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France Travail : la bourgeoisie contre-attaque

Une analyse de la réforme du RSA à travers la grille de lecture de la lutte des classes, ou France travail comme instrument de coercition des « classes dangereuses ».


FRANCE TRAVAIL, L’ULTIME INSTRUMENT DE L’EXPLOITATION

La loi sur le plein emploi, portant la création de France Travail, l’entité censée remplacer le Pôle Emploi, Cap Emploi et les Missions Locales, est arrivée à bas bruits dans l’hémicycle, pour finalement être adoptée sans que les dispositions qu’elle contient ne scandalisent l’opinion publique, bien qu’étant porteuses de modifications du rapport au travail susceptibles de créer une nouvelle forme d’exploitation des plus précaires. Parmi les professionnels de l’accompagnement des chômeurs, l’absence de réaction a de quoi surprendre et pose également la question de savoir si elle résulte de leur ignorance du dispositif, de leur résignation ou de leur indifférence à ce qu’il implique quant à leur fonction.

Prétendument destinée à apporter des solutions pour ramener vers l’emploi les publics qui en sont les plus éloignés, la future entité France Travail ne semble en fait n’être qu’une mesure purement idéologique, qui stigmatise les personnes les plus vulnérables pour instaurer des logiques de coercition destinées à intégrer à marche forcée dans le rapport social de production capitaliste qu’est le salariat celles et ceux qui s’en écartent, volontairement ou non.

Afin de mieux comprendre les ressorts idéologiques de la loi « plein emploi », il est impératif de saisir le champ de l’insertion professionnelle à l’aune de deux éléments agissant comme des biais cognitifs largement répandus dans l’imaginaire collectif : Il s’agit premièrement de la figure stéréotypée du pauvre indigne et dangereux, largement fantasmée depuis la fin du Moyen Âge à travers l’imagerie populaire du vagabond ou du mendiant, capable de travailler mais refusant de gagner son pain à la sueur de son front, qui s’oppose à celle de l’infirme ou de l’impotent, injustement frappé par la maladie ou l’accident, seul improductif digne de la miséricorde et de l’assistance de la communauté.

En second lieu, le concept d’insertion professionnelle, en tant que référentiel d’action publique, émerge dans le même continuum espace-temps (les pays capitalistes des années 1980) que l’idéologie néolibérale qui se diffuse parmi les classes dominantes, instaurant progressivement le paradigme du marché comme une totalité historique qui englobe et organise des pans entiers de la vie publique et des relations sociales.

La conjonction de ces deux référentiels a massivement influencé le champ de l’insertion professionnelle, de sa conception même jusqu’à sa mise en œuvre concrète. A partir de ce constat, largement documenté par la littérature sociologique, nous formulons ici l’hypothèse que l’insertion, en tant que domaine d’action publique, a été conçue par la classe dominante comme un instrument de gestion des populations exclues de la production, perçues comme potentiellement dangereuses, destinée à faciliter l’allocation des ressources (ici la ressource humaine) sur le système d’emploi conçu comme un marché. La configuration du système d’insertion depuis ses débuts est également une manifestation de la croyance, caractéristique de la pensée néo-libérale, que pour changer le fonctionnement d’un système, il faut agir sur les comportements individuels.

Nous tenterons, dans les lignes qui suivent, et selon la perspective de la lutte des classes, d’expliquer l’émergence de France Travail comme un élément central, la pierre angulaire d’une dynamique générale de coercition à destination des chômeurs, mais également, par devers eux, de l’ensemble de la société salariale, visant à la restauration du paradigme salarial comme élément central de la vie des individus, et la remise en cause des conquêtes et des droits sociaux issus de l’état social-keynésien de la seconde moitié du XXème siècle. En effet, il s’agit, de notre point de vue, d’une attaque en règle contre les salariés dans leur ensemble, et non plus seulement les chômeurs, dans la mise en concurrence des smicards avec des chômeurs auxquels on impose des heures d’activité, dont il est fort probable qu’elles serviront à pourvoir des emplois. Le tout dans le but que poursuit la bourgeoisie depuis l’aube du capitalisme, à savoir la baisse du coût du travail.

Faire face au chômage de masse : l’invention de « l’insertion »

L’insertion est un domaine de l’action publique qui s’est développée au début des années 1980 à la suite des transformations majeures du système d’emploi, marqué par l’irruption d’un chômage de masse, lié aux transformations du système productif, d’une part, mais également à l’augmentation spectaculaire des échanges internationaux, dans la dynamique de ce que l’on nommera quelques années plus tard la mondialisation de l’économie.

Le développement de l’insertion est un prélude à la mise en œuvre du Revenu Minimum d’Insertion (RMI), créé en 1988 pour faire face à la paupérisation croissante des « chômeurs en fin de droit », nouvelle catégorie d’exclus dont l’avènement est directement lié à la dégressivité de l’indemnisation au titre de l’assurance chômage mise en place en 1983 par la loi Roudy.

