Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes


Avec l’envie comme complice

En cette période dite de la Trêve des Confiseurs, il serait logique de faire léger, de s’adonner au festif, de satisfaire au futile avant que de replonger.

Les journaux télévisés font cela à merveille : victuailles par-ci, boustifaille par-là, chiffre d’affaires par-ci, part de marché... Déjà la nausée.

J’avais envisagé de vous entretenir d’un sentiment noble, de vous parler d’amitié. En guise d’introduction, j’aurais peut-être choisi La Bruyère. Il écrivit dans les Caractères : « Le Temps, qui fortifie les amitiés, affaiblit l’amour ».

Finalement, j’ai opté pour quelque chose de fort partagé, même « à l’insu de notre plein gré », la complicité.

Dans un système organisé, il y a des exécutants, des serviteurs, des complices et des Ayants droit.

Les exécutants sont, de plus en plus, que des exécutés laissés sur le carreau, que des victimes propitiatoires au nom du Veau d’Or, de la Sainte Accumulation.

Les serviteurs sont les relais : il en est de deux sortes. Les premiers se nomment médias, ce qui veut dire moyens, intermédiaires (on peut noter que « mass » a été délaissé, terme peu flatteur, il faut bien le reconnaître). Les seconds sont les politiques qui n’ont souvent, comme unique bagage, que leur carnet d’adresses et, comme unique compétence, que leur aisance à l’oral. Ils maîtrisent le verbe du premier groupe « pantoufler » : « Il fallait que je pantouflasse derechef ». Ils sont intarissables, ils peuvent vous parler, des heures, de travail comme Diafoirus parlerait de médecine. C’est dire leur talent oratoire.

Les Ayants droit forment la précellence : le Droit est fait pour Eux. Ils usent des relais pour diffuser leur Doxa hégémonique. Ainsi, leur prétendue théorie du ruissellement ne concerne-t-elle que les serviteurs qui recevront leur généreux pourboire.

Les complices n’ont pas de compétences particulières. Ils n’ont pas besoin d’un carnet d’adresses étoffé. Ils n’ont pas besoin d’entregent. Il leur est simplement demandé de suivre les instructions. C’est du niveau d’un enfant de cinq ans. D’ailleurs, à cet âge, sont inculqués les rudiments indispensables.

Un vocabulaire restreint, des envies à satisfaire, une conscience a minima, c’est simple. Et en plus, les complices sont, en apparence, choyés.

Bien sûr, vu le niveau requis, il semble que l’on puisse les leurrer avec aisance. Mais ceci n’a rien de rédhibitoire. Bien au contraire. Dans le contrat, ce n’est pas ce que l’on appelle une clause de style.

Imperturbable, insidieux, le Capitalisme agit contre l’Humanité. En tout lieu, il frappa, a frappé et frappe encore celle-ci. Insatiable, il s’autorise à compromettre l’avenir des générations futures, c’est dire la grandeur de son crime.

Napoléon aurait dit : « Les crimes collectifs n’engagent personne ».

Ce crime est un crime collectif qui a besoin de complices.

Les complices furent, ont été et sont les clients.

Plus on les flatte, plus ils se croient heureux. On choie le client comme on choierait un roi au bonnet d’âne.

Le client ne semble mû que par des instincts dénués de toute humanité.

Parfois, son égoïsme l’aveugle à telle enseigne qu’il en oublie jusqu’à son propre statut de salarié, d’exécutant à l’issue incertaine.

Il veut être servi sans attendre, de jour, comme de nuit. Il peut être odieux avec l’hôtesse qui se doit d’être accorte.

Il ne peut attendre car le besoin irrépressible, qui le tenaille, l’exige.

Il veut ignorer que ses penchants causeront sa perte. Après l’orgie, c’est promis, sera le temps du raisonnable.

Les Ayants droit ne peuvent que se réjouir : après l’avoir tondu une première fois, en lui fourguant le superflu, ils pourront le retondre et retondre encore. Ils lui vendront la diète, puis plus tard les moyens pour soigner les dégâts de toute sorte.

