient en Pologne et y réalisaient leurs vidéos sur green screen (fond vert). Cet aveu semble le confirmer, du moins en partie, mais peut-être qu’ils n’ont pas osé dire toute la vérité, car il serait un peu trop risqué d’admettre que Zelensky lui-même se cachait là-bas ; au lieu de cela, ils nous ont juste donné un bon gros indice pour que nous puissions suivre la piste nous-mêmes.

« 4. Le 25 mars, le tout nouveau Boeing 737-800 NG polonais a dû atterrir d’urgence alors qu’il se rendait à Jasionka (Rzeszów) pour une réunion avec le président Biden. Le président Duda et le gen. Andrzejczak étaient à bord. La cause de cette expérience de mort imminente (comme l’ont décrite les passagers) est un compensateur défectueux qui a obligé les pilotes à se battre avec les leviers de direction. Heureusement, l’avion s’est posé sans encombre et la délégation a rapidement changé d’appareil pour poursuivre son voyage. Néanmoins, à l’époque, la possibilité d’un sabotage ou d’une tentative d’assassinat était l’une des causes probables qui faisaient l’objet d’une enquête ».

Cela ressemble vraiment à une tentative d’assassinat de la CIA qui a cherché à semer le chaos, pour probablement en accuser la Russie.

La suite est très intéressante :

« 5. Les Américains étaient convaincus que Kiev tomberait dans les trois jours et se sont préparés à évacuer 40 000 personnes, probablement en plus de leurs propres citoyens américains, ainsi que toute l’élite politique et l’establishment ukrainiens. Jake Sullivan était le plus sceptique quant aux chances de l’Ukraine et s’est entretenu à ce sujet avec Jakub Kumoch (secrétaire du président) qui était convaincu que les forces ukrainiennes l’emporteraient.

« Par la suite et pour les mêmes raisons, les États-Unis ont continué à se montrer réticents à fournir une aide supplémentaire sous la forme d’équipements lourds. Washington a accepté de fournir des chars après la réunion Biden-Duda, ce que Varsovie a insisté pour faire le plus rapidement possible (un lot de T72 a suivi peu après, ouvrant la voie), mais ils envoyaient toujours des signaux contradictoires concernant le transfert d’avions de chasse.

« Varsovie voulait que les États-Unis soient de la partie, car elle avait besoin d’un effort allié pour protéger la Pologne d’éventuelles représailles russes. Finalement, Varsovie s’est lassée de l’indécision et de la réticence des États-Unis et a agi de manière indépendante. Elle a démantelé une dizaine d’avions de chasse polonais MIG-29 et les a laissés en pièces détachées dans une forêt près de la frontière. Kiev a été informé de l’existence de pièces "sans propriétaire", qui ont ensuite été récupérées et rapidement assemblées du côté ukrainien de la frontière. Cela s’est passé des mois (!) avant le transfert officiel des jets dans le cadre d’une coalition internationale plus large ».

Rappelez-vous qu’au début de la guerre, de nombreux comptes rendus pro-Ukraine niaient la destruction continue d’avions à réaction par la Russie, mais que des rumeurs constantes circulaient sur le fait que l’Ukraine recevait un flux d’avions, de pièces détachées, etc. provenant d’une source secrète. Cela remet les choses en perspective et ajoute une touche d’espionnage et de suspense très intrigante dans le pur style du romancier Tom Clancy.

La Pologne a abandonné un tas de Mig-29 en pièces détachées dans une forêt et a dit à l’Ukraine de les récupérer. Imaginez les quantités de "transferts" de ce type qui ont eu lieu sous notre nez sans aucune surveillance ou reconnaissance officielle !

L’auteur du fil twitter poursuit en donnant des détails très intéressants :

« Puisque vous ne cessez de m’interroger dans les commentaires sur les jets MiG-29, je vais ajouter quelques citations pour vous donner une meilleure compréhension de cet événement particulier.

