RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Nous avons perdu notre meilleur ami

Le 5 mars, dans l’après-midi, est mort le meilleur ami que le peuple cubain n’ait jamais eu tout au long de son histoire. Un appel par satellite nous a rapporté cette triste nouvelle. La signification de la phrase utilisée était sans équivoque. Même si nous étions au courant de son état de santé critique, la nouvelle nous a durement frappés. Je me suis souvenu que parfois il plaisantait avec moi, et me disait que lorsque nous aurions achevé notre tâche révolutionnaire, il m’inviterait à une promenade sur la rivière Arauca, au Venezuela, qui lui rappelait le repos qu’il n’a jamais eu.

Nous avons l’honneur d’avoir partagé avec le leader bolivarien les mêmes idéaux de justice sociale et de soutien aux exploités. Les pauvres sont les pauvres partout dans le monde.

« Que le Venezuela me dise en quoi le servir : il a en moi un fils ! », a proclamé le Héros national et apôtre de notre indépendance, José Marti, un voyageur qui sans ôter la poussière de la route, demanda où se trouvait la statue de Bolivar.

Marti a connu le géant parce qu’il a vécu dans ses entrailles. Est-il possible d’ignorer les paroles profondes qu’il écrivit dans une lettre inachevée à son ami Manuel Mercado, la veille de sa mort au combat ? : « ... Je cours désormais tous les jours le risque de donner ma vie pour mon pays et pour mon devoir - puisque c’est ainsi que je le comprends et que j’ai assez de forces pour l’accomplir - qui est d’empêcher à temps, par l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s’étendent dans les Antilles et ne retombent, avec cette force de plus, sur nos terres d’Amérique. Tout ce que j’ai fait à ce jour et tout ce que je ferai, c’est pour cela. Il m’a fallu le faire en silence et, disons, indirectement, car, pour pouvoir les réaliser, certaines choses doivent être occultes. »

66 ans s’étaient écoulés après que le Libérateur Simon Bolivar ait écrit : « … les États-Unis semblent destinés par la Providence à accabler de misère l’Amérique au nom de la Liberté. »

Le 23 Janvier 1959, 22 jours après le triomphe de la Révolution à Cuba, je me rendis au Venezuela pour exprimer mes remerciements à son peuple et au gouvernement au pouvoir après la dictature de Pérez Jiménez, pour l’envoi de 150 fusils à la fin de 1958. J’ai dit alors :

« ... Le Venezuela est la patrie du Libertador où a été conçue l’idée de l’union des peuples d’Amérique. Par conséquent, le Venezuela doit être à la tête de l’union des peuples d’Amérique ; les Cubains soutiendront nos frères du Venezuela.

« J’ai parlé de ces idées non parce que je suis motivé par une quelconque ambition personnelle, ni même par ambition de gloire, parce que finalement, l’ambition de gloire n’est que pure vanité, et comme Marti l’a dit : "Toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs".

« Si bien que, en m’adressant ainsi au peuple du Venezuela, je le fais en pensant honnêtement et profondément, que si nous voulons sauver l’Amérique, si nous voulons sauver la liberté de chacune de nos sociétés qui, somme toute, font partie d’une grande société qui est la société latino-américaine ; si nous voulons sauver la révolution de Cuba, la révolution du Venezuela et la révolution de tous les pays de notre continent, nous devons nous rapprocher et nous devons nous soutenir fermement, parce que seuls et divisés, nous échouerons. »

C’est ce que j’ai dit ce jour-là , et aujourd’hui, 54 ans plus tard, je le confirme !

Je dois seulement inclure à cette liste les autres peuples du monde qui pendant plus d’un demi-siècle ont été victimes de l’exploitation et du pillage. Ce fut la lutte de Hugo Chavez.

Pas même lui ne soupçonnait combien il était grand.

Hasta la victoria siempre, ami inoubliable !

Fidel Castro Ruz

Le 11 mars 2013

http://www.granma.cu/frances/cuba-f/14marz-Nous%20avons.html

URL de cet article 19775
   

Même Auteur
L’Histoire m’acquittera
Fidel CASTRO, Jacques-François BONALDI
L’Histoire m’acquittera (en espagnol : La Historia me absolvera) est un manifeste d’auto-défense écrit par Fidel Castro en octobre 1953, à la veille de son procès (il est jugé pour avoir attaqué la caserne de Moncada le 26 juillet 1953, en réaction au coup d’état de Batista). Fidel Castro est diplômé en droit, il manie la plaidoirie, exercice qu’il connaît bien, avec aisance : il y explique ses actes et son implication dans le soulèvement contre Batista mais surtout, il y développe ses différentes thèses (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Je crois, juridiquement parlant, qu’il y aurait des motifs sérieux pour inculper chaque président des Etats-Unis depuis la seconde guerre mondiale. Il ont tous été soit de véritables criminels de guerre, soit impliqués dans de graves crimes de guerre.

Noam Chomsky, in "What Uncle Sam Really Wants"

Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
55 
Lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la société
NdT - Quelques extraits (en vrac) traitant des psychopathes et de leur emprise sur les sociétés modernes où ils s’épanouissent à merveille jusqu’au point de devenir une minorité dirigeante. Des passages paraîtront étrangement familiers et feront probablement penser à des situations et/ou des personnages existants ou ayant existé. Tu me dis "psychopathe" et soudain je pense à pas mal d’hommes et de femmes politiques. (attention : ce texte comporte une traduction non professionnelle d’un jargon (...)
44 
Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
68 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.