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La France insoumise et l’axe gauche-droite

Anthony GELAO

Le bon score de Jean-Luc Mélenchon aux élections présidentielles de 2017 (19.58%) et l’absence de compromission avec le parti socialiste laisse entrevoir de belles perspectives futures pour LFI. Cependant, il n’existe pas encore un réel ancrage solide et durable de ses idées au sein de la population, et notamment des classes populaires, préalable nécessaire afin de pouvoir gouverner dans la situation conflictuelle dans laquelle nous serons plongé si nous parvenons au pouvoir. Ce papier exposera modestement, et de manière très synthétique, des idées afin d’aider à définir le positionnement politique à adopter pour parvenir à cet objectif. Il n’est pas question ici de traiter de la question du programme économique, européen ou écologique mais de la position de LFI sur l’axe gauche/droite en ce qui concerne les questions dites sociétales.

Rapide définition et historique

Par souci de clarté, les termes « socialisme » et « gauche » sont à comprendre ici dans le sens qui était le leur au XIXe et début XXe, bien avant que des décennies de soviétisme, de sinistrisme et de marketing politique ne les détournent de leurs significations originelles (rappelons que ni Marx ni Proudhon ne se sont défini en leur temps comme étant de gauche). La gauche représentait alors le parti des descendants des Lumières luttant face à la Réaction et rétorquant à ces derniers qu’une République valait bien mieux qu’une monarchie pour conserver les disparités de pouvoirs et d’argent, ils étaient en somme libéraux sur le plan économique, politique et culturel. Le socialisme était lui une doctrine relativement neutre en ce qui concernait le débat gauche-droite qualifié de « bourgeois », comme l’atteste l’attitude des guesdistes durant l’affaire Dreyfus, et concentrait sa critique sur le libéralisme économique et sur l’avènement du Capital. Ce n’est qu’à la suite de Jaurès, qui préconisait une alliance dans la théorie et dans la pratique entre le socialisme et la gauche, que ce dernier mot a adopté son sens actuel pour la majorité des gens, c’est-à-dire une doctrine à la fois critique du capitalisme et progressiste sur le plan des questions de société. Notons aussi que pour certains, notamment la majeure partie du PS, le mot gauche est à comprendre en son sens originel (libéralisme économique et culturel).

L’analyse présenté ici est qu’un retour à la doctrine originel du socialisme sur le positionnement politique, c’est-à-dire à une relative neutralité concernant les débats gauche-droite, nous permettrait de déployer toute l’originalité et l’actualité de la critique socialiste et permettrait notamment un ancrage durable et solide dans les classes populaires.

Et ceci pour plusieurs raisons, il nous semble tout d’abord que la gauche culturelle n’a plus de combats importants à mener. En effet les principes tels que la laïcité, l’égalité homme/femme (pas tout à fait complète cependant), l’abolition de la peine de mort, le droit à l’avortement, la loi contre le racisme, la reconnaissance des homosexuels, sont aujourd’hui ancrés dans la loi et dans la société et aujourd’hui la Réaction au sens classique du terme est défaite (et même le Front National d’aujourd’hui est en réalité bien plus un parti communautariste qu’un parti fasciste). S’il est évident que nous devons toujours défendre les principes cités ci-dessus, il nous semble aussi que la gauche culturelle, vide de toute proposition importante, est rentré dans une sorte d’excès, d’hybris, sous l’impulsion des universités américaines fascinés par la « French theory », et que ceci constitue un point de divergence majeur entre les classes populaires et les classes éduquées (ayant eu accès aux études supérieures).

Aussi, Jean-Claude Michéa [1] a bien montré à travers ses différents travaux la filiation naturelle qu’il existe entre le libéralisme économique et la gauche culturelle. Et plus qu’une simple filiation, le philosophe montre que la gauche culturelle est devenue le complément indispensable du Capital qui, dans sa logique d’expansion du marché, doit balayer toutes les traditions et lever tous les tabous afin de faire advenir le règne de l’homo oeconomicus. De ce fait, Michéa nous montre l’incohérence majeure du logiciel de la gauche radicale, qui associe libéralisme culturelle et anticapitalisme. C’est dans la perspective de lever cette incohérence, puissamment ressenti dans les classes populaires, qu’un divorce, opéré avec soin et finesse, nous semble nécessaire entre la gauche culturelle et LFI. Il y a une place pour défendre un féminisme et un antiracisme populaire distinct des versions bourgeoises actuellement valorisés dans les médias. Il ne s’agit évidemment pas d’allier notre théorie à celle des conservateurs mais de proposer une troisième voie sur les questions sociétales, qui devront être traitées au cas par cas.

Comment s’est opéré ce divorce ?

La dernière campagne au présidentielle a montré un début de fléchissement de Jean-Luc Mélenchon vers un divorce avec la gauche culturelle (notamment en se montrant soucieux de la souveraineté nationale, en s’affichant avec les symboles nationaux, et en abandonnant la proposition de régularisation de tous les sans-papiers). Il nous semble que ce mouvement doit aller jusqu’à son terme ce qui ne veut pas dire que LFI doit se priver de tout programme moral mais que celui-ci doit se constituer autour d’une double critique portant à la fois sur la gauche culturelle et sur la droite conservatrice, le tout formant la critique des effets culturels du capitalisme et de la lutte de tous contre tous.

Ainsi un point fondamental à mettre en avant est la critique de l’infantilisation de la société qui peut servir d’axe central d’un programme moral socialiste. La télévision-poubelle, l’abaissement du niveau culturel dans les médias et à l’école, mais aussi les passions identitaires sont des exemples à citer des causes et effets produits par cette infantilisation. Ce phénomène, favorisé par le pouvoir, permet aussi aux puissants d’une part d’avoir des masses plus dociles à gouverner et d’autre part à favoriser la consommation impulsive (l’enfant représentant à ce titre le consommateur idéal rêvé par les capitalistes). Il nous serait très profitable de nous opposer fortement à cela et d’appeler la société à passer à l’âge adulte, et il faudrait pour cela assortir le discours de propositions comme par exemple l’interdiction de la télé-réalité.

Pour un antiracisme patriotique

Si la critique de l’infantilisation doit occuper la place majeure de notre programme moral, il faut également se différencier de la gauche culturelle à travers les questions de l’antiracisme et du féminisme, deux points où celle-ci propose un discours critiquable et fruit de l’américanisation de la pensée.

