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Thème : Répression

Les bonnes âmes me révulsent

Michel TAUPIN
Ah ! toutes ces bonnes âmes, la main sur le cœur, capables sans la moindre honte, de justifier la violence policière disproportionnée face à une soignante d'1m55 qui a osé lancer, ô terrorisme suprême, quelques pierres sur des robocops en armures, et leur présenter un doigt d'honneur après avoir été, avec d'autres, gazée et réprimée sauvagement : "Ah ! mais elle a jeté des pierres sur les forces de l'ordre... quand même !" Bien momifiées dans leurs canapés, ces bonnes âmes à la vertu de collabos, n'ont pourtant pas un mot pour justifier la colère légitime des soignants face à un pouvoir aveugle et sourd à leur souffrance, à la dégradation scandaleuse de leurs conditions de travail, au démantèlement de la santé publique, qui sont pourtant d'une violence extrême et autrement plus funestes. Il n'y a pas plus légitime que la colère des soignants. Leur rage même est justifiée. Ils se battent depuis plus d'un an pour être reconnus, valorisés et arrêter le massacre de l'hôpital public par la politique néolibérale (...) Lire la suite »

Les flics du Minnesota "formés par les forces israéliennes aux techniques de contention" (Morning Star)

Steve SWEENY
Les officiers des forces de police étasuniennes responsables du meurtre de George Floyd ont reçu une formation aux techniques de contention et aux tactiques anti-terroristes dispensée par les forces de l'ordre israéliennes. La mort de M. Floyd en détention lundi dernier, la dernière en date d'une série de meurtres d'Afro-Américains par la police, a déclenché des protestations et des émeutes continues dans les villes américaines. Au moins 100 policiers du Minnesota ont participé à une conférence organisée en 2012 par le consulat israélien à Chicago, la deuxième fois qu'un tel événement avait lieu. Ils y ont appris les techniques violentes utilisées par les forces israéliennes lorsqu'elles terrorisent les territoires palestiniens occupés sous le couvert d'opérations de sécurité. La conférence dite de formation à la lutte contre le terrorisme à Minneapolis a été organisée conjointement par le FBI. Le vice-consul israélien Shahar Arieli a déclaré que la session d'une demi-journée avait permis à des (...) Lire la suite »
On juge désormais des malheureux à huis clos, sans publicité, dans la nuit et en aveugle

Sous Covid, la justice reste équi(ren)table

Bérenger TOURNE

Lors de son audition à l’assemblée nationale le 8 avril dernier, la garde des sceaux l’a assuré aux députés présents ou connectés, « le confinement a remis en cause le fonctionnement de nos juridictions », en sorte que la Justice ne s’occuperait désormais plus que « des contentieux prioritaires ». Vraiment ? Pourtant, tournent aujourd’hui à plein régime les audiences de comparutions immédiates, qui ne sont certainement pas essentielles à « préserver l’Etat de droit » en cette période spéciale, comme elle nous l’assure.

Alors que sévit la pandémie de Covid -19, le cours de la justice est au ralenti, et même en pause. Les audiences civiles, commerciales, prud’homales ou administratives sont renvoyées sine die, sauf celles fondées sur l’urgence. Quant aux affaires pénales, les chambres correctionnelles et les Cours d’assises sont « fermées » pour confinement, comme l’a bien souligné Mme Belloubet. Les affaires pendantes et les nouvelles sont donc renvoyées, souvent aux calendes, et seuls sont plaidés les contentieux de la liberté, c’est-à-dire portant sur la détention provisoire de justiciable encore présumés innocents, ou l’application des peines des condamnés. Mais on continue également à juger certaines affaires sur le fond, en comparutions immédiates. Celles-là se tiennent, tous les jours, week-end compris, ce qui interroge sur la politique pénale du moment, alors qu’on nous assigne à « rester chez [n]ous ». Reprenons. L’ordonnance n°2020-303 du 24 mars dernier se donne pour vocation, comme son libellé l’indique, de « (...) Lire la suite »

Déméter, la cellule de la gendarmerie qui surveille les opposants à l’agriculture productiviste

Isabelle RIMBERT, Marie ASTIER

Le ministère de l’Intérieur a créé Demeter, une cellule de renseignement vouée aux « atteintes au monde agricole ». Ce dispositif policier et judiciaire risque de servir à surveiller militants animalistes et écologistes opposés à l’agriculture industrielle.

