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Quel productivisme ? Quelle décroissance ?

Quel productivisme ? Quelle décroissance ?

Une réponse à Nicolas SERSIRON intervenant à la première université d’été du CADTM Europe sur la crise écologique.

à Wépion le 3 juillet 2009

Dans la sphère altermondialiste, les questions du productivisme et de la décroissance sont abordées essentiellement à propos de l’agriculture et de la crise alimentaire mais aussi et de plus en plus à propos de la crise climatique. Il en est ainsi à ATTAC et, semble-t-il, au CADTM à écouter et lire Nicolas Sersiron (cf note 1 sur "le double aveuglement des occidentaux") Or ces catégories explicatives tendent à être "exportées" et généralisées pour expliquer la crise systémique globale, notamment la logique capitaliste qui lie crise financière, crise économique, et crise sociale. Or les rapports sociaux impliqués dans la crise sociale - capital-travail pour l’essentiel - ne sont pas les mêmes que ceux impliqués dans la crise alimentaire : rapports de la petite paysannerie à la grande distribution, aux firmes transnationales agroalimentaires fournisseuses de produits divers, aux règles très inégales du commerce mondiale, etc.... De ce fait, qui mérite sans doute approfondissement théorique, il apparait que l’extension de la problématique "productiviste-décroissantiste", venant au lieu et place de la problématique anticapitaliste-postcapitalisme, ne soit pas aussi pertinente qu’il y parait. Autrement dit il ne suffit pas, pour sortir de la crise capitaliste multiforme, de dire qu’il faille lutter contre le productivisme et pour la décroissance sans adjectif et une "autre civilisation".

La décroissance sans adjectif et sans ciblage de classe et pédagogie de classe fausse la compréhension des alternatives. Il s’agit aussi d’un regard tourné essentiellement du côté de la consommation.

Deux problèmes sont posés.

* Le premier est qu’admettre l’augmentation de la consommation d’énergie fossile et de production de CO2 mène droit au mur ne doit pas impliquer un regard porté exclusivement du côté de la consommation. La question ouverte reste : quelle production doit décroitre ? tout autant que quelle consommation doit décroitre ? Porter son regard exclusivement sur la consommation n’est pas neutre. Ce sont surtout les consommateurs qui sont visés. Les capitalistes peuvent donc continuer à proposer des voitures avec les mêmes moteurs et les mêmes carburants qu’avant ! La seule critique qui se porte bien est celle contre la production du nucléaire en France par les écologistes. Car par ailleurs le regard est tourné essentiellement du côté de la consommation.

* Le second problème est que si l’on admet le regard sur la consommation alors deux distinctions doivent surgir :
1) hyperconsommation des riches ou consommation du peuple-classe ou des couches à moins de 3000 euros par mois en 2009 en France.
2) consommation marchande ou non marchande.

1) Pour une pédagogie de classe de la consommation.

L’hyperconsommation des riches est une honte, pas celle des couches moyennes salariées. Le fait que l’on organise toujours des courses automobiles, des meeting aérien montre l’irrationalité du système qui ne sait pas empêcher les excès les plus nuisibles. Mais que les salariés continuent de rouler en automobile n’est pas une honte en soi, même si ce mode de transport doit décliner. Les consommateurs modestes font avec ce qui est proposé sur le marché et avec les contraintes qui sont les leur pour aller du foyer au lieu de travail et pas seulement pour fréquenter les "temples de la consommation" (les supermarchés). S’ils avaient d’autres moyens pour se déplacer ils le feraient. D’ailleurs beaucoup utilisent les transports collectifs quand ils le peuvent mais ce n’est pas toujours très pratique. Il en est de même du vélo. Mais que je sache il n’y a pas de douches dans les entreprises de régions vallonnées ni de vêtements de rechange lorsqu’il a plu !

Il y a chez les décroissants absolu une vision individualisante et culpabilisatrice des consommateurs ordinaires, ceux du peuple-classe qui agace d’autant plus que la critique de l’hyperconsommation de la bourgeoisie n’est pas faite au prétexte que cette critique est insuffisante au regard des études menées à partir de l’indice d’empreinte écologique. Cette vision culpabilisatrice ne saurait être compensée par une idéologie de la sobriété heureuse pour tous. Car là encore il faut dire à qui s’adresse d’abord l’injonction de sobriété et dans quel domaine. Une sobriété interclassiste ne saurait que produire une "crispation" des couches salariées qui subissent durement la crise, les inégalités, la baisse du pouvoir d’achat alors que la bourgeoisie nationale et celle internationalisée s’adonne à l’hyperconsommation.

