Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

15 

« Populisme », mot tricheur.

Au départ, ceci devait commenter un article sur le populisme de LO et du NPA. Puis, comme cet article est en train de disparaître dans la colonne de droite de LGS et que mon commentaire a pris de l’ampleur, je le publie comme article.

Quelque chose me manque dans cet article et ses commentaires, en tout cas cela n’y apparaît pas clairement : l’origine de l’usage actuel du mot populisme.

Moi qui suis un vieux con-servateur, j’ai encore un dico Petit Robert du tournant des années 70-80. A « Populisme » et « Populiste », on n’y trouve que l’art du même nom, comme les romans de San-Antonio, les dialogues de Michel Audiard, les chansonniers de Montmartre et d’ailleurs, les sketchs de Coluche, les chansons de Bruant ou d’Edith Piaf, etc., mais... aucune définition politique.

Cet art n’est pas toujours très fin, même s’il réclame un grand talent, il n’est pas spécialement de gauche, il caresse volontiers une certaine connerie dans le sens du poil, mais il reste destiné à faire rire ou pleurer, pas à faire voter fasciste. Le mettre dans le même sac que les discours de haine du clan de Montretout, c’est con et dégueulasse.

Je n’ai pas sous la main le Grand Robert en 6 ou 7 volumes (remarque hors sujet, mais pas question de renoncer à un jeu de mots stupide : pour ceux qui espéraient consulter le gros robert en deux volumes, vous vous êtes trompés de site !), ni le Littré, ni l’Encyclopédia Universalis de la même époque,. Peut-être y trouvait-on les références au populisme politique, à savoir un mouvement anti-tsariste, russe bien sûr, et un mouvement de gauche dans certains états américains, calquant son programme sur des revendications de travailleurs, tous deux au 19ème siècle. Des mouvements oubliés et qui, de toute façon, n’avaient rien de fasciste.

Il paraît, d’après un commentaire, que Marx trouvait ces mouvements utopistes, je n’ai pas assez lu pour le savoir, mais on ne nous dit pas qu’il en parlait comme de ceux qui manipulaient les « Lumpenproletarier » pour mieux assurer la victoire du capitalisme.

Laissons l’érudition aux érudits, et il est clair que « populisme » n’a pris son sens politique actuel pour les médias et donc les masses que dans les années 80, d’abord en France, avant de connaître le succès chez tous les réacs de la planète.

C’était l’époque où Mitterrand décida que Le Pen lui serait utile, à court terme pour gêner Chirac, et à long terme pour achever le PCF. Il ordonna que Le Pen se voit dérouler des tapis rouges à la TV et ses courtisans intellos se mirent au boulot pour faire la promotion du FN en faisant semblant de le combattre.

En particulier, il devint littéralement impossible à un journaliste de radio ou de TV de parler de Marchais sans mettre Le Pen en parallèle.

Et c’est pour créer ce parallèle et bien l’enfoncer dans les crânes que fut créé le sens politique actuel du mot « populisme ».

Ce mot avait tous les avantages pour les magouilleurs reaganno-mitterrandiens de ces années-là. Et il les a conservées de nos jours pour les réacs de tout poil.

Il permet en effet, contrairement au trop savant et trop péjoratif « démagogie », de se montrer méprisant pour le peuple tout en faisant semblant de le défendre contre ceux qui le manipulent. Ainsi, ceux qui en ont marre de voir les bourgeois se gaver entendent dire que Le Pen serait « populiste », donc pour le peuple, et qu’il serait méprisé comme le petit peuple par les dits bourgeois.

Et comme l’extrême droite n’hésite jamais à plagier le discours de gauche, en particulier communiste, les intellos reaganno-mitterrandiens l’ont très vite eu facile de mettre les deux dans le même sac, mais avec toujours la fine allusion que si un prolo veut voter contre le capitalisme, il aurait plutôt intérêt à choisir les fachos.

On connaît, bientôt 35 ans plus tard, le succès que connut l’opération. Une classe ouvrière à qui on a fait croire que le mitterrandisme était de gauche, qui s’est donc dégoûtée de la « gauche » et qui désormais se partage entre une abstention massive et le vote dit « populiste » d’extrême droite. Un parti communiste qui s’écroule, dont les dirigeants finissent par lâcher la rampe, n’osant même plus parler de nationalisations, et un FN qui, désormais, a toutes les chances de figurer au deuxième tour de toutes les élections, obligeant les électeurs au non-choix entre droite et extrême droite.

« Populisme ». continue d’être utilisé pour entretenir la confusion entre extrême droite et communisme, confusion que la première recherche et que le deuxième vomit, comme le savent tous ceux qui l’utilisent.

Depuis que le PCF est dans les choux, les réacs ont eu un peu peur, en 2012 et 2017 que Mélenchon ne relance une gauche vraiment de gauche, susceptible de gouverner un jour. On a donc eu droit au parallèle Le Pen Mélenchon en remplacement de Le Pen Hue et Le Pen Buffet, tout cela évidemment au nom de la dénonciation du « populisme ».

Depuis les législatives, la bourgeoisie a compris que FI a une priorité absolue d’en finir avec le PCF, et qu’elle n’a aucune envie de gouverner, refusant de passer les alliances et donc les compromis (pas les compromissions !!) qu’il faudrait pour cela. Les insoumis ont exigé des actes de soumission de leurs alliés potentiels et ne les ont, bien sûr, pas obtenus. Il ont un groupe à l’assemblée, mais pas plus, donc aucune responsabilité, et peuvent faire le spectacle à bon marché. De la sorte, en plus, les 17 sont déjà sûrs d’être réélus dans 5 ans, même si leur mouvement se vide de ses militants.