La photo fait sourire. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, avec un porcelet dans les bras. C’était le 13 décembre 2019, dans le Finistère. Le ministre était venu visiter deux élevages et présenter la création de la toute nouvelle cellule de la Gendarmerie nationale vouée à la « protection » des agriculteurs, et nommée d’après la déesse grecque des moissons, Déméter. À ses côtés se trouvait le directeur général de la Gendarmerie nationale, mais également Christiane Lambert, présidente du syndicat agricole majoritaire, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Reprenant à son compte le discours du syndicat, le ministre a dénoncé « l’agribashing ». Le dossier de presse de présentation de Déméter donne le ton : « De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes (...). Ces phénomènes, nous devons les prendre très au sérieux », y déclare le ministre en introduction. La cellule Déméter doit ainsi « assurer la sécurité des agriculteurs (...) Lire la suite »

Blessures invisibles, les impensées de la répression

Elsa GAMBIN, Léo TIXADOR, Nicolas MAYART
D’innombrables arrestations, des milliers de blessés, et des centaines de personnes traumatisées parmi les manifestants : la violence de la répression policière affecte les corps et les esprits. Ceux qui ne sont pas atteints dans leur chair souffrent aussi, tétanisés par la peur, et voient leur existence bouleversée par les cauchemars ou la paranoïa. « La peur, quand on la perçoit, c’est fini. C’est la boîte de Pandore », résume Valk, photographe à Nantes. Depuis environ 1 an, cette habituée des luttes, toujours prompte à sortir l’appareil photo, ne peut plus s’y rendre. Elle a d’abord ressenti la peur, lancinante, encore un peu floue, « à la façon que j’avais de me harnacher ». Une seconde fois, elle s’est rappelée à elle de manière frontale. Une panique au milieu d’un épais brouillard de gaz lacrymogènes, l’impossibilité de bouger. « J’étais tétanisée. Un militant, habillé tout en noir, m’a mis la main sur l’épaule. Il m’a juste dit « ça va ? ». Ça m’a fait revenir à la réalité. Ce simple geste, précautionneux (...) Lire la suite »
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Papon était aux commandes...

Le 8 février 1962, métro Charonne : la police tue des manifestants anti-OAS

la RIPOSTE

(Reprise d’un article publié le 8 février 2012 par LGS).

Paris, février 1962. La perspective d’une fin de la guerre d’Algérie semble s’être éloignée depuis la suspension des pourparlers de paix, le 28 juillet 1961, entre le GPRA. (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) et le gouvernement français. Cependant, dans les arcanes du pouvoir, tout le monde s’accorde à dire que la seule issue possible est l’indépendance de l’Algérie. S’accrochant désespérément à leur rêve d’une Algérie française, les fascistes de l’OAS. (Organisation Armée Secrète), multiplient les attentats en Algérie et en Métropole.

Cette stratégie de la terreur vise à mettre la pression sur le gouvernement français, qui se dit de plus en plus favorable à de nouvelles négociations avec le GPRA. Face à ce « péril brun », les milieux de gauche se mobilisent autour du Comité Audin (Comité d’intellectuels luttant pour faire la lumière sur la disparition de Maurice Audin, militant du Parti Communiste Algérien), du PCF, de l’UNEF, et du PSU. Dans les universités, des journées de grève sont organisées avec succès, ce qui pousse de Gaulle à déclarer : « Le peuple n’a pas à se préoccuper du problème de l’OAS ; c’est aux forces de l’ordre d’agir ». Cependant, les forces de l’ordre ne sont pas aussi zélées dans leur lutte contre le terrorisme de l’OAS que dans la répression des sympathisants de la cause algérienne. Le 7 février 1962, dix attentats sont commis, à Paris, par l’OAS. Les cibles sont des universitaires, des élus du PCF, des officiers, des journalistes ainsi que le Ministre de la Culture, André Malraux. La bombe qui visait ce dernier blesse (...) Lire la suite »
Retraites, congé pour décès d’enfant, immobilier, MEDEF, Mali...

La semaine de la lutte de longue durée

Jean-Luc MELENCHON

L’interminable conflit de la réforme des retraites ne dure que du fait du prince. On le sait. Ce qui était moins donné d’avance, c’est l’incroyable résistance dans la durée de tant de catégories sociales. Toute la situation dès lors fonctionne comme une immense école de formation. Les gens les plus éloignés de toute réflexion politique entrent dans le sujet en explorant et en consultant tous les arguments. Il est rare qu’ils en restent aux seuls aspects techniques du sujet. Le thème des retraites devient bien vite le déclencheur d’une pensée plus large sur la société et le sens de la vie.

Le régime Macroniste a provoqué un déplacement culturel de masse. La domination des fadaises néolibérales est close de façon frappante. D’amples secteurs de la société ont pris conscience des limites du « chacun pour soi » comme mode gestion de la vie en société. Ne pas croire que cela soit aussi abstrait qu’il y parait. L’épisode du refus des jours de congés pour le décès d’un enfant en dit plus long qu’un simple aveu de cruauté imbécile de la part des robots de « En Marche ». À vrai dire, nous pensions tous que la mesure « passerait comme une lettre à la poste ». Le refus nous surpris les premiers. Comme les arguments macronistes étaient parlants ! Et comme l’indignation le fut tout autant. Les sondeurs perpétuels de l’Élysée donnèrent l’alerte. Certes, le revirement de Macron et du régime surligne le coup que le régime vient de se donner. Mais il lui sera moins coûteux que de persister et de rester jusqu’à la fin du mandat avec l’image terrible de ces faces de pierre qui refusaient de « se payer de bons sentiments (...) Lire la suite »
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Julian Assange, Chelsea Manning, Edward Snowden, nous vous sommes tous redevables !