Christopher Lasch [2] sur l’antiracisme : « La politique devient de plus en plus une question de groupes d’intérêts, où chacun revendique pour son propre compte une part des bienfaits de l’Etat-providence, en définissant ses intérêts dans le sens le plus étroit possible et en excluant délibérément toute revendication plus générale ou toute tentative de formuler les revendications d’un group en termes universels. L’un des exemples que vous avez mentionnés, celui de la lutte de Noirs aux Etats-Unis, illustre bien ce point. Je voudrais mentionner un autre exemple de la façon dont des idéologies apparemment radicales, militantes, révolutionnaires ont effectivement contribué, dans la période récente, à ce processus. Le mouvement pour les droits civiques de la fin des années 50 et 60 était, à beaucoup d’égards, un retour à une conception antérieure de la démocratie. Elle donnait voix à ceux des objectifs des Noirs qui pouvaient parler à tous. Elle s’en prenait au racisme, pas seulement au racisme blanc, mais au racisme en général. Le mouvement du Black Power, qui a démarré au milieu des années 60, semblait beaucoup plus militant – il accusait Martin Luther King et d’autres leaders de la première phase de ce mouvement d’être des réactionnaires bourgeois -, il a réellement reformulé les objectifs du mouvement noir. Il s’en prenait au racisme blanc comme si le racisme était un phénomène réservé aux Blancs, d’une manière qui rendait beaucoup plus difficile une redéfinition de la lutte des Noirs – au fond, il s’agissait de redéfinir les Noirs des Etats-Unis comme un groupe d’intérêts parmi d’autres, réclamant sa part du gâteau sans formuler aucune revendication d’ordre général. »

On le voit Christopher Lasch distingue deux lignes divergentes au sein de l’antiracisme : une ligne universelle, représenté par la figure de Martin Luther King, face à une ligne communautariste, représenté par Malcolm X et dont la progression s’est faite parallèlement à celle de la « culture du narcissisme ». Il nous semble que cette distinction existe toujours à notre époque et que, si le courant universaliste nous permet d’entrevoir à l’horizon la fin du racisme, le second courant peut nous entraîner pour une durée indéterminée dans le cercle vicieux des communautarismes (la montée d’un communautarisme renforçant toujours les autres).

C’est pour cette raison qu’il serait judicieux pour LFI de distinguer ces deux courants, de se réclamer de l’antiracisme universel (ou patriotique) et de produire une critique de l’antiracisme communautariste vers lequel la gauche culturelle a tendance à incliner. Cela ne nous couperait aucunement des populations de banlieues car la principale demande des gens ordinaires qu’on y trouve est bien « d’être considéré comme des français comme les autres » et non pas de porter sa religion ou sa couleur de peau comme un étendard de combat. Cela serait une erreur de considérer que des groupes tels que le PIR [3], qui défend une vision communautariste de l’antiracisme, seraient populaires en banlieue. En réalité la grande majorité des gens ordinaires de banlieues formulent une demande équilibrée d’égalité républicaine qui s’inscrit dans l’intérêt général. Ils voient la devise républicaine sur le fronton des mairies et demandent à ce que cela soit appliqué, voilà tout. Il nous semble par ailleurs que l’antiracisme communautariste est l’apanage de quelques bourgeois issus de l’immigration disposant d’une forte caisse de résonnance médiatique, mais sans soutien de masse dans les communautés concernées.

Rappelons également la notion de racisme objectif et subjectif formulée par Emmanuel Todd [4]. Celui-ci rappelle le fait que l’on observe historiquement une montée du racisme lors de chaque période de dégradation économique, et en conclut que, pour le combattre, il convient avant tout d’améliorer la situation économique de la population. Les politiques économiques libérales, sources des maux économiques actuels, sont donc ainsi objectivement racistes bien que son aile gauche représenté par le PS se pense antiraciste. Ce parti est donc dans une situation d’un antiracisme subjectif mais dans la pratique impulse des politiques objectivement racistes (au sens où elles favorisent les conditions du racisme).

Pour un féminisme des modestes

Toujours dans la même logique de divorce nécessaire entre le socialisme et la gauche culturelle, il convient également d’aborder la question du féminisme. On constate en effet la prééminence médiatique d’un certain féminisme mondain (lui aussi venu des Etats-Unis et emblématique de la gauche culturelle) dont il convient pour LFI de se démarquer pour proposer un féminisme des modestes, des invisibles, qui s’appuierait sur les problématiques et revendications formulés par les femmes ordinaires, caissières, femmes de ménage, ouvrières, agricultrices, etc. Et si les féministes d’aujourd’hui défendent parfois des idées justes, il faut souligner avec ironie le caractère futile de certaines de leurs propositions (songeons à l’écriture inclusive, ou à la réécriture d’œuvres littéraires anciennes jugées trop offensantes envers les femmes), bien éloignées des préoccupations des femmes ordinaires.

Sur l’immigration

L’immigration nous semble être aujourd’hui un point de divergence important entre classes populaires et classes éduquées, et sur ce point également le socialisme permet une troisième voie, entre la libre circulation totale des hommes, d’essence libérale (et défendu par son aile gauche), et la fermeture totale des frontières, d’essence nationaliste et chauvine. Rappelons à ce propos que les socialistes originels critiquaient l’immigration comme outil du Capital [5] afin de faire pression à la baisse sur les salaires et avoir une main-d’œuvre plus « docile », en même temps qu’ils défendaient les droits et la dignité des travailleurs étrangers présents sur le territoire. Un compromis national est aujourd’hui possible et nécessaire sur cette question et LFI serait bien avisé de travailler à ce compromis plutôt que d’être aligné sur les positions de la gauche libérale. Pour ce faire, la proposition de Jean-Pierre Chevènement [6] qui propose une distinction entre réfugiés politique et immigration économique afin de faciliter l’accueil des premiers et restreindre celui des seconds parait équilibré et une bonne façon de réduire les flux de migrations en ayant un critère humaniste : et en effet quel est le sens d’une immigration économique dans un pays comptant 10% de chômage ? Cela n’est pas défendable en vérité mais, ceci dit, vouloir réguler le flux d’immigration ne veut pas dire que nous ne devons pas défendre les travailleurs étrangers présents sur le territoire, ni que les brutalités policières envers les immigrés doivent être mise sous le tapis.

Le président Macron, qui souhaite restreindre voire stopper l’immigration économique, semble actuellement se diriger vers la solution préconisée par Chevènement. De ce fait il traite les effets de l’immigration, mais il ne peut pas en dénoncer les causes car cela implique une critique du capitalisme, de la géopolitique otanienne et de la Françafrique dont le président est tous trois garant. Le positionnement équilibré pour LFI serait de proposer de traiter et la cause et les effets en se prononçant pour une régulation de l’immigration d’une part, et d’autre part en brisant les réseaux mafieux de la Françafrique, en dénonçant les guerres de l’Otan, et en soutenant politiquement les travailleurs africains.

