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Référendum d’Initiative Citoyenne : Gadget ou bélier de la Révolution ?

photo : AFP - Geoffroy VAN DER HASSELT

Introduction : Parti sur la dénonciation d’une nouvelle taxe sur le carburant, le mouvement des « Gilets jaunes  » s’est épaissi au fur et à mesure du temps, au rythme de l’agora citoyenne des ronds-points. Catalogué d’extrême droite au début, d’où la méfiance des organisations traditionnelles (C.G.T-P.C.F), les doléances majoritaires ont rapidement débouché sur une matrice constituées de trois branches :

  • Injustice fiscale
  • Injustice sociale
  • Injustice Politique (non représentation et trahison du peuple).

Ces trois branches se nourrissant mutuellement au fil des informations et des analyses tant sur la corruption du pouvoir (Affaire Benalla) que des violences fiscales et sociales (rapport OXFAM et ATTAC, que le parti de « l’ordre juste » [1] ne peut contester, autrement qu’en agitant les marionnettes…

La question du R.I.C, doléance de caractère institutionnel donc politique, venant perturber, le bon fonctionnement institutionnel, de la dictature de la finance sur les peuples. Là aussi, sur cette question précise, les organisations traditionnelles, à l’exception de L.F.I, sont encore en retard d’une guerre et ayant oublié notre Histoire, dénoncent à tout va et s’opposent, voyant plus le R.I.C comme un « gadget politique populiste » sans prendre le recul historique de long terme nécessaire. Alors le R.I.C, « gadget populiste » ou « bélier révolutionnaire » ??? Pour répondre à cette question il faut se replonger dans l’Histoire

La première mondialisation : Le Royaume de France d’ancien régime est déjà inséré dans une première mondialisation du capital qui porte le nom de « commerce triangulaire ». Les navires partent des ports d’Europe (Bordeaux, Nantes) chargés de pacotille, vont jusqu’en Afrique où ils achètent des esclaves noirs, trimballés comme de la marchandise et vendus par la suite, en Amérique où ils sont utilisés comme de la « ressource humaine gratuite  » pour cultiver les champs de coton…Les navires repartent alors vers l’Europe chargés des marchandises réservées à la noblesse et à la haute bourgeoisie (sucre, cacao, or, argent etc..). La guerre d’indépendance Américaine, parti d’une Révolution (« Boston tea party » fut soutenu par le royaume de France, voyant un bon moyen de faire la nique aux anglais, concurrents sur le plan commercial, s’acheva par le traité de Paris du 3 septembre 1783, consacrant l’indépendance des Etats-Unis. . c’est notamment pour rembourser les dettes crées par l’effort de guerre, que Louis XVI augmenta les impôts déclenchant des jacqueries et précipitant la Révolution. En France, c’est toujours et d’abord par l’injustice fiscale et sociale que commencent les Révolutions.

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Société et fonctionnement d’ancien régime : Au de-là du premier commerce mondial, la société d’ancien régime est une société cloisonnée divisée en trois ordres. Le clergé, la noblesse et le Tiers Etat. Le schéma représente la stratification sociale de l’ancien régime qui est très cloisonnée. Seuls quelques très hauts bourgeois ont la possibilité en « vendant leur fille » (mariage) de pouvoir passer dans l’autre supérieur de la société. Le vrai pouvoir appartient à la haute noblesse et au haut clergé qui rayonne à Versailles. Les Paysans travaillent les terres du seigneur et payent impôts et taxes (iconographie de droite), sans compter les corvées (travail gratuit du paysan pour entretenir les douves du château ou les routes). Le paysan n’a évidemment pas le droit de chasse.

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Le fonctionnement institutionnel du Royaume : Le système politique féodal repose sur le pouvoir du Roy, représentant de Dieu sur terre. Investi par Dieu, de fait le monarque possède tous les pouvoirs. Il décide des lois, signe les décrets et a aussi le pouvoir de justice. Sur le plan financier, il délègue aux « fermiers généraux » le soin de lui avance l’argent pour ses guerres et réalisations et leur concède le droit de récupérer par l’impôt sur le peuple, les avances consentis. Les fermiers Généraux jouent le rôle de banquier du Roy. Ce qui se passe en France se déroule aussi en Grande-Bretagne. Rappelons-nous ce que faisait Robin des bois, il récupérait l’argent des impôts du peuple pris par le shérif, pour le redistribuer aux pauvres. Le fait qu’aujourd’hui, le Président Macron soit appelé « le Robin des bois à l’envers  » [2] révèle la profondeur de l’analyse historique nécessaire. Ce premier schéma constitutionnel qui représente le pouvoir en Jaune, sera notre fil conducteur.

Toute ressemblance avec une situation actuelle, n’est donc ni fortuite, ni anodine.

La journée des tuiles : A se demander si l’expression « avoir une tuile », ne vient pas de là [3]…mais la première journée de la Révolution Française de 1789, commença le 7 juin 1787 à Grenoble et on se demande bien pourquoi bien sur les gardes royaux se reçoivent des tuiles sur la tête…Il suffit de lire pourtant : « La journée des Tuiles est le nom donné à une émeute, survenue le 7 juin 1788 à Grenoble, au cours de laquelle les insurgés ont affronté la troupe à coups de tuiles, dans le contexte de la fronde parlementaire consécutive à la tentative de réforme du garde des Sceaux Lamoignon et du contrôleur général des finances Loménie de Brienne, visant à annuler les pouvoirs redonnés aux parlements au début du règne de Louis XVI et comprenant la mise en place de nouveaux impôts (droit de timbre et nouvel impôt foncier général) et mesures de libre-échange, impopulaires depuis la guerre des farines. Cette émeute, prélude de la Révolution française, a fait trois morts et vingt blessés dans la population et un assez grand nombre de blessés parmi les membres du régiment de Royal-Marine.

