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Covid-19 : de la vague épidémique à la vague psychiatrique…

Le militant anti-vaccin Pfizer Jean-Bernard Fourtillan a été interné dans l’hôpital psychiatrique d’Uzès (Gard) le 10 décembre 2020. Il avait été vu dans l’excellent documentaire “Hold-Up”. Cet internement a été effectué dans un silence assourdissant. Presque aucun média n’a mentionné cet internement. Le gouvernement veut-il cacher aux Français le véritable objectif du vaccin Pfizer ? Au point d’arrêter toutes les personnes qui s’y opposeraient ? Et, pourtant, la médecine psychiatrique a longtemps servi pour enfermer les différentes formes d’opposition dérangeantes. Cet article a été écrit sur la base du Étouffer la révolte du psychiatre Jonathan M. Metzl. Le professeur y dénonce les agissements de la médecine psychiatrique utilisée par les gouvernements de l’époque pour enfermer des « personnes schizophrènes ». C’est ainsi que furent enfermées des femmes qui s’opposaient à leur mari ou des hommes noirs qui, lors du mouvement des droits civiques, militaient pour leurs libertés. Ces « femmes » ou ces « nègres » étaient taxés de malades mentaux parce qu’ils avaient osé se rebeller contre leur « maître ». Evidemment, des livres institutionnels comme le DSM s’affirmaient comme une construction sémantique savamment orchestrée par les institutions de l’époque. Cet article pose des questions. Son objectif est d’enrichir les débats, les discussions, de poser encore d’autres questions. Si les forces du capital ont utilisé la médecine pour « étouffer la révolte » ou « mater le peuple » pourquoi ne le feraient-elles pas aujourd’hui sous couvert de la Covid-19 ?

1) Les femmes au foyer et les hommes noirs étaient des malades mentaux

Au milieu du XIXe siècle, les esclaves noirs essayant de s’échapper des griffes de leur maître souffraient de Drapétomanie. Evidemment, nous savons dorénavant que cette maladie n’a jamais existé. Une autre maladie farfelue existait aussi : la dysaesthesia aethiopis. Cette dernière « maladie » se matérialisait par une forme de folie, une « scélératesse », un « irrespect » de la propriété du maître blanc tout-puissant.

Pas de panique ! Puisque, selon les psychiatres et les politiciens de l’époque une cure à coups de fouet permettait la guérison ! On en rigolerait presque aujourd’hui mais, à l’époque, ils ne rigolaient pas du tout ! En effet, pour ces barbares de l’époque, les « nègres » étaient inaptes à la liberté. Heureusement, la Drapétomanie et autres termes ont été jetés dans les poubelles de l’histoire. Mais la folie est toujours considérée comme une maladie et est dotée d’une définition clinique.

A l’époque, la classe dominante définissait les menaces à l’ordre racial comme une forme de folie, de maladie mentale. Afin de maintenir la classe ouvrière et les couches populaires dans une léthargie destructrice, la méthode est parfois encore employée. Elle n’est plus utilisée pour maintenir un ordre racial, mais plutôt un ordre de classe : dans les deux cas on maintient une domination qui ne relève pas d’un ordre naturel. Les relations entre le psychiatre et son patient seraient imperméables, mais elles reflètent inconsciemment une tension sociale et politique qui s’est greffée dans les subjectivités.

Des chercheurs, en farfouillant dans des archives médicales aux États-Unis, ont constaté que dans la presque totalité des dossiers, il y avait une corrélation entre « la tendance ethnique » et les « diagnostics de schizophrénie ». Ils ont découvert un texte médical affirmant, je cite : « il a été prouvé que la schizophrénie, un trouble conduisant souvent à des années de traitement psychotrope lourd, d’exclusion sociale et d’hospitalisations forcées touche les différents groupes ethniques à une fréquence similaire ».

Concrètement, les préjugés, les angoisses liées aux différences raciales façonnèrent les critères des diagnostics, les politiques de santé publique, etc. Stokely Carmichael a nommé ce processus « racisme institutionnel ». Actuellement, le nouvel ordre mondial capitaliste/fasciste ou dictature du capital se renforce sous couvert de la Covid-19. Le principe reste identique, car la classe bourgeoise monopoliste présente un racisme de classe développé contre la classe ouvrière et les couches populaires. Et, lorsque la classe exploitée porte un gilet jaune d’une manière pacifiste, elle devient violente, agressive, barbare.

Carmichael déclarait ne pas vouloir s’occuper des individus. « Pour moi, parler des individus est une façon d’éviter le problème » déclarait-il. Il appelait à la lutte contre « des forces établies et respectées au sein de la société, lesquelles fonctionnent par-delà les seules perceptions ou intentions des individus, et contribuent à maintenir le statu quo par le biais de structures telles que les lois sur le découpage du territoire, l’économie, les écoles et les tribunaux ».

C’est ainsi que dans les méandres de cette partie funeste de notre histoire, des dossiers médicaux ont été estampillés « blanc » et « nègre ». L’auteur du livre, Jonathan Metzl, nous plonge dans les couloirs glacés de l’hôpital d’Etat d’Ionia, dans le Michigan. Il y démontre que le racisme institutionnel a engendré des désastres humains. Mais nous savons que certaines données sont universalisables, surtout lorsqu’elles prennent racine dans la lutte des classes. La répression d’une classe par une autre est identique à toutes les époques : seule la forme change.