Conclusion

L’électorat de Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles de 2017 a révélé un inter-classisme typique du socialisme à la française avec des résultats assez homogènes (trop en l’occurrence) par classes sociales. Et s’il est certes bon de réaliser un score de 19% chez les cadres mais on peut raisonnablement penser qu’il sera difficile de faire mieux et qu’un plafond a été atteint. Du côté des classes populaires on peut dire que le résultat est décevant en tout cas insuffisant : 24% et 22% pour les employés et les ouvriers, sans compter les masses d’abstentionnistes. Il parait évident que la grosse marge est à faire à ce niveau-là. C’est pourquoi il nous parait nécessaire de mettre la question économique et social au cœur de notre programme en ne se laissant pas entrainer dans les débats entre gauche culturelle et droite réactionnaire -débat qui apparait de plus en plus comme une supercherie pour la population- mais en cherchant dans ces questions sociétales une troisième voie socialiste.

La critique socialiste, la critique de l’Argent, n’a jamais eu autant d’actualité et de pertinence qu’à l’heure actuelle où le néo-libéralisme règne sans partage depuis plus de 30 ans. C’est la théorie qui permet de comprendre au mieux la société et la place que chacun d’entre nous y tient. Elle parle au cœur et à la raison. Elle possède un potentiel de libération intellectuelle immense qui ne demande qu’à se répandre dans le peuple, aujourd’hui dans une situation de vide idéologique. Nous avons d’excellentes cartes en main. Si nous savons les jouer avec intelligence et sans commettre d’erreur, la partie est quasiment gagnée.

Anthony GELAO

[1Thèse centrale de l’ensemble de ses œuvres.

[2Christopher Lasch et Cornelius Castoriadis, « La culture de l’égoïsme », conversation de 1986 éditée en 2012.

[3Parti des Indigènes de la République.

[4Dans « Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse », 2015

[5Voir « Jaurès, les socialistes et l’immigration  », Gilles Candar, 2007. Les socialistes ne manquaient alors pas de mots durs pour qualifier l’immigration, qui peuvent paraître choquant aujourd’hui. Il fallait certes à cette époque pondérer la doctrine par plus d’humanisme tout comme il faut pondérer aujourd’hui la doctrine par plus de patriotisme.

[6« Les sombres mises en garde de Jean-Pierre Chevènement », interview par Éric Dupin pour slate.fr


COMMENTAIRES  

08/02/2018 17:43 par MF

Excellent et très utile article

08/02/2018 18:53 par guy

Celle-là elle est mal comme phrase :
"Il nous serait très profitable de nous opposer fortement à cela et d’appeler la société à passer à l’âge adulte, et il faudrait pour cela assortir le discours de propositions comme par exemple l’interdiction de la télé-réalité." et on pourrait aussi interdire à la vente le Nutella et fermer aussi tous les hyper-marchés , supprimer des produits toutes marques , les pubs qui sont partout , les émissions animalières soporifiques, les films jugés débiles, j’en passe et des meilleures encore......quand une émission télé m’emmerde, j’éteins la télé, c’est pas plus chinois que cela. Bref, il faudrait rééduquer ce pauvre peuple pas à la mesure de nos enjeux, à qui les formules tel que "la lutte des classes ", n’a plus de résonance dans leurs têtes fêlées transformées en cerveaux disponibles.

"la gauche culturelle n’a plus de combats importants à mener"
Oui, et on a bien vu où cela nous a mené avec Mitterrand que Mélanchon semble toujours vénérer comme une Sainte icône , donc la rupture avec la fameuse gauche dite culturelle n’est qu’un boniment de façade et ça le bon peuple débilisé par la télé réalité le flaire à dix milles. Tout comme les mecs des banlieues, eux n’ont nullement oubliés que sous le fameux Mitterrand leur marche pour légalité, elle a viré à la pure mascarade communicationnelle de type "touche pas à mon pote", avec comme résultat un con de pin’s à se poser sur la poitrine comme ça tout le monde il a été content et les deux mains étaient, elles bien libres pour s’en laver , l’une puis l’autre. Vous avez vous de gros effort encore à faire pour être populaire en banlieue comme ailleurs et à la vue des multiples âneries surplombantes et en cascades que vous nous sermonnez, aussi grosses les unes que les autres , je vois que l’âge adulte que vous préconisez pour la "populace " et est chez vous est loin d’être atteint .

08/02/2018 18:56 par CN46400

"Nous avons d’excellentes cartes en main. Si nous savons les jouer avec intelligence et sans commettre d’erreur, la partie est quasiment gagnée."

C’est qui le "nous" ? La classe ouvrière, le prolétariat, la bourgeoisie ou " les classes éduquées (ayant eu accès aux études supérieures)".?.....

08/02/2018 20:48 par irae

Avant même de lire l’article je vais aux commentaires voir si Cn46 et quelques ne s’y est pas précipité. Gagné ! Les termes France insoumise ont un pouvoir d’attraction tout à fait remarquable sur lui.
Un appeau à commentaires critiques un peu comme les articles sur le nouveau prési pour moi à une petite différence près facile à trouver.

08/02/2018 22:06 par François

Je crois que les idées c’est plus le principal problème. Je rejoins a demi mot CN 46400, non pas que la FI coïncide avec la classe éduquée, mais que la classe éduquée produite par un système qui a tordu le cou à toute forme d’égalité risque d’être le principal frein.
La réussite a accéder a cette classe est de très loin le principal moteur de la jeunesse.
Les dents raclent le parquet, alors c’est pas pour se soucier des miséreux et de cette planète pour laquelle ils font déjà le tri sélectif.

08/02/2018 22:31 par yann

Si les élections pouvaient changer quoique ce soit, il y a longtemps que les classes dominantes les auraient interdites. Or, LFI est un amalgame quasiment uniquement électoraliste avec appartenance par internet et sans militantisme réel. Sans organisations de base, sans militants dans les quartiers et les entreprises, sans lien direct avec le peuple ...Alors ne nous étonnons pas qu’une partie des classes moyennes apeurées par la crise vote pour ce regroupement mais que les classes populaires elles ne le font pas vraiment. Critiquer le soviétisme est dans l’air du temps, seulement les peuples concernés par cette étape historique sont, eux, nostalgiques de ce soviétisme là, car ils ont connu bien pire depuis, avec le système importé de l’Ouest, celui que nous devons abolir ici. Il serait donc bon de faire un bilan objectif du socialisme réel au XXe siècle, de ses réussites comme de ses pannes, avant de pouvoir relancer les mobilisations, au lieu de rêver à un socialisme irréel que la gauche occidentale n’a pas été capable de tenter tout au long du XXe siècle. Et puis cet écologisme qui sonne tellement néo-malthusien et si peu confiant dans les capacités de la science de dépasser par le progrès et des politiques de développement rationnel et planifié les contradictions et les menaces environnementales. Bref FI c’est trop bourgeois branché bobo pour répondre aux désirs des masses.