Les cahiers de doléance : Suite à des mauvaises récoltes obligeant à manger le « pain de fougère », et vu le nombre de jacqueries du royaume, Louis XVI est contraint de convoquer les « Etats-Généraux », qui n’avaient plus été convoqué depuis 1614, en vue de pouvoir légitimer la levée de nouveaux impôts. 1.200 députés furent ainsi convoqués pour le 24 Janvier 1789. C’est dans ce cadre que la bourgeoisie aux manettes (à l’écritoire), se mit à rédiger les cahiers de doléances du peuple. Là encore, toute ressemblance avec une situation existante, ne serait pas anodine. La question de l’impôt et de sa juste répartition est centrale dans les cahiers de doléance.

Le serment du jeu de paume : Lors de la journée d’ouverture, forme de grand débat, la question du vote se pose. Faut-il maintenir le vote par ordre (chaque ordre ayant une voix quelque soient le nombre de députés) les privilégiés ayant alors toujours la majorité, ou faut-il compter par tête (un député une voix). Devant le refus du Roy, de compter par tête, certains députés de la noblesse et du clergé rejoignent les députés du « Tiers-Etat » et se réunissant à la salle du jeu de paume déclarent : « jurer solennellement, de ne pas se séparer avant que d’avoir donné une constitution à la France ». Et aux soldats du Roy, dépêchés sur place intimant l’interdiction de se réunir, le député Mirabeau eut cette cinglante réponse : « Nous sommes ici par la volonté du peuple. Nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes ». De fait la première assemblée Nationale été créée…

Soulignons qu’alors que le peuple crevait de faim, la première chose que firent les Révolutionnaires fut de s’atteler à l’écriture d’une constitution, car il y a toujours un rapport étroit entre domination économique et institution politique. Et ceci vaut tant pour le « blé » de 1789 que pour le « blé d’aujourd’hui » (pouvoir d’achat monétaire).

Manifestations non autorisées : Devant les difficultés de survivre, la spéculation sur les grains et les refus du Roy, d’entendre les doléances du peuple, les sans culottes attaquent et prennent la Bastille et les femmes manifestent sur Versailles pour ramener le Roy à Paris les 5 et 6 octobre 1789. Ajoutons la « grande peur » qui dans les campagnes conduisent les paysans à attaquer les châteaux et à bruler les titres de propriété débouchant sur la nuit du 4 Aout où les députés votent l’abandon des privilèges, créant de fait l’égalité citoyenne devant l’impôt, fondement de la République.

La constitution de 1791 : En s’appuyant sur le travail, les réflexions et analyses de penseurs Rousseau, Diderot et surtout Montesquieu qui voyant trois pouvoirs dans le monarque :

  • Le pouvoir législatif (celui de proposer, discuter, amender et votre des lois)
  • Le pouvoir exécutif (celui de faire exécuter les lois)
  • Le pouvoir Judicaire (le pouvoir de condamner les infractions à la loi)

Et appliquant la sentence de Montesquieu : « Il faut que par l’organisation des choses, le pouvoir arrête le pouvoir » les constituants de 1791 proposent cette organisation.

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  • Les trois pouvoirs sont nettement séparés, y compris le pouvoir judiciaire est vraiment indépendant, ce qui moins le cas aujourd’hui (Procureurs-Juges).
  • Le pouvoir législatif est central (en jaune) mais il demeure un pouvoir excessif du Roy qui peut bloquer les lois par son droit de véto.
  • Mais surtout la « souveraineté de la Nation » est très limitée du fait du suffrage censitaire (impôt permettant le droit de vote) qui de 28 millions d’habitants ne retient en définitive que 50.000 électeurs.

La République bourgeoise : On peut alors parler de « République bourgeoise » au sens où on passe d’un pouvoir monarchique de droit divin à un pouvoir financier qu’organise et institutionnalise la constitution.

Cependant des choses essentielles ont été obtenues notamment en termes d’impôt : «  Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés », qui va être le fondement de l’impôt sur le revenu progressif et non proportionnel. Aspect qui avec les taxes actuelles reconstruit l’injustice fiscale d’ancien régime.

La Révolution ne s’est pas arrêtée en 1789. Contrainte à se défendre à l’intérieur (Chouans) et à l’extérieur et la constitution de 1793 fondée sur la justification de l’insurrection légitime : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs.  »

Révolutions et système institutionnel : Toutes les révolutions, qui par la suite, se sont succédées ont cherché à améliorer le système institutionnel, système institutionnel, compris comme l’organisation des pouvoirs visant à répondre à « l’intérêt général » expliquant que nous ayons eu 15 constitutions en 300 ans, là où les Etats-Unis et la Grande bretagne n’ont eu qu’une constitution. A chaque fois, qu’on pose la question constitutionnelle, en fait c’est la question de la souveraineté du peuple qui est posée. Or derrière la souveraineté se posent les questions de choix politiques (fiscaux, budgétaires). Il n’y a donc pas de « neutralité » de la Constitution, la constitution est le premier acte politique d’un pouvoir.

