Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


L’arroseur arrosé

L’enquête menée aux Etats-Unis par le procureur spécial Robert Mueller cherchant à établir la vérité sur une présumée ingérence de la Russie dans la course présidentielle américaine et qui de surcroît, selon les ennemis politiques de Donald Trump, a été sollicitée par son équipe de campagne, semble avoir libéré le côté extravagant et irréfléchi du président des EU. Preuve en est qu’après avoir qualifié l’enquête en question de « chasse aux sorcières » visant son équipe et lui-même par ricochet, il en est arrivé à suggérer aux enquêteurs à regarder du côté de la Chine qu’il accuse d’ingérence dans cette même campagne électorale mais tout comme l’ont fait ceux qui ont ciblé la Russie sans fournir la moindre preuve à l’appui de son accusation.

En proférant sa surprenante accusation, le président américain ne s’est nullement inquiété que la Chine la prenne pour une provocation à son égard dans un contexte où elle fait front à la guerre économique qu’il lui a déclarée. Comme il ne semble pas avoir eu conscience qu’il a ce faisant abondé dans le sens de ses adversaires tenants de la thèse que son élection est redevable à l’ingérence étrangère. En validant de la sorte leur thèse, l’inénarrable président des EU conforte dans son opinion publique l’idée que l’élection dont il a été le gagnant a été en somme pervertie par l’ingérence étrangère, qu’elle ait été russe ou chinoise. Ce n’est pas parce qu’il l’a orientée sur Pékin que cette opinion va l’absoudre de l’accusation plus grave que l’enquête du procureur spécial Robert Mueller cherche à établir qui est que son équipe ou lui-même ont été en collusion avec la partie étrangère ayant recouru à l’ingérence.

L’establishment étasunien, que l’élection de Donald Trump a abasourdi, n’a trouvé d’explication à la déroute électorale que lui a infligée le pays « profond » que la main de l’étranger qui serait celle encore non établie de la Russie avec laquelle le candidat honni promettait pendant sa campagne de nouer des relations plus apaisées privilégiant le dialogue sur les dossiers clivants de la politique internationale. Il est tout de même extravagant que cet establishment en ait été réduit à cette seule justification de sa « dégelée » électorale. En s’y accrochant, il a fait la démonstration qu’il ne prête aucun libre arbitre à la société et à son électorat et persiste à n’y voir qu’une masse ayant été influencée dans ses choix électoraux par le venin subversif que lui a instillé une présumée ingérence étrangère. Ce n’est pas grandir la démocratie des EU que de la présenter être exercée par un magma citoyen n’ayant ni discernement ni capacité d’esprit qui le mette à l’abri des manipulations.

En partant en guerre contre une présumée ingérence étrangère (russe dans son cas), ce même establishment s’est aux yeux de l’opinion internationale mis dans la situation de « l’arroseur arrosé ». Car question d’ingérence dans les affaires des autres Etats, les Etats-Unis détiennent la palme. L’ingérence leur est devenue consubstantielle et l’instrument primordial dont ils font usage dans leurs relations au reste du monde.

URL de cet article 33736
   
Même Thème
Hillary Clinton, la « Reine du Chaos »
Diana JOHNSTONE
1. Dans votre dernier livre, vous appelez Hillary Clinton la « Reine du Chaos. » Pouvez-vous expliquer pourquoi vous avez choisi ce sobriquet péjoratif pour décrire Hillary ? En un mot, la Libye. Hillary Clinton était si fière de son rôle majeur dans le déclenchement de la guerre contre la Libye qu’elle et ses conseillers avaient initialement prévu de l’utiliser comme base d’une « doctrine Clinton », ce qui signifie une stratégie de changement de régime façon « smart power » , comme un slogan de la (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Le fait est que les slogans du type "soutenons nos soldats" n’ont aucun sens... Et c’est tout l’objectif d’une bonne propagande. Il vous faut créer un slogan auquel personne ne s’oppose, et tout le monde y adhérera. Personne ne sait ce qu’il veut dire parce qu’il ne veut rien dire. Son importance réside dans le fait qu’il détourne l’attention d’une question qu’il aurait fallu poser : soutenez-vous notre politique ? Mais ça c’est une question qu’on n’a pas le droit de poser.

Noam Chomsky


Comment Cuba révèle toute la médiocrité de l’Occident
Il y a des sujets qui sont aux journalistes ce que les récifs sont aux marins : à éviter. Une fois repérés et cartographiés, les routes de l’information les contourneront systématiquement et sans se poser de questions. Et si d’aventure un voyageur imprudent se décidait à entrer dans une de ces zones en ignorant les panneaux avec des têtes de mort, et en revenait indemne, on dira qu’il a simplement eu de la chance ou qu’il est fou - ou les deux à la fois. Pour ce voyageur-là, il n’y aura pas de défilé (...)
39 
Analyse de la culture du mensonge et de la manipulation "à la Marie-Anne Boutoleau/Ornella Guyet" sur un site alter.
Question : Est-il possible de rédiger un article accusateur qui fait un buzz sur internet en fournissant des "sources" et des "documents" qui, une fois vérifiés, prouvent... le contraire de ce qui est affirmé ? Réponse : Oui, c’est possible. Question : Qui peut tomber dans un tel panneau ? Réponse : tout le monde - vous, par exemple. Question : Qui peut faire ça et comment font-ils ? Réponse : Marie-Anne Boutoleau, Article XI et CQFD, en comptant sur un phénomène connu : "l’inertie des (...)
91 
Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
30 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.