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La Cage avec la Clef à l’intérieur !

La Cage avec la Clef à l’intérieur !

Imaginons un homme construisant une cage, que dis-je, une prison avec de grands barreaux, pour bien voir à travers et scruter inopinément les alentours. Une prison dorée, avec presque rien dedans, presque rien, si ce n’est les clefs ! L’homme se tenant à l’intérieur, fier de lui, s’y enferme à double tour, puis s’exclame dans un élan de fierté :

- Je les ai, je les garde !

Tout en agitant les fameuses clefs, l’homme s’est enfermé pour longtemps. Trés longtemps. A l’intérieur ! Sa cage, qu’il polit tous les jours désormais, avec la plus grande attention, ce sont ses jolies phrases apprises par coeur pour faire illusion et convictions, ses tirades de lieux communs, ses prétextes à la surdité, ses concepts rigides en forme de bouclier, ses eaux stagnantes depuis des lustres... L’homme parait bien portant, mais quelque peu endormi. Il sautille sur lui-même comme pour agiter une espérance de vie. Mais ses concepts sont à ce point soporifiques qu’ils agissent comme un calmant ! Pour que la vie lui paraisse indolore, pour éviter la peur panique du vide sidéral, il s’est barricadé derrière les barreaux de sa cage. Et en agitant ses clefs régulièrement, il s’écrit tout fier :

- Je les ai, je les garde !

Et sa prison devient désormais le meilleur prétexte à son apathie volontaire. On a construit ainsi bien des barrières, de confortables barreaux, si pratiques pour enfermer les gens, en offrant les clefs aux prisonniers pour qu’ils s’enferment eux-mêmes. Pour chaque humain barricadé derrière des convictions édictées. Qu’il s’approprie pour les croire personnelles. A tord ! On a construit des castes et des classes sociales, des riches et des pauvres, des noirs et des blancs et des jaunes et de toutes les couleurs, des cultivés et des ignorants, des conformes et des non conformes, des bons et des méchants, des axes du bien et du mal, des rentables et des pas rentables, des chefs et des serfs, des fous et des bien-pensants, des élites et des sous-produits, des nobles et des vils, des travailleurs et des fainéants, des riches et des pauvres, des croyants et des athées, des génies et des cons... Prisons préfabriquées confortablement installées dans l’inconscient collectif, grâce aux clefs de l’asservissement volontaire, et la conviction largement partagée qu’il ne peut en être autrement. On a même érigé des religions en dictat, pour remplacer Dieu, s’il existe, ou pour prendre sa place, qui sait. On nous a imposé des modes de pensée, des pensées obligées, des pensées notoires, des vérités trafiquées plus vraies que nature, et qui lavent plus blanc que blanc, et qui sont plus vraies que vraies, de merveilleux mensonges et d’affolantes tromperies. Afin surtout que, devant le nombre de barreaux à scier, on n’ait même plus le réflexe se s’échapper. Et fiers de nos acquis, de nos connaissances, de nos peurs et de nos illusions, nous brandissions encore ces maudites clefs en tonitruant :

- Je les ai, je les garde !

La cage se veut pratique et surtout déculpabilisante. Ses prétextes, justes ou non, ont le pouvoir de nous absoudre de toute conscience. Seuls ses propos font office de référence. L’homme n’est plus tourné vers l’extérieur, puisqu’il a toutes les bonnes raisons du monde de rester prisonnier. Il s’est déconnecté d’autrui, et privé de l’inconnu. Il n’a plus vraiment les mains tendues pour donner et recevoir, sauf pour ses intérêts particuliers. Normal, il s’est concentré sur son propre nombril qu’il caresse régulièrement. Centre du monde au pays des centres du monde ! Il nettoie sa propre prison tous les jours, elle est briquée, impeccable !

De toute évidence, ce n’est pas des gens qui se donnent bonne conscience dont la terre a besoin. C’est des gens qui en ont une ! Une conscience libre et qui ne s’achète pas, volontairement et profondément humaine. Seuls les carnassiers vont vers autrui dans un but intéressé.

Ce que j’écris ici ne règle rien des chaos de ce monde de douleurs. Il émet toutefois une idée simple : Donner un peu de soi, rajouté à ceux qui donnent un peu d’eux-même, multiplié par le nombre de gens volontaires pour un monde meilleur, donne un total incalculable d’actes créateurs. Les banquiers ont la même tactique ! Ils te volent un euro €, et font de même à 50 000 000 de personnes comme toi. Et ça leur rapporte donc 50 000 000 d’euros € !!! Grâce à 1 € volé, quel que soit le prétexte sur ton relevé. Fais tes comptes, tu verras ! Mais imagine : Un acte volontaire et humain, profondément humain, multiplié par 50 000 000 de volontaires ? Tu as compris, ça fait beaucoup ! Se sentir humain et utile, enfin ! Utile, tu te rends compte ? Débarrassé des carquants ! Libéré des idées étriquées !!! Libre !!! Libre enfin !!!

Tous les bons prétextes ne sont que... des prétextes !!!

Nous sommes les prisonniers volontaires d’une prison dont nous seuls avons les clefs.

Mais donc, logique oblige, c’est nous qui avons les clefs !!!

Nous avons les clefs !!! Tu entends ? Nous avons les clefs !!! Et nous sommes plus nombreux que ceux qui nous dictent de rester enfermé.

Okay, sortir de tes geôles a un prix. Mais, même s’il te fallait mourir pour tes convictions, n’aurais-tu pas interêt à sortir de ta prison ?

Lou Florian

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Chroniques de GAZA 2001-2011
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L’auteur : Christophe OBERLIN est né en 1952. Chirurgien des hôpitaux et professeur à la faculté Denis Diderot à Paris, il enseigne l’anatomie, la chirurgie de la main et la microchirurgie en France et à l’étranger. Parallèlement à son travail hospitalier et universitaire, il participe depuis 30 ans à des activités de chirurgie humanitaire et d’enseignement en Afrique sub-saharienne, notamment dans le domaine de la chirurgie de la lèpre, au Maghreb et en Asie. Depuis 2001, il dirige régulièrement des (...)
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