Le temps des Révolutions : Si tôt, finit la Révolution de 1789, ses effluves (l’Empire de Napoléon) et le retour du royaume (Louis XVIII), que le XIXème siècle rentre dans une période de Révolutions populaires et prolétariennes successives. Pensons dans l’ordre d’apparition, « la liberté guidant le peuple » de la Révolution de 1830, puis ce fut la Révolution de 1848 et l’apparition du premier drapeau rouge du prolétariat [4]. Puis il y eut la Commune, Révolution prolétarienne, qui en définitive est à l’origine de ce que les « gilets jaunes » appellent aujourd’hui R.I.C.

La « Commune » a imposé des règles drastiques aux élus qui les représentaient au conseil communal. Ils étaient élus sur un « mandat impératif », c’est-à-dire qu’ils ne pouvaient changer d’avis au cours de leur mandat (chose interdite dans la constitution de 1958 / Art 27) et d’autre part, en cas justement de manque à cet engagement, ils pouvaient, être destitués…Là, le peuple était vraiment souverain [5].

Révolutions populaires et constitutions : Traiter en une page, un siècle d’histoire de révolutions est une synthèse osée, mais dont le seul objectif est de montrer l’articulation politique entre Révolutions prolétariennes et constitutions.

La constitution, une fois de plus n’est pas un simple texte, elle est le fondement des pouvoirs du peuple, celui qui définit sa souveraineté, d’où son importance dans le texte lui-même : « La Souveraineté est une, indivisible, inaliénable et imprescriptible. Elle appartient à la Nation ; aucune section du peuple, ni aucun individu, ne peut s’en attribuer l’exercice. » Article 1 : Constitution de 1791

Le XXème siècle commence en 1917 : Que chacun cherche, mais le XXème siècle commence avec la Révolution bolchévique de 1917, où la « guerre du Capital » commence avec la guerre de 1914-1918 (là aussi conséquence des guerres commerciales du partage des colonies) et se termine par la Révolution soviétique de 1917, qui fait émerger un nouveau rapport politique mondial et où, comme en 1789, les puissances impériales dominantes tentent de détruire cette nouvelle irruption de fièvre (soutien aux blancs).

Ce XXème siècle se poursuit par la crise de 1929, parti des U.S.A et engendrant fascisme et nazisme, le communisme apparaissant alors comme l’antidote essentiel (le peuple soviétique paye de 17 millions de morts, sa contribution à la libération de l’Europe du joug nazi…), d’où le surnom de Staline « petit père des peuples ».

La Révolution de 1944 : La domination du peuple sous le régime de Vichy, souhaité par le patronat français (retour à avant 1936) avec le soutien actif d’Hitler débouche sur une « insurrection nationale patriotique et populaire », qui se construit, non sur la simple notion de « chassez l’envahisseur », mais sur un programme politique progressiste clair (« Les jours heureux »), fondateur de l’unité de la Résistance.

C’est en ce sens que l’on peut qualifier la « résistance », « d’insurrection révolutionnaire » au sens où sa portée, n’est pas simplement que libératoire, mais de « projet politique commun  ».

De Gaulle n’en sera que le « porte-parole », sachant de plus tout ce qu’il doit au mouvement communiste, seule véritable force d’insurrection nationale populaire et patriote, première force politique en 1945, au pont d’appeler son organisation militaire « Front National » [6].

Evolution de la structure sociale du XXème siècle : la question des structures sociales et de leurs évolutions est indispensable pour comprendre les évolutions du monde et des rapports de force. La situation en 1946 et sa comparaison en 2016 apparait déjà comme un motif suffisant de « révolutions », au sens où les révolutions ne se déclenchent jamais par hasard, mais sont le produit d’une histoire des transmutations et des contradictions inerrantes à ces processus. Beaucoup à dire sur la « baisse  » des populations agricoles et ouvrières, que je n’ai pas ici le temps le traiter dans ses fondements explicatifs d’une « comptabilité des apparences », mais admettons, ce principe, comme découlant des « révolutions technologiques » en cours (faussement appelé « Révolution numérique »). Ce qui m’intéresse ici, ce sont les conséquences institutionnelles comme révélatrices des rapports de force de « lutte de classes ».

La constitution de 1958 : Sous contrainte américaine et libérale, le pouvoir monarchique repris le cours de son histoire. De fait la constitution exprime l’organisation des pouvoirs dans le cadre de la Présidence gaullienne, d’un chef d’Etat un peu particulier. Comme sous « l’ancien régime féodal », le pouvoir en jaune est concentré autour du « chef de l’Etat » et les assemblées sont à sa botte. Nous sommes donc plus dans un régime présidentiel de type monarchique que dans une République au point que Mitterrand a pu écrire sur cette constitution « le coup d’Etat permanent »… et piteusement comme dans les périodes précédentes, le pouvoir monarchique a pris le dessus sur les assemblées du peuple.. Le peuple n’est souverain qu’au moment de voter [7].

Du Capitalisme mondialisé : Ce qui est appelé « mondialisation financière », n’est que l’emprise de la finance sur l’économie réelle ou encore la prédation des marchés financiers sur l’activité productive. La « mondialisation » ne fait que reprendre et « copier-coller » les effluves des principes du commerce libre des esclaves d’Afrique, du « commerce triangulaire ». La mondialisation est d’abord une logique de « flux commerciaux » fondés sur une logique mondiale en vue d’optimiser les profits et diminuer les impôts et risques commerciaux, en les reportant sur les Etats (krachs boursiers). Les peuples étant alors pris en otage pour, être « plus compétitif » et « moins disant fiscal ». Tout ceci, au-delà des règles économiques imposées par la dictature des profits du « marché libre et non faussé » doit, être démocratiquement institutionnalisé, comme allant de soi et sans alternative possible.

