L’Occident et le spectre de Daesh

Vaincu militairement en Irak et en Syrie, le groupe terroriste Daesh est cependant loin d’avoir été terrassé. Sa tentative de s’implanter au Moyen-Orient ayant échoué, ledit « Etat islamique » est naturellement revenu à ce qui le caractérise le mieux : la lâcheté, l’assassinat et les attentats-suicides. Toutefois, ébranlé mais non décimé, le groupe terroriste reste nuisible et c’est cela qui fait peur à ses maîtres à penser occidentaux qui n’ont pas le contrôle de la multitude d’activistes qui s’en inspirent ou reprennent à leur compte ce que Daesh n’a pu accomplir. Or, Daesh, peut autant s’appeler Al Qaïda, Shebab, Taliban ou Boko Haram dont, à peu de chose près, l’objectif principal et stratégique demeure le maintien d’un niveau de tension perpétuelle empêchant le développement économique et social dans des régions (bien) ciblées des mondes arabe, asiatique et africain qui – un hasard ? – se trouvent être tous musulmans.

Ces dernières semaines, singulièrement depuis la chute de Daesh en Syrie et en Irak, analystes et observateurs occidentaux, s’inquiètent de ses retombées en Europe et aux Etats-Unis. Outre la disparition du noyau dirigeant qui canalisait les opérations terroristes, c’est notamment le retour des djihadistes occidentaux partis combattre en Irak et en Syrie qui déprime les Européens. En fait, depuis 1979-1980, création et formation des phalanges d’Al Qaïda par les services de renseignement états-uniens (CIA), financées par l’Arabie saoudite et dirigées par le Saoudien Oussama ben Laden, le terrorisme, du moins sous sa forme la plus accomplie, sert uniquement les intérêts de ses créateurs occidentaux. Certes, ces zombies ruent parfois dans les brancards en s’en prenant à leurs géniteurs, mais pour vite rentrer dans les rangs.

Depuis près de quatre décennies la mouvance djihadiste a été entretenue pour des buts précis de déstabilisation de certains pays. De fait, ces groupes djihadistes sont interchangeables, qu’ils s’appellent Al Qaïda ou Daesh, dès lors qu’ils accomplissent ce pourquoi ils ont été créés. Rien n’indique que demain, les laboratoires ès-terrorisme occidentaux, ne préparent pas l’avènement d’une nouvelle hydre plus mortifère.

Notons cette particularité qui fait que depuis l’avènement du terrorisme à grande échelle – et sa manipulation par les puissances occidentales – nombre de pays dans le monde en ont plus ou moins souffert, sauf Israël. Curieux, mais le fait est là ! Voulant savoir si Daesh va se battre pour « libérer » la Palestine, l’autoproclamé calife dudit « Etat islamique » Abou Bakr al-Baghdadi asséna : « Il n’est écrit nulle part dans le Coran, qu’il fallait sauver la Palestine. » Dit autrement, il n’était pas là pour combattre Israël. En fait, l’objectif assigné à Daesh est circonstancié et circonscrit aux seuls Etats arabes avec le résultat que l’on connaît. L’Irak et la Syrie détruits ont été ramenés un siècle en arrière. D’autres pays arabes sont sous la menace. En démonstration en juin 2014, l’armée d’invasion de Daesh avec chars et blindés, drapeau noir au vent, à mis à feu et à sang Mossoul. Ainsi, Daesh disposait d’une armée professionnelle – évaluée en 2014 à quelque 30 000 personnes – surgie du néant, qui en quelques heures occupa le tiers d’un pays aussi vaste que l’Irak. Qui peut gommer l’autre armée de mercenaires – estimée par le Pentagone à 70 000 individus issus de près de 80 pays – venus combattre, aux côtés des rebelles [eux-mêmes formés et armés par l’Occident et fiancés par Riyadh], sous la bannière de l’« islamisme » le gouvernement laïc syrien ? A ce propos, il est étonnant de relever que ce sont les deux seuls pays arabes, officiellement laïcs, qui ont été attaqués et détruits. Il est évident que tout n’a pas été dit sur cette apparition subite et ordonnée du terrorisme dans une région qui en était exonérée auparavant.

