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La diplomatie macronienne

La politique française à l’international depuis l’élection d’Emmanuel Macron, et de la nouvelle majorité parlementaire, n’a guère changé, et se situe dans la continuité de celles qu’ont mené Hollande et Sarkozy.

Aucune remise en question des institutions européennes, et de la politique qui en découle, ni de la sacro-sainte alliance militaire de l’OTAN. Macron s’applique, au contraire, à rentrer parfaitement dans le moule de ses prédécesseurs, allant même jusqu’à exagérer ses sorties médiatiques contre certains pays souverains- on imagine aisément lesquels- tout en fermant les yeux sur les agissements bien plus graves d’autres Nations.

A titre d’exemple, le Venezuela, sujet récurrent de l’actualité des médias, n’a pas échappé aux critiques d’Emmanuel Macron qui déclarait à ce sujet :

Nous avons pris des sanctions individuelles contre des dirigeants vénézuéliens qui ont un impact limité. Je souhaite que nous puissions aller plus loin compte tenu des décisions récentes.

Avant de dénoncer une « dérive autoritaire inacceptable » des autorités vénézuéliennes. Plutôt curieux d’entendre ça de la part d’un président dont le gouvernement vient d’avoir recours au vote bloqué, privant les agriculteurs retraités d’une revalorisation de leur pension de retraite (Vote bloqué : le gouvernement abandonna les agriculteurs retraités). Les ordonnances utilisées lors de la loi travail, où lors de la future réforme de la SNCF, associées à la prochaine réforme institutionnelle visant à réduire le rôle du Parlement ne constituent-elles pas, là aussi, des certaines dérives inacceptables ?

Sans oublier les guerres où la France est toujours impliquée en Afrique, et au Moyen-Orient et où, en dépit des technologies accrues de nos armes, celles-ci tuent bel et bien des civils.

Les affaires avant l’humain

Mais c’est une autre affaire qui a attiré mon attention. Une histoire relatée par le Canard enchaîné du mercredi 14 mars 2018. Alors en visite en Inde, dans le but de vendre- entre autres- des réacteurs nucléaires, Emmanuel Macron a été amené à côtoyer Yogi Adityanah- ministre de l’Uttar Pradesh.

« Maître de yoga poursuivi pour incitation à la haine et tentative de meurtre » décrit le Canard, citant les paroles de ce très fréquentable personnage qui avait en outre déclaré :

Ceux qui s’opposent au yoga et refusent le « salut au soleil » doivent soit quitter l’Inde, soit se noyer dans l’océan » ou encore avait appelé à « déterrer les cadavres des femmes musulmanes pour les violer. »

Des propos qui choquent, et à juste titre, n’importe quelle personne. Mais en politique, business is business. L’Inde nous achète des armes, des rafales, des sous-marins, c’est d’ailleurs notre premier client dans ce domaine depuis cinq ans, hors de question donc de froisser un si bon acheteur. Même si son actuel Premier ministre - toujours selon le Canard- est potentiellement impliqué dans une sombre histoire d’assassinats où quelques 2 000 musulmans avaient trouvé la mort.

Maintenant imaginons de tels propos, similaires à ceux de Yogi Adityanah, tenus par un ministre d’un pays classé dangereux, où moins fréquentables, par l’establishment. Si des pays tels que la Russie, l’Iran, Cuba, la Chine où le Venezuela avaient eu de tels propos, de multiples sanctions et condamnations auraient été prononcées. Sous ses airs de grand démocrate, jeune, dynamique, moderne, Macron n’a pas eu l’air choqué de ces appels à la haine.

Je trouve que ce serait une drôle de conception que de défendre la démocratie seulement quand elle colle avec nos valeurs.

Dans ce cas là, pourquoi porter des jugements et des critiques à l’égard de pays comme la Russie, la Chine, où Cuba, s’il admet que le modèle de démocratie libérale à l’occidentale n’est pas le seul possible ?

Israël, l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie, l’Egypte bénéficient de l’aide et d’un soutien fort de la France. La guerre qui se déroule au Yémen, bien moins médiatisée que le conflit syrien, est menée avec des armes françaises, utilisées contre les civils yéménites.

Des pays, parmi nos meilleurs clients, et nos meilleurs alliés, dans certaines régions du monde ne peuvent avoir comme qualificatif que le terme de dictature. Ce n’est pas le cas du Venezuela qui, en dépit d’une campagne médiatique infâme, ne lapide pas les femmes, ne crucifie pas des opposants parce qu’ils auraient une autre religion, où ne soumet pas à un blocus inhumain et à une colonisation meurtrière un peuple tout entier.

Mais ces pays ont un point commun : celui d’être dans le bon camp. Ils n’étaient pas dans celui de l’URSS lors de la guerre froide, ils ne sont pas, aujourd’hui, dans le camp de ceux favorables à un monde multipolaire et de droit international.

République sociale

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François Burgat sur RFI le 9 août 2016.


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