La caricature qui dit tout : Je trouve cette caricature, comme la meilleure représentation synthétique de ce que nous subissons. Où l’on voit « Jupiter » manipuler les marionnettes des forces de l’ordre contre les « gilets jaunes » et lui-même est manipulé par les forces du marché dominant la société. La question centrale est : la caricature représente t’elle la réalité du fonctionnement de la société ou pas ?

La constitution de 1958 sous contrainte des marchés : La constitution de 1958 a été de nombreuses fois modifiées devant tenir compte et s’adapter à ce qui est appelé « les évolution du monde ». En fait d’évolution, ce n’est plus la souveraineté du peuple qui est représenté mais la souveraineté des marchés. De fait la constitution de 1958 et par la même la souveraineté du peuple est mise sous l’étau des marchés financiers dominants. C’est l’O.M.C qui définissant l’organisation du commerce mondiale définit les règles du jeu de l’économie mondiale, pensant sur l’Europe qui sous contrainte applique aux peuples les règles de la « concurrence libre et non faussée », qui désormais sans le dire et sans vote référendaire se substitue à la « souveraineté du peuple  ». Le Président Macron soi-disant garant de la constitution, n’est plus qu’un simple serviteur zélé des marchés, d’où sa promotion pour les « premiers de cordée ».

Sur l’indépendance de la banque centrale et de la démocratie : Désormais en Europe, la B.C.E est indépendante des pouvoirs politiques. Elle définit une politique monétaire, en coopération avec l’O.M.C et les banques privées qui prêtent aux Etats sous condition d’intérêt (à l’image des fermiers généraux d’ancien régime). Est-ce que ce statut d’indépendance est en concordance avec les règles de la démocratie. C’est là où le retour aux sources (Montesquieu) est essentiel. La question étant : sachant que Montesquieu a précisément défini la démocratie comme la « séparation des pouvoirs » qu’il voyait au nombre de trois (Législatif, Exécutif, Judiciaire) pouvait-il oublier la monnaie ? Aurait-put-il oublier la monnaie et son rôle dans le financement des politiques publiques dans son analyse des pouvoirs ? Questions sous-jacente : La monnaie existait-elle de son époque ?

A la seconde question, la réponse est oui. Oui la monnaie existait. Elle était même de plus en plus imposée comme moyen de payer l’impôt. De plus, la monnaie définissait la souveraineté du royaume. La souveraineté étant le pouvoir de frapper monnaie, souvent d’ailleurs à l’effigie des rois. Dès lors si la monnaie existait du temps de Montesquieu et qu’elle était définie comme expression de la souveraineté, pourquoi Montesquieu, ne fait pas de la monnaie un pouvoir à part, nécessitant une institution spécifique indépendante du pouvoir politique ??? Montesquieu ne voit que trois pouvoirs, car il sait que la monnaie n’est que l’expression de la souveraineté, un outil au service de la politique.

De la démocratie à la « démocratie de marché » : En rendant la B.C.E, qui a le pouvoir de création monétaire (billets, crédits, financements), indépendante des pouvoirs politiques et en en faisant une institution, nous passons sans le dire de « la démocratie » (pouvoir du peuple) à la « démocratie de marché » où le marché est au-dessus de la démocratie, ce que le schéma formalise. Dans ce cadre, les peuples, leurs besoins deviennent des variables d’ajustement du « tout profit » et du « tout marchand ». La B.C.E devenant la « Bastille du Capitalisme Européen  » trouvant dans la monnaie le subterfuge idéal pour imposer la dictature financière des 3 %. Or la B.C.E est une Institution renvoyant à une lutte institutionnelle.

Une structuration sociale reproduite : Comme le montre le schéma, la structuration sociale de 2019 renvoie à celle de 1789 en termes de « cloisonnement social ». C’est, comme en 1789, l’aggravation des inégalités, conséquence des injustices fiscales et sociales qui en cloisonnant la société déclenche le soulèvement du 17 Novembre qui s’ancre sur les « ronds-points » comme en 1789 autour des arbres de la liberté.

La vraie question du R.I.C : Dès lors que l’on replonge dans l’Histoire, on comprend que le RIC, n’est pas un gadget, mais le processus itinérant de conquête par le peuple lui-même de sa propre souveraineté, chose recherchée depuis 1789 et jamais vraiment réalisée. Il n’est pas écrit que le R.I.C en tant que tel soit la solution pour le combat de l’émancipation humaine, mais il est une pierre sur son cheminement, jamais définitivement gravé et toujours en cours d’écriture. Le R.I.C n’est donc pas un gadget, mais un outil institutionnel dans la lutte pour l’émancipation. Cet aspect est d’autant plus important que la société Française d’aujourd’hui est de plus en plus éduquée et mieux formée, combinée aux possibilités des nouvelles technologies (internet) donc mieux à même de pouvoir décider par elle-même, en réduisant ses dépendances aux élus et au système électoral fait pour reproduire le système. Le fondement du R.I.C est à rechercher dans la Commune de Paris de 1871, Révolutionnaire, par objet. La question n’est donc pas pour ou contre le R.I.C, mais le R.I.C pour faire quoi ?