L’irruption de l’insertion dans le champ de la protection sociale constitue un tournant majeur de la politique menée jusqu’alors, caractérisée par des protections liées au système assurantiel mis en place à la création de la sécurité sociale en 1945. En effet, la rupture qu’elle opère réside dans le fait que dès le début des années 1970, malgré une croissance soutenue, la fin progressive du plein emploi et de la société fordiste couplée à l’accroissement des inégalités de revenus amène les observateurs à la conclusion que la sécurité sociale n’est plus à même d’assurer sa fonction de « grand intégrateur » à l’ensemble de la société salariale. Force est alors de constater que des pans entiers du salariat, ceux qui, précisément, en sont exclus car privés d’emploi de manière durable, se retrouvent en situation de « décrochage », privés des protections élémentaires liées au statut de salarié. De ce fait, est apparue la nécessité de créer un système de protection parallèle spécifique, basé sur le ciblage précis de ces catégories exclues de la société salariale. Comme le décrit Robert Castel :

« cette prise de conscience d’un principe d’hétérogénéité dans une société emportée par la croissance marque sans aucun doute un recul des politiques intégratrices globales et multiplie les traitements spéciaux des populations à problèmes[1] »

Contrôler les « classes dangereuses »

Malgré cette prise en considération de l’influence des mutations des échanges économiques et du système de production sur le volume d’emploi et sur la nécessité de créer des formes de protection supplémentaires pour des personnes qui se retrouvent exclues de la société salariale, ces dernières restent pour autant marquées du sceau de l’infamie en tant qu’"indigents valides[2]” capables de travailler mais ne travaillant pas pour subvenir à leurs besoins. Cette figure de « l’inutile au monde » telle que l’a décrite Bronislav Geremek[3] ne cessera de coller à la peau des bénéficiaires des allocations de chômage ou d’insertion, surtout à celle des plus pauvres, notamment des SDF, sommés de se domicilier pour pouvoir bénéficier des subsides de l’aide sociale, figures contemporaines des inquiétants vagabonds de la fin du Moyen Âge.

Il nous semble évident que la création d’un revenu de substitution aux protections existantes, crée d’emblée la possibilité de trajectoires sociales en marge de la société salariale, et le fait que le RMI n’ait pas été conçu pour être financé par les cotisations sociales lors de sa création l’inscrit de facto et de manière inédite dans une dimension parallèle aux protections liées au travail.

De ce fait, nous faisons ici l’hypothèse que pour le pouvoir central, aux mains de la bourgeoisie, maintenir l’appartenance à la société salariale comme norme dans la vie des individus était absolument nécessaire, et que pour ce faire, il fallait que ceux qui étaient concernés par cette autre identité sociale, réminiscence de celle des mendiants de jadis, restent marqués du stigmate de la marginalité, et traités non pas comme un groupe homogène, mais comme une somme d’individualités problématiques. Le salariat devait rester la règle, le chômage l’exception problématique à résoudre.

De notre point de vue, le contexte social de cette époque n’est pas étranger à ce basculement vers une prise en charge marquée par une individualisation à outrance des dispositifs. Nous sommes en effet à la fin d’une décennie marquée par un contexte d’explosion des tensions sociales, dans le foisonnement des mouvements et des luttes à visées émancipatrices du pouvoir central, dans l’immédiat prolongement des révoltes de Mai 68. Ce qui est inédit, c’est que ces forces déstabilisatrices bouleversent tous les champs de la vie sociale, et non plus seulement la seule question salariale. De nombreuses contestations émergent, notamment au sujet des droits des minorités (MLF, marche des beurs, ou plus tard des homosexuels avec l’émergence du SIDA). Il s’opère, en quelque sorte, une généralisation de la contestation en dehors de la lutte des classes, et l’hégémonie culturelle de l’idéologie bourgeoise est battue en brèche, y compris en dehors du rapport social de production capitaliste. Ces révoltes s’expriment parfois sous la forme révolutionnaire de la lutte armée, à travers toute l’Europe.