Avant le mouvement des droits civiques aux États-Unis, les psychiatres certifiaient que les personnes souffrant de schizophrénie étaient majoritairement blanches et inoffensives pour l’ordre social établi. De 1920 à 1950, ils décrivaient la schizophrénie comme une « dissonance émotionnelle » ayant des effets négatifs sur la capacité des individus à penser et à sentir. A partir des années 1960, elle devint une maladie se manifestant par la rage. C’est ainsi que les journaux psychiatriques soutenaient que la schizophrénie était un mal touchant « les nègres » et qu’elle se matérialisait par l’agressivité. Les symptômes de la schizophrénie étaient alors associés aux révoltes des droits civiques comme, par exemple, Black Power, Black Panthers, Nation of Islam, etc...

Un exemple en est un article de 1968 publié dans Archives of General Psychiatry. Cet article avait été signé par plusieurs médecins psychiatres dont Walter Bromberg et Frank Simon. Ils attestaient que la schizophrénie était « une psychose de révolte, en vertu de laquelle les hommes noirs développent des sentiments d’hostiles et agressifs et des délires anti-Blancs ». Ces deux médecins affirmaient que « les hommes noirs adoptent des noms islamiques modifiés, de sorte à renier la préalable anglicisation de leur nom, faisant preuve de sentiments anti-blancs délirants où s’exprimaient des projections paranoïaques des nègres envers le groupe caucasien ».

C’est ainsi que des publicités concernant des traitements contre la schizophrénie étaient diffusées entre 1960 et 1970. Ils y présentaient l’antipsychotique Haldol par exemple. Dans ces publicités, on voyait un homme noir dans une zone urbaine, le poing levé (geste militant du Black Power), dont les symptômes d’agressivité exigeaient un traitement chimique et psychiatrique.

Avant les années 1960, la schizophrénie était présentée comme « une réaction psychologique à l’éclatement des fonctions de base de la personnalité ». Les personnes étaient alors présentées comme des « malades très calmes ». Cette terminologie permettait d’associer la schizophrénie avec les femmes au foyer. Et, bizarrement, les critères des diagnostics ont changé après les années 1960. En 1968, le DSM (« Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux ») avait été publié. Les bases du diagnostic de la schizophrénie avait encore changé. Elle devenait une maladie plutôt liée à l’agressivité masculine.

Le DSM 2 affirmait : « l’attitude du patient est fréquemment hostile et agressive, et son comportement tend à être en adéquation avec ses délires ». Un « tour de passe-passe » sémantique qui avait permis, dans les années 1960/1970, d’affirmer que « la schizophrénie était un trouble affectant également les hommes nègres et que les formes noires de la maladie étaient plus hostiles et agressives que ne l’étaient ses formes blanches ». Les bases de diagnostic de cette maladie changeaient, s’adaptaient aux conditions sociales permettant ainsi à une poignée d’hommes de conserver leur domination de race et de classe.

L’agitation/propagande bat son plein actuellement dans les médias français au service de la dictature du capital. Une palme aux médias BFM TV et C News qui ont chacune remporté le prix du meilleur menteur. On les entend ces psychiatres et médecins alléguant « qu’après la vague épidémique de la Covid-19 », il y aura « la vague psychiatrique ». On les entend dire qu’ils veulent « une place » dans les décisions du gouvernement, car « de plus en plus de Français auraient des « problèmes mentaux ». Les Français ont des problèmes mentaux à cause de la Covid-19 ! A cause de la crise économique ! A cause des confinements ! A cause de l’incertitude de leur avenir ! A cause des franc-maçons ! A cause des illuminatis ! Bref ! A cause de tout... sauf du Capital...

C’est ainsi que dans l’hôpital d’état d’Ionia, entre autres, étaient enfermés beaucoup d’hommes noirs qui étaient militants dans le mouvement des droits civiques. Les médecins d’Ionia s’appuyaient sur le DSM-2 pour faire correspondre les symptômes de la schizophrénie avec la somme totale des angoisses raciales de l’époque. Le cadre change, mais la volonté de domination demeure identique. La vague épidémique laissera la place à la vague psychiatrique liée à la Covid-19 : ce qui arrange évidemment les intérêts de la classe capitaliste monopoliste après le mouvement des gilets jaunes !

La lutte raciale existe encore actuellement même si les conditions diffèrent. Mais la division raciale est toujours un point nodal de la lutte des classes. Les forces du capital détiennent « leurs champions » dans ce domaine : Zemmour, Bardella, Naulleau, etc !

