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Rafael Correa, la meilleur opportunité pour l’Équateur depuis 100 ans, mais avec quelques bémols


Huaorani de Yasunà­. © Photo Eduardo Quintano.

Lundi 29 octobre 2007.


Claro que notre nouveau Président et l’Assemblée Constitutionnelle qui lui est acquise par 82%de de l’électorat sont pour l’Équateur la meilleure opportunité depuis 100 ans de pouvoir se libérer en partie de la puissante oligarchie séculaire qui l’opprime.

La bataille a déjà commencé tous azimuts. Les banques se refusent de baisser leur taux usuraire de 27% l’an. Les médias tirent à boulets rouges sur tout ce qui bouge et R.S.F lance ses coups de semonce sur ce futur dictateur qui menace la presse et s’apprète à rejoindre le camp des Castro et Chavez.Mais le pot de terre résiste et devient de béton armé. Il a eu le courage d’accorder un bonus de 30 $ aux ménages qui ne percevaient pas 1 $ par jour et par personne. La proposition présidentielle devant l’O.N.U. de changer l’oxygène du Parc Yasuni contre une partie du manque à gagner que représenterait la non exploitation de la nappe de pétrole enfuie dans le parc Yasuni (lot I.T.T.) est écologiquement originale et serait tout bénéfice pour la terre et ses habitants. Son combat contre la "tercérisation", ces loueurs de main-d’oeuvre dont le personnel loué n’a que des contrats précaires, ce qui est le sort de la moità­é des travailleurs, le met en face de son ancien adversaire aux présidentielles : Noboa qui avec ses 100 entreprises est l’homme le plus riche d’Équateur. Je ne compte pas son immobilier à Miami. Cierto qu’avec un tel président, les prolétaires équatoriens voient l’avenir en rose. Et ça ne fait que commencer assure-t-il.

Bien que lui étant acquit, je vous fait part cependant de quelques bémols. Le Parc Yasuni-982.000 Ha, zone déclarée intangible par le gouvernement en 1979 et réserve de la biosphère mondiale par l’UNESCO en 1989, malgré le moratoire de 6 mois concernant la proposition I.T.T, la ministre de l’environnement madame Ana Albán dont les neurones sont en panne sèche,vient d’autoriser la firme d’état brésilienne Pétrobras d’opérer au bloque 31, 200.000 Ha. Dans cette zone vivent deux tribus primitives : Taromenane(s) et Tagaeri(S). Ces gens vivent nus, sans autres armes que leurs longues sarbacanes et pour tout attribut le "gumi" : ficelle de coton retenue à la taille qui maintient le pénis vers le haut-un viagra virtuel en somme-. Les femmes pour toute coqueterie se percent le lobe des oreilles et leur vie durant, en introduisant dans l’orifice des objets de plus en plus grands, agrandiront le trou. Il paraîtrait que cette coutume les rendaient impropres au commerce sexuel dont les exploitants d’or et d’hévéhas qui remontaient le fleuve Amazone depuis le Brésil étaient les fournisseurs pour les bordels de Manaus. Les hommes étaient retenus comme esclaves. D’où probablement le refus farouche de ces aborigènes de toute approche étrangère. Nous reviendrons sur le sort des Taromenane.

En tout cas et parallèlement à sa propositiom I.T.T, le président propose de développer le tourisme dans ce parc ce qui serait retomber de Charybde en Scylla. Déjà des touristes et journalistes -au risque de leur vie comme ce fut le cas pour quelques missionnaires- s’introduisent dans leurs campements et leur offre des vêtements. C’est le début de la fin. Laissez-les vivre en paix, ils savent vivre sans dollars. Imaginez ce que serait l’introduction du sida à ces échangistes de nature (et aussi très légèrement homo). Dans ce paradis où ils vivent nus sans le savoir, il n’y a pas de perversité ni de pomme interdite. Des serpents bien sûr, mais ils ne parlent ni araméen ni quichua.

Petite remarque sur la faune. Des laboratoires des U.S.A. comme par exemple ABOTT de Chicago viennent s’approvisionner par milliers en dendrobates jusqu’à mettre en péril grave ces races de batraciens multicolores. Ce sont des petites grenouilles dont la peau est venimeuse. Ce poison qui est le plus toxique du monde sert à fabriquer des analgésiques surpuissants. Cette chasse se fait sans autorisation, sans contrôle (à moins que notre ministre idoine...) et sans compensations pour les natifs qui les chassent pour compte de. Là aussi l’écologie en prend un coup.

Bon,encore un problème écologique. Le président dans un récent décret a dépénalisé la pêche accidentelle des requins et autorisé la vente de leurs ailerons ce qui était jusqu’alors interdit. Il l’a fait sans mesures d’accompagnement et notre prequ’innocente Ministre de l’environnement depuis quatre mois n’a pas encore remarqué que la pêche accidentelle a été multipliée par cent et que sur toute la costa des centaines de pêcheurs ne parviennent plus à éviter les requins qui s’obstinent à s’enferrer dans leurs crochets. Le plus souvent on ne prend même plus la peine de commercialiser leurs corps. On leur coupe les ailerons qui valent de l’or et c’est vivant,qu’on les rejette en mer. Les japonais vont pouvoir bander. Le pire, c’est que 80 % de la pêche s’opère dans les eaux des Galapagos. Déjà que l’Unesco vient de déclarer les Isles Galapagos en danger et reproche à l’Equateur leur dégradation accélérée. La gestion écologique en revient à qui vous savez. Mais il n’y a pas que les Galapagos. L’équilibre marin du Pacifique est aussi en danger.

Autre malheur : la forêt primaire. Le président dans son argumentation devant l’O.N.U. explique que le recalentamiento transforme graduellement la selva en savane. Le pillage forcené tel qu’il se pratique actuellement en Équateur la transforme encore plus rapidement. Tois mille camions franchissent mensuellement la frontière colombienne chargés des essences les plus précieuses. C’est du saccage et Ana Albán, la minitre de l’envir-zut- je vous l’ai déjà dit, en ignore tout. J’en reviens à ce propos aux Taroménane. Contrairement à ce qu’affirme le président, les indiens Huaorani ne sont pas une tribu primaire. Ils ne le sont plus depuis trois générations, pas plus qu’ils ne sont guerriers, mais ils sont devenus main-d’oeuvre des Cies pétrolières, complètement assimilés, acculturés, grâce aux bons pères Capucins qui à partir de 1955, année de la découverte du pétrole en Amazonie et pour quelques dollars à l’odeur de d’hydrocarbures les ont complètement assujetis. Idem les témoins de Jehovah. Venus des Etats-Unis sous le pseudonime de "Ecole linguistique d’été" ils étaient les pionniers des compagnies pétrolières. C’est pour cela que le Président Roldos les a viré. Mal lui en a prit. Huit jours après, Ronald Reagan le faisait supprimer, lui et sa famille dans un accident d’avion jamais élucidé.

Les madéreros Colombiens ont suivi le mouvement des pétroléros et les indiens Huaorani sont devenus leurs fournisseurs en bois précieux à partir de la zone intangible du parc Yasuni. Les Taromenane les gênaient dans leurs excursions. Un jour ils ont décidé de s’en faire quitte. Armés jusqu’aux dents par leurs sponsors, ils ont le 26 mai 2003 massacré 27 femmes et enfants Taromenane. La police a déclaré les corps sauvagement mutilés. Les 9 assassins n’ont jamais été poursuivis bien que reconnus coupables et en aveux. Pertes dures à supporter pour une tribu de 250 membres. L’état équatorien a accordé un espace de 200.000.Ha aux Huaorani et Tagaeri mais sans sécuriser la zone. Résultat, de temps en temps on retrouve l’un ou l’autre de ces aborigènes tués dans la jungle et le chef des huao photographié juché sur ses coupes de kaoba.

Autre reproche : A son arrivée au pouvoir, le président Correa a décidé d’une "Commission de la Vérité" surtout pour éclaicir les dessous de la tuerie des membres du Parti Communiste Equatorien perpétré par l’ancien président Fébrés-Cordero. Depuis peu, cette commission n’est plus financée et les responsables démissionnent. Que se passe-t-il ? Ce 27 octobre, le Pape a reçu le nouvel ambassadeur d’Équateur avec les recommandations d’usage mais surtout exigeant une plus grande place pour l’Eglise dans l’Etat, surtout dans les écoles de notre république laïque comme le réclame hebdomadairement dans la presse Monseigneur Mario Ruiz Navas. A noter au passage que je lui réponds vertement mais à part mes mails sur son site, les journaux, au nom de la liberté d’opinion probablement, refusent de publier ma réponse. Si j’acceptais leurs corrections ils consentiraient à m’imprimer pour 10.000 $ pour une surface qui banale en coûterait 50. Ca me rappelle le journal "El Popular" de Guayaquil, qui parce qu’il défendait une Constitution laïque fut excommunié par l’Archevêque de Quito. Pour ne pas faire dans la dentelle, l’archevêque précisait : rédacteur, imprimeur, vendeurs et lecteurs ! Torquenada n’est jamais très loin. Il faut préciser que notre Président est fondamentalement contre l’avortement. Peu lui importe qu’une très grande partie des primipares ont moins de 14 ans, que des centaines de ses misérables concitoyennes, faute de ressources ont recours aux faiseuses d’anges et à leurs aiguilles à tricoter. Peu importe. Le Vatican a dit et il s’employera a imposer ses vues à l’Assemblée Constitutionnelle si besoin en était. Il oublie sans doute qu’un accord est intervenu à propos des frontières ouest et que toute compétition démographique avec le Pérou est devenue inutile, mais que par contre le résultat cette concurrence dans la chair à canon coûte au pays trois millions et demi d’émigrés. Il ignore qu’un pays pauvre à la démographie galopante,(Population multipliée par 15 en un siècle) n’a aucune chance de s’en sortir économiquement, il s’obstine Rafael, il s’obstine. Bien sûr, ce n’est pas la dépénalisation de l’avortement qui apportera la solution, mais précisément, je fais allusion à la contraception encouragée à laquelle les évêques s’opposent tout comme ils ont refusé l’installation de distributeurs de condoms dans les collèges malgré que le sida y fait des ravages. Il faudra là aussi que Rafael Correa faire preuve de progrès et de conscience civique.

J’en termine avec mes reproches que je crois objectifs. J’espère qu’un journaliste équatorien tombera dessus et l’imprimera dans son canard. En français ça m’étonnerait mais on ne sait jamais. Pour les personnes qui seraient interressées par le massacre des Taromenanes, je peux leur faire un petit écrit par cumputador.

André Vanden Heede-Esposo Gonzalez. Ouvrier d’entretien pensionné. Puerto-Lopez-Manabi.- Ecuador.

Equateur : raz-de-marée « bolivarien » à l’Assemblée constituante, Hans-Peter Renk.

L’Equateur retrouve une boussole, par Bénito Perez.

Equateur : une future Constitution arôme Correa, par Samuel Schellenberg.

[C’ est une première : l’Équateur renonce à exploiter une partie de ses réserves pétrolières !

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