La dialectique révolutionnaire / Ouverture

Arrivé au terme de ce papier, il faut souligner les lignes de force.

  • Il n’y a pas de Révolution sans prise de conscience des violences sociales (extraction des richesses du travail) et fiscales (imposition des prolétaires, exonération des possédants) du capitalisme en tant que système d’exploitation, ce dont les « gilets-jaunes » ont une conscience de plus en plus grande au vu de leurs revendications sociales (zéro S.D.F, hausse du SMIC, rétablissement de l’ISF etc…). La question est cependant de savoir si l’on peut révolutionner le système productif, sans toucher aux institutions qui pilotent cette exploitation ??? et qui de fait en sont les garants juridiques et institutionnels…
  • Discuter des institutions, n’est donc pas un gadget, mais le moyen de structurer les progrès fiscaux et sociaux en termes de règles politique intangibles. La Constitution définit les règles fondamentales de la société y intégrant à la fois la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, définissant les droits individuels, mais aussi le préambule, qui définit les droits collectifs (et le préambule de 1946, dans ses écritures est une sacrée avancée).

Structure / Superstructure, l’approche marxiste : Karl Marx, a été un analyste très pointu et rigoureux des évolutions historiques. Son approche de la société se fondait sur le rapport structure / Superstructure : « dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui correspondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives matérielles. L’ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, la base concrète sur laquelle s’élève une superstructure juridique et politique et à laquelle correspondent des formes de conscience sociales déterminée (« Contribution à la critique de l’économie politique »).

Règles fiscales et sociales [8] et Règles constitutionnelles sont les deux faces de la même pièce, celle du fonctionnement concret de la société. Si dans l’apparence des choses, la « superstructure étatique » doit être séparée du système d’exploitation proprement dit, expliquant le concept bourgeois « d’Etat impartial au-dessus des idéologies », donnant à voir le fonctionnement institutionnel, comme garant de « l’intérêt général », il existe des périodes où le capitalisme trop sûr de lui, en vient, non seulement à dominer les rapports sociaux de production (Structure), mais à prendre aussi la place de « grand timonier politique », détruisant la mince frontière entre « structure et superstructure ». Cela s’est d’ailleurs déjà passé en France lors de la Révolution de 1848 : « Après la révolution de Juillet, lorsque le banquier libéral Laffitte conduisit en triomphe son compère le duc d’Orléans à l’Hôtel de ville, il laissa échapper ces mots : « Maintenant, le règne des banquiers va commencer. » Laffitte venait de trahir le secret de la révolution » [9]

La constitution de 1958, modifiée et sous contrainte des marchés (schéma), mettant de plus à sa tête, un Banquier (Macron), comme en 1848, fait alors disparaitre la séparation artificielle, mêlant ainsi étroitement Structure et superstructure, au point que ce sont les doléances du MEDEF, qui deviennent, la matrice des politiques gouvernementales (I.S.F, C.I.C.E, flat-tax etc…).

A ce moment-là très particulier, se battre sur le plan institutionnel revient à combattre de fait la structure elle-même puisq
ue structure et superstructure ne font plus qu’un.

C’est en ce sens, que la proposition de 6ème République de la LFI ou le R.I.C des G.J, deviennent des outils objectifs de « lutte de classe » remettant en cause de fait tout le système.

Et l’on peut affirmer que, dans ces conditions historiques particulières, l’écroulement de la superstructure, entraine aussi l’écroulement de tout le système économique dominant, car n’ayant plus possession de la passerelle, il ne peut plus édicter les lois favorables à son accumulation (loi travail, I.S.F, C.I.C.E etc…).

La cécité des organisations et des dirigeants : Il est vraiment désolant de constater qu’au lieu de réfléchir à partir des outils théoriques que nous a donnés Marx, le réflexe des organisations et de leurs dirigeants (à tout niveau), à l’exception notable de Jean-Luc Mélenchon, ne soit que de voir des fascistes partout et de considérer que toute revendication qui ne fait pas partie du cahier revendicatif central (défini par les Directions), ne serait que du populisme ou pire, de la manipulation d’extrême droite. Et y compris, si tel était le cas, le rôle d’un révolutionnaire est toujours de s’emparer du manche, justement pour que la « lutte des classes », ne tombe pas du « côté obscur de la Force ».

Il est déprimant de voir des camarades dirigeants, me reprocher d’aborder cette question de fond, comme si je me trompais de combat.

L’intelligence d’un communiste n’est pas de nier la réalité, mais de partir de celle-ci dans toutes ses contradictions, pour la faire évoluer du côté de l’émancipation collective. « C’est la vérité qui est Révolutionnaire » [10] et trop souvent nous partons de l’assertion inverse (« La Révolution est la vérité »).

La démocratie condition de la fin des famines : Rappelons qu’en 1789, les sans culottes confrontés à la famine, commencèrent par écrire une constitution. C’est la marche des femmes sur Versailles, qui mit fin à la disette qui existait du fait de la spéculation sur les grains opérées par la Noblesse…

Certains Pays africains ont commencé à régler leur problème de famine, en introduisant de la démocratie.

Sans cette approche globale, on ne peut comprendre comment un texte constitutionnel, de fait « peu producteur de blé », contribue efficacement à la résorption des famines.

