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Auteur : Rorik DUPUIS VALDER

Aux origines du malaise enseignant

Rorik DUPUIS VALDER
Ce n’est un secret pour personne, la vocation de prof est aujourd’hui en péril. Les académies peinent à recruter, le niveau scolaire n’a jamais été aussi bas, les troubles du comportement et de l’apprentissage se généralisent chez nos élèves, bref le tableau n’est pas des plus enthousiasmants. On entend souvent dire qu’il y a en France une crise de l’autorité, sans jamais pour autant en désigner les raisons profondes. Les néofascistes vous diront qu’il est temps de remettre tout le monde au pas, les dévots qu’il faut retrouver le chemin de la foi, et les escrocs que c’est là l’évolution normale de nos sociétés modernes. Pour avoir exercé ces treize dernières années auprès de publics divers, des gamins des bidonvilles du Caire aux rejetons de la haute bourgeoisie parisienne, je dirais en substance que la mauvaise éducation — comme la bonne — n’a ni classe ni frontières : elle est universelle. Par « mauvaise éducation » j’entends cette tendance manifeste à l’irrespect, y compris de la parole adulte et de la (...) Lire la suite »
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Aux jeunes Picaros du métro parisien

Rorik DUPUIS VALDER
Ceux qui ont connu personnellement les honneurs du fichage policier pour « apologie du terrorisme », et qui doivent leur distinction à cette glorieuse vertu française qu’est la délation citoyenne, savent concrètement de quoi est faite la sacro-sainte « liberté d’expression » dans un pays sous occupation. Il est tout à fait compréhensible qu’on s’indigne d’entendre dans l'espace public une bande de petits hooligans chanter « Nique la France, nique les juifs ». Mais après l’indignation, l’adulte normalement constitué est censé passer à l’étape supérieure qui est la réflexion. Car c’est ainsi qu’on règle les problèmes quand on est une personne responsable : en en identifiant les causes. Alors quelles sont, contextuellement, les raisons profondes qui poussent ces jeunes gens à s’adonner ainsi à la versification et à en faire généreusement profiter leur voisinage ? Faut-il y voir la manifestation d’un intérêt nouveau pour le chant responsorial, où chœur et soliste dialoguent harmonieusement en des ritournelles (...) Lire la suite »

Affaire des CD-ROM de Zandvoort : une diplomatie de la pédocriminalité ?

Rorik DUPUIS VALDER

Le 18 octobre dernier, France-Soir mettait gratuitement à disposition de ses lecteurs la version numérique du précieux Livre de la Honte de Serge Garde et Laurence Beneux, consacré aux réseaux pédocriminels. En l’an 2000, les deux reporters révélaient — respectivement dans L’Humanité et Le Figaro — après plusieurs mois d’enquête, l’existence d’un vaste réseau de pédopornographie et d’exploitation sexuelle de mineurs à travers l’Europe : c’est l’affaire dite « des CD-ROM de Zandvoort ».

En juillet 1998 sont remis publiquement aux polices belge et néerlandaise, par Marcel Vervloesem, fondateur d'une association de protection de l'enfance, 21 CD-ROM contenant des dizaines de milliers de photos et vidéos pédopornographiques, incluant des images d'agression, de viol et de torture sur de très jeunes enfants, la plupart prises dans des studios dédiés, mais aussi au sein de foyers de l'Aide sociale à l'enfance et de cadres familiaux. Enquêtant sur la disparition, depuis 1993, d'un jeune Berlinois – alors âgé de 12 ans – du nom de Manuel Schadwald, Vervloesem est mis sur la piste, à Zandvoort aux Pays-Bas, d'un certain Gerrit Ulrich, qui sous pression lui remet un premier CD-ROM où apparaît le garçon. En fuite en Toscane, Ulrich y sera assassiné quelques jours plus tard par Robbie van der Plancken, un des pourvoyeurs du même réseau, mais avant sa mort, repenti, il aura pu contacter Vervloesem pour lui révéler l'emplacement dans son appartement de 20 autres CD-ROM. De son appartement de (...) Lire la suite »

Stop à la colonisation intellectuelle !

Rorik DUPUIS VALDER

Ce qui est assez fascinant chez l’intelligentsia française autoproclamée – qui, en réalité, tient davantage de la confrérie de nouveaux riches en mal d’inspiration –, c’est sa propension à se planter grossièrement sur tous les sujets sans jamais être inquiétée pour son privilège de pouvoir s’adresser au monde. Fascinant comme les micros attirent les c**s !

