RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher
46 

Démocratie, mon amour d’un jour.

La "démocratie" moderne est une forme de gouvernement conçue pour être contrôlée de l'extérieur, ce qui le rend naturellement vulnérable à la corruption et à la fraude. Et le peuple chinois en a eu les preuves lorsque la Chine a expérimenté des élections démocratiques de style occidental dans les zones rurales.

Au début de 2014, à Changsha, capitale du Hunan, un vaste scandale électoral de pots-de-vin a eu lieu, au cours duquel près de 60 personnes ont été accusées de fraude électorale, de malversations, de perturbation des élections et de corruption impliquant plus de 500 législateurs et responsables politiques locaux du parti qui ont étés démis de leurs fonctions.

Ce n’est qu’un cas parmi tant d’autres.

Dans la province du Hebei, dans le nord de la Chine, deux élections ont été annulées en un mois.

Avec deux fois plus de voix que d’électeurs, il faut avouer que la fraude électorale ne faisait guère de doute.

Et en septembre 2016, un vaste scandale de fraude électorale a éclaté dans le Liaoning.

Plus de 500 membres de l’Assemblée populaire de cette province, composée de 619 membres, ont été démis de leurs fonctions ou ont démissionné, et plusieurs ont été arrêtés.

Ce qui serait de loin le plus étonnant, ce serait d’être surpris par cela.

C’est la démocratie. C’est comme ça que ça marche.

En Occident, la différence étant que nous avons beaucoup plus d’expérience et des outils de contrôle plus élaborés. Mais le résultat est le même. Tant que l’argent pourra acheter les pouvoirs législatifs, tout ce qui fait la richesse d’un pays sera transféré vers des intérêts extérieurs privés.

Pour autant, et j’insiste bien là-dessus, les dirigeants chinois affirment encore et toujours que leurs pratiques ne peuvent pas servir de modèle.

Où se trouvent en Occident les traditions légistes, taoïstes, confucéennes ? (Et dieu sait que nous sommes fiers de nos "valeurs judéo-chrétiennes").

Et où pourrait-on trouver l’équivalent de l’université centrale du parti (fondée à Beijing en 1933) où, non seulement les étudiants admis sont les meilleurs et les plus brillants parmi les 0,01% qui réussissent l’examen de la fonction publique, mais où les professeurs sont parmi les plus compétents du pays.

Lorsque nous combinons cela avec le fait que cette sélection s’est opérée à partir d’une population de 1,5 milliard de personnes, vous pourriez être en droit de penser que les membres du Gouvernement central chinois sont plus qualifiés que ceux de la plupart des autres pays. Et bien oui, en fait, ils le sont.

Dans cette école, il n’y a pas de sujets tabous, pas même des positions réactionnaires, révolutionnaires ou purement bizarres qui seront discutées, analysées et débattues pour résoudre un problème donné. Divers plans, problèmes, solutions et alternatives seront discutés, examinés, débattus et expliqués avec le plus grand nombre d’experts renommés.

Avec pour résultat que les fonctionnaires qui auront été au départ sélectionnés avec un niveau d’éducation élevé, une compréhension étendue et une intelligence extraordinaire auront de plus reçu des couches supplémentaires de formation et d’éducation qui engendrent un ensemble de pratiques et de compétences avant d’entrer dans le Gouvernement.

Ces gens n’ont pas appris à devenir de meilleurs « politiciens », ils auront appris à gouverner un pays sous tous ses aspects : un tel système n’existe pas en Occident.

Car en Occident, la plus grande des valeurs démocratiques, c’est de permettre à des individus sans éducation, formation ou expérience, qui n’ont ni intelligence ni capacité autre qu’un caractère extrêmement corrompu, de devenir Président. Et pas seulement aux États-Unis.

Et dans toute discussion que j’ai pu avoir dans un cadre familial sur le système de gouvernement chinois, j’entendrais dire inévitablement que "oui mais, la supériorité du système démocratique, c’est que nous avons le droit de vote pour éliminer nos politiciens qui se sont avérés incompétents ».

Outre le fait que cet argument peut-être aisément démonté, il est difficile d’imaginer à quel point une telle déclaration peut sembler étrange en Chine.
Avant de vanter la supériorité de notre système politique, ne faudrait-il pas se demander pourquoi il est possible, dès le début, d’élire des dirigeants incompétents.

Dire que nous avons – hypothétiquement – le droit de les renvoyer après des années, c’est une reconnaissance de fait d’avoir à supporter inévitablement les années perdues.

C’est un échec qui devrait être d’entrée inacceptable.

Quant aux alternatives habituelles à l’européenne, royauté ou dictature, elles ne sont évidemment pas meilleures. Car elles n’empêchent pas plus la possibilité de se retrouver avec un(e) crétin(oïde) au pouvoir, fut-il de droit hériditaire et/ou religieux.

Pas plus qu’elles n’empêcheront les habituels profiteurs de se goinfrer.

URL de cet article 39612
  

Même Thème
Les trajectoires chinoises de modernisation, Jean-Claude Delaunay
La Chine est entrée dans les temps modernes, au xixe siècle, avec un mode de production inapte à assurer sa modernisation. La dynastie Qing en a fait l’expérience. Le républicain Sun Yatsen n’a pas réussi à le dépasser. Seule la révolution communiste a débarrassé ce pays de ses structures anciennes. Depuis lors, son économie a suivi de nouvelles trajectoires. La première partie du livre décrit les trajectoires réelles contemporaines de la Chine (démographiques, agricoles, industrielles, commerciales). Elle (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

La provocation est une façon de remettre la réalité sur ses pieds.

Bertolt Brecht

L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
19 
Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
69 
Le DECODEX Alternatif (méfiez-vous des imitations)
(mise à jour le 19/02/2017) Le Grand Soir, toujours à l’écoute de ses lecteurs (réguliers, occasionnels ou accidentels) vous offre le DECODEX ALTERNATIF, un vrai DECODEX rédigé par de vrais gens dotés d’une véritable expérience. Ces analyses ne sont basées ni sur une vague impression après un survol rapide, ni sur un coup de fil à « Conspiracywatch », mais sur l’expérience de militants/bénévoles chevronnés de « l’information alternative ». Contrairement à d’autres DECODEX de bas de gamme qui circulent sur le (...)
103 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.