09/02/2018 08:20 par irae

Bravo pour toutes ces critiques si constructives et qui ouvrent tellement de perspertives et de possibilités.
Ha non à part des critiques aucune alternative crédible. Pour ce qui me concerne mieux vaut une LFI qui oui oui est électoraliste (si c’est pour faire de la figuration ou du témoignage inutiles....) que laisser le champ parfaitement libre aux libéraux et s’accrocher aux planches pourries prétendues de "gôche".
Et pendant qu’ici ça glose et ça joue les fins connaisseurs de la langue francoâse dans le plus pur mépris de classe qui se soucie de ceux que leur milieu et le système scolaire organisé pour les maintenir dans l’ignorance laissent aux mains des prédateurs libéraux ou fascistes ? Je n’ose plus écrire ouvriers ou employés il parait sur un site prétendument de "gôche" que ça fait vieux ringard marxiste.
Alors les fins théoriciens une petite suggestion pour sortir de cette spirale mortifère en remplacement de votre repoussoir de confort ? Et puis si cela vous réconforte (mais de quoi ? des 19 % de la présidentielle ?) au lieu de vous concentrer sur l’intérêt de moins privilégié que vous faites-vous plaisir.

09/02/2018 09:17 par CD

L’antiracisme universaliste que je défends est plus humaniste que patriote !
cf : Misère de l’antiracisme politique - Défense de l’antiracisme universaliste. Christian DELARUE
http://amitie-entre-les-peuples.org/GRANDEUR-ET-MISERE-DE-L-ANTIRACISME-POLITIQUE-DEFENSE-DE-L-ANTIRACISME

09/02/2018 11:07 par Jean-Yves Leblanc

Bravo à l’auteur pour cet article et surtout bravo au Grand Soir pour avoir le courage de le publier.
Pourquoi dis-je "courage" ? Parce que les sympathisants de la France Insoumise (donc probablement la majorité des lecteurs du GS) sont prompts à se cabrer dès qu’une critique est émise. Or la critique est fondamentale pour avancer.
L’article de A. Gelao ne porte que sur le "sociétal". C’est un bon angle d’attaque car pour une grande partie de la jeunesse et des classes éduquées Insoumises, le sociétal est le principal marqueur d’une sensibilité de gauche radicale (avec l’écologisme). Or, comme le montre Gelao, ce terrain a été complètement investi par le libéralisme mondialisé et est devenu le champ de manoeuvres de la "gauche culturelle" qui interdit toute pensée déviante à coups d’anathèmes ("rouge-brun !", "facho !", "raciste !").
Faute d’une réflexion sans concessions au sein des Insoumis sur le volet sociétal mais aussi sur les volets de l’Europe, de l’écologie et de l’économie, LFI ne pourra pas être une force populaire et, si elle parvient de justesse au pouvoir, elle risque fort d’être un Syriza bis.
De plus, on ne peut pas vouloir oeuvrer à l’établissement du socialisme tout en criminalisant les expériences socialistes du 20ème siècle. C’est carrément schizophrène et le peuple ne comprend rien à ce grand écart, d’autant plus qu’il n’y a qu’à gauche qu’on se livre à ce travail d’auto-destruction. D’où, comme le suggère Yann (dont je soutiens le commentaire), la nécessité d’une analyse objective du "soviétisme" qui ne se fonde pas sur les mensonges de guerre froide et aussi d’une réappropriation de notre passé socialiste (au vrai sens du terme).

09/02/2018 11:14 par CN46400

@ IRAE
" Je n’ose plus écrire ouvriers ou employés il parait sur un site prétendument de "gôche" que ça fait vieux ringard marxiste." Bienvenue au club. Mais ce qui est vraiment déconseillé c’est plutôt : classe ouvrière, bourgeoisie, prolétariat, capitalisme (variante amère du libéralisme). Par contre, je constate qu’une révolution est en préparation, à usage exclusif des "classes éduquées (ayant eu accès aux études supérieures)".? Et j’ai égaré les certificats nécessaires pour y participer....

09/02/2018 11:21 par Assimbonanga

La critique est aisée, mais l’art est difficile. Toute initiative est forcément critiquable, mais il faut au moins apprécier qu’elle existe. Dans un monde en plein bouleversement, heureusement que des gens se rassemblent dans un effort d’honnêteté pour sauver les meubles du prolétariat, quand bien même ils n’ont pas la recette miracle. Du moins faut-il essayer !
Toutefois, si je puis me permettre d’insister, je trouve que sur LGS on ne fait fait guère cas des Zadistes qui sont tout de même les seuls en ce moment à remporter une victoire, de haute lutte. Combien d’années à se peler les meules et patauger dans la bouillasse ? Expérimenter une autre forme d’organisation sociale ? BRAVO
Je trouve aussi que nous sommes tous soumis à des idées fixes comme celle de l’emploi. Est-ce la vie ?
Aujourd’hui, deux sociétés privées viennent de remporter le marché de la surveillance des parkings avec le pouvoir de mettre des PV, presque en douce. Le fait accompli. Et maintenant, on ne s’en débarrassera plus. Elles nous feront le chantage à l’emploi.
La lutte est sur tous les fronts, dans les moindres recoins. Notre monde est en pleine recomposition sous l’effet des technologies et les technocrates et capitalistes, avec leur entrisme et leur dynamisme motivé par le profit, nous prennent de vitesse. Nous ne savons plus où donner de la tête et LFI ne peut pas matériellement parer à tous les coups. On arrive forcément souvent trop tard.

09/02/2018 12:18 par Buffaud

En effet, on dirait du Macron … comment peut-on parler de différence entre réfugiés et immigrés « économiques » lorsque ces derniers fuient la misère et la faim ? Je doute que de telles orientations soient largement partagées au sein de la FI…

09/02/2018 13:32 par Georges SPORRI

Si on doit retenir une idée du vieux Hegel c’est la suivante : lorsqu’un parti nouveau se crée il contient en lui même le principe qu’il combat / Ce n’est qu’en traversant une crise et en subissant une scission qu’il pourra éventuellement donner naissance à un parti vraiment nouveau ... La FI doit, à mon avis, renoncer aux niaiseries écologistes qui crétinisent son programme sans cependant renoncer à critiquer la relation bornée ( et mortifère ) que le capitalisme entretient avec la nature ... Pas facile !
Ils devraient aussi éviter absolument les postures opportunistes du type soutenir le général De Villiers contre Macron alors que cet épisode n’était qu’un show médiatique et une escroquerie ...