2) Les « fous dangereux » de Ionia

A) Cecil Peterson était un homme sans problème. Un jour, un homme blanc a insulté sa mère, alors que Cecil était en train de déjeuner. Cecil Peterson était assis dans un snack de Woodward Street. Ils ont échangé un regard soutenu. L’homme blanc le fixa dans les yeux. Ce fut une première erreur, car on ne fixait pas un homme blanc à l’époque : Cecil baissa donc les yeux. Ils se sont croisés une seconde fois, en sortant du restaurant, et c’est alors que la rixe avait éclaté. On était en septembre 1966. Deux officiers de police blancs passaient à ce moment-là. Ils se sont interposés pour mettre fin à l’altercation. Le PV a indiqué que Cecil Peterson s’était tourné vers eux et les avait frappé « sans avoir été provoqué ». Selon le rapport, Cecil Peterson jeta l’un des policiers au sol et lui « donna un coup de pied dans le flanc ». Une deuxième patrouille arriva sur les lieux pour aider leurs collègues. Cecil Peterson avait 29 ans et il était d’origine afro-américaine. Il était papa de quatre enfants et il travaillait dans une usine de la Cadillac Motor Company. C’est la première fois qu’il attirait l’attention des autorités. Il n’avait jamais été diagnostiqué pour des troubles physiques ou mentaux. Mais à cause de cette rixe, il deviendra un détenu de l’hôpital d’Ionia. Il fut condamné pour « agression sur officier de police, ayant causé une blessure nécessitant une intervention médicale ».

Enfermé à la prison du comté de Wayne, il sera condamné à une peine de deux à dix ans de réclusion. Après plusieurs semaines d’enfermement, de tortures, les rapports de la prison décrivaient un Cecil Paterson « extrêmement paranoïaque et très instable, hurlant après le Blanc qui avait insulté sa mère et répétant que ses droits civiques avaient été bafoués ». Le psychiatre avait diagnostiqué « un trouble sociopathe de la personnalité mêlé à des réactions asociales ».

Cecil Peterson fut transféré à l’hôpital d’état d’Ionia. Le formulaire de transfert l’indiquait comme étant un « fou dangereux », ce qui était évidemment faux. C’est ainsi que Cecil Peterson fut privé de la liberté. Il fut enfermé avec d’autres « patients » qui étaient, pour la plupart d’entre eux, des hommes noirs provenant du quartier pauvre de Détroit.

Toutes les époques ont en commun de revendiquer l’enfermement des personnes pour « maladie mentale » au nom de leur « bien-être ». Ceci ne signifie pas pour autant que les maladies mentales n’existent pas ! Mais, pour certains « patients », la psychiatrie est clairement un procédé qui permet aux autorités de pathologiser les révoltes. Ce processus de pathologisation de la révolte est soutenu par des médecins ayant vendu leur « âme au diable ». Certains médecins ne sont pas forcément conscients de leur participation à un mécanisme social répressif dans lequel ils sont pourtant un élément clé.

Certains médecins sont persuadés de faire « une bonne action ». Ils ne comprennent pas que les rapports médecins/patients sont conditionnés par des institutions au service d’une classe exploiteuse, dominante, violente. Certains médecins ne comprennent simplement pas que les institutions d’une séquence historique donnée ne sont que les reflets des idées dominantes de cette séquence historique.

B) Alice Wilson était devenue une femme honteuse. Elle se considérait comme « une mauvaise femme ». En effet, elle oubliait de faire la cuisine, le ménage, de coudre, etc. Alice Wilson est née en Mars 1910, à Nashville, dans le Michigan. Ses dossiers de patiente indiquaient qu’elle « n’avait aucune connaissance en matière de sexe et était demeurée vierge sur tous les plans lors de son adolescence ». Elle s’était mariée à l’âge de 23 ans avec George Wilson. Ils eurent deux fils et une fille. Quelques années après, George raconta qu’elle se laissait aller. Elle négligeait le ménage, elle laissait la vaisselle s’empiler et la poussière s’accumuler. Elle gardait sa robe de chambre jusqu’à midi. Elle se mettait à pleurer, à s’inquiéter et à se lamenter « d’être incapable d’élever ses enfants correctement ». Un jour, alors que la famille faisait les courses, Alice se mit à remplir son caddie de vêtements. Elle disait vouloir que ses enfants aient des culottes propres. George voulut alors la contredire. Ils passèrent à la caisse ; ensuite, alors que la famille se dirigeait vers leur voiture, Alice se mit à pleurer. Elle s’effondra au sol en gémissant « je suis vraiment une mauvaise mère ! ». George essaya de la calmer, mais ce fut impossible.

Le responsable du magasin leur demanda « de baisser d’un ton ». Ensuite, des agents de police furent appelés à la rescousse par les responsables du magasin. Alice continuait à sangloter « je suis une moins-que-rien, je suis une ratée ». Elle répéta ces mots devant le juge. Alice fut admise au service des femmes le 1er septembre 1941. Sa fiche d’admission disait : « Age : 31. Origine : née aux États-Unis de parents américains. Couleur de peau : blanche. Activité : femme au foyer. Religion : protestante. Vêtements : les siens. Cause de l’internement : trouble à l’ordre public. S’est mise à divaguer et à embarrasser son mari. »

Et ils n’étaient pas les seuls. David Morris, un ancien militaire de 27 ans avait couché avec sa sœur. Carol Sue Adams, 22 ans, avait volé un sac à main. Minnie Briggs, qui avait 11 frères et sœurs, avait falsifié le nom de sa mère sur un chèque ; elle s’était fait prendre, elle avait pleuré pendant trois jours et avait tenté de se suicider. Milmouth Hunt, un ivrogne, avait été reconnu coupable de vol sans effraction. Mais aussi Frank Saint-Clair, 46 ans, souffrait d’un trouble obsessionnel qui le poussait à se laver constamment les mains. Nous étions dans les années 1930/1940 et pour les médecins de l’hôpital d’Ionia ils souffraient tous de schizophrénie paranoïde.

