Auteur Bernard GENSANE

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Laurent Denave. La valeur des Beatles. Rennes, P.U.R., 2016

Bernard GENSANE
C’est peu dire que, vu l’immense bibliographie qui a été consacrée aux Beatles – en groupe ou pris séparément, il n’est pas simple, 54 ans après “Love Me Do”, d’offrir un travail original les concernant. Mission accomplie par le sociologue Laurent Denave qui s’est efforcé, au travers d’une rigoureuse étude, d’évaluer la « valeur » des Beatles. Valeur esthétique, humaine, historique. Valeur marchande également. La démarche programmatique de l’auteur était très engageante : « justifier la (…)

Le Monde Diplomatique (nov 2016)

Bernard GENSANE
Dans son éditorial, Serge Halimi dénonce un certain masochisme électoral : Singulier paradoxe, l’héritage de Margaret Thatcher est répudié dans son pays au moment où ses potions économiques les plus amères font école en France. Le 5 octobre dernier, la première ministre britannique Theresa May assénait aux militants de son parti un discours qui a dû en décontenancer quelques-uns. Dénonciation d’une société gangrenée par les privilèges des riches, défense du rôle de l’État « qui est là pour (…)

Les Zindignés n° 37

Bernard GENSANE
Dans son éditorial, Paul Ariès craint que la vraie gauche de gauche puisse disparaître en 2017. Parce que « La fausse gauche “socialiste” est déjà convaincue que l’élection se gagnera sur le terrain de l’identité … terrain de chasse traditionnel de la droite et de l’extrême droite. Ajoutez-y une pincée de religieux et vous obtiendrez la recette parfaite pour que la gauche disparaisse en 2017 et ne laisse face à face qu’une droite plus outrancière et plus forte que jamais et une seconde (…)

Du français (VII)

Bernard GENSANE
Au XVIIIe siècle, la langue de la classe dirigeante française devient la langue de la diplomatie internationale, tout autant que des cours européennes (Madrid exceptée). Le roi de Prusse, le tsar de Russie parlent français comme ils respirent. Comme poète, le roi de Prusse rivalise avec Voltaire en expliquant qu’il parle allemand à ses soldats et français avec ses pairs. Les éminences portent des toasts en français avant de rédiger des traités en français. On apprend encore le latin, non (…)
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Bob Dylan, 1961-1971 : la révolte sans la révolution

Bernard GENSANE
Peut-être plus que John Kennedy, dont le mythe et le style n’ont que peu survécu à sa mort (et dont la personne est désormais très controversée), Martin Luther King, courageux mais vite assimilé, Herbert Marcuse, visionnaire mais entendu uniquement par une élite intellectuelle, Bob Dylan a marqué de son empreinte les Etats-Unis dans les années soixante. Texte publié sur mon blog en 2014, écrit dans les années 1970. Peut-être plus que John Kennedy, dont le mythe et le style n’ont que peu (…)

Du français (VI)

Bernard GENSANE
La première édition du Dictionnaire de l’Académie est achevée en 1694. Mais l’accueil fait à ce dictionnaire sera toujours poli, pour ne pas dire hostile. Pour Richelieu, fin diplomate, le prestige de la langue française doit égaler, voire supplanter celui de la langue italienne. Mais le cardinal persécutera bien plus systématiquement les protestants que les patoisants ! Selon le philologue Jean-Pierre Seguin, auteur d’un magistral L’invention de la phrase au XVIIIe siècle : contribution à (…)

Du français (V)

Bernard GENSANE
Montaigne écrit ses Essais en français, par feinte modestie. Il écrit pour ses contemporains, tels qu’ils sont. Pour la postérité, il eût choisi le latin, un « langage plus ferme » : « Qui peut espérer que [la forme présente du français] soit en usage d’icy à cinquante ans ? » A l’époque, les grands auteurs latins sont systématiquement traduits en français. En 1549, Joachim Du Bellay avait publié sa Deffence et Illustration de la Langue Francoyse, dix ans après l’ordonnance de (…)

Le monde Diplomatique, octobre 2016

Bernard GENSANE
Serge Halimi voit les États-Unis tentés par le risque : Une candidate aussi expérimentée et entourée que Mme Hillary Clinton peut-elle être battue par un homme aussi brutal et controversé, y compris dans son camp, que M. Donald Trump ? Même si elle n’est pas la plus probable, cette issue, qui dépendra du vote d’une Amérique oubliée, n’est plus exclue. Pour Philippe Descamps, l’Islande est dans tous ses états (“Des Pirates à l’assaut de l’Islande”) : Touchée de plein fouet par la crise (…)

Du français (IV)

Bernard GENSANE
En 2003, le romaniste autrichien Hans Goebl publie ses Regards dialectométriques sur les données de l’Atlas linguistique de la France (ALF) : relations quantitatives et structures de profondeur (Estudis Romànics XXV) : 1421 cartes de l’Atlas linguistique de la France qui délimitent clairement tous les groupes et sous-groupes du français. Il montre, par exemple, la scission entre le français-sud-champenois-berrichon et le normand-angevin-gallo. Le français de Paris émerge au XIIIe siècle (…)

Du français (III)

Bernard GENSANE
La langue d’oïl est la langue romane qui s’est développée au nord de la Gaule, puis dans le sud de la Belgique et dans les îles anglo-normandes. L’appellation « langue d’oïl » vient de « oïl » qui a donné le français « oui ». Dans Vita Nuova, Dante repère deux groupes de langues : celui des langues germaniques dans lequel on dit « jo » et celui des langues romanes qu’il classe en trois langues : une dans laquelle on dit « oïl », l’ancien français, sorte de latin vulgaire où par exemple, (…)

Du français (II)

Bernard GENSANE
Au IIIe siècle, la Gaule se germanise, tant au niveau des populations que de la langue. Les Alamans (gens de toutes sortes) pillent le pays, signent un traité avec l’empereur romain et n’acceptent la paix qu’en échange d’un statut de fédérés (foederati). En même temps que les Germains (Francs, Wisigoths, Burgondes dont les dialectes ne se ressemblent pas totalement), d’autres envahisseurs frappent à la porte : des Bretons, des Vikings. Le nord-ouest de ce qui fut la Gaule est conquis par des (…)

Du français (I)

Bernard GENSANE
L’histoire de la langue, c’est l’histoire du peuple. La langue est aussi complexe que le peuple, en synchronie, comme en diachronie. Il y a des formes de langue plus nobles que d’autres. Mes collègues anglicistes aiment à dire à leurs élèves et étudiants que toutes les catégories de la langue anglaise – régionales, sociales – se valent, mais tous s’efforcent de parler et d’enseigner l’anglais de la reine, en tout cas une prononciation standard (« received »). Allez passer l’oral de (…)