« Au début du mois de mars, l’Ukraine avait un besoin urgent d’avions de combat supplémentaires. La Pologne était prête à les lui fournir, mais il y avait un hic. À l’époque, la Russie avait officiellement mis en garde contre l’utilisation des bases aériennes occidentales par l’aviation ukrainienne, en disant que cela "pourrait être considéré comme l’implication de ces États dans un conflit armé". Par conséquent, si des avions étaient envoyés directement de Pologne en Ukraine, ils pourraient, dans le meilleur des cas, être pris pour cible par l’ennemi et, dans le pire des cas, des représailles pourraient frapper les bases aériennes polonaises.

« Consciente de ce risque, Varsovie a tenté de convaincre les États-Unis de soutenir cette idée et donc de la protéger contre une éventuelle réaction russe. Mais Washington s’est montré réticent, envoyant des messages contradictoires selon les personnes interrogées. Les États-Unis ne voulaient pas soutenir la Pologne dans une opération de ce type et ils n’ont pas non plus envoyé de couverture aérienne supplémentaire des forces armées polonaises. Il n’y avait pas de réponse claire et le temps pressait. De plus, Washington a dit à Zelensky que c’était la Pologne qui retardait le transfert des avions, ce qui a poussé le président ukrainien à appeler le président Duda pour lui demander ce qui se passait ? Refusant de porter le chapeau, la Pologne a décidé de forcer la main aux États-Unis, en proposant ouvertement que les jets soient envoyés à l’aéroport allemand de Ramstein, où ils seraient abandonnés.

« Les pilotes polonais seraient rentrés chez eux en bus ou en train et Varsovie se moquerait de savoir qui viendrait les chercher et où ils iraient. Si les bases polonaises pouvaient prendre le risque d’être attaquées par les Russes, pourquoi pas la base allemande/américaine de Ramstein ? Cela a mis Washington en colère. Book cite l’un des ministres disant que les Américains ont appelé pour demander "à quel jeu vous jouez ?", ce à quoi ils ont répondu "et vous ?"

« Blinken a déclaré à la presse que cette idée "présentait des difficultés", ajoutant que chaque pays pouvait apporter l’aide qu’il souhaitait. Mais ça c’était Blinken, la NSA, quant à elle, s’y opposait fermement. La Russie ne pouvait pas y voir message uni et fort.

« Varsovie a donc décidé de chercher un moyen de transférer directement les avions sans donner au Kremlin une raison de réagir. L’un des ministres polonais (Jakub Kumoch) du bureau présidentiel a appelé ses homologues ukrainiens et, parce qu’il était respecté et très amical, leur a demandé en plaisantant s’ils savaient qu’en polonais, le nom "Ukraina" dérive de "ukraść", un mot polonais qui signifie "voler". Et s’ils se souvenaient encore de la manière de mener à bien une combine. Personne n’a été offensé (du moins l’auteur ne le mentionne pas), et le message était clair.

« Plus tard, l’Ukraine a été informée que des pièces avaient été laissées à un endroit précis près de la frontière. Sans aucune surveillance. Le lendemain, les pièces avaient disparu. Les Américains auraient demandé si les Ukrainiens avaient réussi à les rassembler en une seule pièce et, si oui, à quel endroit. La réponse a été : "Oui, dans la forêt".

« En fait, c’est exactement ce que faisaient les Ukrainiens au début de la guerre, en opérant à partir de pistes d’atterrissage situées dans des zones forestières. Ils changeaient d’emplacement toutes les 24 heures. Grâce à leurs compétences, l’assemblage d’un avion qu’ils connaissaient parfaitement n’a posé aucun problème. Bien que la date exacte n’ait pas été fournie, il semble que toute cette opération ait été menée vers mars/avril 2022.

« --- Mon analyse personnelle (le livre n’en parle pas) : Il est de notoriété publique parmi les experts militaires polonais que la Pologne a fourni à l’Ukraine bien plus que ce qui a été officiellement rapporté, dégradant ainsi sérieusement ses propres capacités militaires. Les détails ? Nous ne connaissons pas tous les chiffres, mais on parle de ( !) 350 chars T72/PT91, 300 BMP-1, 72 Krab SPH, 126 2S1 SPH, 60 MLRS Grad, deux douzaines de systèmes AD S125 et S200, et beaucoup d’autres choses. La plupart de ces équipements provenaient directement des unités polonaises sur le terrain. C’est probablement l’une des principales raisons pour lesquelles tout cela est gardé secret, et aussi l’une des raisons pour lesquelles la Pologne s’est lancée dans une frénésie d’achat, faisant monter ses dépenses à 4 % de son PIB ».