Un échec relatif : ils ont pu empêcher les PCF d’avoir un groupe homogène, mais ils n’ont pas pu le réduire à une poignée de « non-inscrits ».

Que va devenir le mot « populisme » avec cette nouvelle donne autour de LREM, FI et FN, je n’en sais rien, ma boule de cristal est buggée.

La gauche n’a pas su combattre l’emploi de ce mot, comme elle ne sait généralement pas combattre l’antilangue parlée par le patronat et ses larbins. Cela m’a toujours désespéré, car je suis au contraire très sensible au vocabulaire (sans doute le côté positif et sérieux de mon goût pour les jeux de mots comme celui sur « robert » au début de cet article !). Ça me gonfle toujours énormément d’entendre un syndicaliste ou un politicien de gauche parler de « charges » au lieu du « salaire indirect », de « paiement au mérite » au lieu de « promotion lèche-cul », de « partenaires sociaux », etc.

Et bien sûr « populisme », le pire de tous, la fusée aux multiples étages des mots tricheurs, dont je mesure en écrivant cet article combien il est difficile d’en démonter les rouages en restant clair et que je trouve lamentable de trouver jusque dans l’Huma ou sur LGS.

Je vois à présent que certains se revendiquent d’un populisme de gauche. Puisque le mot s’est imposé, pourquoi ne pas essayer de lui donner un peu de noblesse ? Je ne veux pas condamner à priori une entreprise face à laquelle je n’ai rien à proposer. Mais je crois que cela consacrera seulement la victoire de ceux qui l’ont inventé.

Moi, je ne peux que constater la victoire des reaganno-mitterrandiens des années 80 et exprimer mon pessimisme.

Fald

URL de cet article 32130
   
Communication aux lecteurs
24 février : Tous ensemble à Londres pour soutenir Julian Assange

La date du 24 février ouvre le départ des dernières audiences d’extradition du fondateur de WikiLeaks Julian Assange sur la demande des Etat-Unis. Sur le territoire américain Julian risque jusqu’à 175 années de prison pour avoir diffuser des documents sur la guerre en Irak et en Afghanistan dévoilant ainsi au grand jour tortures et exactions de l’armée américaine, pour avoir fait son travail de journaliste. S’il est jugé par un tribunal fédéral dans un état où la peine capitale est autorisée, il risque la peine de mort pour espionnage et divulgation de secrets d’Etat .

Nous organisons ce 23 février un départ de Paris en Bus pour Londres. Nous arriverons le 24 au matin pour commencer la manifestation et repartirons le soir afin d’être de retour le 25 au petit matin sur Paris.

Au nom de la Liberté de la presse, de la Liberté d’expression, de la Vérité nous demandons l’arrêt immédiat de la procédure d’extradition et la libération de Julian Assange.

Informations/contacts : https://www.facebook.com/events/467998704155446/

Réservations : https://yurplan.com/event/Tous-ensemble-a-Londres-pour-Julian-le-24-fe...

15 
L’Équipe de choc de la CIA
Hernando CALVO OSPINA
Le 18 Avril 2009, les autorités des États-Unis faisaient détourner un avion d’Air France qui devait survoler leur territoire pour la seule raison que l’auteur de ce livre, Hernando Calvo Ospina, était à son bord ! La publication de ce livre ayant été annoncée par la presse... Mais tout ce qui est écrit ici est vérifiable auprès des meilleures sources, notamment étasuniennes. On aura beau chercher, on ne trouvera jamais une autre équipe ayant de tels antécédents. Il s’agit bel et bien du groupe d’agents (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de vous n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, n’importe où dans le monde. C’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire.

Ernesto "Che" Guevara


Revolucionarios : "On ne nait pas révolutionnaire... on le devient."
Chères lectrices, cher lecteurs du Grand Soir Nous vous proposons à la diffusion un documentaire intitulé « Revolucionarios ». Durée 57 Min – Version VOSTFR. Ce film, le premier d’une série, c’est la révolution cubaine racontée par celles et ceux, souvent anonymes, qui y ont participé d’une manière ou d’une autre. Des témoignages qui permettront de comprendre la réalité de ce que vivait le peuple cubain avant l’insurrection, de découvrir les raisons de cet engagement dans la lutte et de voir comment chacun (...)
20 
« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - Préambule - 1/13
PREAMBULE « Un microphone ? Hum... » Ca y’est, deux jours à la Havane et je commence à me sentir comme un fucking Chevalier de la Table Ronde à la recherche du Graal. Oui, j’ai besoin d’un microphone, avec une petite prise, pour le brancher là. « Tu veux acheter un microphone ? » Ben oui, à peine arrivé, le mien est tombé en panne, alors j’ai besoin d’un microphone. « Oui, oui, je comprends. Un microphone... ». Je suis dans un centre culturel. Un grand centre culturel. J’ai l’impression de voir des (...)
Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.
Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature d’un de ses journalistes réguliers traitant de l’international, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît l’histoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), c’est une accusation de nazisme et d’antisémitisme qui est ainsi (...)
120 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.