Á ce stade de notre réflexion, il convient de préciser que si le pouvoir bourgeois a pu dans un second temps instrumentaliser les velléités libertaires de la jeunesse pour effectuer sa « révolution libérale »[4], mettant ainsi en cohérence ses dogmes idéologiques avec les mutations purement économiques qui étaient en cours, le caractère éminemment « petit-bourgeois » de la révolte de 68 ne lui est pas apparue d’emblée. Dans l’ambiance insurrectionnelle de ce mois de Mai, un vent de panique a soufflé sur les classes dominantes, notamment suite au refus des ouvriers de reprendre le travail malgré l’appel de la CGT, le 27 mai, comme en témoigne le général Massu, relatant les dires d’un De Gaulle aux abois : « Tout est foutu. Les communistes ont provoqué une paralyse générale du pays. Je ne commande plus rien. »[5] En outre, dès le premier jour de la grève générale, une fuite massive de capitaux, d’un montant de plusieurs milliards de francs a été observée vers les banques suisses.[6]

Ainsi, dans les deux décennies qui ont suivi, les classes dominantes ont accompagné la liquidation des préceptes moraux de la société traditionnelle française, jugés comme des carcans idéologiques empêchant la diffusion de l’idéologie libérale, tout en conservant une méfiance certaine envers les franges les plus radicales de mouvements contestataires de l’ordre bourgeois.

Dans ce contexte, il était impératif pour la bourgeoisie de traiter la question d’un chômage devenu massif, car structurel, dans un moment historique où le compromis fordiste était à bout de souffle. Il était alors dangereux pour les classes dominantes, dans ce contexte d’instabilité sociale, que persiste et s’accroisse cette catégorie d’individus, affranchis de l’aliénation du salariat, et dont l’existence libérée du travail prescrit suivait un chemin vers l’autonomie. Ce faisant, il devenait possible pour ces "outsiders" d’opérer une redéfinition de leurs besoins, loin des incitations factices de la société de consommation, et de concevoir une pensée politique qui remettait radicalement en question l’hégémonie culturelle de l’idéologie bourgeoise, alors même qu’elle était devenue libérale. Le renouveau de la pensée libertaire, basée sur l’aliénation par le travail, que l’on a pu observer dans plusieurs mouvements, faisait peser une lourde menace sur le pouvoir exercé par la bourgeoisie sur tous ceux qui subissaient l’aliénation du salariat.

Réinscrire le travail au cœur de la vie humaine

Afin d’atteindre l’objectif global de réinscription de la centralité du travail aliéné au cœur de la vie de chaque individu, lequel permet, outre sa fonction proprement disciplinaire, de contrer la baisse tendancielle du taux de profit par la captation de la plus-value dans une économie où l’investissement productif marque le pas, il fallait faire subir au système productif un changement radical. En effet, l’accroissement du commerce international dans les prémisses de la nouvelle mondialisation de l’économie avait pour conséquence la concurrence du coût de production industrielle avec, entre autres, les pays asiatiques. La baisse des investissements dans l’industrie locale devenue moins rentable pour le capital conduisait à un chômage de masse. Ainsi, la masse des producteurs sur lesquels le capital pouvait capter la plus-value s’amenuisait. Pour la bourgeoisie, l’enjeu était donc à la fois de liquider l’outil industriel devenu moins rentable mais également de recréer dans le même temps de la masse salariale pour maintenir un volume suffisant de travailleurs salariés permettant l’accroissement du capital. Il fallait donc une nouvelle révolution conservatrice, que tout se transforme à nouveau pour que rien ne change vraiment[7]. En bref, la société était mûre pour que se mette en place le rapport social post-fordiste.

Pour ce faire, la tertiarisation à marche forcée de l’économie, et la réduction drastique du volume de l’emploi industriel allait permettre à la fois de liquider des cohortes entières d’Ouvriers Spécialisés (OS), figure emblématique de la lutte des classes, et de briser les appartenances à des collectifs structurés et massivement syndiqués, caractéristiques des effectifs pléthoriques des grandes manufactures à production taylorisée. A la place, l’organisation des travailleurs en petits ateliers autonomes de quatre à huit personnes, et mis en concurrence les uns avec les autres, allaient mettre un coup d’arrêt définitif à l’ambiance quasi-insurrectionnelle des collectifs de travail de la fin des années 1970.

Cette mutation du système productif nécessitait néanmoins que soient mises en œuvre des politiques d’accompagnement et d’encadrement des chômeurs, toujours plus nombreux à cause de la brutalité du changement du système productif.

C’est ainsi qu’est né le concept d’« insertion » désignant l’accompagnement des chômeurs dans une démarche d’adaptation de la main d’œuvre à la nouvelle organisation du travail pour un retour dans l’emploi le plus rapide possible. Car l’emploi et le pouvoir d’achat étaient censés se développer de manière spectaculaire, au fur et à mesure de la diffusion du progrès technique de la nouvelle organisation du travail, dans une croyance quasi mystique dans ce que les économistes néo-libéraux étasuniens ont nommé « l’effet de percolation », reprenant la loi des débouchés de Jean-Baptiste SAY[8], laquelle postulait, dès le début du XIXème siècle, que l’offre de marchandise créait sa propre demande. Ainsi, la bourgeoisie pouvait espérer que le secteur tertiaire en plein essor allait, par les nouvelles offres d’emploi ainsi créées, pouvoir absorber la masse des chômeurs issus de ce que les technocrates de l’époque ont nommé la « reconversion » du secteur de la production industrielle.