Des va-t-en-guerre pathologiques de studio, qui de leur hystérie tribale appelleraient au génocide des mendiants pour ne plus avoir à supporter leur regard dans la rue, aux faux experts plus ou moins stipendiés en passant par les journalistes qu’on embauche pour leur servilité irrationnelle, la désinformation est à son apogée. Imaginons les jeunes gens un tant soit peu équilibrés, qui cherchent à s’orienter, s’affirmer, dans l’angoisse et la vulgarité ambiantes du monde de 2023, quelles épreuves existentielles il leur est demandé de traverser devant pareille profusion de mensonges, d’ignorance et de mauvais goût. Imaginons-les, perdus entre cette propagande télévisuelle de fin de race et les poubelles démocratiques d’Internet que sont TikTok et Instagram – permettant au moins à tout quidam opportuniste de se croire génial et digne d’intérêt public, à coups de vidéos et de commentaires postés compulsivement comme on lance des crachats. Si nous vivons sous le règne de l’insignifiance, c’est que l’on a (...) Lire la suite »

Réincarner la lutte

Rorik DUPUIS VALDER
Les images du président Macron massivement hué, sifflé comme jamais, à la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de rugby le 8 septembre dernier, ont ceci d’édifiant qu’elles révèlent sans détour l’absurdité d’un système dit « démocratique », où le peuple est tenu de subir un pouvoir manifestement illégitime sous le prétexte médiatique que son représentant aurait été « (ré)élu ». Par qui et comment, le mystère demeure. Souvenons-nous : le 12 mars 2020, Monsieur Macron annonçait l’arrêt de nos libertés fondamentales de circulation et de réunion avec la condamnation d’une population entière à l’assignation à résidence du fait de la circulation d’un virus respiratoire méconnu, stoppant net le mouvement épidémique des Gilets jaunes à qui on interdisait alors la rue. De la punition collective à la répression ciblée pour délit d’opinion, le peuple de France goûtait plus encore aux plaisirs totalitaires d’un régime que seul le privilège historique du « progrès » sépare de la république bananière. Au nom de la santé d’État, c’est (...) Lire la suite »

Promis, demain nous nous déradicalisons

Rorik DUPUIS VALDER

Ce 19 octobre, Gabriel Attal, ministre de l’Éducation nationale et terroriste de la bien-pensance sécuritaire, annonce vouloir exclure des collèges et lycées, sans autre forme de procès, tous les élèves prétendument « radicalisés ».

S’il s’agit là de radicalisation morale en réaction à ce que nos politiques et médias imposent tous azimuts de médiocrité et de perversité, alors celle-ci semblerait plutôt saine. Bien que le dogme, par son caractère fondamentalement excluant, n’apporte jamais de solution viable — ni pour l’individu en détresse, ni pour l’idée de collectivité. Mais quel paradoxe ! Monsieur Attal, chantre de l’inclusivité, qui exige de nos écoles qu’elles soient des « sanctuaires », tout à la fois gay-friendly, handi-bienveillants, non genrés ou obésophiles, n’accorderait donc aucune place aux jeunes révoltés, aux enfants perdus de la République ? Non, il voudrait s’en débarrasser sur-le-champ, en un mouvement d’humeur totalitaire, comme l’employeur pourri se débarrasse d’un salarié gênant, en ignorant qu’on a inventé le droit du travail et qu’il n’y est pas moins soumis qu’un autre. Il voudrait interdire aux enfants récalcitrants de se former convenablement, équitablement, de la même façon qu’on interdirait des manifestations de (...) Lire la suite »

Hystérie antiterroriste

Rorik DUPUIS VALDER
Le ministre Attal incarne assez remarquablement cette bureaucratie parisienne dépassée, trop fragile pour exercer avec mesure des responsabilités politiques qui exigent une connaissance du peuple et de la nature humaine dans toute leur diversité. En annonçant des « poursuites » contre « 179 » collégiens et lycéens qui auraient perturbé des « moments de recueillement » en hommage aux enseignants frappés par l’épidémie du terrorisme islamiste, il est ce chefaillon désespérant qui pour pallier son impuissance pédagogique et son manque d’esprit, pratique – autant que le lui permettent sa hiérarchie et le code pénal – l’abus d’autorité. Le ministre de l’Éducation s’adonne ainsi au terrorisme de la bien-pensance. Il entend bâillonner des élèves en quête de repères dans un monde de mensonges, et qui, las d’injonctions permanentes au larmoiement et à la sujétion, croient important de faire valoir leur droit à la provocation. Il ignore que ce droit est précieux et qu’il fait précisément l’esprit français : celui de (...) Lire la suite »