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Premières provocations publiques de la "dissidence" cubaine après l’accord historique entre Cuba et les Etats-Unis

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que les "dissidents" cubains défient le gouvernement de Raoul Castro. Quinze jours après le rapprochement historique entre Cuba et les E-U., une véritable provocation publique a été organisée par les contre-révolutionnaires cubains, sur la place de la Révolution à La Havane, haut lieu symbolique du triomphe de la Révolution. L’artiste Tania Bruguera (qui vit plus aux E-U qu’à Cuba) avait prévu une performance "artistique" pour disait-elle, revendiquer "la liberté d’expression de chaque citoyen". Elle entendait ainsi permettre aux cubains de s’exprimer pendant une minute sur des "thèmes qui les préoccupent". Cette tactique, elle l’a déjà utilisée en 2009 et ceux qu’elle faisait parler, n’étaient pas des cubains anonymes (eux les ignorent) mais des opposants bien connus, anti-castristes primaires comme Yoani Sánchez, Reinaldo Escobar ou Eliecer Avila. A peine une dizaine, et pourtant cela a fait autant de bruit médiatique que le rassemblement d’un million de personnes devant la Maison Blanche ! Etonnant non ? Le gouvernement cubain avait alors déclaré qu’il considérait "que c’était un événement anti-culturel, de l’opportunisme honteux qui offensait les artistes étrangers et cubains venus offrir leur travail et leur solidarité".

Bis repetita donc ce 30 décembre 2014, on prend les mêmes et on recommence, mais cette fois, en plein milieu de la place de la Révolution à La Havane, autant dire que ces dissidents savaient parfaitement que ce ne serait pas autorisé. En remplacement, les autorités cubaines ont proposé à Tania Bruguera d’organiser sa performance dans un théâtre. Elle a refusé tout net sachant ce qu’il adviendrait : La place de la Révolution n’est pas faite pour la contre-révolution. La provocation était évidemment réfléchie et totale. Des journalistes étrangers étaient déjà là, venus nombreux s’installer sur la place avant même l’arrivée des "manifestants". Finalement, le ridicule ne tuant pas, une cinquantaine de personnes environ se sont regroupées. Et quand on connait l’immensité la Place de la Révolution, c’était quasiment le radeau de la Méduse au beau milieu de l’océan. Mais à Cuba ce n’est ni le nombre ni la qualité des manifestants qui compte, c’est l’incroyable écho médiatique qui en le répercutant, en l’amplifiant tout en en déformant la réalité, fait d’un non-évènement (qui à l’évidence passerait inaperçu dans un pays comme la France), une affaire planétaire.

Aussitôt, les autorités cubaines ont réagi. Les trouble-fête n’obtempérant pas à l’interdiction de manifester sur cette place, la police cubaine embarqua tout ce beau monde pour une petite visite de courtoisie dans ses locaux. Sans une once de brutalité (qu’entendrions-nous si c’était le cas !?) ! Contrairement à ce qui est divulgué, ces arrestations d’opposants ne durent en général qu’une nuit à peine. Ils sont libérés le lendemain matin suivant le type de leur interpellation. Arrêtée puis relâchée, Tania Bruguera a pu déverser librement son fiel artistique auprès de journalistes qu’elle a convoqués le long du Malecon. Eliardo Sanchez, opposant viscéralement anti-communiste mais président de la Commission Cubaine des Droits de l’Homme (organisation dissidente), à l’instar de son complice étatsunien sénateur républicain Marc Rubio, a pu tout à loisir fustiger le gouvernement cubain en dénonçant devant des caméras complaisantes "ce nouvel acte de répression du régime Castro contre les dissidents cubains, la preuve" selon lui, "du ridicule de la nouvelle politique d’Obama". La réaction de la présidence étatsunienne a été immédiate, presqu’instinctive :"Les E-U. dénoncent la répression et encouragent vivement Cuba à respecter les droits humains universels des citoyens cubains’. Venant d’un pays où l’on tue des noirs comme des lapins (entre autres), c’est sidérant de duplicité !

La contre-offensive est lancée. Nous allons assister en 2015 à la multiplication de ces provocations pour tenter de discréditer le gouvernement cubain aux yeux des sénateurs étatsuniens qui auront un jour prochain à se prononcer sur la levée du blocus. La contre-révolution sait bien qu’elle ne représente rien à Cuba. Devenant encombrante et inutile, elle risque d’être lâchée par ses sponsors étatsuniens. La peur au ventre, désespérés, ses adeptes, poussés par les derniers mafieux anti-castristes de Miami et par l’extrême-droite étatsunienne, vont vouloir jouer leurs dernières cartes, celles, pathétiques mais ô combien dangereuses, de la violence publique avec l’espoir de provoquer la faute répressive des autorités cubaines et de convaincre les E-U que "la politique d’ouverture d’Obama est une grave erreur."

Trop bête et caricaturale pour envisager de devenir autre chose qu’une secte à Cuba, la contre-révolution n’en est pas moins dangereuse par ses relais médiatiques dont on a pu voir et entendre en France sur toutes nos antennes, le discours à la fois anti-castriste et anti-communiste très prégnant.

Ne quittons pas Cuba des yeux. Cuba a toujours besoin de notre solidarité active. Nous le voyons déjà, la période qui vient, s’annonce difficile, périlleuse. Cuba sera harcelée par les médias. Cuba aura besoin de nous et de toute notre confiance.

Michel Taupin

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