La « paix du pain » et la révolution bolchévique : Quand aux dirigeants qui critiquent, sans recul en appelant juste au « grand soir » dénonçant dans le RIC, juste une opération « référendum » de courte vue, le fait que Lénine lui-même, peu suspect de « social libéralisme », a su s’appuyer sur les doléances du peuple pour, par le meilleur S.M.S du monde, déclencher la révolution : « la paix, du pain ». Or le communisme, tel que le parti bolchévique l’entendait, ne se limitait pas à « la paix du pain  », mais visait à aller bien au-delà.

C’est l’intelligence des dirigeants de l’époque que d’être parti des besoins les plus matériels immédiats que scandaient le peuple, de se l’approprier, pour en faire le « porte étendard » d’une Révolution, qui ne se limita pas, de fait, à la « paix du pain ».

Il s’agit donc de concevoir la révolution comme un processus de long terme et non juste un « grand soir », ce qui n’a jamais existé, y compris en 1917.

C’est à cet enjeu que sont mis au défi les « gilets jaunes » et au-delà l’ensemble du peuple, en vue de pouvoir se réapproprier sa souveraineté, fondatrice de la démocratie, « pouvoir du peuple ».

Revendiquer le R.I.C comme bélier, c’est donc combattre le capitalisme et le dépasser

Le 12 Février 2019,

Fabrice

P.S : mon ami et camarade Alain Rondeau, avec qui j’ai échangé cet article avant publication m’a envoyé ce petit texte : « Le referendum, la souveraineté populaire et nationale, c’est un outil démocratique, permettant le pouvoir par et pour le peuple. Un outil fondamentalement incompatible avec l’Union Européenne. Referendum ou Union Européenne, il faut choisir. Et dire cela, ce n’est pas une analyse théorique mais un constat pratique. L’Union Européenne n’est compatible avec les referendums que s’ils n’autorisent qu’une réponse, celle décidée par Bruxelles. L’actuel président de la commission européenne l’a avoué, en 2015 à la suite du referendum conduit en Grèce qui a vu le très large rejet du mémorandum austéritaires imposé par l’Union Européenne, la BCE et le FMI par un OXY incontestable de près de 2 électeurs hellènes sur 3. ” Il n’y a pas de choix démocratiques contre les traités européens” a alors déclaré Jean Claude Juncker, tandis que le premier ministre grec mettait en application le mémorandum rejeté dans les urnes par les citoyens grecs.

Si le referendum de la Vème république était une sorte de plébiscite tu type 21 décembre 1851 (Napoléon III), visant à légitimer le pouvoir en place, depuis le référendum de 2005 sur la constitution, ce procédé est devenu « l’arme des peuples » pour s’émanciper du pouvoir des monarques présidentiels. Il serait idiot de ne pas s’en servir. Le R.I.C est la matérialisation actuelle de la Constitution de 1793 : « quand le gouvernement viole les droit du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus indispensable et le plus sacré des devoirs ». Réfléchissons-Y.

[1Expression de Ségolène ROYAL, pour masquer le fait que « l’ordre juste » est toujours celui du Capital, du fait de son rapport de propriété.

[3J’ai vérifié, il semble que Non…ça aurait été trop beau…

[4Sans oublier qu’en 1848, un certain Karl Marx, écrivait : « les luttes de classes en France  ».

[5A l’exception de la « monnaie », outil pourtant essentiel de la souveraineté.

[6Comme toujours le « côté obscur de la force » s’inspire des éléments les plus révolutionnaires pour les galvauder…

[7Cet aspect étant l’une des raisons de la mise en avant du R.I.C

[8Quoi définissent les violences d’un système productif.

[9« Les luttes de classes en France » : K.Marx 1848

[10Lénine.


COMMENTAIRES  

18/02/2019 23:26 par Dominique

Merci pour le cour d’histoire. Pour le orésent et le RIC, il suffit de regarder en Suisse ce que cela donne. Pour faire aboutir un référendum, il faut d’abord le lancer et récolter des signatures. Cela nécessite une organisation et déjà à ce stade, une présence dans les médias. Ce qui implique que seul un groupe organisé et suffisamment nombreux, ou quelqu’un de suffisamment riche, peut le faire. Ensuite, après vérification des signatures, le gouvernement organise une votation. Commence alors la campagne politique autour du sujet de la votation. En pratique la droite est contre les référendum quand ils ne viennent pas d’un riche, et elle dépensent beaucoup d’argent pour faire campagne. Ce qui fait que comme lors des votations ordinaires proposées par le gouvernement (les modifications de la constitution sont normalement soumises au référendum obligatoire), c’est généralement les plus riches qui gagnent.

Exemples concrets : Lorsque la Suisse est entrée dans la Banque Mondiale et l’OMC, même les partis de gauche soit disant communistes, anti-capitalistes et anti-impérialistes ainsi que les syndicats n’ont pas lancé de référendum, si bien que le peuple n’a même pas été consulté. Même chose lorsque la Suisse a abandonné l’étalon or du franc suisse pour en faire une monnaie spéculative basée sur un panier d’autres monnaies. L’or c’était bien car quand l’économie va bien, l’or est relativement bon marché et c’est le bon moment pour en acheter, tandis que quand c’est la crise, l’or et relativement cher si bien que c’est le bon moment pour le vendre et d’utiliser les liquidités ainsi obtenues pour relancer l’économie.