De notre point de vue, c’est dans ce sens qu’il faut saisir la fonction proprement politique de l’insertion, celle de « gérer la file d’attente de l’emploi » afin d’éviter les phénomènes de « décrochage » du modèle salarial, dont les classes dominantes craignent qu’ils ne favorisent des pratiques d’émancipation du travail aliéné.

Toutefois, même si la fonction de contrôle est restée omniprésente parmi tous les dispositifs d’insertion qui se sont succédés depuis les dernières décennies, bien peu de sanctions telles que l’arrêt du versement de l’allocation ont été infligées. De manière générale, l’essentiel du contrôle a porté sur le niveau de revenu réel, dans une logique de lutte contre la fraude, par le biais d’enquêtes menées par des agents de la CAF. Cette thématique de la fraude est d’ailleurs fréquemment invoquée par le pouvoir bourgeois pour perpétuer l’image du pauvre comme dépravé et moralement suspect, dans la même logique de stigmatisation. Très récemment, Bruno Le Maire, Ministre de l’économie, a ajouté sa pierre à cet édifice de manière originale et quelque peu nauséabonde, car à la stigmatisation des classes populaires, il ajouté celle de l’immigré lorsqu’il a déclaré, justifiant les mesures de contrôles des prestations sociales :

« le contribuable n’a aucune envie de voir que des gens puissent bénéficier de l’argent des aides sociales pour le renvoyer au Maghreb ou ailleurs, alors qu’il n’y a pas droit[9] ».

Certes, cette stratégie communicationnelle du pouvoir n’a rien de vraiment nouveau, la figure de l’immigré étant quasi-systématiquement invoquée par le pouvoir pour exacerber la colère des « petits Blancs », déclassés, envers ceux dont ils partagent la condition sociale de dominés, mais avec lesquels ils ne peuvent concevoir aucune alliance objective, car la propagande racialiste du pouvoir bourgeois a éliminé chez eux toute possibilité d’une conscience et d’une identité de classe. Ici comme ailleurs, la bourgeoisie instrumentalise l’immigration pour semer la division au sein des classes exploitées, tout comme elle dresse les peuples les uns contre les autres à l’échelle mondiale lors de ses menées impérialistes, et ce n’est pas l’actualité géopolitique qui démentira ce phénomène.

Des professionnels désabusés...

Même si la suspicion d’être des “passagers clandestins” du système de protection sociale a toujours pesé sur les allocataires des aides sociales, le constat de l’absence de résultat positif dans les démarches d’insertion a conduit beaucoup d’acteurs à la conclusion que cet état de fait n’était en définitive pas de la seule responsabilité des personnes accompagnées. Beaucoup en ont conclu que les défaillances du système d’emploi, qui reposent sur les mutations du système productif, pour lesquelles la figure de l’Ouvrier Spécialisé est obsolète, sont déterminantes dans le constat d’échec des politiques d’insertion telles qu’elles se concevaient à l’origine.

Avec le tournant néolibéral opéré dès 1983[10], les acteurs de l’insertion semblent avoir intégré le fait que la massification des problématiques d’accès à l’emploi pour les personnes qu’ils accompagnent est le prix à payer de la dérégulation du marché du travail et la prise d’acte de l’existence d’une société à deux vitesses, liée à la renonciation aux prétentions égalitaristes du système de protection sociale hérité du Conseil National de la Résistance en 1945, en contrepartie de l’émergence du marché comme matrice globale des relations sociales.

En ce qui concerne les agents chargés de l’accompagnement des allocataires dans leurs démarches d’insertion, l’installation dans la longue durée des parcours a provoqué la “routinisation” d’un accompagnement qui était censé être provisoire, tandis que du côté des bénéficiaires, l’allongement indéfini de la durée de leur accompagnement marque « l’installation dans le provisoire comme régime d’existence[11] »

Pour faire face à ce processus de renoncement tant parmi les chômeurs que parmi les professionnels de l’insertion, et maintenir l’objectif du retour à l’emploi afin de perpétuer la centralité de la société salariale dans l’imaginaire, le pouvoir bourgeois a encouragé le développement de pratiques issues du monde managerial telles que le coaching, l’entraînement aux compétences douces soft skills, censées permettre aux bénéficiaires de pouvoir mobiliser toutes leurs ressources pour qu’ils puissent donner l’impulsion qui manque à leur vie, afin de pouvoir s’extraire de leur situation de précarité.