2) Pour la décroissance de la valeur d’échange.

Il n’est pas possible d’avoir une croissance infinie dans un monde fini. D’autant que la croissance insupportable est celle de la course au profit organisé par les grandes firmes transnationales avec l’appui des grandes organisations internationales. Les dernières décennies depuis les années Reagan -Thatcher ont poussé à une libéralisation et une marchandisation effrénée exploitée par la finance internationale soucieuse de surprofit exorbitant. La création de l’OMC en 1995 et la mise en oeuvre de son agenda pendant la décennie a accélérer les privatisations, les marchandisations (à la fois des biens et services et de la force de travail) et les divers dispositifs de profitabilité pour le capital. Tout cela est connu et nombreux sont ceux qui pensent que cela ne peut plus durer. C’est là un propos conforme à la Charte des Forum sociaux et développé par le mouvement altermondialiste. Divers économiste du Conseil scientifique d’ATTAC ont explicité sous les angles les plus divers ce qui est ici résumé.

Dire que la décroissance de la valeur d’échange et derrière elle la logique du profit est nécessaire et urgente pour la planète et pour les peuples-classe du monde ne signifie pas décroissance généralisée et absolue. Il y a besoin d’une croissance de la valeur d’usage dans de nombreux secteurs tant au sud qu’au nord. Pour le dire clairement la défense des services publics et leur extension sur le dos de l’économie marchande participe de la nécessaire redistribution. La crise systémique qui continue sur les chemins de la croissance capitaliste tient toujours à ignorer la différence entre richesse marchande et non marchande et continue de créer de l’inégalité alors qu’un partage des richesses s’impose. Mais un partage qui ne soit pas que l’affaire des des fiscaliste mais aussi et surtout l’affaire des politiques de développement de l’économie non marchande, des services public. Si on ne le fait pas, alors la crise va approfondir la promotion des logiques destructrices des monstres néo-fasciste et de la barbarie . Lutter pour que brille la lumière de la civilisation suppose de défendre un autre modèle économico-social appuyer sur la promotion de la valeur d’usage.

Un tel modèle ne s’accommode pas, comme semble le faire Paul Ariès dans "Rendre la décroissance désirable ", du fait que les jeunes à bac + 5 perçoivent 1 000 euros par mois pendant plusieurs années pour atteindre péniblement à peine le double au bout de quinze ou vingt ans. Certes "la planète ne pourra pas supporter trois milliards d’automobilistes", certes "il faut sortir de la civilisation de la voiture et développer des transports en commun urbains quasi gratuits". Mais dire cela ne devrait pas faire comme si le salaire ne servait qu’à acheter et entretenir des voitures ! Outre la simple reproduction de la force de travail et l’entretient de la famille, l-e salaire conséquent sert surtout à s’acheter un jour un appartement ou une petite maison quand apparaît la famille. On peut promouvoir un grand service public national du logement pour tous et toutes (voir ) mais cela ne résoudrait pas totalement la question. C’est pour cela que le bouclier social à 3000 euros par mois en 2009 est crédible. La redistribution par l’impôt doit agir surtout au-dessus de cette barre. Les mécanismes techniques existent, c’est la volonté politique qui fait défaut.

Christian Delarue

CA ATTAC Fce

1) G 8,le double aveuglement des occidentaux

Le premier aveuglement consiste à croire et faire croire que ce modèle énergivore et productiviste peut exister sans la surexploitation, voire le pillage, des richesses fossiles de la planète, à un prix artificiellement bas. .../... Le deuxième aveuglement a été de créer sciemment dans l’inconscient collectif des populations occidentales, l’idée d’une supériorité intrinsèque : alors qu’elle était seulement le résultat d’une addiction et d’une suralimentation aux drogues énergétiques.

http://www.cadtm.org/spip.php?article3559

Commentaire : Autant le premier aveuglement est compréhensible sans faire usage d’une stigmatisation autant le second use d’un vocabulaire de la pathologie individuelle contestable tout comme la conclusion de l’article - chacun d’entre nous peut... - qui pourtant possède une richesse d’information critique appréciable.

dimanche 5 juillet 2009 sur
http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article724

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