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Le paradoxe de Charlie Hebdo

Il y a un certain paradoxe (et même une ironie amère), à ce que Charlie Hebdo, successeur de Hara Kiri Hebdo, grossier, scatologique, gaulois, irrévérencieux, athée, bouffeur de curés (de papes, surtout), pourfendeur de toute autorité, au mauvais goût assumé, soit aujourd’hui salué par les autorités civiles (deuil national, déblocage d’un million d’euros par le gouvernement, drapeaux en berne), béni le pape, l’archevêque de Paris, les cloches de Notre-Dame, et même (abomination de la désolation !) par Marine Le Pen et Florian Philippot (qui s’indignent de ne pas avoir été conviés à la manifestation d’hommage à Charlie)... Charlie Hebdo pleuré par le Front National : n’est-ce pas plus inouï que le débarquement sur la lune ? Que doit en penser Cavanna ? Le professeur Choron ne s’en retourne-t-il pas dans sa tombe ?

Il est possible que, d’ici quelque temps, l’émotion passée, Charlie en revienne à ses anciennes cibles et, de nouveau, "fasse des cartons" sur le pape François, sur François Hollande, ou sur un certain nombre de ses "têtes de Turcs" (si j’ose dire...). Mais un tel traumatisme – rappelons tout de même que les morts sont Cabu, Honoré, Charb, Wolinski, Tignous, Oncle Bernard, c’est-à-dire rien moins que les "têtes" du journal, qui s’en trouve étymologiquement "décapité" - pourra-t-il jamais être surmonté ? Si Valeurs actuelles ou si Minute avaient été attaqués par ces islamistes, ou si Charlie avait été pris pour cible par des intégristes catholiques, on aurait été dans l’ordre des choses : tous auraient été confortés par leurs choix. Mais là ?

Sauront-ils se préserver, se raidir contre la reconnaissance, assumer leur devoir d’ingratitude ? En les visant, les terroristes n’ont-ils pas porté à Charlie un autre coup terrible : pousser le journal du côté des notables, des forts, des puissants, du côté du manche ? Cette déviation n’était-elle pas envisageable dès lors qu’en 1999 le journal avait pris partie pour l’intervention contre la Serbie ?

Au moins, par ce crime atroce, la rédaction aura échappé à cette déchéance : Cabu à l’Académie française et Charb avec la légion d’honneur. Leurs successeurs résisteront-ils à la dérive ?

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« Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi. Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect. Tout cela, vous le savez aussi bien que moi ! »

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(Cité dans : Labor’s Untold Story, de Richard O. Boyer and Herbert M. Morais, NY, 1955/1979.)

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