Ces hommes et ces femmes n’avaient pas de délire, d’hallucination ou des moments de théophanie. Leurs comportements n’étaient pas désorganisés ou catatoniques. Ils étaient simplement victimes de dépression, de trouble obsessionnel compulsif ou d’addiction à l’alcool. Examinés par des médecins aujourd’hui, il est probable que les diagnostics auraient été différents. Nous ne pouvons pas nier cette réalité qu’ils ont été victimes de critères de diagnostics erronés. Non seulement erronés, mais se situant aussi dans la continuité de la domination sociale d’une élite qui régissait elle-même ces critères de diagnostic via le DSM. Le DSM était alors une synthèse des angoisses sociales de cette séquence historique.

On entend les exclamations verbalisant des préjugés pétrifiés du genre « un médecin a forcément raison, parce qu’il est médecin » ! « Il sait ce qu’il dit » ! Mais alors pourquoi Alice Wilson n’a pas été diagnostiquée dépressive ou Frank Saint-Clair simplement victime d’un trouble obsessionnel compulsif ? Actuellement, le conseil scientifique contre le Covid-19 est composé de médecins. Il aurait forcément raison parce qu’il est composé de médecins ? Mais alors pour demander aux Français porter des masques, pour ensuite leur demander « de se taire » dans le métro indépendamment du masque « parce que parler dans le métro est un danger de transmettre le virus » ? Si parler dans le métro est dangereux, même en portant un masque, c’est que ce masque ne sert à rien ? Bref ! On ne va pas énumérer la somme totale des contradictions émises par ce conseil, ce gouvernement, depuis le début de « la crise de la Covid-19 », car cela serait beaucoup trop long !

Emil Kraepelin est considéré comme un des fondateurs de la psychiatrie. Il était le directeur d’une clinique de 80 lits à l’université de Dorpat, en Estonie à la fin du XIXe siècle. Si nous admettions ce préjugé pétrifié stupide qui a été exposé plus haut, il aurait forcément raison et détenteur d’une vérité objective et absolue « parce que médecin ». Et c’est ainsi que le docteur Kraepelin affirmait que la « folie des miséreux » découlait forcément de la pauvreté. En d’autres termes... si vous êtes pauvre... vous êtes forcément « un fou dangereux » ...bref...

Il en était de même pour « la folie masturbatoire » qui provenait de « l’auto-corruption onaniste » et provoquait une forme d’idiotie ! Benjamin Griveaux doit-être sacrément touché donc ! Hum...Hum. Continuons. Kraepelin parlait aussi de la « folie des vieilles filles », un mal qui touchait les femmes célibataires d’un certain âge. Il a écrit un traité de psychiatrie en 1899 qui affirmait un système de classification et divisait la folie en deux catégories : l’une menait à la démence, mais l’autre non. Les patients qui présentaient des hallucinations, des délires, des émotions incongrues, des troubles de l’attention, négativisme et délabrement mental progressif, étaient touchés par une maladie qui s’appelait la « dementia praecox ».

L’analyse Kraepelinienne certifiait donc que la dementia praecox se développait à partir d’un substrat biologique préexistant à la culture et au contexte social. En effet, l’analyse de Kraepelin diffère de celle de Bleuler. Mais la terminologie médicale de Kraepelin parviendra aux États-Unis dans les années 1910/1920. L’origine biologique de cette maladie, selon Kraepelin, a permis d’affirmer aux États-Unis de ces années-là que « les nègres étaient biologiquement inaptes à la liberté ». C’est un peu pareil lorsque vous portez un gilet jaune ou lorsque vous avez pointé du doigt une dictature du capital qui se renforce, en créant de la peur via ses médias corrompus sous couvert d’un virus nommé Covid-19 : vous êtes touchés par « la folie des miséreux » !

Cette « analyse psychiatrique » stipulait aussi qu’il existait deux types de folie chez les esclaves :

1- La drapétomanie survenait lorsque « l’homme blanc tentait de s’opposer à la volonté divine en essayant de faire du nègre autre chose qu’un esclave soumis ».

2-La dysaesthesia aethiopis survenait lorsqu’il y avait de la « friponnerie » ou « le manque de respect pour les biens du maître » ; cette maladie était alors « observée lorsque les Afro-Américains étaient dispensés de la constante surveillance d’un homme blanc ».

Il s’ensuivait alors une combinaison de la praecox et de la drapétomanie qui permettait d’affirmer que les Afro-Américains étaient psychologiquement incapables de quitter leur condition d’esclaves. Lorsque la « vague psychiatrique » remplacera la « vague épidémique de la Covid-19 », la gestapo militaro-sanitaire usera des termes médicaux pour semer la confusion dans l’esprit des Français. Ce n’est pas pour rien que les médias corrompus, du type BFM-TV, ne parlent plus de simple « confinement », mais parlent à présent « d’un confinement indépendamment des conséquences psychiatriques sur les Français ».