Ce manque total de réaction de la part de la gauche soit-disant progressiste face à des sujets qui changent la vie de tous et de toutes dans une direction très négative pose la question de savoir à quoi elle sert. Quand je vois qu’un certain communiste local, après être devenu millionnaires grâce à la politique, à pris sa retraite à moins de 60 ans, s’est acheté une maison en Grèce, et quand il est en Suisse milite en tant que président de la Slow Food suisse, une organisation qui milite pour que les gens mangent de la nourriture certifiée locale ce qui est très bien, mais que peu de gens ont les moyens de se payer, je sais que la politique sert à enrichir les politiciens de cette gauche-là, de cette gauche collabo.

Quand à la droite, l’UDC a lancé plusieurs initiatives contre les immigrés. Le peuple les a acceptées et les réfugiés qui ont été dans d’autres pays européens sont quasi unanimes pour témoigner du fait que, comme dans les années 30 pendant lesquelles la Suisse fut le premier pays d’Europe a refouler en masse les juifs pauvres et à mettre des "J" sur leurs passeports, la Suisse d’aujourd’hui est le pire pays européens pour l’accueil des réfugiés car il est le plus inhumain. Le comble de l’imbécillité revient à une autre initiative de l’UDC, elle aussi acceptée par les moutons blancs que sont le peuple (les moutons blancs c’est les bons moutons, les moutons noirs c’est ceux qu’Hitler aurait fait mettre dans ses camps), celle qui a interdit de mettre des minarets sur les mosquées. C’est le comble du ridicule car quelle que soit l’issue du vote, cela ne changera jamais la vie de quiconque.

Voilà à quoi en est réduit le référendum populaire en Suisse, à de sombres calculs opportunistes. Quand aux votes, ils sont tellement manipulés par l’argent lors des campagnes politiques que l’on peut compter sur les doigts le nombre de référendums favorables au peuple qui ont été accepté. Donc au lieu de perdre leur temps avec le seul RIC, les gilets jaunes feraient bien mieux d’exiger une réforme complète de la constitution et des institutions, réforme faite par le peuple pour le peuple lors d’une constituante.

19/02/2019 00:26 par Assimbonanga

Merci Dominique. Je n’ai pas eu la présence d’esprit de copier-coller vos carte-postales de référendum suisse. Je vous suggère de toutes les compiler dans un article. Très intéressantes.

19/02/2019 00:38 par Assimbonanga

Passer une heure sur les télés des milliardaires et vous comprenez à quel point l’espoir de changement est ténu. Parfois quelque bon orateur ou oratrice venu de nos rangs est admis à la table. Il ou elle parle d’or. Mais eux n’écoutent pas, effacent, et oublient dès qu’il ou elle est sorti du plateau. C’est comme comme de pisser dans un violon pour le faire jouer.
Ce soir, j’ai survolé une sorte de fugue commencée sur LCI, puis reprise sur Cnews et terminée sur BFMTV : l’antisémisme suspecté à la France Insoumise. Les mêmes titres, les mêmes questions, les mêmes accusations. Des ragots, des allusions, des racontars, des airs de ceux qui savent quelque chose. L’important c’est de rendre LFI inquiétante et répugnante. C’est abject, décourageant.
S’ils choisissent d’opter pour le RIC pour donner l’impression d’une concession majeure, ils s’arrangeront pour que ce soit bien cadré, va. Ils ne lâcheront rien. Il manque le rapport de forces.

19/02/2019 11:00 par Assimbonanga

Hé, hé, hé... Ca bouge. Ce matin sur France Inter (pardon, je n’écoute pas d’autres radio) Thomas Legrand envisage sérieusement la possibilité de RIC. C’est un think-tank , Terra Nova, qui a commencé les travaux préparatoires (que Macron ne manquera pas d’adopter). Titre de la chronique de Thomas Legrand : Le RIC, une pas si mauvaise idée.
Ne vous inquiétez pas ! Ils vont s’arranger pour que ce soit inoffensif vis à vis de leurs visées.
Rien ne changera.
Macron-Guaido-Bolsonaro-Trump,
Total, Exxon, Chevron, BP, repsol.
La foête amazonienne,
la montagne d’or en Guyane.
Tout continuera.
Hé les gens, profitez tant qu’il est temps, le compte à rebours est commencé.

19/02/2019 13:25 par Georges SPORRI

Depuis 1974, les très tenaces militants de LO font une propagande assidue, ouvriériste, qui consiste à demander aux "petites gens" de voter pour des ouvriers, employés, soignants ou enseignants. En vain ! Les électeurs votent bien sûr pour des politiciens professionnels ou pour des bourgeois, ou, pire, pour des hommes d’état (beurk !)... On va encore me répondre que je méprise le peuple ce qui est une incompréhension des dynamiques sociales. Il y a une différence entre le peuple/concept de gauche = ensemble des classes exploitées et dominées et le peuple/concept de droite = la nation, la terre, les ancêtres, le sang versé, l’histoire. Mais il y a aussi une différence entre "peuple 1" , "peuple 2", grand public, électorat. L’électorat exclut les étrangers immigrés et les jeunes et il partage avec le grand public un caractère "atomisé". Le grand public et l’électorat n’ont pas grand chose à voir avec le peuple mobilisé et strictement rien à voir avec le peuple révolutionnaire dirigé depuis 1871 par la classe ouvrière organisée.
Il me parait ahurissant de penser que les RIC ne seront pas utilisés principalement par la bourgeoisie qui a les moyens de faire de la propagande et, comme en Suisse, de payer des démarcheurs pour récolter les signatures en cas de difficultés !
Transformer les militants de terrain en récolteurs de signatures que nos collègues et voisins étrangers ne peuvent pas offrir est une opération de pacification sociale et de démobilisation qui ne peut qu’aboutir à un avachissement général ...

