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Haley ne réussit pas à prouver l’origine des missiles yéménites et passe sous silence les crimes de guerre saoudiens

Hier, l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Nikki Haley, est allée à la Defense Intelligence Agency faire un petit show. Elle a affirmé que l’Iran fournissait illégalement des armes aux forces yéménites qui se battent contre les agresseurs saoudiens.

Cela nous a rappelé le jour où le vice-président Dick Cheney s’est rendu à la CIA pour dire à ses analystes ce qu’ils devaient écrire sur les « armes de destruction massive de Saddam Hussein ».

Haley a aussi donné des instructions à la DIA sous couvert d’une conférence de presse. Ses accessoires étaient de morceaux de missiles qui auraient été retrouvés on ne sait où ni quand. Elle a affirmé que les Saoudiens et les Émirats arabes unis les avaient trouvés et qu’ils avaient été tirés depuis le Yémen. Haley a également affirmé que l’Iran avait livré ces missiles au Yémen en violation de la résolution 2231 de l’ONU qui limite ces transferts.

Les Houthis et l’armée yéménite qui était leur alliée à l’époque, ont pu acquérir ces missiles de plusieurs manières. Mais même si c’était l’Iran qui les avait livrés, on ne sait pas quand ces livraisons ont bien pu avoir lieu. Elles peuvent remonter à des années avant que la résolution de l’ONU ne limite ces livraisons. Le show de Haley ne prouve nullement qu’il y ait eu une infraction.

Haley a affirmé que l’ONU avait découvert que les débris de missiles en question provenaient d’un missile iranien Qiam. Mais l’ONU n’a rien dit de tel. Il a seulement dit que les débris et les missiles Qiam « avaient des caractéristiques structurelles et des caractéristiques de fabrication similaires ».

Le missile iranien Qiam...

est un missile balistique de courte portée conçu et construit par l’Iran. Il a été développé à partir du Shahab-2 iranien, une copie sous licence du Hwasong-6 nord-coréen. Tous ces missiles sont des déclinaisons du missile soviétique Scud-C.

Il existe de nombreuses variantes de Scud soviétiques (A, B, C) produites dans divers pays et elles ont toutes, naturellement, « des caractéristiques structurelles et des caractéristiques de fabrication similaires ».

L’armée yéménite a acheté des Scud soviétiques (pdf) et les Scud ont été utilisés dans des conflits antérieurs entre le nord et le sud du Yémen. L’armée yéménite a également acheté des missiles Hwasong 5 nord-coréens et probablement aussi des missiles Hwasong 6 directement à la Corée du Nord. L’armée yéménite a plus de 30 ans d’expérience de ces missiles et elle a du personnel capable de les modifier si nécessaire.

Haley a tout simplement menti sur les conclusions de l’ONU. Elles ne sont pas ce qu’elle prétend. Le panel de l’ONU a reconnu, au contraire, que les similitudes constatées ne prouvent pas l’origine des missiles :

Le panel a dit qu’il n’avait « pas encore de preuve quant à l’identité du courtier ou du fournisseur » des missiles,...

Haley a dit qu’un soi-disant débris de missiles portait le logo d’une entreprise iranienne. Elle a omis de souligner que le groupe d’experts de l’ONU a également découvert que des éléments fabriqués aux États-Unis avaient été trouvés dans les missiles. Rien ne permet de déterminer la provenance exacte du missile.

Le lobby sioniste veut que les États-Unis fassent la guerre à l’Iran et il a Nikki Haley dans sa poche. Sheldon Adelson, un sioniste d’ultra-droite extrêmement riche, a été le plus important sponsor de sa carrière politique.

Haley a oublié de dire que les missiles yéménites n’ont tué personne en Arabie saoudite alors que l’Arabie saoudite a tué des milliers de civils yéménites avec des bombes et des missiles fournis par les États-Unis. C’est l’Arabie saoudite qui impose au Yémen un blocus qui provoque une terrible famine. Les Saoudiens ont récemment affirmé qu’ils avaient levé le blocus, mais même l’USAID dit qu’on ne voit aucun changement sur le terrain. Des centaines de personnes meurent chaque jour au Yémen par manque de nourriture et de médicaments ordinaires.

Face à une telle catastrophe, on en vient même à espérer que l’Iran fournisse des centaines de missiles au Yémen pour obliger les Saoudiens à mettre fin à leur politique génocidaire.

Le show de Haley n’a pas été une grande réussite. Elle a bien sûr convaincu les Saoudiens, mais pas les médias américains, ni les gouvernements européens. Comme le NY Times l’écrit à juste titre :

…les preuves qu’elle a présentées à la base interarmées d’Anacostia-Bolling … n’ont pas réussi à prouver ses dires.

Et selon Reuters :

Les États-Unis ont reconnu qu’ils ne pouvaient pas dire quand exactement les armes ont été transférées aux Houthis ni, dans certains cas, quand elles ont été utilisées. Il n’y a aucun moyen de connaître avec certitude et de façon indépendante où les armes ont été fabriquées ou utilisées.

L’administration Trump cherche un nouveau prétexte pour imposer davantage de sanctions à l’Iran. Elle souhaite en particulier que l’UE participe à un nouveau régime de sanctions. La « menace de missiles balistiques » pourrait être le moyen d’y parvenir. La France et l’Allemagne ont en effet accepté de s’aligner sur la position anti-iranienne des Etats-Unis en ce qui concerne les missiles balistiques si l’accord avait été violé.

Le petit tour de passe-passe de Haley prouve que la démarche de ces deux pays était complètement idiote. Si quelqu’un offre aux États-Unis de suivre une politique A à condition que B soit prouvé, alors les États-Unis vont tout simplement mentir et fabriquer les preuves nécessaires pour pouvoir affirmer que B est bien avéré.

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

»» http://www.moonofalabama.org/2017/12/haley-fails-to-make-case-about-ye...
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En examinant le monde des lobbyistes, ce livre dévoile l’ampleur des manipulations pour transformer l’« opinion publique » et conforter les intérêts des grands groupes industriels. Des espions aux journalistes opportunistes, en passant par des scientifiques peu regardants et de faux manifestants, l’industrie des relations publiques utilise tous les canaux possibles pour que seule puisse être diffusée l’information qui arrange ses clients - gouvernements et multinationales, producteurs d’énergie (...)
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"De toutes les ironies exprimées par la politique étrangère américaine, notre position vis-à -vis de Cuba est la plus paradoxale. Une forte dégradation de la situation économique a provoqué une poussée du nombre de Cubains entrant illégalement aux Etats-Unis.

Nous faisons tout ce que nous pouvons pour détériorer la situation économique et ainsi accroître le flux. Nous encourageons également cet exode en accordant aux Cubains, qui arrivent illégalement ou qui s’approchent par voie de mer, un statut de résident et une assistance pour s’installer.

Dans le même temps, nous n’avons pas respecté les quotas de visas pour les Cubains désireux d’immigrer aux Etats-Unis [...] quand Castro tente d’empêcher des cubains malheureux de quitter leur pays infortuné, nous l’accusons de violer des droits de l’homme. Mais quand il menace d’ouvrir grand les portes si nous continuons à accueillir sans limites des cubains sans visas - y compris ceux qui ont commis des actes de violence pour aboutir à leurs fins - nous brandissons des menaces imprécises mais aux conséquences terribles. "

Jay Taylor, responsable de la section des intérêts américains à Cuba entre 1987 et 1990, in "Playing into Castro’s hands", the Guardian, Londres, 9 août 1994.


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