Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

28 

Modeste lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon

M. Mélenchon,

Après 40 ans de militantisme, je crois bien que c’est la première fois que je rédige une lettre ouverte. Je veux dire une lettre sérieuse, sans l’ironie qui me caractérise (parait-il). Et j’imagine que les chats que vous avez à fouetter en ce moment sont nombreux. Mais voilà, je ne sais plus exactement à qui, ni à quoi, m’adresser. Il s’agit de Julian Assange.

Pourquoi m’adresser à vous ? Disons que j’ai confiance en vous depuis une certaine soirée où j’ai assisté à un échange qu’on pourrait qualifier d’anecdotique. Mais j’ai tendance à évaluer les personnes à certains détails plus qu’à leurs professions de foi publiques. Que voulez-vous, on ne se refait pas. J’étais venu assister à une réunion de solidarité où divers intervenants, français et étrangers, ont pris la parole. J’avoue que ce soir-là, j’ai pas mal piaffé d’impatience, et souvent d’agacement, sur ma chaise – particulièrement lors des interventions des Français. A la fin de la soirée, la salle s’est vidée et pour une raison qui m’échappe, je suis resté. Il ne restait plus que vous et votre entourage proche – et moi, assis tranquillement dans un coin, en train de ressasser les recadrages et critiques que je me reprochais de ne pas avoir formulés à voix haute pendant la réunion. Puis vous vous êtes adressé à votre équipe, pour faire une sorte de bilan. Et là, j’ai entendu des propos que j’espérais entendre depuis une éternité dans la bouche d’un important responsable politique français. Je pense être assez proche de la réalité en disant que vous les avez (gentiment) tancés. Et à juste titre. Et dans ma tête, il y a eu un « ouf, enfin ! ». Comme j’ai toujours eu l’impression que vos propos n’étaient pas vraiment destinés à d’autres qu’à ceux qui vous entouraient ce soir-là, et avec le sentiment que j’étais devenu malgré moi une souris dans un coin, je ne m’arrogerai pas le droit d’en dire plus. Oui, je sais : écrire tout ce qui précède pour finalement ne rien dire, c’est un peu ballot de ma part. Mais je sais qu’il y en a qui me liront et me comprendront, et cela me suffit. J’espère que vous me comprendrez aussi.

Julian Assange, donc. Vous connaissez l’effroyable calvaire qu’il subit. Vous connaissez l’insoutenable injustice qui lui est faite. Et vous entendez, comme moi, le silence assourdissant qui s’est instauré autour. Et je ne m’attarderai pas sur l’attitude scandaleuse des média qui n’ont eu cesse de se livrer à des campagnes de désinformation et de calomnies, car, au moment où j’écris ces lignes, les seuls mots que je trouve, parce que les seuls qui me restent, sont des insultes.

Il y a quelques jours, la mère de M. Assange a lancé un cri d’alarme (*). Christine Assange, qui est une personne aux propos mesurés, en appelle à la mobilisation. En effet, l’évolution de la situation est telle que, en plus de la santé de Julian qui se dégrade (il n’a pas accès aux soins), c’est désormais sa vie qui est en danger.

La stratégie des gouvernements équatorien, britannique et états-unien est maintenant clair. Il s’agit de briser moralement, psychologiquement et physiquement cet homme - pour en quelque sorte le « convaincre » de sortir « de son plein gré » de l’ambassade. A partir de là, son extradition vers les Etats-Unis paraît certain. Là-bas, il risque le bagne de Guantanamo, la torture et même la peine de mort.

A destination du lecteur non-averti, et pour limiter la longueur de cette lettre, je me contenterai d’un rappel désespéramment laconique : Julian Assange n’a violé aucune loi d’aucune juridiction dont il dépendait. Il n’a jamais été mis en accusation pour un délit ou crime quelconque. Si vous avez eu l’impression du contraire, vous pouvez demander des éclaircissements à votre journal préféré (bonne chance).

M. Mélenchon, vous avez de l’influence, vous êtes respecté, vous avez beaucoup d’amis. Vous vous êtes déjà exprimé sur cette affaire. Une fois de plus ne serait pas de trop. Pour Julian, pour nous tous.

Merci.

Cordialement,

Viktor Dedaj

(*) https://www.youtube.com/watch?v=5nxigIRUkcU

URL de cet article 34068
   
Communication aux lecteurs
PARIS - Rassemblement pour Julian Assange (Acte V)
Samedi 27 avril 2019

Défilé nocturne - 21h - 23h - RDV Métro les Invalides

Sons & Lumières —> Lampes, Torches, Lasers, Tambours, Sifflets

A l’appel de citoyens engagés

"Pas d’extradition de Julian Assange vers les Etats-Unis"

Un page de ressources sur Julian Assange
https://www.legrandsoir.info/julian-assange-prisonnier-politique-depui...

Même Auteur
SIN EMBARGO - Paroles Cubaines contre le blocus (livre PDF)
Viktor DEDAJ
Recueil d’une série d’interview effectuées à Cuba. Différentes personnalités parlent de leur expérience personnelle du blocus des Etats-Unis contre Cuba - et parfois aussi d’autres choses. Publiés à l’origine dans une série d’articles, les textes ont été regroupés dans un document unique téléchargeable. Bonne lecture. V. Dedaj Le Grand Soir POUR TELECHARGER, VOIR LIEN CI-DESSOUS :
Agrandir | voir bibliographie

 

Le succès ou l’échec d’une révolution peut toujours être mesuré par l’ampleur avec lequel le statut de la femme a rapidement évolué dans un sens progressiste.

Angela Davis


« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - Préambule - 1/13
PREAMBULE « Un microphone ? Hum... » Ca y’est, deux jours à la Havane et je commence à me sentir comme un fucking Chevalier de la Table Ronde à la recherche du Graal. Oui, j’ai besoin d’un microphone, avec une petite prise, pour le brancher là. « Tu veux acheter un microphone ? » Ben oui, à peine arrivé, le mien est tombé en panne, alors j’ai besoin d’un microphone. « Oui, oui, je comprends. Un microphone... ». Je suis dans un centre culturel. Un grand centre culturel. J’ai l’impression de voir des (...)
Retour sur l’étrange et persistante désinformation autour de « l’affaire » Julian Assange (le Fake News dans toute sa splendeur)
On ne le répétera jamais assez : pratiquement tout ce que les grands médias répètent à l’envi autour de « l’affaire » Julian Assange est incorrect. Et on a beau l’expliquer aux journalistes - lorsque l’occasion se présente - et ils ont beau hocher de la tête, rien n’y fait : ils persistent et signent, mus par une sorte d’incapacité à accepter le moindre écart d’une narrative pré-établie et apparemment immuable, même lorsqu’elle se révèle fausse. Il suffit pourtant d’un minimum de recherches, pas beaucoup, pour (...)
10 
L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
18 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.