Quelle mine de révélations fantastiques !

Tout d’abord, pour tous ceux qui se demandent sans cesse comment l’Ukraine arrive encore à faire voler des jets, nous avons là la confirmation, de l’intérieur, qu’ils sont capables de faire décoller des jets depuis des autoroutes et autres, en changeant d’emplacement toutes les 24 heures.

Ensuite, nous avons l’admission que la Pologne a fourni beaucoup plus de matériel que ce qui a été officiellement déclaré, ce qui est également très révélateur et explique beaucoup de choses sur la capacité de résistance parfois déconcertante de l’AFU.

La révélation la plus importante à mes yeux est la peur qu’avaient les alliés de l’OTAN des menaces russes, qu’ils rejetaient ou minimisaient publiquement. De fait, cela reste la pilule la plus amère à avaler pour les commentateurs pro-Ukraine. Je les vois se lamenter tous les jours sur le fait que les "puissants États-Unis" continuent à refuser de "donner tout ce qui est nécessaire" à l’Ukraine – de la version de l’ATACMS qui a la plus longue portée, à tous les F-16, en passant par tout ce qu’il y a entre les deux.

À chaque fois que j’entends cela, je soupire et je secoue la tête en voyant à quel point leur compréhension des relations internationales est arrogante et infantile. Dans leur folle vanité, ils se sont tellement enivrés de l’image déformée et fallacieuse qu’ils se font de la Russie qu’ils ignorent complètement la réalité, à savoir le pouvoir et l’influence réels que la Russie exerce sur la scène mondiale. C’est le danger de boire son propre punch épicé et de s’enivrer avec. Mais encore une fois, comme toujours, la cause de leurs erreurs d’analyse, c’est la tour babylonienne de mensonges qu’ils ont construite autour de l’Ukraine et des capacités de la Russie dans l’Opération spéciale. Dire que l’Ukraine a "intercepté 20 missiles hypersoniques russes Kinzhal en une seule journée" conduit à l’incapacité de ceux qui se bercent d’illusions de comprendre comment l’Occident pourrait craindre des représailles de la part de la Russie.

Prenons l’exemple de Ramstein ou de Rzeszow. Quelqu’un qui est persuadé que même la petite Kiev - avec ses défenses aériennes de troisième ordre - peut intercepter une volée de missiles hypersoniques russes, trouve évidemment ridicule que l’OTAN puisse craindre des frappes de la Russie sur Ramstein. Mais heureusement pour eux, les planificateurs de l’OTAN connaissent la vérité : l’Ukraine arrête peut-être 5 à 10 % des frappes russes et tout le reste passe, et les meilleurs armements de l’OTAN auraient aussi des difficultés. Il suffit de regarder ce qui se passe actuellement en Syrie et en Irak. Les bases américaines sont pilonnées en toute impunité, et ont de nombreux morts et blessés parmi les troupes. Si les États-Unis ne peuvent pas arrêter les roquettes des rebelles, vous pensez vraiment que les systèmes de défense de Rzeszow en Pologne vont arrêter une attaque par saturation Iskander-Kinzhal ? Regardez la réalité en face !

"Mais si la Russie osait l’attaquer, la puissance aérienne de l’OTAN enverrait xxx quantités de JDAMS, etc. en représailles !" hélas, on sait que ces mêmes JDAM sont désormais presque inutiles en raison du brouillage russe ! Bref, contrairement aux trolls de NAFO, les dirigeants de l’OTAN connaissent les capacités de la Russie et ne sont pas assez fous pour tester chacune de ses lignes rouges.

Enfin, le dernier point :

« Ce n’est pas tout. On parle aussi dans le livre du voyage de Roman Abramovitch à travers la Pologne puis en Turquie, qui était censé être une tentative de contact avec les Russes par des voies non officielles, ou de la façon dont la Pologne a utilisé des sociétés privées spécialement créées pour contourner la bureaucratie lors des transferts d’armes à feu. Il y a également un chapitre important sur les raisons pour lesquelles les relations polono-ukrainiennes au niveau gouvernemental se sont épanouies pendant un an, mais ont ensuite commencé à s’étioler en raison de la politique de puissance européenne, d’égoïsmes personnels et d’affaires internes dans les deux pays.