Et, lorsqu’on est touché par « la folie des miséreux » on n’est plus « maître de nos actes » ! Il faut alors enfermer les personnes par la force : surtout si ces personnes sont des militants, des révolutionnaires, des opposants, des gilets jaunes, etc...
La dementia praecox était associée aux personnes marginales de l’époque. A l’époque, la praecox faisait référence aux « nègres », aux immigrants, aux criminels. La répression du XXIe siècle restera identique dans son orientation de classe et seuls les termes changeront. Et le conseil scientifique veille à la bonne marche du processus. En effet, les forces du capital prennent garde à ne pas défaillir dans le processus de répression à venir sous couvert de « problèmes psychiatriques liés à la Covid-19 », puisque la révolution du procès de production bourgeois est en marche.

3) De la maladie racialisée à la maladie de classe

Il existerait deux causes permettant d’expliquer pourquoi les hommes noirs aux EU devenaient tous schizophrènes dans les années 1960.

Pourquoi la schizophrénie frappait quasiment uniquement les hommes noirs aux États-Unis ? Pourquoi la schizophrénie était devenue une maladie d’homme violent et noir ?

Dans les années 1960, cette maladie est devenue une maladie racialisée, puisqu’elle s’appliquait uniquement aux hommes noirs. Les médecins psychiatres s’appuyaient sur le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux qui, d’ailleurs, avait été souvent révisé. Dans les années 1960, un comité de médecins psychiatres se sont réunis pour produire un nouveau manuel. C’est ainsi que plusieurs médecins psychiatres exerçant dans des établissements comme celui d’Ionia utiliseront une nouvelle terminologie diagnostique quelques années avant la publication de la deuxième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-2) de 1968.

L’organisation mondial de la santé existait déjà et elle détenait certaines prérogatives dans la conception et la publication de ce manuel. Rappelons aussi que dans les années 1960, le capitalisme n’était pas le seul à se partager le monde : le bloc socialiste existait aussi. Il y avait clairement une opposition entre les deux modes de production et dans les pays impérialistes le premier objectif était d’éviter que les forces socialistes conquièrent le monde. La convergence des luttes (la lutte pour l’émancipation des femmes, des hommes noirs et des socialistes) était particulièrement dangereuse pour les forces impérialistes à l’époque. Pour ces forces impérialistes, il était alors nécessaire que les interactions médecins/patients soient sous contrôle ; que ces interactions soient déterminées par des textes devant être validés par les institutions impérialistes pour « étouffer les révoltes ».

Le DSM-2 définissait ainsi la schizophrénie :

« Cette vaste catégorie inclut une série de troubles se manifestant par des perturbations caractéristiques de la pensée, de l’humeur et du comportement. Les perturbations de l’humeur se caractérisent par des altérations de la formation de concepts pouvant conduire à une mauvaise interprétation de la réalité, et parfois à des délires et hallucinations, lesquels apparaissent souvent comme un mécanisme d’autoprotection psychologique. Les changements d’humeur corollaires consistent en des réactions émotionnelles ambivalentes, limitées ou inappropriées, ainsi qu’en un manque d’empathie envers les autres. Le comportement peut être renfermé, régressif et bizarre. Les schizophrénies, au sein desquelles l’état mental est principalement attribuable à un trouble de la pensée, se distinguent des maladies affectives majeures qui sont dominées par un trouble de l’humeur. Les états paranoïaques se distinguent quant à eux de la schizophrénie par des distorsions de la réalité plus limitées, ainsi que par l’absence d’autres symptômes psychotiques ».

Le DSM apportait de la précision concernant le type paranoïde :

« Ce type de schizophrénie se caractérise principalement par la présence de délires de persécution ou de mégalomanie, souvent associés à des hallucinations. On observe parfois un sentiment religieux excessif. L’attitude du patient est souvent hostile et agressive, et son comportement tend à être conforme à ses illusions. En général, le patient atteint ne présente pas de désorganisation grossière de la personnalité de type hébéphrénique et caractéristique, peut-être en raison d’un mécanisme de protection manifesté par le patient, attribuant aux autres des caractéristiques qu’il ne peut accepter en lui-même. Trois sous-types de ce trouble peuvent parfois être différenciés, en fonction des symptômes prédominants : hostile, mégalomaniaque et hallucinatoire ».

Cette construction sémantique offrait un champ d’application très large. En d’autres termes, n’importe quelle personne pouvait être diagnostiquée « schizophrène ». Cette construction sémantique, mise en corrélation avec des interactions médecins/patients contrôlées par des institutions, était alors impactée par de solides préjugés concernant les femmes, les noirs, les opposants politiques, etc...

Cette description du DSM-2 reflétait les tensions sociales dans l’Amérique des années 60. La schizophrénie de type paranoïde qui avait été mise en avant par le DSM-2 mettait en avant « l’hostilité masculinisée, violente et agressive » en qualité d’éléments principaux de la maladie. Il est aussi important de constater que la « maladie » s’articulait, entre autres, par une réaction antisociale en rejetant sur les autres la cause du problème. Ce phénomène de projection n’existait pas dans le DSM-1. Le DSM-2 était alors un texte explicitement répressif qui reflétait le contexte social et permettait ainsi de pathologiser les révoltes qui devenaient « des maladies mentales ».

Lorsqu’on est un gilet jaune, un révolutionnaire qui se bat pour l’égalité sociale, pour la socialisation des moyens de production, pour une juste répartition des profits, ne sommes-nous pas touchés par une forme « d’hostilité », par des « troubles de la pensée » ou des « hallucinations » ?