09/02/2018 14:30 par Geb.

comment peut-on parler de différence entre réfugiés et immigrés « économiques » lorsque ces derniers fuient la misère et la faim ?

A peut près comme on peut parler de celui qui souffre de malnutrition et qui est SDF,et qui tente de trouver une solution à ses misères... Et celui qu’on est en train de pousser du 15éme étage de l’immeuble et dont la mort est imminente et qu’on sauve dans l’urgence.

Dans les deux cas, ni l’urgence, ni la solution, ne sont au même niveau de priorités.

La question ayant été posée, je pense que la réponse est qualifiée pour y répondre ???

09/02/2018 16:18 par Autrement

Par Gildas Le Dem, article suggestif sur le site de Regards, intitulé "Classes ou pas classes"

Le débat fait à nouveau rage à gauche. Une stratégie de reconquête politique doit-elle passer par un retour à un discours de classe, centré sur la lutte des classes et l’anticapitalisme ? Ou, au contraire, se concentrer sur la construction d’une force populaire plus large, capable de fédérer – et surtout d’articuler – des demandes catégorielles hétérogènes, et d’opposer au néolibéralisme des revendications assez transversales pour contester et renverser son hégémonie ?
À vrai dire, le débat, tel quel, n’a pas beaucoup de sens. D’abord parce que Marx lui-même évoquait déjà, dans ses écrits sur la Commune, la nécessité d’une alliance des classes populaires et des fractions des classes dominantes pour constituer une "forme expansive" de gouvernement par et pour le peuple. Ensuite parce que ce qu’on appelle "populisme de gauche" ne signifie pas l’effacement d’une pensée en termes de classes et de luttes des classes.

Voir la suite sur le site.

09/02/2018 17:55 par François

« Or, LFI est un amalgame quasiment uniquement électoraliste avec appartenance par internet et sans militantisme réel »
C’est quoi un amalgame électoraliste ? Et une appartenance par Internet. Et le militantisme réel ?
Parce que militant, je connais, il y a un bureau a 2 pas de chez moi.
Mais le militantisme réel ??
« Sans organisations de base, sans militants dans les quartiers et les entreprises, sans lien direct avec le peuple »
Autant de contre vérité et de mauvaise fois en seulement deux phrases, c’est peut etre pas la peine que j’aille plus loin !

09/02/2018 23:38 par Marianne la République inachevée

Article intéressant, mais dommage pour les raccourcis dans les commentaires (surtout),sur la FI, dommage. Contrairement à ce que j’ai lu, écouter les critiques c’est la base pour la FI, tant que ces critiques portent sur des choses vraies et sur le fond, et pas sur des déformations ou de la propagande..
On dirait que les gens qui parlent d’électoralisme n’ont pas compris le Front de Gauche et la France Insoumise depuis 2009 jusqu’à aujourd’hui. La ligne n’a pas bougé en réalité, ça a toujours été écosocialiste, et c’est par conviction.. L’élaboration longue et participative du programme de la FI avec participation des militants sur la base du programme du FdG a permis d’approfondir et d’amender certains thèmes, mais les piliers du programme sont toujours là. Il faudra expliquer en quoi ce programme est "électoraliste". Rien dans ce programme n’est fait pour attirer le chaland (d’ailleurs, certains points font toujours tourner de l’oeil à la presse et une certaine partie des gens), c’est le fruit de convictions et de réflexions dans un programme radical mais concret qui met l’humanisme, l’écologie, la république, l’universalisme, l’indépendance, la souveraineté, la relance par la demande, le progrès, etc... au premier plan. Personnellement, le fait de passer l’écologie au second plan pour "moins faire bobo" (alors que le programme éco de la FI repose sur la transition et planification écologique en plus...) et de refuser totalement l’immigration économique pour attirer les Fnistes ou des gens de droite un peu paumés serait justement éminemment électoraliste, en plus de nier une partie des valeurs que la FI porte. Bien sûr, tout n’est pas parfait dans le mouvement (par exemple les communautarismes un peu minimisés, le plan A pour l’Europe un peu flou, et quelques petits trucs...) mais pas mal des points que soulève l’article sont quand-même un peu plus nuancés dans le programme : sur l’immigration, la FI veut justement stopper les causes - libre échange, Françafrique, pillage de ressources, guerres ; ... ) avant tout, et certes accueillir les immigrés économiques, mais ceux qui ont un contrat de travail, ça me semble raisonnable.
Si vous voulez relever des points du programme précisément qui semblent incomplets (go www.laec.fr pour le lire) ou qui manquent de nuance, hésitez pas. D’ailleurs on peut encore faire des contributions sur le site FI en contactant ceux qui s’occupent du programme, ce qui est bien sympa.

10/02/2018 00:16 par Autrement

Curieux, qu’il y ait encore des "camarades" qui prennent la FI pour un ramassis de groupies sans conscience politique, menés en bateau par un arriviste... !

10/02/2018 09:12 par Ljubane

Cet article essaie de confronter/rapprocher les idées de Michéa à celles de la FI, le mieux est de lire Michéa et de se rendre compte de ce qu’il critique. Sur le jeunisme de la société capitaliste et la décroissance il faut lire Le complexe d’Orphée, sur les fondements du capitalisme, L’empire du moindre mal, enfin les rapports entre la gauche et le capitalisme, Impasse Adam Smith. Michéa est un lecteur assidu d’Orwell, de Guy Debord et de Christopher Lasch et de son essai brillant sur les conséquences du capitalisme, La culture du narcissisme. Pour agrémenter ce petit programme la lecture de Thomas Frank, Pourquoi les pauvres votent à droite, est à mon avis plus que nécessaire. Enfin l’interview de Michéa sur le site Ballast, https://www.revue-ballast.fr/jean-claude-michea-on-ne-peut-etre-politiquement-orthodoxe/ est intéressante.