Le client n’a que faire du « comment ? », du « par qui ? ». Il est indifférent à autrui. Il en oublie qu’il sera lui aussi cet autrui.

Seule compte son immédiate satisfaction.

Le Rana Plaza n’est déjà plus qu’un nom exotique, au mieux, rangé aux côtés de Bhopal et autres Courrières. C’était pourtant le révélateur de notre coupable insouciance. Ici et ailleurs, il y a toutes ces souffrances, ces blessures, ces morts anonymes, « sans bruit, dans l’ombre, avec le hasard comme complice » (Hugo). Bien évidemment, s’il faut en passer par là, cela en vaut forcément la peine... se dira-t-il.

Sans clients, que serait le Capitalisme ?

Ce mot de client semble si familier, que l’on oublie de l’interroger. C’est à tort.

Dans la Rome antique, « client » se disait du « plébéien qui se mettait sous la protection d’un patricien appelé ’’patron’’ » (Le Robert).

« Étonnant, non ? »

Ainsi, sans bruit, dans la lumière, avec l’envie comme complice, le Capitalisme prospère grâce à ses « protégés ».

Je n’écrirai donc pas « Bonnes Fêtes ».

« Ce n’est pas parce que nous sommes invités au festin, que nous ne faisons pas partie du menu. »

« Personne »

URL de cet article 31356
   
Le « populisme du FN » un dangereux contresens, d’Annie Collovald et Guerre aux chômeurs ou guerre au chômage, d’Emmanuel Pierru
DIVERS
Récemment apparues, les éditions du Croquant, issues d’une dissidence des héritiers de Pierre Bourdieu, publient des ouvrages riches, au coeur des problèmes sociaux actuels et offrant un regard juste et pertinent. Deux d’entre eux ont particulièrement retenu notre attention : Le « populisme du FN » un dangereux contresens A travers cet ouvrage, Annie Collovald a voulu déconstruire et remettre en cause le terme de « populisme » qui sert aujourd’hui d’explication au succès électoral du Front national. (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Il n’y a pas de moyen plus violent de coercition des employeurs et des gouvernements contre les salariés que le chômage. Aucune répression physique, aucune troupe qui matraque, qui lance des grenades lacrymogènes ou ce que vous voulez. Rien n’est aussi puissant comme moyen contre la volonté tout simplement d’affirmer une dignité, d’affirmer la possibilité d’être considéré comme un être humain. C’est ça la réalité des choses.

Henri Krazucki
ancien secrétaire général de la CGT
Extrait sonore du documentaire de Gilles Balbastre "Le chômage a une histoire",

Revolucionarios : "On ne nait pas révolutionnaire... on le devient."
Chères lectrices, cher lecteurs du Grand Soir Nous vous proposons à la diffusion un documentaire intitulé « Revolucionarios ». Durée 57 Min – Version VOSTFR. Ce film, le premier d’une série, c’est la révolution cubaine racontée par celles et ceux, souvent anonymes, qui y ont participé d’une manière ou d’une autre. Des témoignages qui permettront de comprendre la réalité de ce que vivait le peuple cubain avant l’insurrection, de découvrir les raisons de cet engagement dans la lutte et de voir comment chacun (...)
18 
Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.
Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature d’un de ses journalistes réguliers traitant de l’international, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît l’histoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), c’est une accusation de nazisme et d’antisémitisme qui est ainsi (...)
115 
CUBA : modèle de résistance ou résistance d’un modèle ? (conférence/débat audio)
Conférence de Viktor Dedaj, animateur du site "Le Grand Soir", sur le Libre Teamspeak le 4 Décembre 2011. Notre conférencier nous explique enfin la vérité sur Cuba, sur son régime, et démonte minutieusement toute la propagande des États-Unis contre Cuba. Une conférence aussi excellente qu’indispensable. L’exposé initial de Viktor Dedaj dure une quarantaine de minutes et est suivi de deux heures de questions/débat avec les auditeurs. - http://lelibrets.blogspot.com/ Le compte Youtube ayant (...)
22 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.