Ne sommes-nous pas dans une forme de psychose qui pousserait à une modification incohérente de la réalité objective qui affirme la domination de l’Homme par l’Homme comme étant un « cadre fatal » ?

N’est-ce pas ce que nous devrions intégrer, accepter dans nos subjectivités sclérosées, puisque ligotés par le confinement et malheureusement abreuvés comme des moutons du verbiage putride de la propagande impérialiste du type BFM-TV ? Oh qu’ils avaient raison nos gilets jaunes ! Bref...

Continuons avec l’exemple historique de ces Etats-Unis impérialiste des années 60. A cette époque, ce pape de l’impérialisme subit un grand bouleversement. Les manifestations de masse se basaient alors sur la résistance non violente et la désobéissance civile. Certaines organisations ou personnages sont entrés dans la légende : NAACP, SCLC, Martin Luther King, Malcom X, Black Panthers, Black Power, etc. Les Sit-in, les boycottes, les freedom rides et d’autres stratégies ont permis la déségrégation.

En 1965, après les émeutes de Watts, une opposition prit forme dans le mouvement des droits civiques. Elle disait que rien ne changerait dans l’Amérique raciste de ces années-là. Tiens... Une autre question nous interpelle : Alors que les États-Unis massacraient une partie de son peuple parce que noir, ne représentaient-ils pas une des « plus grandes démocraties du monde » qui devait indiquer l’orientation face à l’URSS socialiste qui était, elle, une « dictature » ? Ce qui est certain, c’est que l’homme noir était le bienvenu en URSS ! Et, de plus, les femmes y possédaient le droit de vote dès les années 46 ! Bref... revenons à « nos moutons » ...

De par cette opposition, le Black Power devint le cri de ralliement de Stokely Carmichael, de Willie Ricks, d’Eldridge Cleaver, entre autres. Le Black Power se refusaient aux stratégies trop accommodantes. Selon lui, les hommes noirs devaient prendre le pouvoir plutôt que de chercher la voie du compromis. Carmichael prônait ainsi la violence révolutionnaire défensive comme unique moyen pour stopper les massacres des hommes blancs envers les hommes noirs. C’est en 1966 que Huey Newton et Bobby Seale ont créé le Black Panther Party. Ce fut une organisation qui prônait la résistance armée dans l’intérêt des homme noirs.

Malcom X décrivait une « communauté africaine mondiale » qui rassemblait les Africains « natifs » et les Africains de la « diaspora ». Et, dans le même temps, Elijah Muhamad déclarait que « le jour du diable blanc était terminé ». Nous assistions alors à un antagonisme inconciliable entre deux aspects :

1er aspect : les révisions du diagnostic psychiatrique

2ème aspect : les révoltes et la violence révolutionnaire défensive

Bizarrement, nous assistions à une recrudescence des revues, des articles psychiatriques dont les auteurs découvraient un soudain intérêt pour les question afro-américaines. Les chercheurs et autres auteurs farfelus s’appuyaient sur le DSM-2 afin de mettre en exergue la « schizophrénie noire » et essayaient ainsi d’associer la schizophrénie et les manifestations en faveur des droits civiques. Où l’on retrouve une similarité avec le médecin du documentaire « Hold-Up » parce que critiquant très justement le vaccin Pfizer. De même, lorsqu’il s’agit des avertissements justifiés du Professeur Raoult envers ce même vaccin Pfizer.

A l’époque, des « études » (qui furent menées par des DR ayant vendu leur âme au diable donc) faisaient le lien entre la schizophrénie noire et le Black Power. Ceci permettait d’affirmer des notions comme « hostile » ou « violent » supposées définir la maladie. Les deux personnages les plus dangereux de l’époque furent les médecins psychiatres new-yorkais Walter Broomberg et Franck Simon. En 1968, ils alléguèrent une nouvelle forme de cette maladie baptisée « psychose de la révolte ».
Evidemment, cette maladie frappait les « hommes nègres », surtout lorsqu’ils étaient proches du mouvement Black Power. Broomberg et Simon caractérisaient les mouvements de libération de ce type comme étant « à l’origine de délires, d’hallucinations et de projection violente chez les hommes noirs ». Ils soutenaient que « L’état de stress causé par l’affirmation des droits civiques aux États-Unis pendant les dix dernières années, ainsi que la faveur nationaliste déclenchée au sein des nations afro-américaines pendant la même période, ont stimulé des psychoses réactives spécifiques chez les nègres américains ». Vous remarquerez la terminologie employée par le DSM-2 : délires-colères-hostilités et projection.

Actuellement, une autre terminologie ou construction sémantique farfelue, seraient susceptibles d’être utilisées par les institutions impérialistes pour faire croire aux Français « qu’ils sont fous, dérangés » à cause des différents confinements ; étant donné que la peur de la Covid-19 aurait déclenché des symptômes post-traumatiques. En effet, cela irait dans l’intérêt des forces du capital qui doivent étouffer le danger insurrectionnel porté par la classe ouvrière et les couches populaires. D’ailleurs, le tissu de mensonges concernant « l’état mental des Français » est d’ores et déjà perceptible dans les médias fallacieux du type BFM-TV. Il n’est pas impossible que le conseil scientifique soit renforcé par des médecins psychiatres d’ici quelque temps ou qu’un comité de médecins psychiatres soit formé en parallèle. Vous penserez à votre auteur lorsque cela se produira !

