Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Le grand oublié de la reforme éducative haïtienne. Les manuels scolaires !

Publié en 2016, Jacques Michel Gourgues, dans les manuels scolaires en Haiti ; outils de la colonialité, converge une somme de critiques objectives et constructives dans le but de dénoncer la domination du savoir et les rapports de vérité et contre vérité dont ils sont porteurs. L’auteur, à travers ces réflexions, nous pousse à se questionner sur le contenu des ouvrages utilisés dans le systèmes scolaires haïtiens comme outils de colonialité. Quels sont les conséquences d’une éducation construite sur une telle controverse ? Peut-on encore parler d’éducation relatif au sentiment d’identité à la culture nationale et au patrimoine historique du pays ? Sont les interrogations auxquelles l’auteur tente d’y réfléchir.

Ces réflexions sont basées, d’une part, sur des travaux d’un groupe Latino-Americain Moderne/Colonialité (MC), qui dénoncent de nouvelles formes de dominations dans les pays (dits) périphériques, dans la lutte contre le colonialisme moderne telle que la colonialité de l’être, du savoir et du pouvoir. D’autre part, sur des Théories Critiques de la Race (CRT) consacrées à la notion de race et de racisme dans la construction des savoirs. Ainsi, l’auteur souligne dans son texte ces traits caractéristiques du colonialisme moderne fondés sur les notions de race, sexe et couleur qui sont quasi présentes dans les manuels scolaires comme une « contre-vérité » pour asseoir leur domination.

Cette étude peut s’inscrire dans l’ensemble des réflexions actuelles engagées sur la réforme du système scolaire haïtien et précisément de l’école fondamentale. L’auteur est loin de penser les institutions scolaires comme des institutions closes qui interviennent uniquement dans le domaine du savoir. Pour lui, reformer l’école implique la réforme du citoyen (être), son rapport à l’autre, à la cité (pouvoir) et à la connaissance (savoir). La première partie de l’ouvrage consiste à analyser les caractéristiques redondantes de cet exercice de violence épistémique traversée par les outils scolaires haïtiens. Celle-ci, se manifeste par la « dépréciation identitaire » et « ébranlement des repères », d’où la colonialité du savoir, qui, a son tour influence les expériences vécues par le dominé, d’ou la colonialité de l’être. Enfin, la colonialité du pouvoir n’est autre que cette force qui empêche au dominé de se manifester comme sujet pensant et comme producteur de savoir.

Jacques-Michel GOURGUES ne se contente pas de décrire les formes d’inégalités et de dominations reproduites dans les manuels scolaires haïtien. Il propose aussi une méthodologie afin d’apprécier d’un œil nouveau ces outils de la colonialité. Se basant sur les propositions de Granda Merchan (2003), de Christine E. Sleeter et Carl Grant (1991) et du California State Département of Education (1998), l’auteur s’accentue sur deux points fondamentaux. Le premier concerne les modes de présentation des textes et les types d’interactions qui dominent les écrits. Le deuxième sur les types de relations qui existent entre les groupes de représentation et les places qu’ils occupent. En somme, l’auteur dénonce ces « stéréotypes » qui font des manuels scolaires en Haïti « un repère mentaux radicalisés chez les apprenants ».

On relève en effet l’existence d’ « une domination essentiellement colonial » traversant les manuels scolaires édités par les Frères de l’Instruction Chrétienne (FIC) en matière des sciences sociales en Haïti. Cette forme de domination participe à la construction des sujets coloniaux tout en défavorisant l’émergence de citoyens haïtiens « civilisés » et « modernes », pour reprendre les termes de Beatriz González Stephan. Il démontre en même temps l’existence d’une suprématie de l’épistémologie Européo-Nord-Américain en termes de référence sur les épistémès locales. Ainsi, les manuels scolaires en Haiti sont en inadéquation aux objectifs visés par l’école haïtienne dans ses enseignements.