Cette approche que l’on pourrait qualifier de thérapeutique, mâtinée de psychologie positive et s’inscrivant dans le contexte de la montée en puissance du New Age et de l’idéologie du bonheur dans les sociétés occidentales à la fin du siècle dernier, instille sournoisement dans les esprits l’idée d’une responsabilité individuelle de la personne en parcours d’insertion. Outre le fait qu’elle accroît l’anomie des personnes qui la subissent, cette doctrine de l’accompagnement, basée sur l’individualisation et la psychologisation à outrance des situations, neutralise les mécanismes politiques et sociaux de la responsabilité collective. Comme le décrivent Edgar Cabanas et Eva Illouz :

« Elle a en effet permis de représenter sous l’angle de la psychologie et de la responsabilité individuelle les déficits structurels, les contradictions et les paradoxes propres à ces sociétés. Le travail, par exemple, est progressivement devenue une affaire de projets personnels, de créativité et d’entrepreneuriat.[12] »

En d’autres termes, la reformulation par le pouvoir bourgeois de la question sociale issue des mouvements de contestation de la fin des années 1960 a donné naissance à une idéologie de l’introspection, de l’intériorisation de la responsabilité des situations, laissant l’individu aux prises avec sa propre culpabilité. Cette idéologie du bonheur est ensuite devenue la matrice des nouvelles formes d’accompagnement des chômeurs dans le champ de l’insertion.

Toutefois, malgré ces tentatives de culpabilisation et l’exercice d’autres formes de violence symbolique à des fins de contrôle, il plane sur le monde de l’insertion comme un sentiment de renoncement, comme si le mythe fondateur, le récit du « grand intégrateur », avait fait long feu. Cela s’observe parmi des agents chargés de l’insertion, dont certains ne voient dans les techniques de coaching et autres dispositifs que des gadgets inutiles, et continuent de « fonctionner » tant bien que mal, parfois au prix d’une souffrance au travail considérable. Du côté des allocataires de l’aide sociale, la fréquentation grandissante des multiples dispositifs d’insertion a largement contribué à la conscientisation pour certains d’entre eux d’être durablement exclus du marché du travail. Cela les conduit à adopter dans leur rapport au travail des postures qui intègrent cette situation d’exclusion pour en développer des stratégies cohérentes.

Aux bénéficiaires pragmatiques.

En effet, bon nombre d’allocataires ont développé des stratégies d’adaptation, afin de limiter leurs besoins, et ont adopté un mode de vie basé sur la frugalité, contraint par leur précarité financière. De ce point de vue, leur dépendance financière à l’emploi s’est amoindrie. Ainsi, ils se trouvent en posture de pouvoir transiger face à une offre d’emploi qui se présenterait à eux. Ils peuvent à présent en évaluer l’opportunité dans un rapport utilitariste, car ils ne sont plus sous la même contrainte que lorsqu’ils adoptaient un mode de vie consumériste, nécessitant plus de ressources financières. De ce fait, leur retour à l’emploi ne se fait pas à n’importe quel prix. A leurs yeux, l’emploi doit leur permettre de s’extraire durablement de la précarité, sans quoi, son intérêt devient négligeable. C’est probablement une des raisons pour lesquelles les emplois faiblement rémunérés et/ou à temps partiel restent parfois non pourvus malgré l’augmentation de ce type d’emploi après la crise sanitaire.

Ce rapport utilitariste au travail n’est pas le simple fait des privés d’emploi ; parmi la jeunesse, certaines voix s’élèvent pour dénoncer l’inanité du travail en tant que fin en soi[13], et dans le cas des jeunes cela se double d’une critique du consumérisme. Pour bon nombre d’entre eux, leur démission de leurs « bullshit jobs » les conduit à une rupture radicale avec le salariat, pour aller vers des formes d’activité éminemment contestataires de ce rapport social de production typique de la société capitaliste[14].

Dans ces conditions, il devient impératif pour le pouvoir bourgeois de juguler ce phénomène de désertion qui s’amplifie. Les politiques publiques d’insertion parviennent tant bien que mal à circonscrire les forces centrifuges au salariat dans un champ d’action sociale relativement hermétique, qui concerne une minorité d’individus, et dont le caractère subversif peut facilement être neutralisé par la stigmatisation opérée par la propagande. Mais avec ce phénomène nouveau, qui touche des pans entiers de la société salariale, et majoritairement la jeunesse, c’est tout l’avenir du capitalisme qui est remis en question.

Cela représente un ultime coup de boutoir contre un système de production à l’idéologie moribonde. Miné par ses contradictions internes, liées entre autres à la croyance absurde en une croissance infinie de la production dans un monde où les ressources sont naturellement limitées, le capitalisme peine à se renouveler comme totalité historique. La sempiternelle litanie néolibérale du « there is no alternative » scandée en son temps par Margaret Thatcher (il n’y a pas de plan B) se retourne contre le système de pensée qui l’a faite émerger, car il est de plus en plus évident qu’aujourd’hui, pour assurer sa survie, l’humanité n’a pas d’autre alternative que de liquider le capitalisme, qui reste extrêmement dépendant de l’économie du pétrole, et dont les besoins croissants en ressources naturelles sont de plus en plus insoutenables.