Se contenter de cet article est à mon avis plus qu’insuffisant, en tout cas pour ceux qui souhaitent réellement un débat au sein de la FI. La notion de "gauche culturelle" est à sérieusement affiner, si l’on veut éviter une forme d’essentialisme ou encore de considérer que la culture est antinomique au peuple, car il y a une culture populaire qui n’est pas celle que propose l’idiocratie libérale (la formation syndicale entre autres). Le milieu ouvrier n’est pas fait seulement de gens incultes sans conscience politique avec des tendances racistes (point de vue justement de cette gauche que Michéa/Lasch critiquent) comme le milieu intellectuel n’est pas non plus les collaborateurs du capitalisme, préparant le terrain pour faire accepter à tous la déconstruction des valeurs humanistes, Michéa dirait traditionnelles. Il y a plus simplement des intellectuels qui ont le culte du pouvoir et qui font de la culture/du savoir un moyen de dominer l’autre. Michéa se sert d’une notion trouvée chez Orwell celle de "common decency" (que personnellement je traduirai non pas par commune décence mais plutôt par bienveillance), une manière d’être au monde qui serait une des qualités fondamentales du peuple. Peut-être ai-je mal compris mais j’ai l’impression sous la plume de Michéa qu’il s’agit de quelque chose d’innée, que le capitalisme saboterait au nom de l’intérêt bien compris cher à Adam Smith. Il y a là un serpent de mer philosophique qui consiste à présumer une nature bonne à l’homme (Rousseau) détruite ensuite par la société. Le contrepoint à cette bienveillance innée serait par exemple Thomas Hobbes et son fameux "l’homme est un loup pour l’homme". Et présupposer une nature à l’homme mène à mon avis à une impasse, et je crois que pour éviter cela la lecture de Marx est plus que nécessaire.

10/02/2018 10:40 par Autrement

Merci à Marianne République inachevée...mais clairvoyante !
J’ajoute ceci comme critique à certains commentaires : vouloir opposer les intellos (prétendument "élite") et les prolos (prétendument infériorisés), sans voir les INTÉRÊTS COMMUNS, qu’ils ont à défendre en commun, face au capitalisme dévastateur, c’est tomber dans le piège grossier - mais qui marche toujours - tendu par le pouvoir : diviser pour régner !

10/02/2018 20:45 par CN46400

@ autrement
"D’abord parce que Marx lui-même évoquait déjà, dans ses écrits sur la Commune, la nécessité d’une alliance des classes populaires et des fractions des classes dominantes"
Alliance du choux et dela chèvre, le grand retour de Marx c’est aussi cela, lui faire dire le contraire de ses pensées

11/02/2018 00:04 par Geb.

Désolé mais de Marx je ne connais que ce qu’il a écrit.

Ce qu’il a pu dire et qui a été rapporté je ne le connais que de deuxième main, et donc je n’ne tiens pas compte, et ce qu’il a pu penser..???.

Qien Sabes ?

11/02/2018 00:13 par Georges SPORRI

Pour qu’une " révolution " soit possible il faut qu’une ou plusieurs fractions dominées de la classe dominante " trahissent " les intérêts de la classe dominante et se rallient au programme communiste // Cela ne peut se faire que si le prolétariat est solidement mobilisé pour la défense de ses intérêts et dirigé par un parti qui ne radote pas ... D’où l’importance de renoncer aux " psychoses " de la petite bourgeoisie en déclin ( écologisme millénariste , dette écologique , règle verte , harmonie avec la nature et les animaux , croissance infinie impossible , monde fini ...etc ) .

11/02/2018 10:06 par Assimbonanga

Ce jeune prolétaire, plâtrier-plaquiste, ne se l’est pas fait dire : il déserte le monde merveilleux promis par le patronat. Il a pris la tangente de sa propre initiative. Adieu sainte entreprise ! https://www.youtube.com/watch?v=OB9iZLXBJog
Dites, Georges, et si vous arrêtiez cette technique de vouloir tout mettre dans un grand sac avec la ferme volonté de ne rien capter ? (exemple : "écologisme millénariste , dette écologique , règle verte , harmonie avec la nature et les animaux , croissance infinie impossible , monde fini ...etc") Georges ! Il faut actualiser vos données !!!! La jeunesse pousse. Ne vous vitrifiez pas !

11/02/2018 10:09 par Assimbonanga

Mais qui Anthony Gelao ? Au nom de qui parle-t-il ? "Et ceci pour plusieurs raisons, il nous semble tout d’abord que..."

11/02/2018 14:11 par ljubane

Georges, si considérer que le monde est fini, et que la croissance n’est pas infinie relève d’une psychose, je suis bien heureux d’être fêlé et ainsi de laisser passer la lumière (comme le dit le proverbe). Ou bien ranger ces idées dans la case "petit bourgeois", je veux bien être un petit bourgeois... à condition que ceux qui ont la vérité veuillent bien discuter avec les fous ou les petits bourgeois. Une bonne manière effectivement d’empêcher toute remise en question est de psychiatriser un discours ou encore de le considérer comme celui de l’ennemi... et je me permets d’inverser le propos mais avec quelques arguments, considérer la nature comme un stock dans lequel sans aucune retenue je me sers comme si je possédais cette nature relève du rapport que la bourgeoisie a avec le monde, ouvriers compris puisque nous sommes la nature. Dès lors l’employé comme la nature appartient aux bourgeois et peu importe l’éthique tant que ce stock (humain) rapporte de l’argent... quand il ne rapportera plus rien il faudra s’en débarrasser. La décroissance n’est pas seulement une façon économique de considérer le monde mais une manière d’être au monde, éthiquement viable. L’idéologie d’un progrès matériel infini réglant les dissensions entre les hommes est la colonne vertébrale de l’idéologie bourgeoise, le bien-être est toujours remis au lendemain pour les exploités, quand les conditions matérielles seront favorables... c’est la recherche infinie du bien-être dans l’objet. Au vu de la situation, l’écologie semble une question essentielle, et que la FI la mette en avant est tout à fait normal.

11/02/2018 14:24 par Anthony Gelao

Bonjour à tous et merci à LGS d’avoir publié mon article. Mon intention avec ce papier était de mettre les pieds dans le plat et de provoquer des débats et non pas de me tenir face à vous en tenant le flambeau de la Vérité entre mes deux mains. Tout ce que je dis dans le texte est sujet à débat et n’est qu’une esquisse rapide et générale qu’il conviendrait de creuser.

Concernant l’expression "classes éduquées", qui m’est pas mal reproché, je l’ai emprunté à la terminologie d’Emmanuel Todd, que je trouve pertinente. Je vous conseille de lire Todd ainsi que les autres auteurs cités dans le papier. Beaucoup de mauvaise foi et de critiques à coté de la plaque dans les commentaires, toutefois je remercie les critiques constructives comme celle de Ljubane par exemple.

Je ne suis qu’un honnête citoyen socialiste qui réfléchit. J’ai écris ce texte dans mon coin et je l’ai proposé à LGS qui l’a publié voilà tout.

11/02/2018 14:42 par Assimbonanga

Bonjour Anthony Gelao. Comment êtes-vous socialiste ? Dans le sens qui était le sien au XIXe et début XXe ? Ou d’appartenance au parti socialiste ?
(J’ai donc eu raison de chercher à savoir qui était ce "nous" que vous employez car finalement, vous avez écrit ce texte "tout seul dans votre coin". C’est pas des façons, ça !)

