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Subprime, bigouden boy, ou capitalisme ?




Dessin : Allan Mcdonald www.allanmcdonald.com






Vendredi 1er février 2008.


Une chose est d’ores et déjà sûre à propos de la crise actuelle du capitalisme : ses péripéties seront étudiées et commentées, elles sont passionnantes, dans leur grandeur comme dans leur petitesse. La spirale de la crise prend des allures de feuilleton, et la place de l’impérialisme bling-bling français est particulièrement croquignolesque dans le déroulement de la tragédie.

Quand les choses ont vraiment commencé, à l’été 2007 (bien que les signes annonciateurs et les premiers toussotements dataient déjà de plusieurs mois), on nous a expliqué que tout venait des crédits subprimes.

Techniquement, ce n’est pas faux, effectivement ce sont ces créances douteuses massivement refilées aux ménages nord-américains pauvres pour se loger (mais aussi espagnols, australiens et anglais) et leur dissémination par le biais de la "titrisation" censée "mutualiser les risques" aux dires des gourous de la finance, qui ont produit une crise durable et radicale de confiance des banques entre elles, conduisant à un resserement du crédit.

Mais si les choses sont parties des crédits subprimes, si le maillon faible a été celui-là (alors qu’il existe d’autres secteurs potentiellement candidats au rôle de maillons faibles de la chaîne financière mondiale, comme les systèmes de rachats d’entreprises avec des dettes ou LBO, leveraged buy out, ou encore le yen carry trade, système mondial de placements à risques à taux elevés couverts par des emprunts en yen à bas taux ), ce n’est pas du tout par hasard. La crise des annéées 2001-2002 avait été épongée, "stockée" selon l’expression d’Isaac Joshua (voir son excellent article sur www.legrandsoir.info/spip.php?article5988) par les prêts soutenant la consommation des ménages nord-américains alors que les salaires réels baissent, et par, ajouterons-nous, les dépenses militaires à la faveur du 11 septembre 2001.

Ce sont les même procédés financiers par lesquels la crise qui est en réalité déjà là depuis dix ans avait été dissimulée sous la moquette par lesquelles elle éclate maintenant à un niveau supérieur : tels sont les subprimes.

Les subprimes ne sont donc pas cause, mais symptôme.

Ce n’est pas parce qu’il y a de mauvais préteurs ou de mauvais emprunteurs qu’il faudrait donc "punir" ou assister charitablement, c’est selon, qu’il y a crise. C’est en raison du fonctionnement fondamental du capital dans un monde de plus en plus dominé par les rapports salariaux et dans lequel la circulation des capitaux, notamment des capitaux fictifs, des titres et des dettes, ne rencontre plus guère d’obstacles. La crise n’est pas dûe aux obstacles, mais à la liberté donnée au capital. Elle n’est pas dûe à des entraves au capital, mais au capital lui-même qui, dans sa logique illimitée de recherche de l’auto-accroissement, rencontre ses propres limites. C’est là sa profondeur. Et c’est là la raison pour laquelle, soit dit en passant, le salut n’est pas dans les nouveaux pays capitalistes comme la Chine ou l’Inde, car s’il y a crise c’est aussi parce qu’ils sont là , justement.

Mais en France, pays où l’on est à l’abri des crises, où il n’existe pas (trop) de crédits du genre subprimes en dehors des quelques 7% de ménages surrendettés, où comme chacun sait les prix immobiliers n’ont pas flambé depuis dix ans, où le président ne roule pas sur l’or et n’exhibe pas ses conquêtes pour rassurer son Etat sur le fait qu’il est censé en avoir dans le pantalon, en France, le pays de la banque sage, des prêts sécurisés dans la durée, la terre du crédit agricole et de la baguette de pain, la France, le pays où la rassurante et compétente Madame Lagarde veille sur nos économies, nous étions loin de tout cela. Les subprimes ne faisaient que lécher de façon bien superficielle notre puissante bourse si peu ouverte aux fonds de pension, junk bonds et autres officines de "rehaussement de crédit" (sic ! ) dont la chute semble devoir constituer l’étape suivante de l’effondrement de toutes les digues financières. En France le malheur n’est pas arrivé par les subprimes, encore moins par ce capital, financier ou non, dont la véritable limite n’est autre que le capital lui-même. En France, le malheur est arrivé par Jérome Kerviel. On a même entendu que la chute boursière du lundi 21 janvier avait été trés amplifiée par les ventes massives d’actions de la Société Générale décidée "à cause de Jérome Kerviel" et que la décision de baisse des taux de la Fed, la Banque centrale US, aurait été déclenchée là . La faute à Jérome Kerviel, on vous dit ! En plus, un copain m’a dit qu’il avait entendu le nom de l’ ancien prof d’économie lyonnais de Jérome Kerviel à la télé, alors là c’est un scoop je le livre à M.Bouton car il prouve que nous avons affaire à un complot sans lequel la Société Générale n’aurait eu aucune perte évidemment : cet ancien prof est un ancien militant de l’OCI (Organisation Communiste Internationaliste) grenobloise. Un complot bigouden-lambertiste ! Il n’en fallait pas moins pour faire sauter la banque de l’honnête, de l’irréprochable compère de Mme Lagarde et ancien directeur de cabinet de Maurice Papon et d’Alain Juppé.

En France donc, on a vu et on voit la Société Générale, une puissance financière mondiale de premier plan ; tenter de faire croire que ses difficultés sont la faute de Jérome Kerviel, un cas typique pour ce qu’on en sait de jeune cadre stressé et trés bon en maths, le genre de jeune qui, dans une société qui utilise réellement les qualités humaines, ferait tout autre chose que ce genre d’activités parasitaires et hautement rémunérées consistant à acheter du capital fictif pour le revendre plus cher, à longueur de journées et de nuits. D’aprés ce qui a filtré un peu partout de sa garde à vue, il était trop bon, Jérome Kerviel, mais son flair financier n’est pas allé jusqu’à deviner qu’il serait choisi comme baudet. A ces mots on cria haro sur le baudet. Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue Qu’il fallait dévouer ce maudit animal Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout le mal.

Quand à M.Bouton, il court toujours, comme Gautier-Sauvagnac. Malgré les bruits multiples abondamment accessibles maintenant dans la presse sur les curieuses ventes d’actions de ce curieux personnage et grand dirigeant de la SG qu’est Robert Addison Day, qui a vendu pour 85 millions d’euros d’actions SG le 9 janvier, 10 millions le lendemain, 40 millions le 18 janvier et qui fut un grand financier et inspirateur de G.W. Bush. Tant R.A. Day que M.Bouton et même Jérome Kerviel à son niveau n’ont fait que se comporter en mandataires de leur capital (pas le sien dans le cas de Kerviel, le plus baudet de tous décidemment).

Quand vient la crise, le capitaliste, manifestation impersonnelle de son capital, prend pour le préserver des décisions qui menacent la stabilité générale du capital. C’est le moment présent. Si nous nous contentons de l’observer, c’est à nous qu’ils feront tout payer. A la terre et aux travailleurs.

Vincent Présumey
www.le-militant.org

Bling-bling. Pourquoi Sarkozy se guignolise-t’il ? par Vincent Présumey.

Immobilier, subprime : les racines de la crise, par Michel Husson.

Krach boursier et récession, par Vincent Présumey.

Economie mondiale : le spectre de la récession, par Henri Wilno.

Une grille de lecture de la crise financière, par Isaac Johsua.

Sarkoky, le pape et Carla, par Vincent Présumey.

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