Du point de vue de la bourgeoisie elle-même la situation est critique, car le capitalisme se révèle incapable de réaliser son énième révolution industrielle pour contrer la baisse tendancielle du taux de profit et du rendement marginal du capital. Le modèle reste encore majoritairement fondé sur la rente pétrolière, qui s’amenuise au fur et à mesure de l’accroissement du coût de l’extraction et des externalités négatives en bout de chaîne. Son hégémonie culturelle est elle aussi battue en brèche, et de moins en moins de gens croient aux oxymores néolibéraux de la fin du XXème siècle tels que le « développement durable » ou le « commerce équitable », de même que les promesses fumeuses du « capitalisme vert » ou du développement de l’Intelligence Artificielle ne font plus rêver grand monde.

« France Travail », poudre de Perlimpinpin ?

C’est dans ce contexte sociétal marqué par l’érosion du taux de profit et l’émergence d’un nouveau rapport au travail que le projet de loi sur le plein emploi, qui porte la création de France Travail, arrive au parlement en juillet 2023. Ce projet de loi s’inscrit dans la continuité des travaux de la mission parlementaire de préfiguration, en particulier du rapport Guilluy15[15] du nom du Haut-Commissaire à l’emploi et à « l’engagement des entreprises » (sic) qui le dirige. Basé sur une consultation des acteurs de l’insertion dans dix-huit départements volontaires pour expérimenter le dispositif, il développe l’argumentation qui étaye le projet de loi présenté au Parlement.

Dans le préambule nommé « Pourquoi France Travail » le Haut-commissaire justifie l’instauration d’un tel dispositif par le fait que malgré un taux de chômage exceptionnellement bas, les entreprises peinent à recruter et les demandeurs d’emploi à trouver un travail. Ce qui choque dans un tel propos liminaire, c’est qu’il n’est pas illustré de statistiques cohérentes, ni de chiffres organisés de manière à exposer clairement le constat et la problématique qu’il soulève. Les chiffres qui sont exposés peinent à articuler des données hétéroclites qui semblent sans grand intérêt, sans établir de corrélation ni de lien de causalité clairement explicite. Le nombre de statistiques exposées, inférieur à six, ne permet pas d’établir de manière irréfutable un diagnostic digne de ce nom. L’introduction du rapport cite même une étude « randomisée »[16] de l’impact du coût de recrutement sur le taux d’emploi, menée par une obscure association américaine qui ne permet pas au public d’accéder aux données de l’étude.

Pour qui est habitué à ce genre de rapports dont l’argumentation est en règle générale appuyée par des statistiques scrupuleusement organisées de manière à apporter une démonstration mathématique du propos ainsi illustré, le moins que l’on puisse dire c’est qu’en la matière, on reste sur sa faim. Ici, on se borne à affirmer, sans apporter un quelconque argument portant validation du constat, qu’il y a une incohérence entre un faible taux de chômage et la difficulté pour les chômeurs à trouver un emploi. Et il n’est pas question de pousser plus loin l’analyse. On se gardera d’ailleurs bien de définir les caractéristiques des emplois créés, ni de rechercher si la baisse des chiffres du chômage ne peut s’expliquer par des modèles statistiques quelque peu biaisés, (on sait que les 5 catégories de demandeurs d’emploi, définies par arrêté ministériel, font souvent l’objet de critiques quant à leur pertinence, par de nombreux observateurs avertis du monde du travail), ni par le zèle de nombreux contrôleurs de Pôle Emploi, prompts à supprimer les chômeurs de la liste des demandeurs d’emploi dès leur premier oubli de réactualiser leur situation[17], ni par l’obligation pour les chômeurs d’utiliser pour s’inscrire et s’actualiser des outils numériques dont on peut dire qu’ils ne brillent pas par leur simplicité d’utilisation. Tout au plus, quelques données indigentes permettant de faire une comparaison avec d’autres pays européens (qui, soit dit en passant, ont un marché du travail structuré de manière très différente) suffiront, pense-t-on, à convaincre du sérieux de l’analyse.

Peu importe, finalement, la grossièreté d’un tel propos qui se veut l’illustration d’un travail de « recherche-action » (le rapport insiste d’ailleurs lourdement sur l’intensité des travaux menés par des comités consultatifs). Ce qui compte, c’est d’asséner l’argument-massue selon lequel si le chômage baisse et que ni les entreprises, ni les demandeurs d’emploi n’en tirent un bénéfice, c’est que le système d’accompagnement au retour à l’emploi est forcément inefficace, et le fait que des professionnels de terrains aient étés consultés dans le cadre du rapport est bien la preuve irréfutable de ce constat, qui se veut accablant.

