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Mon capital santé

22 février, journal télévisé de 13 h de France 2. J’ai retenu deux sujets.

1. Le premier sujet concernait l’espérance de vie des Françaises qui augmente et qui pourrait, pour les petites filles qui naîtront en 2030, atteindre 88 ans et 6 mois "en moyenne" (le "en moyenne" est important). Cependant, un médecin vient tempérer l’optimisme qui pourrait en résulter car prolonger la vie jusqu’à près de 90 ans n’est pas une fin en soi, et nombre de passants interrogés lors d’un "micro-trottoir" font remarquer, avec bon sens, que vivre jusqu’à 90 ans (ou au-delà) présente peu d’intérêt si on est souffrant, si on est invalide, et, surtout, si l’on n’a pas toute sa tête. C’est ce que confirme un médecin, spécialiste du vieillissement, le Dr Christophe de Jaeger. Ce n’est toutefois pas sur ce point que porte ma remarque, mais sur sa façon de s’exprimer et sur les termes qu’il emploie.

- En effet, ce médecin dit : "... notre combat à nous, aujourd’hui, en tant que physiologistes, ça va être justement de mener un maximum de gens à une meilleure gestion de leur capital santé pour que... ils puissent profiter de cette augmentation de l’espérance de vie, qui va continuer, je l’espère, mais en bonne santé."

Qu’est-ce qui est frappant, dans ces termes ? C’est que ce médecin, plutôt que d’user de termes liés au corps (faire de l’exercice, manger sainement, ne pas fumer, ne pas boire, ce que tout le monde comprend) use spontanément – peut-être même sans s’en rendre compte ! – de termes de banquier et de conseiller financier : "capital", "maximum", "gestion", "profit"...

On a presque l’impression que c’est la vie financière, la vie économique qui a fourni ses cadres conceptuels à la vie tout court, à la vraie vie. Comme si était alloué à chaque être humain, au moment de sa naissance, un certain "capital" (des organes et des membres en bon état de fonctionnement, un nombre donné de battements de cœur, un taux de croissance des cellules, des synapses en bon état...) qu’il lui appartiendrait de faire "fructifier", au moyen d’une "saine gestion", pour devenir (si j’ose cette comparaison) "millionnaire de son corps". Dans cette perspective – si je file la métaphore – on comprend que, corrélativement, celui qui devient "smicard de son corps" n’a à s’en prendre qu’à lui, à son impéritie, à sa négligence, à sa paresse, à son manque de volonté. On suit la même pente que lorsque l’on dit que le smicard ou le clochard n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes s’ils sont en bas de l’échelle.

Comme je l’ai dit à d’autres occasions, je tiens que la façon de s’exprimer, les mots (les verbes, les adjectifs, la syntaxe, la longueur des phrases, leur forme – active ou passive – les figure de style, etc.) modèle notre façon de penser. Dès lors qu’on pense le corps, la santé, la vie, en termes financiers, tout est chiffres, tout est comptable, tout est responsabilité, en omettant toutes les circonstances (le pays où l’on vit, le milieu social, les dispositions d’intelligence ou de caractère de chacun) qui font que l’on ne peut pas "gérer" idéalement son "capital santé".

2. Le deuxième sujet, qui suivait immédiatement, était un sujet dit "marronnier", c’est-à-dire qui revient régulièrement. Il s’agissait des fraudes aux Allocations familiales, qui se seraient élevées, en 2016, à 275,4 millions d’euros, en hausse par rapport à 2015. Ce sujet est malhonnête et tendancieux, par ce qu’il sous-entend et par ce qu’il omet de mettre en perspective.

2.1. Lorsqu’on présente de gros chiffres (des millions, et même là, des centaines de millions), on frappe l’imagination de gens qui vivent avec des revenus compris dans une fourchette de 1000 à 2000 euros. Alors, forcément, 275 millions, c’est énorme.

2.2. Toutefois, lorsqu’on compare ce chiffre à celui du budget de la branche famille de la Sécurité Sociale, qui est de 85,1 milliards d’euros, le pourcentage est de 0,3 %, ce que dit d’ailleurs le reportage. Pour donner un ordre d’idées, c’est comme si quelqu’un qui gagnait 1500 euros par mois trichait pour "rabioter" 4,85 euros supplémentaires...

2.3. Il est dit que la majorité des sommes frauduleuses recouvrées étaient d’une moyenne de 6412 euros. Or, de juillet 2002 à août 2007, Pénélope Fillon, dans son "travail" d’attachée parlementaire de Marc Joulaud, a touché 6009 euros nets mensuels.

2.4. On parle beaucoup des pauvres qui fraudent, on ne parle pas des bénéficiaires d’allocations diverses qui, par ignorance, négligence, honte, ne touchent pas les aides auxquelles ils auraient pourtant droit, et qui, selon le n° 774 de L’Expansion de mai 2012 (et L’Expansion n’est pas un journal gauchiste...) seraient un sur deux à ne pas toucher leurs aides !

2.5. Le chiffre des fraudes aux allocations familiales doit être comparé à celui de la seule fraude fiscale, soit de 60 à 80 milliards d’euros. C’est de 218 à 290 fois plus que la fraude aux Allocations familiales...

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