Broomberg et Simon affirmèrent que les idéologies d’Elijah Muhammad, Malcom X et des autres leaders du mouvement de libération menaient à la folie. « Une enquête minutieuse portant sur le contenu mental des patients », écrivaient-ils, « démontre des productions et des attitudes anti-blancs. Il devient évident que la dissociation intellectuelle est à l’origine d’un refus partiel d’accepter la langue syntaxique de l’anglais standard. Souvent, les détenus font des dessins ou rédigent des textes de nature islamique, orientant leurs idées vers l’idéologie africaine, avec un accent « primitif » prononcé. Le langage utilisé est peut-être emprunté au « veve » ancien. Les noms islamiques sont adoptés ou modifiés de manière à rejeter l’anglicisation initiale de leurs noms. Les idées religieuses bizarres, qu’elles soient improvisées ou directement issues de la pratique mahométane, présentent un caractère musulman ».

Dans ce texte à vomir, on remarquera que la folie est corrélative à l’idéologie et à la religion musulmane. Ces trois axes sont actuellement repris dans les débats, d’une manière différente évidemment. Zemmour (entre autres) s’attaque aux musulmans ; les Français seraient proches de la folie à cause des confinements, de la Covid-19 et toutes les formes d’idéologie deviennent « terroristes ». La forme change, mais le principe est identique : la maladie de classe a été remplacée par la maladie de race. Nous parlons effectivement d’une maladie de classe ! Une réalité qui se cache sous la pompeuse sémantique du type « la première ligne dans l’effort de guerre » !

Il n’y a pas de « première ligne » et l’acceptation de cette terminologie est une grave erreur. C’est la classe ouvrière et les couches populaires qui sont le socle de la nation impérialiste française et sans elle cette nation serait morte : c’est elle qui serait malade de la Covid-19 évidemment ! Lors de la « vague psychiatrique » qui s’amorce, ce sont les éléments de la classe ouvrière et des couches populaires qui seront enfermés.
L’axe central de Broomberg et Simon stipulait que « la participation aux révoltes des droits civiques provoquait des symptômes de schizophrénie violente au sein des populations noires ». C’est un peu identique lorsqu’actuellement, l’on interdit les manifestations susceptibles de provoquer les symptômes de la Covid-19. Mais, bizarrement, on ne risque rien lorsque nous travaillons et que nous produisons du profit pour la classe capitaliste.

C’est ainsi que dans leur article « Six ans de sit-in : causes et effets psychodynamiques » qui avait été publié dans l’International Journal of Social Psychiatry, les Médecins Pierce et West affirmèrent que « les nègres souffraient de délires, de mégalomanies, de pensées magiques et sentiments agressifs dangereux quand ils participaient à des sit-in pour défendre leurs droits ». Dans une série d’articles nommés « conflit social et comportement schizophrène chez les jeunes adultes nègres de sexe masculin » et qui avaient été publiés dans Psychiatry : Journal For the Study of Interpersonal Processes, le socio-psychiatre Eugène Broby se déchaînait ainsi : « De nombreux Nègres américains, si ce n’est tous, semblent souffrir d’un ensemble de problèmes en matière d’identification, problèmes découlant à la fois des conflits culturels, des restrictions liées à la caste et de leur statut minoritaire ; des facteurs qui leur sont en partie transmis par leur structure familiale. En définitive, leur unification de plus en plus importante autour d’aspirations communes pourra déterminer certains changements par rapport aux différentes formes de maladies psychiatriques observées. Ces considérations semblent indiquer que le fait de grandir en tant que Nègre en Amérique peut produire des distorsions ou des altérations dans la capacité à prendre part à la culture environnante, un facteur susceptible de favoriser le développement de comportements de type schizophrène ».

Dans un autre article qui était intitulé « Hallucinations et délires chez les schizophrènes blancs et nègres », les psychiatres Vitols, Waters, Keeler affirmèrent que « l’incidence des hallucinations est nettement plus élevée chez les schizophrènes nègres que chez les schizophrènes blancs venant d’être admis dans le système hospitalier d’Etat et qu’il existe au sein de la culture nègre des facteurs prédisposant à une maladie schizophrénique plus grave ».

La schizophrénie était donc devenue une maladie racialisée dans les années 1960 et ceci à des fins de domination. Certains médecins psychiatres, sous couvert du DSM et autres textes institutionnalisés, avaient clairement vendu « leur âme au diable capitaliste » pour maintenir la domination, le massacre des Hommes noirs par les Hommes blancs. Il n’est pas impossible qu’en 2021, la classe capitaliste utilise toujours les rouages médicaux pour maintenir sa domination de classe. En effet, l’impérialisme français étouffe sous le poids de ses propres contradictions.

Notamment l’opposition fondamentale entre le degré de développement des forces productives et les rapports de production qui sont déterminés par la propriété privée des moyens de production et d’échange. La division sociale du travail internationalisée a considérablement réduit les capacités productives des procès de production capitaliste. La production a été socialisée à outrance, alors que la propriété reste dans les mains d’une élite qui s’enrichit toujours plus. Ces éléments objectifs deviennent un obstacle aux guerres impérialistes inévitables.