Finalement, même si l’on sait que généralement, la finalité de tels rapports préparatoires à une loi est d’apporter une justification de sa nécessité, on ne peut qu’être surpris du manque de sérieux et de soin apporté à cette justification, de l’absence de données statistiques pertinentes ou d’analyses du marché du travail, quand bien même auraient-elles été menées par des sociologues peu soucieux du caractère rigoureux des méthodes choisies. Le système d’accompagnement des chômeurs vers l’emploi est défaillant, point barre. Et si des professionnels ont été consultés, cela suffit comme argument. En définitive, le gouvernement ne prend même plus ici la peine de parer la démarche des plus beaux atours de la scientificité, car il ne s’agit ici que de prêcher des convertis. Et c’est sans doute pour le récompenser de cette imposture que le Conseil des ministres du 12 décembre 2023 a nommé Thibaut Guilluy Directeur Général de Pôle Emploi/France Travail.

Remettre les pauvres au travail

Et c’est ainsi que, de navettes parlementaires en amendements, le projet de loi présenté par le gouvernement, qui découle en droite ligne du rapport Guilluy, a finalement été voté avec notamment l’appui du groupe des Républicains, qui a conditionné son suffrage, déterminant pour l’adoption, à l’élargissement de l’obligation des quinze heures d’activité à tous les allocataires du RSA, quelle que soit leur situation. Sans surprise, la logique du contrôle accru des « classes dangereuses » a joué à plein dans ce processus.

Car ne nous y trompons pas, cette obligation à quinze heures d’activité, dont on ne sait pas de quel type d’activité il s’agira, car le texte reste suffisamment ambigu pour laisser à l’exécutif le choix d’en décider seul par décret, est l’élément principal de la loi, qui illustre son caractère purement idéologique. On ne peut en effet s’empêcher d’y voir une réminiscence des schèmes cognitifs récurrents de la bourgeoisie, depuis la deuxième moitié du XXème siècle, au cours duquel la figure de l’indigent ou de son double menaçant, le vagabond, ou tout du moins de celui qui ne gagne pas son pain à la sueur de son front, cesse d’être criminalisée dans une logique d’ordre public pour se voir traitée dans une logique rééducative, par la fonction rédemptrice du travail, censée guérir le péché mortel de l’oisiveté, mère de tous les vices. Car la stigmatisation reste de mise, même si la nature du traitement à appliquer est modifiée.

Il ne nous semble pas anodin, en effet, de voir ce projet de loi aboutir dans un contexte culturel où le thème de la « valeur travail » est régulièrement invoqué, principalement par les représentants politiques de la bourgeoisie, qui en dénoncent le prétendu dévoiement, voire la disparition, et l’instrumentalisent parfois pour s’attaquer aux droits des travailleurs[18]. Il ne semble pas non plus anodin que cette loi vienne à la suite de la très impopulaire réforme du système de retraite, et de celle du système d’indemnisation du chômage, qui en réduit drastiquement la durée et le montant.

Tous les indices semblent indiquer que la classe dominante met en œuvre un plan à grande échelle contre celles et ceux qui menacent, de par leur existence même en dehors du travail, la nature du rapport social de production de l’économie capitaliste : l’exploitation salariale.

Face à l’imminence d’un écroulement généralisé de ce système, miné par la baisse tendancielle du taux de profit et l’effondrement écologique qui s’annonce de plus en plus comme une évidence, la bourgeoisie traite son angoisse existentielle par la tentative désespérée d’extraire la plus-value de la partie de la population qui échappe encore un tant soit peu à son contrôle : les chômeurs.

Cette hypothèse se révèle de plus en plus pertinente au regard des arrière-pensées que trahissent parfois les propos tenus en publics par les défenseurs des intérêts de la classe dominante. La plus belle illustration en est donnée par Stéphane Haussoulier, le Président LR du Département de la Somme, qui a mené l’expérimentation du dispositif dans son département, dans une interview donnée au journal Les Echos :

« J’espère qu’on nous donnera la capacité de prescrire des emplois, ce que nous ne pouvons pas faire actuellement. Ma priorité, c’est de pourvoir les postes vacants, et il y en a des milliers dans mon département [19] ».