Luk VERVAET

Message de solidarité du Comité Free Ali Aarrass, Bruxelles, Place Julian Assange, 29 janvier 2020

Merci à l’artiste Davide Dormino, merci au Comité Free Assange Belgium d’avoir organisé des dizaines d’actions pour Julian Assange à Bruxelles, merci à toutes les organisations qui se sont engagées pour nous permettre d’accueillir ces trois sculptures à Bruxelles. Je vous parle au nom du Comité Free Ali Aarrass. Ali Arras qui, dans une de ses dernières lettres, écrit : « Nous devons être parmi ces hommes qui pendant des siècles ont été à l’image de l’arbre privé à la fois d’air et de racines. Ce n’est pas la première fois que des hommes auront joué ce rôle dans la cristallisation de la conscience et de l’espoir. Et cela malgré la répression, la prison ou le bannissement quand ils n’ont pas choisi l’exil ». Ali Aarrass ne vous connaît pas, il ne sait pas que vos statues sont ici ; dans sa cellule d’isolement il est coupé du monde, il ne peut ni recevoir de courrier, ni écrire une lettre. Vous ne connaissez pas Ali Aarrass. Et pourtant, il y a bien des liens entre vous. Au moment de l’arrestation d’Ali Aarrass en (...) Lire la suite »

« On nous appelait les prisonniers politiques » : des gilets jaunes incarcérés racontent

Pierre BONNEAU

Plus de 400 gilets jaunes, condamnés à de la prison ferme, purgent ou ont purgé leurs peines. Certains ont accepté de raconter à Basta ! leur découverte de l’univers carcéral, une expérience qui marque les personnes et souvent déstabilise les familles. Tout en laissant une trace profonde sur le mouvement.

En plus d’un an près de 440 gilets jaunes ont été incarcérés pour des peines de un mois à trois ans. Cette répression, menée sur le plan judiciaire et carcéral, a bouleversé leurs vies et celles de leurs proches, et affecté l’ensemble du mouvement. À Montpellier, Perpignan, Narbonne, Le Mans et d’autres villes, Bastamag a rencontré plusieurs prisonniers et leurs soutiens, qui nous ont raconté leur expérience. « Je n’aurais jamais cru aller en prison ! » Le 11 mars 2019, le verdict du tribunal de grande instance de Montpellier s’abat comme un coup de massue sur Victor*. « Quatre mois ferme avec mandat de dépôt, huit mois de sursis, 800 euros de dommages et intérêt » Arrêté lors de l’acte 16 pour avoir tiré un feu d’artifice en direction des forces de l’ordre, ce gilet jaune de Montpellier est jugé en comparution immédiate pour « violences contre les forces de l’ordre » et « participation à un groupement en vue de commettre des violences ». Les images de son jugement tournent en boucle dans sa tête. « Ça n’a même (...) Lire la suite »
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Un syndicat de policiers qui se démarque

Déontologie : une fois de plus notre employeur nous donne raison... Avec un an de retard

VIGI

Si Monsieur le Président de la République est sincère, nous lui rappelons qu’il n’est nul besoin d’inventer l’eau chaude, c’est déjà fait. Il existe un code éthique de police européen, signé par la France en 2001, qui devrait être appliqué, mais qui ne l’est pas.

Nous sommes un des rares syndicats de police à défendre nos collègues, en les ayant averti de l’instrumentalisation de nos missions par les politiques. Les politiques passent et les policiers restent. La déontologie devrait venir du plus haut sommet de l’Etat. On comprend qu’Emmanuel MACRON demande qu’on lui fasse des propositions sur la déontologie vu qu’il va être compliqué pour l’Elysée de venir nous en parler avec des collaborateurs ou ex-collaborateurs comme Ismaël EMILIEN (soupçonné d’avoir diffuser via les réseaux sociaux les images de vidéosurveillance ainsi qu’un montage visant à disculper le chargé de protection de l’Elysée), Alexandre BENALLA (mis en examen pour violences volontaires, immixtion dans l’exercice d’une fonction publique, port public et sans droit d’insignes réglementés, recel de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection et recel de violation du secret professionnel) ou Alexis KOHLER (soupçonné de conflits d’intérêts). Mais est-ce qu’il fallait faire cette demande à (...) Lire la suite »
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