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Le FMI et l’arme de la dette

Je pense qu’il serait légitime de rebondir sur l’actualité bouillonnante des chaudrons médiatiques. Le coup Strauss-Kahn est une sympathique occasion de se poser une vraie question : le FMI, qu’est-ce que c’est ? Peu de gens savent qu’il s’agit d’une institution dont le siège est à Washington et qui a été fondée conjointement à la Banque Mondiale, au lendemain de la Seconde Guerre. Sa fonction première fut de réorganiser l’ordre mondial qui se projetait à l’époque et de coordonner les politiques internationales de changes. Par la suite, vers le début des années septante, il a été converti en instrument de refinancement des pays en déficit budgétaire chronique. Il est aujourd’hui composé de 187 Etats-membres, à savoir la totalité de la planète à quelques exceptions près : Cuba, la Corée du Nord, l’Autorité Palestinienne, Andorre ou le Vatican.

Acteur de la régulation financière mondiale avec son bras droit la Banque Mondiale, il s’agit donc d’un organisme prêteur d’argent aux pays dans le besoin, mais sous certaines conditions. Parmi elles, la mise en place de politiques restrictives visant à rétablir l’équilibre de leurs finances publiques. Ce qui revient à dire que le FMI a dès lors une influence factuelle sur les politiques économiques et sociales des pays emprunteurs, avec toutes les dérives que cela présuppose pour n’importe quel esprit critique.

Qui finance le FMI ? Troisième plus grand détenteurs de réserve d’or au monde, il dispose à l’heure où j’écris ces lignes, de plus de trois mille tonnes d’or, ce qui le place derrière les Etats-Unis et l’Allemagne, mais devant l’Italie, la France ou la Chine. Il est également financé par chacun de ses membres, proportionnellement au pourcentage de quote-part que ceux-ci possèdent. Pour vous situer en terme d’ordre de grandeur, sachez que l’état américain en possède 17%, ce qui se reflète bien sûr au niveau du Conseil d’Administration et à fortiori des voix comptant pour les décisions d’accord de prêts aux états en difficulté. Ce qui sur le point de vue structurel, a pour conséquence que les Etats-Unis disposent d’un droit de veto, car il faut 85% des voix pour qu’une décision soit validée. En un mot relatif, les décisions du FMI ne se matérialisent que si elles rencontrent les intérêts américains.

Pour ce qui est de l’aspect économique, le FMI et la Banque Mondiale opèrent suivant le consensus dit de Washington. Pour résumer, cela implique le retrait de l’état dans la vie des affaires et une plus grande intégration des économies dans le commerce international, ce qui passe par l’application de programmes d’ajustements structurels (qui donnent d’ailleurs leur nom aux prêts consentis) et la privatisation progressives des compagnies nationales. Avec les conséquences dévastatrices que l’on connaît.

Vous comprendrez aisément que les incartades du président du FMI, aussi coquines puissent-elles être, n’ont que très peu d’importance au regard de l’intérêt que leur porte les médias internationaux. Notre attention devrait au contraire se concentrer sur ceux qui subissent les politiques du FMI, de la Banque Mondiale et bien sûr de tous ses membres et particulièrement du seul à démocratiquement détenir un droit de veto. La prise de conscience et la compréhension de ces réalités ne suffisent pas, encore faut-il que nous fassions entendre nos voix, de manière intelligible et intelligente. Il y a un gouffre à combler entre la désinformation et l’absence d’information. Car parallèlement, l’indépendance et le périmètre d’action du FMI ne cesse de croître, soutenus par les dirigeants internationaux du G20. Ce qui, vous l’aurez compris, joue un rôle décisif sur les phénomènes d’immigration et de tensions qui, sortis de leur cadre spatio-temporel, sont récupérés par les médias de masse et les politiques pour légitimer des actions doublement inhumaines et humiliantes à l’encontre de populations qu’ils ont eux-mêmes poussées vers la misère. Le passage sous silence de cette monstruosité qu’est l’exploitation de l’arme de la dette pour asservir un continent à l’esclavage moderne ne fait que rajouter à l’horreur qui se déroule à chaque seconde à nos portes. Pour ceux qui auraient encore la bassesse d’affirmer que ces faits sont réducteurs ou non fondés, je vous exhorte à prendre un billet d’avion pour le pays africain de votre choix et à vérifier tout cela de vos propres yeux.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, je vous encourage à consulter les nombreux ouvrages de qualité disponibles. Et je vous laisse bien sûr le soin d’en tirer les conclusions les plus objectives.

Badi BALTAZAR

www.lebuvardbavard.com

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