Autre mystère, celui qui entoure le calife autoproclamé al-Baghdadi identifié dans la personne de Hocine al-Badri, surgi soudain du néant après une rencontre, dans la ville syrienne de Deir Ezzor en mai 2013, avec le sénateur états-unien, John McCain. Un an plus tard (juin 2014), il proclame depuis Mossoul la création du califat. Ce califat s’en prit avant toute chose aux musulmans et aux pays musulmans. Or, avec le retour des terroristes, la donne a changé, l’Occident étant plus soucieux de ce qu’il va faire de ses enfants perdus revenus des « croisades » en Syrie et en Irak, qui menacent sa propre sécurité.

C’est cela le spectre de Daesh, qui hante un Occident toujours prêt à renouveler l’expérience dès lors qu’elle lui permet d’accentuer sa domination sur des pays (notamment arabes) maintenus dans l’ornière du sous-développement. L’impérialisme ne guerroie plus sur le terrain, il forme des supplétifs pour ça. Al Qaïda, Daesh sont de fait, les vampires que l’Occident brandit à la face des pays qui ne savent pas ou ne veulent pas rentrer dans les rangs !

Karim MOHSEN
19 décembre 2017

 http://www.lexpressiondz.com/edito/282207-l-occident-et-le-spectre-de-daesh.html

COMMENTAIRES  

19/12/2017 22:37 par chb

Les graves accusations de cet article en rappellent une autre, généralement balayée depuis 16 ans en y collant l’infamante étiquette "conspirationnisme". Le chaos terroriste qui atteint parfois les "démocraties" sert des intérêts bien plus terre à terre que la glorification d’une déité sanguinaire : difficile d’exonérer encore les bénéficiaires finaux de toute responsabilité dans l’affaire, voire de leur laisser le rôle de juge + enquêteur + bourreau.
De son côté, wsws.org/fr précise, à propos de l’affaire Lafarge, où le gouvernement français veut jouer l’ingénu :

Les agissements de Lafarge en Syrie soulignent le caractère politiquement illégitime de l‘état d‘urgence, dont la loi antiterroriste d’Emmanuel Macron a inscrit les dispositions dans le droit commun. Alors que l’impérialisme finançait les terroristes de Daech, il utilisait leurs crimes en Europe pour justifier la répression de l’opposition des travailleurs et des jeunes à la suppression des droits sociaux et démocratiques acquis au cours de plusieurs générations de lutte. Toute cette politique est marquée du sceau du mensonge d’Etat dans l’intérêt de l’aristocratie financière.

Les journalistes d’un autre média (RT, qui prend son envol en francophonie) pourraient-ils consacrer à cette thématique les moyens d’investigation qui de plus en plus manquent à leurs collègues occidentaux ?

20/12/2017 09:36 par Malcomixlegaulois

en fait c quoi ou pourquoi, ne pouvez vous pas envisager, ce n’est qu’une suggestion, pourquoi donc , il serait pas possible de voir les choses différemment , c a d que les printemps arabes ont fait soulevé les peuples contre leur dictatures respectives de l’Algérie 20 ans plus tôt au Yèmen, puis leur dictateurs respectif en tout cas ceux qui sont rester aux pouvoirs après avoir torturer massacrer sa population qui se révoltait (syrie, yemen, egypte certain avec l’aide de l’impérialisme US ou otan, et d’autre Russe) ont eu beau jeu de parler la mm langue que leur soutien, la langue du Terrorisme (comme la fait israel en parlant de la résistance Palestinienne qui était comparable a Daesh pour nous en europe) et a partir de la conserver le pouvoir sous couvert de après moi le chaos (la plupart des morts sont le fait des régimes en places et pas de daesh ou alquaida)...Sinon les armées en irak de daesh viennent du fait que ce sont les anciens aux pouvoir sous sadam Husein, qui ont repris facilement les villes sunites, vu que mm les habitants préférer, au pires, Daesh que les exactions des milices chiites mises en places aux pouvoir par les américains après la guerres de 2003.
En conclusion, si vous pensez que des peuples doivent subir la dictature tortionnaire de Moubarak ou des colonels, ou de Bachar, des Généraux en Algérie...sans qu’un jour il ne rentre en résistance contre leur bourreau, vous etes qd mm étonnant de pas voir que ce n’est que la marche logique de l’histoire et de l’émancipation des peuples. A part si vous préférer une bonne Dictature pour que le bizness des états continu tranquillement...Mais quoi qu’il arrive la répression ayant "anéanti" la rébellion , pour le moment, il y aura dans le futur une autre génération qui se lèvera pour reprendre le flambeau. L’histoire n’est pas fini

