RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Venezuela : Hugo Chavez contre RCTV (Los Angeles Times)

Le refus du président Venezuelien, Hugo Chavez, de renouveler la licence de Radio Caracas Television pourrait justifer les craintes de voir Chavez éradiquer la liberté d’expression et éliminer les critiques.

Amnesty International, Human Rights Watch, le Comité pour la Protection des Journalistes et des membres du parlement européen, le Sénat des Etats-Unis et même le Congrès du Chili ont dénoncé la fermeture de RCTV, la plus ancienne chaine de télévision privée du Venezuela.

Les détracteurs de Chavez ont reçu quelques arguments supplémentaires mardi lorsque le président a inclus une autre chaine d’opposition, Globovision, parmi les "ennemis de la patrie"

Mais l’affaire de RCTV - comme la plupart des affaires concernant Chavez - s’est retrouvée prise dans une toile de désinformation. Tandis que les médias du monde entier titrent sur une partie de l’histoire, l’autre partie est à peine audible.

Le sort de RCTV est un évenement quelque peu regrettable pour les Venezueliens. Fondée en 1953, elle était une institution dans le pays, ayant produit une émission politique satirique "Radio Rochela" et le feuilleton du soir étonnement réaliste "Por Estas Calles". C’est RCTV qui diffusa au Venezuela les premières images en direct de Neil Armstrong en train de marcher sur la lune en 1969.

Mais après l’élection de Chavez en 1998, RCTV s’est engagée dans une autre mission : renverser le président démocratiquement élu. Controlée par des membres de l’oligarchie fabuleusement riche du pays, dont le dirigeant de RCTV, Marcel Granier, elle considérait que Chavez et sa "Révolution Bolivarienne" en faveur de la majorité pauvre du pays représentait une menace.

L’exemple le plus célèbre de ces efforts pour renverser Chavez eut lieu pendant la tentative de coup d’état, le 11 avril 2002. Pendant les deux jours qui ont précédé le putsch, RCTV changea sa programmation et couvrait en boucle la grêve générale déclenchée pour renverser Chavez. Une armée de commentateurs dévérsèraient sans discontinuer des attaques au vitriol contre lui - sans accorder un droit de réponse au gouvernement.

Puis RCTV diffusa en boucle des messages pour encourager les gens à participer à la marche du 11 avril visant à renverser Chavez et diffusa l’événement en intégralité. Lorsque la marche se dispersa dans la violence, RCTV et Globovision diffusèrent des films truqués pour accuser les partisans de Chavez d’être à l’origine des morts et des blessés.

Après que des rebelles militaires aient renversé Chavez et qu’il ait disparu pendant deux jours, RCTV bascula ouvertement dans le camp de la sédition. Des milliers de partisans de Chavez maniféstèrent pour exiger son retour, mais aucune information ne fut diffusée par RCTV ni par aucune autre chaine de télévision. Le Directeur de l’information de RCTV, Andres Izarra, témoigna plus tard lors d’une audition sur le coup d’état, à l’Assemblée Nationale, qu’il avait reçu des ordres de ses supérieurs. "Rien en faveur de Chavez, rien sur lui ou ses partisans... L’idée était de créer un climat de transition et de promouvoir d’une nouvelle ère pour le pays". Tandis que les rues de Caracas s’enflammaient de rage, RCTV diffusait des dessins animés, des feuilletons et des rediffusions comme "Pretty Woman".

Le 13 avril 2002, Granier et d’autres barons des médias se rendirent au Palais (présidentiel) Miraflores pour jurer fidélité au tout nouveau dictateur, Pedro Carmona, qui venait d’abolir la Cour Suprême, l’Assemblée Nationale et la Constitution.

Aux Etats-Unis, une chaine de télévision qui aurait participé à un coup d’état contre le gouvernement serait-elle autorisée à poursuivre ses activités ? Le gouvernement US aurait probablement fait fermer la chaine cinq minutes après l’échec du coup d’état - et aurait mis ses propriétaires en prison. Le gouvernement de Chavez a laissé la chaine poursuivre ses activités pendant cinq ans puis refusa de renouveler sa licence d’émettre par voies hertziennes. La chaine peut toujours émettre par cable ou satellite.