11/02/2018 15:18 par Georges SPORRI

@ Assimbonanga // Je vais peut être m’installer dans la ZAD, dans une tiny house bricolée dans un container de la marine marchande ou dans une yourte / Et pour manger j’irai gratter la terre avec mes ongles à la recherche de racines comestibles / Je m’éclairerai avec des bougies et lors de 40 jours de l’année sans vent ou sans pluie je me déplacerai en vélo ( en attendant qu’on me donne un âne et une carriole ! ) ... Ouf ! Je vais être très heureux ...

11/02/2018 18:21 par Anthony Gelao

@Assimbonanga : Socialiste est à entendre aux sens du 19e bien évidemment, il n’y a rien à tirer de bon du PS et grand dieu jamais je n’en ferais parti, mais c’est vrai que cela porte à confusion et c’est bien dommage car je trouve le mot "socialisme" parfait, mais bon peut être faudrait-il en inventer un nouveau..
Pour le "nous" et bien on m’a appris à utiliser "nous" à la place de "je" dans les rédactions lorsque j’étais à l’école.

11/02/2018 18:30 par Assimbonanga

Aaaah ! Georges vous me voyez ravie de votre conversion express. (Peut-être simulez-vous, mais vos joyeux délires ne correspondent pas à ce que vivent les gens et que les vidéos par moi ici envoyées montrent en toute simplicité.) On laisse cheminer ?

11/02/2018 18:49 par Georges SPORRI

@ Ljubane // ça va vous surprendre mais je suis pour la permaculture / Le bassin endoréique du lac Eire ( Australie ) mesure 1 200 000 km2 / Nous pourrions y construire un swale en forme de spirale de 60 000 km alimenté en eau douce par une usine de désalinisation , histoire de planter quelques millions d’arbres ou d’arbustes ... On appelle cette activité afforestation ...
A part ça je constate que beaucoup pensent que sciences-techniques-industries-progrès = capitalisme et je ne partage ce point de vue qui ne tient pas la route ... Ce serait un gros progrès de foutre 100 000 habitants de plus dans la Creuse, 700 000 en Guyane Française et 200 000 000 en Australie , mais le capitalisme qui entretient un rapport borné avec tout ( la nature et l’humanité ) ne le fera que si ça devient rentable à court terme !
NB : j’ai écrit "psychose" entre guillemets pour signaler qu’il ne faut pas prendre ce mot au premier degré ... Lorsqu’une classe sociale se décompose elle produit des idéologies aberrantes !

11/02/2018 19:26 par Assimbonanga

OK ! Anthony. A l’usage, on s’aperçoit que ce "nous" prête à confusion car ici on n’est pas à une soutenance à la Sorbonne !

12/02/2018 08:12 par ljubane

Georges, je crois seulement que vous ne prenez pas conscience du rapport que vous entretenez avec le nature, c’est-à-dire avec nous-mêmes, et dès lors avec les autres. Vous regardez la nature qu’en terme de rendement, et je connais ce type de société qui ne regarde que les choses en terme de profit. La Guyane est protégée, pour quelles raisons ? et demandez aux aborigènes ce qu’ils pensent de votre idée. Quand à vos propos sur les zadistes, ils sont encore à la hauteur de votre ignorance, voilà des gens de tout horizons qui réinventent la solidarité, l’égalité, les réunions chaque semaine pour régler l’intendance, les conflits, qui recréent une manière de vivre et de travailler qui donne du sens à l’existence, et qui résiste à la création d’un aéroport qui sera utilisée avant tout par une classe sociale qui décide à notre place, et vous, vous caricaturez... voilà où vous en êtes.
Cela dit pour revenir à l’article qu’il s’agit de commenter, j’ajoute que la lecture de Michéa/Lasch est d’autant plus "choquante" que nous sommes nous-mêmes enfermés dans des clichés nourris par les pseudo-socialistes. La question de la souveraineté nationale en est un exemple, pour certains cette idée n’est pas de gauche mais de droite car ils ne différencient pas patriotisme et nationalisme. Le rapport à l’immigration est du même acabit, soit vous êtes racistes/xénophobes ou bien vous devez accepter l’immigration sans réfléchir aux questions et problèmes que cela provoque. La gauche culturelle au sens de Michéa est celle qui fait du monde un scénario à la Disney représenté par ses meilleurs réalisateurs (de Bush à Trump), c’est-à-dire un monde manichéen ou tout est simple avec d’un côté les méchants (les rouges-bruns par exemple) et de l’autre les gentils (les libéraux). Les gentils ne peuvent pas penser la complexité, pour eux ce qui dépasse un scénario hollywoodien est incompréhensible. C’est aussi la même difficulté pour eux de comprendre les questions géopolitiques, la décroissance, le néocolonialisme, et tout développement qui ne serait pas rentable. Et notre difficulté tient au fait non pas de convaincre le peuple mais de convaincre ceux qui sont dans notre propre camps. Le peuple n’a pas besoin de beaucoup pour être convaincu il l’est par son quotidien.

12/02/2018 10:36 par Assimbonanga

Georges Sporri a un peu la folie des grandeurs. Ou alors il se prend pour Léonard de Vinci. Les zadistes, eux, sont sur le terrain. Georges a tort de les traiter de "bien mignons" car les Zadistes, avec des moyens dérisoires et économes, réalisent des choses. Georges, est-ce que toutes vos grandes théories ont un début de commencement dans le réel ?
Mais pardon, peut-être êtes-vous heureux dans vos délires et je vous détraque votre équilibre... Il vaut mieux vous laisser rêver. Toutefois, si vous rêvez, n’imposez rien à autrui !
Et pour finir : l’immense mérite et talent des Zadistes résident dans leur capacité au collectif. Sans tomber dans l’uniformité ni l’autoritarisme. Si j’osais, je dirais qu’ils sont une amélioration du communisme, à la lumière des erreurs passées.
Bien se souvenir qu’au Larzac, la terre n’est plus une propriété privée. Vont-ils réussir à obtenir la même chose à NDDL ? C’est tout l’enjeu. SOUTENONS-LES.

