Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes


Pourquoi l’extrême droite monte-t-elle ?

On le constate depuis des décennies déjà et cela s’est encore récemment observé en Autriche, avec l’avènement de plusieurs nouveaux ministres du FPÖ à des postes régaliens.L’extrême droite gagne en popularité partout dans les pays autrefois prospères. En Amérique du Nord, ce phénomène est surtout représenté sous la forme de groupes extraparlementaires, mais en Europe cela se présente de plus en plus sous une forme directement politique et donc de manière encore bien plus dangereuse.

Mais pourquoi ce constat ? Pourquoi ce phénomène est-il en plus grande croissance aujourd’hui que dans les années 60-70 ? Et, d’ailleurs, pourquoi dans les années 30 plus que dans la période de la fin du 19e siècle ? Serait-ce une fatalité de l’Histoire ou bien s’agit-il d’un phénomène structurel que les événements de l’Histoire provoqueraient plus ou moins involontairement ?

Heureusement pour nous, loin de toute fatalité, la force de l’extrême droite est toujours le fait du pourrissement du jeu politique traditionnel, lié à son abandon face aux forces du capital, et par le repli temporaire des forces sociales. L’extrême droite monte un peu partout, aujourd’hui comme hier, pour des raisons qui sont certes conjoncturellement différentes, mais structurellement comparables.

Il n’y a nulle magie là-dedans puisque les mêmes effets proviennent des mêmes causes. Il suffit d’enlever le voile d’idéologie pour comprendre pourquoi.

Le néolibéralisme détruit tous les points de repère des gens, en plus de détruire leurs conditions de vie. Quand ces personnes deviennent vraiment à bout des discours vides des politiciens-serviettes et des alternances factices, ces derniers se tournent vers les démagogues du « c’était mieux avant » ou, pire, vers les promoteurs d’un « ordre naturel ». Cette peur de l’avenir, tout à fait justifiée, se mute donc en xénophobie (voir en racisme) au lieu d’être un vecteur de lutte social.

À ce marasme, certains voudront jouer la carte de la pureté et de l’indignation morale. En somme du renfermement sur soi. Mais en dehors des réseaux sociaux et des "safes spaces", la situation continuera à empirer. Pourtant, la situation est assez simple à comprendre et des voies de reprise en main existent.

Si c’est le vide de confiance et d’espoir en l’avenir qui pousse les masses précarisées vers l’extrême droite, c’est qu’il n’y a pas de réponses satisfaisantes à gauche ! On peut même ajouter que plusieurs de ses composantes actuelles aiment à diaboliser ces majorités, dans une défense un peu bancale des minorités. Autrement dit, une gauche qui joue la division au lieu d’unir les précarisés dans un objectif commun.

Il n’y a évidemment pas de recettes magiques, mais une chose est sûre : la lutte pour les droits des uns passe par le droit des autres, car l’autodestruction de notre monde par la guerre et le productivisme va de pair avec la précarité sociale et la perte des repères civilisationnels.

Si tout est lié, c’est qu’il existe une réponse non contradictoire à donner et c’est de cette façon que l’on unira les basses classes sociales pour porter un projet politique positif. C’est également de cette façon que l’on coupera l’herbe sous le pied de cette extrême droite qui ne cesse de monter.

Mais comment unir ces luttes en une seule ? D’abord en ne stigmatisant pas les gens en tant qu’individus, mais en visant les structures qui engendrent les hiérarchies entre les personnes. Ensuite en créant un mouvement politique très large dans lequel un peu toutes les causes pourraient s’y côtoyer sans contradiction, car basées sur les consensus des classes précarisées. Autrement dit, sur un programme minimal de transition sur lequel construire un projet politique (certes incomplet, mais réaliste) qui offre des garanties d’évolutions politiques potentielles.

Comme je l’ai déjà évoqué, il n’y a pas de recette magique, mais un programme minimal largement inclusif implique quatre aspects minimaux : la souveraineté, la démocratie, le partage des richesses et la protection de l’environnement. Sur cette base, tout est possible, car le consensus majoritaire existe déjà dans nos sociétés. Ne reste plus qu’à leur donner une forme véritable pour enfin retrouver l’espoir en l’avenir, car c’est sur la base de la trahison de ces « voies ensoleillées » que la haine se forme dans le cœur du peuple. Et c’est cette haine qui nourrit l’extrême droite.

»» http://www.lequebecois.org/pourquoi-lextreme-droite-monte-t-elle/
URL de cet article 32761
   
Même Thème
Histoire du fascisme aux États-Unis
Larry Lee Portis
Deux tendances contradictoires se côtoient dans l’évolution politique du pays : la préservation des “ libertés fondamentales” et la tentative de bafouer celles-ci dès que la “ nation” semble menacée. Entre mythe et réalité, les États-Unis se désignent comme les champions de la « démocratie » alors que la conformité et la répression dominent la culture politique. Depuis la création des États-Unis et son idéologie nationaliste jusqu’à George W. Bush et la droite chrétienne, en passant par les milices privées, (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Les individus ne constituent une classe que pour autant qu’ils ont à soutenir une lutte commune contre une autre classe ; pour le reste, ils s’affrontent en ennemis dans la concurrence.

Karl Marx


Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse et mon hamster à moi.
Sur le site du magazine états-unien The Nation on trouve l’information suivante : Le 27 juillet 2004, lors de la convention du Parti Démocrate qui se tenait à Boston, les trois principales chaînes de télévision hertziennes des Etats-Unis - ABC, NBC et CBS - n’ont diffusé AUCUNE information sur le déroulement de la convention ce jour-là . Pas une image, pas un seul commentaire sur un événement politique majeur à quelques mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Pour la première fois de (...)
21 
L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
18 
Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
30 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.