Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


L’aboutissement du processus démocratique en Tunisie.

« La Tunisie est un État à caractère civil, basé sur la citoyenneté, la volonté du peuple et la primauté du droit », article 2 de la constitution tunisienne, adoptée le 28 janvier 2014.

Si cet article est convenablement appliqué, la Tunisie inaugurera alors la phase de la démocratisation de ses institutions. Cela dit, bien que cette démocratie ait besoin d’être consolidée, pour un scrutateur de la scène politique tunisienne, il n’y a pas de raison pour que cette voie n’aboutisse pas. En effet, malgré un chemin truffé d’embûches, les représentants du peuple tunisien ont réussi, dimanche dernier, à concrétiser le rêve de tous les peuples vivant sous les dictatures.

Ainsi, après un règne sans partage de Benali, en réussissant à maintes reprises à éviter le chaos, la Tunisie devient le premier pays nord-africain à aller jusqu’au bout du processus démocratique. Bien que l’Algérie ait pu le faire en 1963, les propensions dictatoriales de ses chefs de l’époque ont renvoyé sine die ce rendez-vous avec l’histoire. Mais, là c’est une autre affaire. Pour traiter ce sujet, il faudra lui consacrer un sujet à part.

Cependant, pour revenir au cas tunisien, il ne faudrait pas s’enflammer tout de suite. Comme le rappelle si bien le Président Moncef Marzouki, « il reste un grand travail à faire pour que les valeurs de notre constitution fassent partie de notre culture. » Faut-il, encore une fois, rappeler que la Tunisie a vécu plus d’un demi-siècle sous la dictature ? En outre, depuis la chute de Benali en janvier 2011, la révolution de jasmin a fait face à une campagne de déstabilisation tous azimuts. « Le terrorisme financé par certains pays du Golfe, sous-traitants d’Israël, ouvre une voie royale à l’installation de l’Occident dans la région et favorise le retour des fachos-dictatures », souligne Mustapha Stambouli.

À cette difficulté déjà assez lourde de conséquences s’ajoute la crise économique. En effet, ne disposant pas de ressources naturelles, le régime de transition avait du mal à apporter les solutions aux attentes des Tunisiens. « À l’intérieur et au centre du pays, à Sidi Bouzid, là d’où la contestation était partie fin 2010, la situation économique et sociale est toujours difficile », argue le spécialiste du « monde arabe », Vincent Geisser. Cela dit, faut-il avoir les caisses pleines pour que le pays se démocratise ? Le cas algérien est la preuve que la richesse ne rime pas forcément avec la démocratie effective.

De toute évidence, pour qu’un pays puisse se démocratiser, il faudrait que les ambitions personnelles soient mises de côté. En effet, bien que le délai imparti à l’Assemblée nationale constituante pour rédiger le texte fondamental soit passé [l’ANC a été élue en octobre 2011 pour un mandat d’une année], le processus démocratique n’a pas été remis en cause. Mieux encore, pour éviter à la Tunisie de sombrer dans une crise politique, le parti majoritaire cède la chefferie du gouvernement. Comme quoi, quand on aime son pays, on ne s’accroche pas, contre vents et marées, au fauteuil.

En tout cas, cette victoire de la démocratie est rendue possible grâce à la prise de conscience des représentants du peuple tunisien. En effet, bien que le parti Ennahda soit majoritaire, au nom des intérêts suprêmes de la Tunisie, les élus de ce parti ont voté pour une constitution consensuelle. Saluant cette réalisation historique, le chef de file d’Ennahda, Rachid Ghannouchi, se projette dans l’avenir. « Il faut être fier de ce qui a été réalisé et traduire cela par des élections mettant fin au provisoire et aboutissant à faire de la Tunisie la première démocratie arabe », déclare-t-il.

Pour conclure, il va de soi que cet exemple tunisien doit être longuement médité par les peuples vivant encore sous le joug des dictatures. En allant jusqu’au bout du processus, la Tunisie apporte une réponse à tous ceux qui ont conclu à l’incompatibilité de la démocratie avec la tradition musulmane. Or, dans les pays où l’échec du processus démocratique est latent, cela est dû à la propension des chefs, généralement autoproclamés, à priver les peuples de leur droit fondamental.

»» http://ait-benali.over-blog.com/
URL de cet article 24256
   
Même Thème
Missions en conflit
Piero GLEIJESES
Cet ouvrage présente un récit haletant de la politique cubaine en Afrique de 1959 à 1976 et de son conflit croissant avec les États-Unis. L’auteur conduit le lecteur des premiers pas de Cuba pour aider les rebelles algériens combattant la France en 1961, à la guerre secrète entre La Havane et Washington au Zaïre en 1964-65 — où 100 Cubains menés par le Che Guevara ont affronté 1 000 mercenaires contrôlés par la CIA — et, finalement, à l’envoi héroïque de 30 000 Cubains en Angola en 1975-76, qui a stoppé (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Le déficit de l’Etat était l’objet même de spéculations. A la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt. Or chaque emprunt fournissait à l’aristocratie une nouvelle occasion de rançonner l’Etat, qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, était obligé de traiter avec les banquiers dans des conditions toujours plus défavorables.

Karl Marx
La lutte des classes en France. 1850


Le DECODEX Alternatif (méfiez-vous des imitations)
(mise à jour le 19/02/2017) Le Grand Soir, toujours à l’écoute de ses lecteurs (réguliers, occasionnels ou accidentels) vous offre le DECODEX ALTERNATIF, un vrai DECODEX rédigé par de vrais gens dotés d’une véritable expérience. Ces analyses ne sont basées ni sur une vague impression après un survol rapide, ni sur un coup de fil à « Conspiracywatch », mais sur l’expérience de militants/bénévoles chevronnés de « l’information alternative ». Contrairement à d’autres DECODEX de bas de gamme qui circulent sur le (...)
97 
« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - Préambule - 1/13
PREAMBULE « Un microphone ? Hum... » Ca y’est, deux jours à la Havane et je commence à me sentir comme un fucking Chevalier de la Table Ronde à la recherche du Graal. Oui, j’ai besoin d’un microphone, avec une petite prise, pour le brancher là. « Tu veux acheter un microphone ? » Ben oui, à peine arrivé, le mien est tombé en panne, alors j’ai besoin d’un microphone. « Oui, oui, je comprends. Un microphone... ». Je suis dans un centre culturel. Un grand centre culturel. J’ai l’impression de voir des (...)
Lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la société
NdT - Quelques extraits (en vrac) traitant des psychopathes et de leur emprise sur les sociétés modernes où ils s’épanouissent à merveille jusqu’au point de devenir une minorité dirigeante. Des passages paraîtront étrangement familiers et feront probablement penser à des situations et/ou des personnages existants ou ayant existé. Tu me dis "psychopathe" et soudain je pense à pas mal d’hommes et de femmes politiques. (attention : ce texte comporte une traduction non professionnelle d’un jargon (...)
43 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.