« En particulier, le chancelier Scholz et le président Zelensky ont été quelque peu critiqués pour leur comportement. Edit : Ah oui, j’ai oublié le sujet du missile qui est tombé sur le village polonais de Przewodow, faisant 2 morts. Tous les éléments recueillis (les pièces du missile lui-même) indiquent qu’il était en effet d’origine ukrainienne. L’obstination avec laquelle Kiev a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’un missile russe, mais sans en fournir la moindre preuve, est devenue l’une des raisons pour lesquelles les relations se sont refroidies. Mais je vous laisse découvrir cela et le reste du livre ».

L’auteur du tweet analyse longuement le fameux incident de missile, où un S-300 ukrainien s’est écrasé par erreur sur le territoire polonais, tuant deux fermiers polonais, ce qui a été imputé à la Russie dans le cadre d’un autre stratagème désespéré visant à déclencher la Troisième Guerre mondiale.

Analyse de l’incident de Przewodów

« C’est l’un des premiers différends sérieux dans les relations ukrainiennes. Une enquête officielle polonaise, à laquelle la partie ukrainienne a eu pleinement accès, a établi que le missile était d’origine ukrainienne. La Pologne n’a pas demandé d’indemnisation pour les familles des deux civils tués par l’explosion, bien que cela ait été envisagé en raison de l’attitude de Kiyv, et a finalement tenté d’atténuer les émotions au nom d’une cause plus importante.

« Cependant, le président Zelensky a insisté sur la responsabilité de la Russie et a demandé l’application de l’article 4 de l’OTAN, sans pour autant fournir de preuves. La position de la Pologne était soutenue par les États-Unis et d’autres membres de l’alliance qui ne souhaitaient pas être entraînés dans une guerre frontale sur des bases discutables.

« Selon l’auteur du livre, si les autorités polonaises comprenaient pourquoi l’Ukraine tentait de les entraîner dans la guerre (un pays qui lutte pour sa survie), elles n’ont pas compris l’entêtement du président Zelensky, qui a fortement contrarié le président Duda et son cabinet.

« Du point de vue ukrainien, cela a été perçu comme un signe de la faiblesse de Varsovie face aux manœuvres des États-Unis.

« Il est intéressant de noter que le gen. Zaluzny aurait agi différemment et aurait appelé son homologue polonais, le gen. Andrzejczak pour s’excuser de l’incident. Mais ce geste est resté au niveau militaire et n’a pas eu d’influence sur les relations politiques.

« Le livre explique aussi pourquoi les relations se sont encore détériorées, ce qui a conduit au conflit sur les exportations de céréales, au discours désastreux de Zelensky à l’ONU et au commentaire tout aussi rédhibitoire du Premier ministre Morawiecki (qui était en outre faux) sur la suspension des exportations d’armes de la Pologne vers l’Ukraine. À mon avis, l’auteur réussit à donner une vision équilibrée des responsabilités des deux parties, tout en restant critique lorsqu’il le faut. Il ne s’agit pas d’une hagiographie, mais plutôt de récits de personnes impliquées dans les événements, assortis de commentaires critiques ».

Il semble donc que l’incident du missile ait eu des conséquences bien plus importantes qu’il n’y paraissait à l’époque, et a conduit au déclin ultime des relations entre la Pologne et L’Ukraine.

Traduction : Dominique Muselet

Source

Liens :
https://censor.net/ua/resonance/3453607/komandyr_roty_47yi_brygady_myk...
https://censor.net/
https://twitter.com/FilippDM/status/1724788032665243973
https://www.youtube.com/watch?v=NYB-GYVdum0
https://fr.wikipedia.org/wiki/Compensateur_(a%C3%A9ronautique)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tom_Clancy
https://www.slate.fr/story/231069/nafo-trolls-meme-chiens-humilient-ru...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Explosions_du_15_novembre_2022_en_Pologne

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