L’arnaque capitaliste de la Covid-19 permet dans le même temps de réintégrer certains capitaux dans le cadre national, de fermer les frontières, de faire monter le nationalisme qui est le chemin le plus court vers le fascisme, de confiner le surplus des forces productives, de ralentir la contagion révolutionnaire, de contrôler les esprits confinés en leur insufflant la peur, la terreur, et de préparer une guerre impérialiste pour le repartage d’un monde déjà partagé.

La maladie raciale a été remplacée par la maladie de classe et « Haldol » a été remplacé par « Pfizer » uniquement. L’étude historique démontre que la sémantique médicale et notamment psychiatrique s’adapte aux conditions sociales, économiques d’une séquence historique donnée. Elaine Showalter, une historienne, a montré par exemple que le terme « hystérie » avait été constamment utilisé contre les mouvements féministes qui s’opposaient à l’ordre patriarcal : il y en a eu beaucoup des Alice Wilson malheureusement ! Dans les années 1920/1940, la schizophrénie était matérialisée par une femme au foyer, blanche qui n’obéissait pas à son mari et subissait un fort isolement émotionnel.

Le philosophe Michel Foucault a fait une analyse intéressante de la corrélation savamment entretenue des dimensions locales, politiques et neurobiologiques. Pour lui, la différence entre « normalité » et « anormalité » met à jour un ensemble de relations entre savoir et pouvoir. Le fait de définir quelque chose comme anormal établit inévitablement une relation de pouvoir. Ceci permet à la classe dominante (celle des Carlos Ghosn ou des Jeff Bezos pour notre époque) de rejeter, diagnostiquer et incarcérer ce qui menace son idéologie et qui se voit défini comme un crime, une transgression, une maladie.

Selon Michel Foucault « Les prisons, les asiles, les mentalités abordent la schizophrénie de la même manière car le discours psychiatrique est un élément essentiel du pouvoir décentralisé. Incarcérer, diagnostiquer selon des critères racialisés, craindre les personnes souffrant de schizophrénie, etc, contribue à une dynamique d’ensemble visant à subjuguer les corps et à contrôler les populations ».

Selon Foucault, cadrer la discussion dans les bornes de la santé mentale considérée comme un bien universel permet simplement de faire échapper à la critique les idéologies et mécanismes de ce qu’il appelle le biopouvoir. Et ce processus de domination se reflète dans ces incohérences de tous les jours. Par exemple, sortir sans attestation fait de nous de « mauvais citoyens indisciplinés », alors qu’éborgner un jeune homme sous prétexte qu’il porte un gilet jaune serait un exemple de « maintien de la paix » ! Et pourquoi l’acceptons-nous ? Il est possible aussi que la classe des plus riches se prépare à un prochain bond qualitatif. Ce bond qualitatif serait une « révolution dans les moyens de production de la bourgeoisie », comme le définissait Marx et Engels dans le Manifeste du parti Communiste. En d’autres termes, une autre façon pour la classe des plus riches de faire du profit en exploitant la force de travailler du prolétariat.

Il est certain que, dans ce bond qualitatif matérialisant une révolution des moyens de production, des éléments comme l’intelligence artificielle seront des éléments clefs. D’une manière générale, nous subissons de plein fouet un développement du cyberespace et une nouvelle vie sociale modifiée dans laquelle les formes de circulation M-A-M et A-M-A s’articulent d’une nouvelle façon. Il est aussi possible que l’économie capitaliste s’effondre et que les plus riches s’affolent parce qu’ils éprouvent la hantise de la chute possible : alors ils confinent en attendant une solution qui ne vient toujours pas.

Ce qui est certain, c’est que la force motrice de l’histoire restera la lutte des classes et que le nouvel ordre mondial capitaliste/fasciste se met en place sous couvert de la Covid-19. Je terminerai cet article par « un coup de gueule ».

Connaissez-vous l’unité 731 ? C’est un centre de torture ou camp de concentration qui prospéra au Japon durant la Seconde Guerre mondiale. Dans ce centre de torture, des personnes subirent les pires atrocités. Le film Massacre à la tronçonneuse est un centre de loisirs à côté de ce qu’il s’est malheureusement passé dans l’unité 731. Son dirigeant se nommait Shiro Ishii. Et connaissez-vous sa formation de base ? Il était médecin...

Et Josef Mengele qui avait été surnommé « l’ange de la mort » dans les camps de concentration nazis : n’était-il pas médecin ?

Et certains membres des gouvernements impérialistes d’aujourd’hui ne sont-ils pas médecins ? Cessons de nous noyer dans des préjugés pétrifiés du type « ils sont médecins, ils ont fait des études et ils ont certainement raison » ! car cet esprit de soumission nous pousse à donner raison aux Mengele et aux Ishii. Cet esprit non critique et sclérosé est une chaîne cérébrale.

Le grand Ernesto Che Guevara était dans le vrai lorsqu’il arguait que nous devons d’abord viser à notre « émancipation cérébrale » pour ensuite délivrer les masses de la dictature du capital.

A bas le capital ! A bas le capital !

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