RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Haley ne réussit pas à prouver l’origine des missiles yéménites et passe sous silence les crimes de guerre saoudiens

Hier, l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Nikki Haley, est allée à la Defense Intelligence Agency faire un petit show. Elle a affirmé que l’Iran fournissait illégalement des armes aux forces yéménites qui se battent contre les agresseurs saoudiens.

Cela nous a rappelé le jour où le vice-président Dick Cheney s’est rendu à la CIA pour dire à ses analystes ce qu’ils devaient écrire sur les « armes de destruction massive de Saddam Hussein ».

Haley a aussi donné des instructions à la DIA sous couvert d’une conférence de presse. Ses accessoires étaient de morceaux de missiles qui auraient été retrouvés on ne sait où ni quand. Elle a affirmé que les Saoudiens et les Émirats arabes unis les avaient trouvés et qu’ils avaient été tirés depuis le Yémen. Haley a également affirmé que l’Iran avait livré ces missiles au Yémen en violation de la résolution 2231 de l’ONU qui limite ces transferts.

Les Houthis et l’armée yéménite qui était leur alliée à l’époque, ont pu acquérir ces missiles de plusieurs manières. Mais même si c’était l’Iran qui les avait livrés, on ne sait pas quand ces livraisons ont bien pu avoir lieu. Elles peuvent remonter à des années avant que la résolution de l’ONU ne limite ces livraisons. Le show de Haley ne prouve nullement qu’il y ait eu une infraction.

Haley a affirmé que l’ONU avait découvert que les débris de missiles en question provenaient d’un missile iranien Qiam. Mais l’ONU n’a rien dit de tel. Il a seulement dit que les débris et les missiles Qiam « avaient des caractéristiques structurelles et des caractéristiques de fabrication similaires ».

Le missile iranien Qiam...

est un missile balistique de courte portée conçu et construit par l’Iran. Il a été développé à partir du Shahab-2 iranien, une copie sous licence du Hwasong-6 nord-coréen. Tous ces missiles sont des déclinaisons du missile soviétique Scud-C.

Il existe de nombreuses variantes de Scud soviétiques (A, B, C) produites dans divers pays et elles ont toutes, naturellement, « des caractéristiques structurelles et des caractéristiques de fabrication similaires ».

L’armée yéménite a acheté des Scud soviétiques (pdf) et les Scud ont été utilisés dans des conflits antérieurs entre le nord et le sud du Yémen. L’armée yéménite a également acheté des missiles Hwasong 5 nord-coréens et probablement aussi des missiles Hwasong 6 directement à la Corée du Nord. L’armée yéménite a plus de 30 ans d’expérience de ces missiles et elle a du personnel capable de les modifier si nécessaire.

Haley a tout simplement menti sur les conclusions de l’ONU. Elles ne sont pas ce qu’elle prétend. Le panel de l’ONU a reconnu, au contraire, que les similitudes constatées ne prouvent pas l’origine des missiles :

Le panel a dit qu’il n’avait « pas encore de preuve quant à l’identité du courtier ou du fournisseur » des missiles,...

Haley a dit qu’un soi-disant débris de missiles portait le logo d’une entreprise iranienne. Elle a omis de souligner que le groupe d’experts de l’ONU a également découvert que des éléments fabriqués aux États-Unis avaient été trouvés dans les missiles. Rien ne permet de déterminer la provenance exacte du missile.

Le lobby sioniste veut que les États-Unis fassent la guerre à l’Iran et il a Nikki Haley dans sa poche. Sheldon Adelson, un sioniste d’ultra-droite extrêmement riche, a été le plus important sponsor de sa carrière politique.

Haley a oublié de dire que les missiles yéménites n’ont tué personne en Arabie saoudite alors que l’Arabie saoudite a tué des milliers de civils yéménites avec des bombes et des missiles fournis par les États-Unis. C’est l’Arabie saoudite qui impose au Yémen un blocus qui provoque une terrible famine. Les Saoudiens ont récemment affirmé qu’ils avaient levé le blocus, mais même l’USAID dit qu’on ne voit aucun changement sur le terrain. Des centaines de personnes meurent chaque jour au Yémen par manque de nourriture et de médicaments ordinaires.

Face à une telle catastrophe, on en vient même à espérer que l’Iran fournisse des centaines de missiles au Yémen pour obliger les Saoudiens à mettre fin à leur politique génocidaire.

Le show de Haley n’a pas été une grande réussite. Elle a bien sûr convaincu les Saoudiens, mais pas les médias américains, ni les gouvernements européens. Comme le NY Times l’écrit à juste titre :

…les preuves qu’elle a présentées à la base interarmées d’Anacostia-Bolling … n’ont pas réussi à prouver ses dires.

Et selon Reuters :

Les États-Unis ont reconnu qu’ils ne pouvaient pas dire quand exactement les armes ont été transférées aux Houthis ni, dans certains cas, quand elles ont été utilisées. Il n’y a aucun moyen de connaître avec certitude et de façon indépendante où les armes ont été fabriquées ou utilisées.

L’administration Trump cherche un nouveau prétexte pour imposer davantage de sanctions à l’Iran. Elle souhaite en particulier que l’UE participe à un nouveau régime de sanctions. La « menace de missiles balistiques » pourrait être le moyen d’y parvenir. La France et l’Allemagne ont en effet accepté de s’aligner sur la position anti-iranienne des Etats-Unis en ce qui concerne les missiles balistiques si l’accord avait été violé.

Le petit tour de passe-passe de Haley prouve que la démarche de ces deux pays était complètement idiote. Si quelqu’un offre aux États-Unis de suivre une politique A à condition que B soit prouvé, alors les États-Unis vont tout simplement mentir et fabriquer les preuves nécessaires pour pouvoir affirmer que B est bien avéré.

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

»» http://www.moonofalabama.org/2017/12/haley-fails-to-make-case-about-ye...
URL de cet article 32705
  

Google contre Wikileaks
Julian ASSANGE
En juin 2011, Julian Assange reçoit un visiteur inhabituel dans sa petite maison de campagne anglaise en résidence surveillée de Ellingham Hall : le président de Google en personne, Eric Schmidt, venu tout droit de la Silicon Valley. Le général assiégé de WikiLeaks, la plus audacieuse entreprise d’édition insurrectionnelle connue à ce jour, et l’empereur d’Internet vont croiser le fer : du Printemps arabe aux bitcoins, et des solutions technologiques aux problèmes politiques, tout les oppose. La (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Je n’ai aucune idée à quoi pourrait ressembler une information de masse et de qualité, plus ou moins objective, plus ou moins professionnelle, plus ou moins intelligente. Je n’en ai jamais connue, sinon à de très faibles doses. D’ailleurs, je pense que nous en avons tellement perdu l’habitude que nous réagirions comme un aveugle qui retrouverait soudainement la vue : notre premier réflexe serait probablement de fermer les yeux de douleur, tant cela nous paraîtrait insupportable.

Viktor Dedaj

Lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la société
NdT - Quelques extraits (en vrac) traitant des psychopathes et de leur emprise sur les sociétés modernes où ils s’épanouissent à merveille jusqu’au point de devenir une minorité dirigeante. Des passages paraîtront étrangement familiers et feront probablement penser à des situations et/ou des personnages existants ou ayant existé. Tu me dis "psychopathe" et soudain je pense à pas mal d’hommes et de femmes politiques. (attention : ce texte comporte une traduction non professionnelle d’un jargon (...)
46 
L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
19 
Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
55 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.