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La dette publique française n’a rien à voir avec celle des pays du Sud - La France est riche.



Dessin SOULAS
dessin SOULAS






D&S, n° 144, avril 2007 (à paraitre).


La droite, les libéraux tentent de donner de la dette publique française une image complètement fausse. Ils essaient d’insinuer dans l’opinion l’idée que cette dette ferait de la France un pays dépendant des pays qui détiendraient les titres de cette dette.

Cette image est complètement fausse. La moitié de la dette publique française est détenue par des résidents français. L’autre moitié, détenue par des résidents étrangers, n’est que la contrepartie de l’internationalisation des dettes publiques. Les dettes allemandes, italiennes, britanniques sont elles aussi, dans des proportions similaires, détenues par des résidents français. Tout cela n’est que la conséquence de la financiarisation des dettes publiques (le placement des titres qui les matérialisent sur les marchés financiers) et de leur internationalisation.

Cette situation n’a rien à voir avec celle des pays du Sud. La dette publique d’un pays africain, par exemple, n’est pas détenue par des rentiers de ce pays ou d’autres pays africains mais par des rentiers (individus ou sociétés) des pays du Nord.

Les pays du Sud traînent le poids de leurs dettes comme un boulet. Une dette dont ils sont obligés de renégocier ponctuellement le paiement auprès du FMI et de la Banque Mondiale. Et à chaque fois, en contrepartie d’une renégociation de sa dette (le plus souvent un étalement dans le temps), le pays du Sud doit accepter un nouveau plan d’ajustement structurel et livrer d’autres pans de son économie aux appétits des multinationales du Nord. Non seulement la France n’a pas à effectuer ce type de renégociation mais les multinationales française font partie de ces multinationales du Nord qui dépècent les pays du Sud. Les multinationales françaises et européennes, les négociateurs européens qui les appuient lors des négociations de l’OMC ne sont pas du côté des victimes mais du côté des prédateurs.

La dette des pays du sud a pour origine des prêts à taux très bas au début des années 1970 et l’augmentation brutale de ces taux (variables) à la fin des années 1970 au moment du tournant néo-libéral pris par Thatcher et par Reagan.

La dette des pays du Nord a, comme en France, une toute origine : la baisse des impôts des riches qu’il a fallu compenser par des emprunts auprès de ceux là même dont on venait de baisser l’impôt. Avec une différence de taille : il fallait maintenant payer à ces rentiers des taux d’intérêts que la Banque Centrale Européenne (c’est là son véritable rôle) maintient à un très haut niveau. Le très haut niveau de ces taux d’intérêt réel (différence entre le taux d’intérêt pratiqué et l’inflation) explique d’ailleurs à lui tout seul la moitié de la dette publique française.

Les remèdes à apporter à cette dette sont donc simples : baisse des taux d’intérêts, ce qui implique de réformer de la BCE, et hausse des impôts des riches (Impôts sur le Revenus, Droits de Successions, Impôt de Solidarité sur la Fortune) : tous les impôts que la Droite (Sarkozy comme Bayrou) veulent continuer à diminuer.

Le capital des sociétés françaises cotées au CAC40 est, à peu prés dans les mêmes proportions que la dette publique, détenu par des non-résidents. C’est là encore, un effet de la financiarisation du capital des entreprises et de la mondialisation de la finance. Et là encore des résidents français détiennent des actions d’entreprises allemandes, italiennes, américaines... Mais, curieusement, personne n’insinue que les entreprises françaises seraient de moins en moins « françaises ». Peut-être parce que tout le monde a compris que le capital n’a pas de patrie. Sauf quand il s’agit de sauver les intérêts financiers chers à la Droite au pouvoir qui se lance alors dans le « patriotisme économique ». « Patriotisme économique » qu’elle oublie aussitôt après, particulièrement quand les délocalisations frappent les salariés de notre pays.

Jean-Jacques Chavigné



La France est riche

La Droite essaie d’imposer l’image d’une France en déclin. Cette image est totalement fausse : la France n’a jamais été aussi riche. Ce n’est pas pour autant que la très grande majorité des habitants de notre pays vit mieux. Au contraire.

Car si la France s’enrichit et si la très grande majorité de ses habitants vit de plus en plus mal, c’est tout simplement parce qu’une toute petite minorité capte la plus grande partie du supplément de richesse produit chaque année.

Au cours de 23 dernières années, essentiellement entre 1983 et 1992, la part des profits dans le partage des richesses créées chaque année (le Pib) s’est accrue de 10 points au détriment de celle des salaires (directs et cotisations sociales). Dix points d’un Pib de 1 600 milliards d’euros aujourd’hui, cela représente la somme énorme de 160 milliards d’euros, chaque année !

En 2005, les profits d’une partie des sociétés cotées au CAC 40 s’élevaient à 84,5 milliards d’euros. Sur ces 84,5 milliards d’euros, 30 milliards ont été versés sous forme de dividendes aux actionnaires. Les 54,5 milliards restant ont été en grande partie utilisés non à financer des investissements productifs mais pour des placements financiers destinés à enrichir les rentiers.

Or, 84,5 milliards d’euros représentent 2 250 000 emplois (environ 38 000 euros par an et par emploi, cotisation sociales incluses). A eux seuls, les 30 milliards de dividende versés stérilement aux actionnaires auraient permis la création de 800 000 emplois !

Des marges de manoeuvres énormes existent donc pour faire reculer le chômage, augmenter le pouvoir d’achat, financer les retraites et le remboursement à 100 % des dépenses de santé par l’assurance-maladie obligatoire. Mais ces marges de manoeuvre exigent de reprendre au capital ce qu’il a confisqué depuis 10 ans au salariat.Extraits du Projet FM-DS « Pour une VIème République sociale ».


- Source : Démocratie & Socialisme n° 144,avril 2007 ( à paraitre) www.democratie-socialisme.org




Sarkozy et la dette publique, Jean Jacques Chavigné.

Non, monsieur Sarkozy, ce n’est pas le travail mais le capital qui coûte cher ! par Jean-Jacques Chavigné.






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