Granier et les autres ne doivent pas être considérés comme des martyrs de la liberté d’expression. Les radios, télévisions et journaux ne sont pas censurés et ne font l’objet d’aucune pression ou menace de la part du gouvernement. La plupart des médias au Venezuela sont encore sous le contrôle de l’ancienne oligarchie qui est radicalement anti-Chavez.

Si Granier n’avait pas pris la décision de renverser le président du pays, les Venezueliens auraient peut-être encore la possibilité de regarder "Radio Rochela".

Bart Jones a passé 8 ans au Venezuela, principalement comme correspondant d’Associated Press, et il est l’auteur du livre à paraitre ""Hugo ! The Hugo Chavez Story, From Mud Hut to Perpetual"

Traduction "pourquoi faut-il aller chercher ça aux US ?" par VD

RCTV : les dessous cachés du cirque européen contre Chavez. (et le vote honteux de trois pelés et un tondu), par Maxime Vivas.

RCTV : au Parlement européen, la droite et Reporters Sans Frontières se liguent contre le Venezuela, par Bernard Cassen et Christophe Ventura.

A LIRE : Venezuela - Affaire RCTV et nationalisation de la CANTV : mensonges médiatiques et éclairage, par Romain Migus.

»» http://www.latimes.com/news/opinion/commentary/la-oe-jones30may30,1,55...
URL de cet article 5108
  

Éric Laurent. Le scandale des délocalisations.
Bernard GENSANE
Ce livre remarquable est bien la preuve que, pour l’hyperbourgeoisie, la crise n’est pas le problème, c’est la solution. Éric Laurent n’appartient pas à la gauche. Il est parfois complaisant (voir ses livres sur Hassan II ou Konan Bédié). Mais dans le métier, on dit de lui qu’il est un " journaliste d’investigation " , c’est-à -dire … un journaliste. Un vrai. Sa dénonciation des délocalisations, par les patronats étatsunien et français en particulier, est puissamment documentée et offre une (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Informer n’est pas une liberté pour la presse, mais un devoir. La liberté de la presse a bien une limite : elle s’arrête exactement là où commence mon droit à une véritable information.

Viktor Dedaj

"Un système meurtrier est en train de se créer sous nos yeux" (Republik)
Une allégation de viol inventée et des preuves fabriquées en Suède, la pression du Royaume-Uni pour ne pas abandonner l’affaire, un juge partial, la détention dans une prison de sécurité maximale, la torture psychologique - et bientôt l’extradition vers les États-Unis, où il pourrait être condamné à 175 ans de prison pour avoir dénoncé des crimes de guerre. Pour la première fois, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, parle en détail des conclusions explosives de son enquête sur (...)
11 
Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse et mon hamster à moi.
Sur le site du magazine états-unien The Nation on trouve l’information suivante : Le 27 juillet 2004, lors de la convention du Parti Démocrate qui se tenait à Boston, les trois principales chaînes de télévision hertziennes des Etats-Unis - ABC, NBC et CBS - n’ont diffusé AUCUNE information sur le déroulement de la convention ce jour-là . Pas une image, pas un seul commentaire sur un événement politique majeur à quelques mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Pour la première fois de (...)
23 
Appel de Paris pour Julian Assange
Julian Assange est un journaliste australien en prison. En prison pour avoir rempli sa mission de journaliste. Julian Assange a fondé WikiLeaks en 2006 pour permettre à des lanceurs d’alerte de faire fuiter des documents d’intérêt public. C’est ainsi qu’en 2010, grâce à la lanceuse d’alerte Chelsea Manning, WikiLeaks a fait œuvre de journalisme, notamment en fournissant des preuves de crimes de guerre commis par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Les médias du monde entier ont utilisé ces (...)
17 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.