12/02/2018 11:56 par Georges SPORRI

@ Assimbonanga / Bien sûr que je soutiens les ZADistes pour des raisons marxistes / Dans le Manifeste du PC Marx nous demande de soutenir , au moins contre la répression de l’état bourgeois , tous les mouvement qui contestent l’ordre économique et social dominant / Cependant la défaite du gouvernement m’amuse beaucoup plus que la victoire des ZADistes ... Je crois d’ailleurs que la "victoire du Larzac" n’a rien changé globalement , n’a empêché ni Chirac ni Sarkozy , vi Valls ni Macron ... Et le plus grand leader du Larzac est devenu un triste député écologiste qui publie d’inutiles et douteuses insultes contre JLM co-signée avec Cohn-Bendit ...
Mes provocs futuro-cubises sont une tentative de défendre un point de vue marxiste , très peu de militants savent que Marx était pour l’abondance, l’industrialisation des tâches ménagères , la répartition de l’humanité sur toute la surface de la terre, l’abolition de la famille, l’abolition de la division du travail, la disparition des nations ... Les militants très actifs n’ont pas l’occasion d’en parler car ils sont prisonniers de l’actualité et submergés par la bêtise ambiante ...

12/02/2018 18:05 par babelouest

@Georges Sporri
En revanche, la ZAD de Notre vDame des Landes ne fournira à la nation nul député véreux. Ce n’est pas le style de la maison. Je rappelle à cette occasion-là que d’assez nombreux militants de la ZAD avaient, quarante ans plus tôt, fait le déplacement pour soutenir les gens du Larzac, y compris mon copain Dominique qui en avait fait une chanson reprise par tous.

https://www.youtube.com/watch?v=hPcNqwOI4Hg

Je me souviens trop de la tête de Dominique, le jour où un autre de ces militants a été accompagné à sa dernière demeure. Michel, tu resteras à jamais vivant parmi nous. Ton bâton de lutte pacifique a été inhumé avec toi. Tu avais été une cheville ouvrière du syndicalisme paysan.

http://www.confederationpaysanne.fr/gen_article.php?id=852

12/02/2018 18:39 par ljubane

Et bien Georges merci de revenir à Marx. Je te conseille dès lors la lecture qu’en fait Michéa dans Notre ennemi, le capital (pour rester dans le sujet). Cela dit l’analyse de Marx est plus que pertinente sur de nombreux points, seulement (comme dit dans un autre post), il n’est pas immunisé vis-à-vis d’une mauvaise appréciation, voire une erreur, ou pire qu’il se soit littéralement trompé. Et bien c’est le cas, la révolution russe n’était pas prévu dans son analyse puisqu’il manque le stade de la bourgeoisie à la Russie tsariste pour passer au communisme. Marx avait-il prévu que la dictature du prolétariat, ou plutôt la bureaucratie dépouille l’ouvrier de ses droits les plus fondamentaux ? Lui qui conseille encore pour prendre le pouvoir de s’allier à d’autres forces politiques, Mélenchon doit-il s’allier aux socialistes (la gauche culturelle) ? Marx avait-il prévu que le développement matériel comme il le conçoit est le fer de lance de la bourgeoisie actuelle ? Peut-être à condition de lire le fétichisme de la marchandise comme contrepoint à ce développement des objets morts. En ce qui concerne la technique devenue idéologie, c’est-à-dire la technologie, je préfère largement Heidegger qui a un discours qui m’apparaît beaucoup plus pertinent que celui de Marx, dans Essais et Conférences (le 1er texte de l’ouvrage dans l’édition Tel Gallimard). Rappelons que Marx n’est pas dieu, Marx a existé lui et il n’est pas omniscient.

12/02/2018 19:27 par Assimbonanga

Georges Sporri en clair, waouh ! Super. Le Larzac n’a bien sûr pas empêché de grands fléaux tels que les sauterelles, Chirac ou Sarko, , mais à chaque jour suffit sa peine ! La propriété collective des terres, mazette, c’est pas rien. Même si ce n’est que sur 6300 hectares. Un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’humanité. Appréciez ! Savourez !
Déjà à NDDL , la Fnsea commence à se positionner pour l’empêcher. La propriété collective des terres, Ô mon dieu !!! Tout mais pas ça. La FNSEA commence à vouloir mettre son grain de sel et tout ramener dans son giron. DANGER. Consulter Campagne Solidaire, le magazine de la Confédération Paysanne. Je l’ai reçu aujourd’hui.

12/02/2018 19:30 par Georges SPORRI

@ Ljubane / Marx avait prévu que la première révolution communiste victorieuse risquait malheureusement d’avoir pour contexte la Russie ( cf correspondance Marx - Plekhanov ) et que dans ce cas elle ne serait qu’une révolution double : politiquement communiste et économiquement bourgeoise . Il préconisait de tenter d’exporter cette révolution le plus tôt possible vers l’ouest pour escamoter cette phase qui s’appellera plus tard la NEP... Les 2 actes les plus révolutionnaires de l’URSS furent la création de la 3ème internationale et le congrès de BAKOU ... La pire déviation fut la théorie stalinienne de " construction du socialisme dans un seul pays " dictée par les circonstances mais totalement vouée à l’échec .

12/02/2018 21:59 par CD

Quand l’axe droite-gauche disparait des radars c’est le combat social d’en-bas qui disparaît et c’est l’axe souverainiste dedans-dehors ou eux-nous qui apparait ! Et si c’est souvent bon pour le 1% d’en-haut ce ne l’est pas pour toutes les classes populaires qui sont souvent oubliées derrière la nation

13/02/2018 08:39 par cunégonde godot

CD :
Quand l’axe droite-gauche disparait des radars c’est le combat social d’en-bas qui disparaît et c’est l’axe souverainiste dedans-dehors ou eux-nous qui apparait ! Et si c’est souvent bon pour le 1% d’en-haut ce ne l’est pas pour toutes les classes populaires qui sont souvent oubliées derrière la nation

L’axe droite-gauche aujourd’hui est un leurre. M. Macron, en s’appuyant sur la gauche autant que sur la droite, mais surtout sur toutes les composantes de l’idéologie "progressiste" (et donc "degauche") est en train de détruire ce qui reste d’un certain socialisme démocratique à la française que le parti communiste et un certain gaullisme avaient mis en œuvre après-guerre.
C’est ça l’ "Europe" (si nouvelle)...

15/02/2018 15:32 par Assimbonanga

"un certain socialisme démocratique à la française que le parti communiste et un certain gaullisme avaient mis en œuvre après-guerre."
en s’affrontant ! En se menant la vie dure ! Dans un rapport de forces ! Faudrait pas perdre la mémoire et accréditer cette nouvelle version d’une époque revue et corrigée pour le plus grand bien de ceux qui veulent faire passer de Gaulle pour un gentil garçon ! C’était un réac’ assisté d’une forme de barbouserie. Oh ! Hé ! Ho !

15/02/2018 20:51 par Christian D

L’axe gauche-droite n’est pas un leurre, c’est la gauche ex-PS d’en-haut - dans le 1% - qui veut un peu de charité et bcp de casse sociale qui est un leurre.

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