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Maxime Vivas : le gai Huron du Lauragais

C’est sûrement parce qu’il est enraciné dans les monts du Lauragais que Maxime Vivas a pu nous livrer avec ce roman une nouvelle version de l’ébahissement du Candide face aux techniques asservissantes censées libérer les humains.

Soit, donc, un Huron né à des milliers de kilomètres de l’Hexagone, sur l’àŽle Motapa, d’une mère motapienne et d’un père parisien. A l’âge de 25 ans, ce narrateur décide de voir Paris.

Motapa est une île de paix, de sagesse, de tranquillité. La lave de son volcan charrie suffisamment de pépites d’or pour que les habitants vivent sans souci matériel, mais pas assez pour qu’ils aient la tentation de se lancer dans la guerre quotidienne imposée par les Marchés.

Paris sent mauvais et ses habitants sont frappés par une épidémie d’otites : un passant sur deux marche en se tenant l’oreille. Ils parlent tout seuls, leur phrase favorite étant : « T’es ou ? ».

Le taux de mortalité chez les usagers du métro est effrayant, si on en juge par la tête des voyageurs qui « viennent tous de perdre un être cher. » Dans de nombreuses rues, « des voyous ont défiguré des façades et des portes cochères avec des graffitis incompréhensibles, mélange de sanscrit, d’écriture arabe et cyrillique avec une once de hiéroglyphes. Ces voyous sont peut-être les mêmes qui parlent à l’envers parce qu’ils portent leur casquette à l’envers.

Le fleuve qui traverse la ville est un immense cloaque à ciel ouvert que le narrateur verrait bien entièrement recouvert.

Le Huron est atterré par les notices explicatives traduites du japonais par ordinateur (« remarkes générals : ce appareille a étai concevu pour fonctionnaliser en position horizontaux ») et par la déréalisation totale des rapports humains dans une ère qui se veut de communication (« si vous possédez un Toshni B 60 référencé RTM/C 14-78-21 W XHP/03, tapez 1 »).

La pratique des réseaux sociaux tend à faire croire que nous existons pour l’autre en temps réel, alors que nous ne sommes que des adorateurs passifs de « la Déesse L secondée par Aude Ébit ».

Le Huron de Motapa est sidéré par la pratique des grands sports collectifs, dont l’objectif est de « réunir le maximum de supporters (divisés en deux camps qui se haïssent) et provoquer le bruyant enthousiasme de l’un en administrant à l’adversaire une sévère correction dont il sortira humilié. »

Mine de rien, ce (trop) court livre est une dénonciation magistrale par l’absurde du modernisme effréné de notre - ne disons pas civilisation - organisation.

Bernard GENSANE

Maxime Vivas. Paris terre d’asile. Paris : Le léopard Démasqué, 2012.

http://bernard-gensane.over-blog.com/

URL de cet article 17146
   
Communication aux lecteurs
Libérez Assange avant qu’il ne soit trop tard

Julian Assange est un citoyen australien qui a été détenu "arbitrairement" pendant plus de 6,5 ans et qui plus récemment a subi à ce jour plus de 231 jours de torture sous la forme d’un isolement continu. Privé de soleil, de contact avec le monde extérieur et de soins de santé adéquats. Le 5 février 2016, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a déterminé que la "détention arbitraire" de Julian Assange devait cesser et que M. Assange devait avoir droit à une indemnisation".

Lire la suite : https://www.legrandsoir.info/liberez-assange-avant-qu-il-ne-soit-trop-...

Soutien financier à ceux et celles qui montent la garde 24/24h devant l’ambassade de l’Equateur et qui viennent d’un peu partout, à leurs frais. Exemples :


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"De toutes les ironies exprimées par la politique étrangère américaine, notre position vis-à -vis de Cuba est la plus paradoxale. Une forte dégradation de la situation économique a provoqué une poussée du nombre de Cubains entrant illégalement aux Etats-Unis.

Nous faisons tout ce que nous pouvons pour détériorer la situation économique et ainsi accroître le flux. Nous encourageons également cet exode en accordant aux Cubains, qui arrivent illégalement ou qui s’approchent par voie de mer, un statut de résident et une assistance pour s’installer.

Dans le même temps, nous n’avons pas respecté les quotas de visas pour les Cubains désireux d’immigrer aux Etats-Unis [...] quand Castro tente d’empêcher des cubains malheureux de quitter leur pays infortuné, nous l’accusons de violer des droits de l’homme. Mais quand il menace d’ouvrir grand les portes si nous continuons à accueillir sans limites des cubains sans visas - y compris ceux qui ont commis des actes de violence pour aboutir à leurs fins - nous brandissons des menaces imprécises mais aux conséquences terribles. "

Jay Taylor, responsable de la section des intérêts américains à Cuba entre 1987 et 1990, in "Playing into Castro’s hands", the Guardian, Londres, 9 août 1994.


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