Ces propos sans équivoque révèlent de manière plus éclairante que n’importe quelle démonstration les attentes réelles de la bourgeoisie et l’effet d’aubaine que représente cette loi pour le capital. Cette réaction opportuniste est loin d’être isolée. Dans le même article, la parole est également donnée à François Durovray, président (LR) du Conseil départemental de l’Essonne :

« Ces 15 à 20 heures d’activités, c’est un bon moyen de remettre le pied à l’étrier à des bénéficiaires du RSA qui sont un peu éloignés de l’emploi. Mais il faudra que les heures travaillées soient rémunérées et on devra aussi trouver une carotte pour les entreprises, par exemple à travers le niveau des cotisations patronales. »[20]

On voit donc de plus en plus clair dans les intentions réelles de la bourgeoisie. A travers cette réforme du service public de l’emploi et du RSA, c’est bel et bien à nouveau la logique de l’exploitation des masses populaires qui est en jeu, avec en toile de fond la remise en question du financement du système de protection sociale et la notion même de salaire minimum. La mise en concurrence des allocataires du RSA avec les salariés payés au SMIC est en effet évidente, car le taux horaire d’un travailleur payé par le RSA, pour les 15 heures d’activités prévues par la loi, avoisine celui d’un smicard. Et au-delà de l’obligation de travail, nul ne sait encore si les personnes concernées seront rémunérées au salaire minimum ou par le RSA. Quoi qu’il en soit de cette question majeure, l’effet d’aubaine pour la bourgeoisie est évident, et l’augmentation du volume d’emploi escompté est exclusivement envisagé à l’aune de ses propres intérêts.

Conclusion

Face à ce constat qui semble dessiner les contours d’une énième attaque de la bourgeoisie envers les exclus du salariat, éternelles « classes dangereuses », l’avenir des travailleuses et des travailleurs sociaux de l’insertion sera, à n’en pas douter, à nouveau questionné sur le plan des valeurs. Il appartiendra à chacun de se déterminer de manière claire et non-équivoque face à ces injonctions. Cette réforme du RSA, du fait des logiques d’asservissement qui seront immanquablement à l’œuvre, dessinera des lignes de rupture nettes entre ces professionnels, souvent eux-mêmes précarisés dans leur emploi. Il y aura alors celles et ceux qui se résigneront et déserteront, les autres qui deviendront les exécutants des basses besognes de l’exploitation au profit d’une classe de privilégiés qui n’a de cesse de croître sur le dos des plus vulnérables, et enfin celles et ceux qui choisiront de tisser des alliances de classe avec les allocataires et les autres précaires qu’ils accompagnent. Pour ces derniers, il faudra certainement se placer en porte-à-faux avec les logiques de leur hiérarchie, rivaliser d’imagination pour entrer en résistance et mobiliser les personnes qu’ils accompagnent afin de leur rendre la maîtrise de leur vie. En somme, il s’agira pour eux de rompre avec le paradigme historique de l’insertion pour réinscrire le travail social dans le champ politique de l’éducation populaire et de la solidarité.

Bruno BOYAC

Notes

[1] Robert CASTEL, Les métamorphoses de la question sociale, une chronique du salariat ; Paris, Fayard, 1995, p.421

[2] Robert CASTEL, Les métamorphoses de la question sociale, une chronique du salariat Paris, Fayard, 1995, p .30

[3] Bronislav GEREMEK, Truands et misérables dans l’époque moderne, 1350-1600, Paris, Gallimard, 1980

[4] Lire à ce sujet l’excellent livre de Régis DEBRAY « Modeste contribution aux discours et cérémonies officielles du dixième anniversaire, Paris, Maspero, 1978

[5] Témoignage du Général Jacques MASSU à l’émission « les dossiers de l’écran », consulté sur : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/29-mai-1968-le-general-de-gaulle-d...

[6] Janick Marina SCHAUFELBUEHL, « Une dimension méconnue du Mai 68 français. La fuite des capitaux », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 2014/4 (N° 124), p. 141-154

[7] « La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux. » Karl MARX, Friedrich ENGELS, Le manifeste du parti communiste, Flammarion, Paris, 1999 p38

[8] Jeremy RIFKIN, La fin du Travail, Paris, La découverte, 1996, p.36

[9] Interview du 18 avril 2023 sur RMC-BFMTV

[10] Matthieu RENAULT. « le tournant libéral en France : une liquidation du modèle planiste-keynésien. » 2021.https://hal.science/hal-03287150v2/document

[11] Robert CASTEL, ibid, p.422

[12] E. CABANAS, E. ILLOUZ, Happycratie, comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Paris, Premier Parallèle, 2018, p.72

[13] https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/05/11/des-etudiants-d-agro....

[14] https://reporterre.net/Comment-la-desertion-gagne-la-France

[15] https://www.vie-publique.fr/rapport/289093-mission-de-prefiguration-de...

[16] https://www.socialscienceregistry.org/trials/5117

[17] Denis Gravouil, dirigeant confédéral de la CGT responsable de l’emploi et du chômage, parle de « machine à radier les chômeurs » in Ensemble, N°16, Juin 2023, p.31

[18] https://www.capital.fr/votre-carriere/conges-payes-acquis-pendant-un-a...

[19] Cité in : https://rapportsdeforce.fr/boite-a-outils/rsa-conditionne-a-lactivite-...

[20] ibid

»» https://blogs.mediapart.fr/apte34/blog/121223/france-travail-la-bourge...
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