Dans le style de bouquin a lire assez facile, il y a "Le Piège Daesh" de Pierre Jean Luizzard, (chercheur au CNRS , spécialiste de l’Irak, Syre, Liban)

20/12/2017 13:15 par Hourialgerienne

A Malcomix le gaulois

Nous avons fait fleurir au printemps 88 en Algérie , notre patrimoine linguistique : la langue berbère est aujourd’hui enseignée sur tout le territoire Algérien. La lutte est née chez nous , par nous et pour nous. Avec des pierres et une détermination légitime , nous avons cueilli la fleur ancestrale : notre langue nourricière , le pouvoir a cédé car nous sommes les enfants légitimes de la terre Algérienne et nous rendons hommages à nos ancêtres en parlons quotidiennement avec eux avec notre langue première. Nous n’avons pas eu besoin pour cela des armes" cadeaux" des assassins de notre peuple qui rêvent de finir leur sale boulot : détruire le peuple et la nation Algérienne. Les apprentis assassins des peuples arabes qui veulent vider notre terre de ses habitants et de ses richesses jouent avec le feu de leurs propres armes. Notre sang coule pour nourrir leur appétit d ’ogres. Ils mangent avec charognards et pleurent avec les bergers. Dur équilibre qui finira par les faire tomber eux et leurs valets de roitelets .
Nous voulons nous Algériens , Syriens , Irakiens ,Palestiniens ,Tunisiens ,Marocains ,Libanais ,Yéménites ...comme tous les peuples de la terre allez au paradis si il existe le ventre plein.

20/12/2017 17:35 par legrandsoir

Assassins, apprentis assassins, armes, sang, ogres, charognards, valets.
Le ton ne sert pas le fond.

21/12/2017 16:13 par Houriaalgérienne à grand soir

Je ne sais pas ce que veut dire le ton et le fond .....je confonds .
Pour la fille d’ouvrier que je suis nommer les choses est important quelque soit le ton et le temps.
car ne pas les nommer pour nous autres sans dents , sans culottes ...c’est nous égarer , c’est camoufler , déguiser , maquiller les choses et cela nous perturbe . Nous tenons donc à appeler un chat , un chat , une charogne , une charogne , le colonialisme par son nom et la coopération entre les peuples , coopération......pour ne pas confondre le pétrole noir et le sang rouge des peuples , le salaire et la rente , l’avion et le mulet.
Nous ne voulons ni plaire ni convaincre .Nous disons les choses avec nos cœurs et nos valeurs. Fraternellement

22/12/2017 14:22 par Rauch

Ha lalgérienne,
Ecrire avec sa tête c’est bien
Ecrire avec son coeur c’est mieux
Ecrire avec les deux c’est le top
Houria c’est la bonne voie continue à écrire avec passion
Avant Adolphe Tiers (tiens un Adolphe) L’Algérie était un grand peuple
Pendant la colonisation elle le restera au plus profond de ses tripes malgré les humiliations (an-alphabétisation, spoliation)
La meilleur preuve en as été donné par le départ de l’occupant qui as été obligé d’entièrement décoloniser
avec le flux dramatique des peuples des deux cotés contraint au retour pris en tenaille entre nationalisme libérateur
et colonialisme guerrier
Cela as été le cas pour toutes ces nations colonisés et pas des moindres comme la chine, l’inde, le Vietnam, Cuba dont on as vu qu"elles étaient grande par le prix du sang versé.
On attend toujours le tour de bon nombre de ces nations d"Amérique latine, ou de Palestine ou le colon c’est transformé en classe dominantes à l’aide de l’économie libérale

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