Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Le racisme dans toute sa « complexité »

Dans toute cette polémique, autour de SLÀV et sur l’esclavage, il y eut une bonne quantité de gens pour qui la tâche principale semblait être de maintenir la question raciale au centre de l’enjeu. Afin de rendre le sujet aussi simpliste que démagogique, plusieurs se sont donnés pour mission de présenter l’esclavage comme une pratique collective issue des personnes qualifiées de « blanches » sur celles qualifiées de « noires ». L’esclavage et le servage qui sévirent pendant plusieurs milliers d’années en Europe, de l’antiquité à l’époque moderne, n’auraient aucune importance, puisque les descendants d’esclaves européens, devenus serfs puis aujourd’hui prolétaires, seraient coupables au même titre que les grandes familles qui se sont enrichies dans le commerce triangulaire.

Les centaines d’années qui se sont passées depuis la fin de cette pratique barbare ne seraient pas non plus suffisantes pour que l’accusation soit limitée aux contemporains de cette pratique, puisque l’écart de richesses entre nations « noires » et « blanches » actuelles s’expliquerait (selon eux) essentiellement par l’esclavage. Inutile de rappeler qu’il n’y a aucun lien entre l’esclavage et la richesse des nations, puisque le développement du capitalisme a imposé son abolition, mais qu’importe, car dans leurs têtes de justiciers racistes les « Blancs » sont jugés collectivement coupables du sort collectif des « Noirs ».

Pourtant, à l’intérieur des représentants médiatisés des Afros-descendants du Québec, un son de cloche différent aurait pu être présenté. Soit celui du rappeur de Québec Webster. Même s’il ne semble pas avoir mis autant de nuance que l’on aurait souhaitée dans ses dernières interventions publiques, il est intéressant de rappeler sa pratique pédagogique réconciliatrice, lorsqu’il faisait ses tournées historiques des personnalités esclavagistes de la ville de Québec.

Je la qualifie de « réconciliatrice » puisqu’au contraire du discours de ceux qui vont jusqu’à interdire aux « blancs » la possibilité de commémorer l’esclavage dans leurs arts, celui-ci n’hésitait pas à présenter la pratique de l’esclavage dans toute sa complexité et ne tombait pas dans les amalgames racistes (1). Webster va jusqu’à briser ce grand tabou des justiciers sociaux, c’est-à-dire que la responsabilité de la traite transatlantique se verrait à la pâleur de notre peau. Tout en niant que l’élite africaine de l’époque put également bénéficier de ce commerce, comme pour tout autre. La guerre des classes en Afrique est pourtant bien plus évidente qu’ici !

Dans le présent contexte, il est souhaitable qu’une personnalité comme Webster ait le courage d’avouer qu’il est lui aussi l’héritier de cette pratique, puisque, selon lui, son propre père est issu de la noblesse wolof sénégalaise, qui a longtemps pratiqué le commerce et l’esclavage d’êtres humains (2).

L’idée dernière ce constat n’est pas de se donner ou d’enlever des points de bonne conduite à sa généalogie, puisque nous n’en avons aucunement la responsabilité. Cependant, il bien de rappeler que ce n’est pas des « hommes blancs » qui ont eu et/ou se sont enrichi sur la traite transatlantique, mais surtout des « hommes riches » et leurs familles. Si ces hommes riches étaient majoritairement blancs, les seigneurs d’Afrique n’étaient certainement pas sans responsabilités dans l’affaire !

Le crime que constitue l’esclavage n’est pas une responsabilité, qui doit retomber sur les épaules d’une quelconque collectivité ethnique ou religieuse. Surtout pas au Québec, où la richesse s’est faite essentiellement sur le dos du prolétariat francophone. Non, l’esclavage est un crime qui concerne l’ensemble de l’humanité. Il s’agit d’un héritage collectif qui doit nous servir d’élément de base à la compassion que nous devons aux présentes victimes de l’exploitation capitaliste. Le Québec n’est certes plus cette nation exploitée de jadis, mais, comme les descendants d’esclaves, nous conservons cette mémoire en nous et souhaitons le respect.

Si nous voulons sortir grandis de cette histoire, nous devons cesser d’entretenir les mauvais prophètes, qui (appuyés par ces tabloïdes « putaclics » et leurs richissimes propriétaires) aime à diviser les masses laborieuses sur des bases aussi inopérantes que la « race » afin que jamais nous ne soyons capables de leur faire face. Cette réduction racialiste du problème a uniquement pour aboutissement de nuire au vivre ensemble et engendre la haine. Les victimes du capitalisme actuel doivent s’unir bien au-delà des races et des frontières, afin de faire face à l’esclavage salarial contemporain.

Commémorons les crimes d’hier, mais gardons en tête ceux d’aujourd’hui. Nous avons encore tant à bâtir !

***

(1) « Je ne le fais jamais pour culpabiliser, mais pour démontrer que nous avons une histoire plurielle depuis les débuts de la colonie. » Webster
(2) « Mon père faisait partie de la noblesse sénégalaise, dans l’empire wolof. Ils avaient des esclaves. Du côté de ma mère, c’est fort possible » Webster.

LGS : à lire sur Webster (photo) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Webster_(rappeur)

»» http://www.lequebecois.org/le-racisme-dans-toute-sa-complexite/
URL de cet article 33615
   
Pour une critique de la marchandisation
André Prone
Où va-t-on ? Chacun d’entre nous est en mesure d’observer les dérèglements biosphériques, économiques, politiques et sociétaux qui affectent le système-monde aujourd’hui. Mais au-delà du constat, quelles en sont les causes et comment agir pour en stopper le cours ? C’est ce à quoi tente de répondre ce livre. Il le fait avec la ferme conviction que rien n’est impossible et que tout dépend de nous. Analyser les dérives sociétales, thérapeutiques et environnementales générées par la marchandisation mondiale (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

"Si les gens devaient découvrir ce que nous avons fait, nous serions pourchassés dans les rues et lynchés"

Président George H.W. Bush (père)
cité par Sarah McClendon (reporter à la Maison Blanche) dans sa lettre d’infos datée de Juin 1992.


Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
68 
Revolucionarios : "On ne nait pas révolutionnaire... on le devient."
Chères lectrices, cher lecteurs du Grand Soir Nous vous proposons à la diffusion un documentaire intitulé « Revolucionarios ». Durée 57 Min – Version VOSTFR. Ce film, le premier d’une série, c’est la révolution cubaine racontée par celles et ceux, souvent anonymes, qui y ont participé d’une manière ou d’une autre. Des témoignages qui permettront de comprendre la réalité de ce que vivait le peuple cubain avant l’insurrection, de découvrir les raisons de cet engagement dans la lutte et de voir comment chacun (...)
20 
CUBA : modèle de résistance ou résistance d’un modèle ? (conférence/débat audio)
Conférence de Viktor Dedaj, animateur du site "Le Grand Soir", sur le Libre Teamspeak le 4 Décembre 2011. Notre conférencier nous explique enfin la vérité sur Cuba, sur son régime, et démonte minutieusement toute la propagande des États-Unis contre Cuba. Une conférence aussi excellente qu’indispensable. L’exposé initial de Viktor Dedaj dure une quarantaine de minutes et est suivi de deux heures de questions/débat avec les auditeurs. - http://lelibrets.blogspot.com/ Le compte Youtube ayant (...)
22 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.