L’auteur cherche à combattre les rapports colonialistes, qui existent entre les pays (dits) périphériques des puissances coloniales impériales comme la France, l’Angleterre ou en encore les Etats-unis d’Amériques dans les pratiques enseignantes. Ainsi, il propose une réforme radicale du système mettant en phase une revalorisation de l’épistémologie locale et autochtone, afin de rapprocher l’apprenant à sa culture et à ces valeurs propres. Le système éducatif haïtien, notamment l’institution scolaire, ne constitue qu’un moyen de domination capable de se renouveler en permanence. Ce qui requiert de véritables révisions.

Saul JACINTHE

saul_jacinthe@yahoo.fr

Doctorant en Sciences de l’éducation.

Jacques-Michel GOURGUES, 2016. Les manuels scolaires en Haiti ; Outils de la colonialité. Harmattan, Paris.

URL de cet article 32970
   
Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme
Salim LAMRANI
En juin 2003, sous l’impulsion de l’ancien Premier ministre espagnol, José Marà­a Aznar, l’Union européenne décide d’imposer des sanctions politiques et diplomatiques à Cuba. Cette décision se justifie, officiellement, en raison de la « situation des droits de l’homme » et suite à l’arrestation de 75 personnes considérées comme des « agents au service d’une puissance étrangère » par la justice cubaine et comme des « dissidents » par Bruxelles. Le seul pays du continent américain condamné par l’Union européenne (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

"L’un des grands arguments de la guerre israélienne de l’information consiste à demander pourquoi le monde entier s’émeut davantage du sort des Palestiniens que de celui des Tchétchènes ou des Algériens - insinuant par-là que la raison en serait un fonds incurable d’antisémitisme. Au-delà de ce qu’il y a d’odieux dans cette manière de nous ordonner de regarder ailleurs, on peut assez facilement répondre à cette question. On s’en émeut davantage (et ce n’est qu’un supplément d’indignation très relatif, d’ailleurs) parce que, avant que les Etats-Unis n’envahissent l’Irak, c’était le dernier conflit colonial de la planète - même si ce colonisateur-là a pour caractéristique particulière d’avoir sa métropole à un jet de pierre des territoires occupés -, et qu’il y a quelque chose d’insupportable dans le fait de voir des êtres humains subir encore l’arrogance coloniale. Parce que la Palestine est le front principal de cette guerre que l’Occident désoeuvré a choisi de déclarer au monde musulman pour ne pas s’ennuyer quand les Rouges n’ont plus voulu jouer. Parce que l’impunité dont jouit depuis des décennies l’occupant israélien, l’instrumentalisation du génocide pour oblitérer inexorablement les spoliations et les injustices subies par les Palestiniens, l’impression persistante qu’ils en sont victimes en tant qu’Arabes, nourrit un sentiment minant d’injustice."

Mona Chollet


CUBA : modèle de résistance ou résistance d’un modèle ? (conférence/débat audio)
Conférence de Viktor Dedaj, animateur du site "Le Grand Soir", sur le Libre Teamspeak le 4 Décembre 2011. Notre conférencier nous explique enfin la vérité sur Cuba, sur son régime, et démonte minutieusement toute la propagande des États-Unis contre Cuba. Une conférence aussi excellente qu’indispensable. L’exposé initial de Viktor Dedaj dure une quarantaine de minutes et est suivi de deux heures de questions/débat avec les auditeurs. - http://lelibrets.blogspot.com/ Le compte Youtube ayant (...)
22 
Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
30 
Cette épuisante sensation de courir dans l’eau (plaidoyer pour rompre définitivement avec le PS)
Vous avez déjà essayé de courir dans l’eau ? Epuisant n’est-ce pas ? Au bout de quelques pas, je me dis que j’irai plus vite en marchant. Alors je marche. Comme je n’ai jamais pris la peine de me chronométrer, je ne sais ce qu’il en est réellement, mais la sensation d’aller plus vite et plus loin est bien là. Et quoi de plus subjectif que le temps ? Préambule défoulant : Socialistes, j’ai un aveu à vous faire : je ne vous supporte plus. Ni vos tronches, ni vos discours, ni vos écrits, ni vos (...)
58 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.