20/02/2019 17:18 par Danael

Si les structures économiques de classes en place ne sont pas analysées en profondeur et remises en question, le RIC ne sera pas ce "bélier pour combattre le capitalisme et le dépasser" mais pourrait tout au plus permettre la mise en place d’un nouveau contrat social très illusoire. Car il est en effet illusoire de penser que le RIC en toutes matières sera accordé au peuple d’en bas dans le cadre du capital financier actuel sans qu’il soit nécessaire de l’imposer par une prise de pouvoir insurrectionnelle achevée, avec le désir vital de changer toutes les structures d’ exploitation qui condamne ce peuple (qui ne sont pas qu’institutionnelles mais aussi économiques). Donc le RIC n’est pas un moyen de prendre le pouvoir. Il sera bien plus le résultat d’un rapport de forces, d’une prise de pouvoir déjà réalisée par la lutte de cette classe la plus défavorisée qui aura maîtrisé et gagné cette lutte. Dès lors le RIC ne sera pas celui qui aura été imaginé à l’avance mais celui qui correspondra aux objectifs de la prise de pouvoir de cette classe, de sa détermination à le garder et de son émancipation réelle. Il est donc important que ce mouvement des gilets jaunes soit soutenu et encouragé dans son processus de conscientisation sur la nature du pouvoir actuel qu’il interroge.

20/02/2019 17:52 par grd-mere Michelle

@Fabrice
"C’est la vérité qui est révolutionnaire" , a dit Lénine.
Mais où trouver la vérité dans cette avalanche d’informations déversée sous toutes les formes modernes de diffusion d’expression ?

Le bon sens populaire dit : "La vérité sort de la bouche des enfants".
Il est plus que temps de les écouter, à l’heure où les jeunes crient et chantent dans les rues, "armés d’amour jusqu’aux dents", pour réclamer le droit à la VIE, tout simplement. Car ils/elles ont senti, compris, que ce sont les sempiternelles dissensions, entre les volontés de domination et les résignations à la soumission (relire "Ubu roi" et "Ubu enchaîné" que A.Jarry avait instamment demandé de toujours jouer ensemble) qui mènent le genre humain à sa perte.
Cette conviction partagée peut amener des politiques de vie plutôt que des politiques de mort, en transformant les industries de guerre en industries de paix, et les armées(avec toute la recherche qui les renforce) en armadas de protection de la nature(dont nous sommes).
Chacun-e doit prendre son destin en main, de l’est à l’ouest, du nord au sud, et se mêler de ce qui le/la regarde, en exigeant de ses représentant-e-s élu-e-s de l’ÉCOUTER et de faire en sorte que la vie se perpétue, sinon ils/elles ne seront plus ré-élu-e-s.
La vraie révolution, c’est de "passer de la compétition dans l’individualisme à l’individualité dans la coopération" (C.Magny en 1963)). Elle s’est déjà manifestée à l’une ou l’autre occasion(notamment à la base de l’Internationale socialiste, avant et pour éviter la première guerre mondiale), ne laissons pas des psychopathes de tous bords la bâillonner à nouveau.
L’inverse de la folie n’est pas la normalité, mais la sagesse. Toutes nos formidables avancées scientifiques nous permettent aujourd’hui d’être sages, raisonnables, au lieu d’être livrés à nos peurs, et à notre instinct animal de prédateurs/proies.
La vérité, c’est que chacun-e veut connaitre la satisfaction de vivre une vie digne d’être vécue.
LIBERTÉ DE CHOIX ! ÉGALITÉ DE DROITS ! SOLIDARITÉ AVEC LE VIVANT !

21/02/2019 11:33 par barbe

Certains ici ont peur du RIc et alors nous prennent par les sentiments, en voulant nous transmettre une crainte, et une morale.
Or, le moment est politique. Les gens demandent un changement institutionnel. Plutôt que de s’en réjouir, certains, qui ne veulent pas y croire, manifestent leur peur, en rabattant le mouvement, quitte à se faire rabat-joie.
On ne peut plus continuer à raisonner en termes d’élection : les gens veulent voter les textes, c’est-à-dire décider.
Il y a des bourgeois, d’aucuns voudraient les éradiquer. Mais ils reviennent, et pas là où on les attend : ils reviennent dans la bouche de discours moralisateurs, du type de ceux que tient Mr Sporri : il n’y a rien de plus bourgeois que la moraline qui suinte de son propos à juger les gens sur leur différence, sur leur particularité, leur pratique, leur croyance (les catholiques devraient être combattus...), moraline présente dans le discours moralisateur, du type "j’ai raison sur le fond et je me fous de la forme".
Il y a des citoyens, qui ont le droit de vote, et des autres qui ne l’ont pas. C’est une question de forme. Vous ne voulez pas la respecter. Alors vous êtes pour les puissants qui veulent destituer, ou mondialiser, c’est pareil.

21/02/2019 11:39 par Assimbonanga

Ecoutez cette philosophe made in populo, sortie de la plèbe. Moi j’aime bien ! Michelle Tirone : https://www.youtube.com/watch?v=07gYCd3lz6k

21/02/2019 12:58 par Georges SPORRI

@Barbe / Cher Monsieur, vous croyez donc que RIC = Démocratie Directe / