Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

32 

Mélenchon et la question atomique

On pourrait discuter des heures, échanger toutes sortes d'arguments sur les mérites des uns et les hontes des autres, décrire à l'envi les posture de tel ou tel et dénoncer l'hypocrisie commune aux politiciens de carrière, ça ne servirait à rien. Aujourd'hui, une fois de plus, le débat politique est miné par les compétitions de personnalités, et piétine devant l'impasse économique et sociale sans accepter de la reconnaître. Mais où nous conduisent tous ces VRP en sparadrap ? où, sinon nulle part, étant donné que des solutions nous n'en ayons pas encore, et qu'elles attendent que nous nous mettions au travail pour tenter de les définir, ce que tous nous savons impossible en recourant au langage et aux catégories d'une société moribonde. Croissance ? Emploi ? Pouvoir d'achat ? Revenus ? Transition écologique ? Vraiment ?

Jusqu’où sommes-nous prêts à laisser faire la machine industrielle capitaliste dans son entreprise de destruction massive ? Désolé d’en arriver là mais c’est la seule et unique question essentielle qui nous soit posée aujourd’hui. Ce n’est quoi qu’en disent les idéalistes, malheureusement pas la question d’organisation strictement politique qui soit la plus critique à présent. Le problème le plus critique c’est celui de la divergence absolue entre la croissance financière et l’épuisement destructeur planétaire qui nous conduise à la plus irrémédiable des banqueroutes. Car la question n’est pas de savoir quand les marchés finiront par s’effondrer sur leur propre dette mais ce que ça puisse signifier concrètement pour les habitants de la planète.

Il y a actuellement plus 4000 installations nucléaires de base sur la planète et dont aucune n’est préparée à être laissée à l’abandon sans énergie ni moyens pour la sécuriser. Ceci veut dire qu’en cas d’effondrement économique majeur de portée planétaire, aucune nation n’aurait de moyens de rémunérer qui que ce soit ou d’investir matériellement dans les opérations requises pour empêcher des catastrophes majeures de se produire en série. Peu importe la vélocité des catastrophes en question. Le nombre d’installations et la quantité phénomènale de radionucléides artificiels déjà produits qu’elles stockent définissent en eux-mêmes une menace actuellement inéluctable : celle d’une extinction totale de la biosphère au maximum en trente ans.

Nous-mêmes français sommes aux première loges, et sans doute parmi les plus "chanceux" puisque dotés d’une des plus formidables accumulations de poisons radioactifs au monde à La Hague et d’une merveilleuse vallée du Rhône atomique que tout le monde nous envie. On aurait la chance en cas de retour brutal à des conditions économiques moyen-âgeuses de crever parmi les premiers. Le fait qu’on sache que les nuages n’aient pas de frontières ne nous donne pas de complexe. Notre effondrement apportera sa contribution notoire à la catastrophe ultime. Ainsi lire les unes et les autres s’épancher sur leurs sympathies électorales ne changera rien : que le lepénisme ou le mélanchonisme prévale n’aura in fine absolument aucune espèce d’importance : on continuera à statuer que comme les radiations sont inodores et invisibles, il suffise de faire comme si elles n’existaient pas, comme si elles ne menaçaient personne, et pis tant pis hein, carpe diem.

Quand Mélenchon cause "transition écologique" et "responsabilité générationnelle" je pense aussitôt à cela, à cette façon de balayer le principal problème avec soin sous le tapis. Qu’on admire ses qualités de tribun, qu’on s’extasie sur ses capacités de travail ou sur ses dons avérés à répondre aux médias n’en fait pas moins un pauvre con comme vous et moi, tout aussi exposé au danger que vous et moi. Fessenheim mais la belle affaire ! si il n’y avait que cela ! Mais les héritages de la libération ne se limitent pas aux acquis sociaux du Conseil National de la Résistance ! Il y aussi l’héritage pourri de la bombe à la Française ! Celui qui le fasse entre autres, promouvoir l’indépendance nationale et souhaiter en conséquence qu’on maintienne l’arsenal nucléaire, même qu’on le modernise ! D’un côté il parle d’un abandon supposé du nucléaire en 25 ans et de l’autre il se réserve de présever la "force de frappe" ! Comment compte-t-il maintenir la bombe en fermant les centrales atomiques ? mystère. Compte-il importer du plutonium au lieu d’en produire ? mystère. Tient-il surtout compte de la masse de cochonneries toxiques et radioactives sur laquelle tous les français sont déjà assis ? Apparemment pas. Non, de toute façon l’important c’est "la constituante", c’est "la démagogie du PS", c’est d’être ’Insoumis".

Bah j’ai sans doute mauvais esprit mais la soumission à la menace des contaminations radioactives définitives que font peser les 58 réacteurs d’EDF, les installations de la Hague, et la quantité de sites de stockage existant déjà en France, je ne saisis pas vraiment comment il imagine de nous en soulager. Pour moi cette menace n’a rien de fictif, et s’impose comme déterminant principalement non seulement de toute alternative politique qui se veuille tant soit peu sensée ou crédible, si nous voulions seulement tenter de survivre et de l’assurer un peu pour les générations montantes. Tant qu’aucune réponse à ce problème critique n’est proposée, tant que la priorité donnée vraiment à toute survie possible n’inspirera en rien les projets des politiciens, tant qu’ils continueront à faire l’autruche, je préfererai les autruches les vraies qui, toutes aussi menacées que nous, n’y soient absolument pour rien.

URL de cet article 31439
   
SALARIÉS, SI VOUS SAVIEZ... DIX IDÉES RECUES SUR LE TRAVAIL EN FRANCE
Gérard FILOCHE
« Le droit du licenciement doit être assoupli », « les 35 heures n’ont pas profité aux salariés », « les charges sociales sont trop lourdes », « les fonctionnaires sont des privilégiés », « à terme, on ne pourra plus financer les retraites », etc. Telles sont quelques-unes des idées reçues qui dominent le débat public sur le travail en France. En dix réponses critiques, chiffres à l’appui, Gérard Filoche bat ici en brèche ces préjugés distillés par la vulgate néolibérale pour tenter de liquider un siècle de (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Si les lois de Nuremberg étaient appliquées, chaque président des Etats-Unis de l’après-guerre aurait été pendu.

Noam Chomsky


Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
30 
L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
18 
« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - Préambule - 1/13
PREAMBULE « Un microphone ? Hum... » Ca y’est, deux jours à la Havane et je commence à me sentir comme un fucking Chevalier de la Table Ronde à la recherche du Graal. Oui, j’ai besoin d’un microphone, avec une petite prise, pour le brancher là. « Tu veux acheter un microphone ? » Ben oui, à peine arrivé, le mien est tombé en panne, alors j’ai besoin d’un microphone. « Oui, oui, je comprends. Un microphone... ». Je suis dans un centre culturel. Un grand centre culturel. J’ai l’impression de voir des (...)
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.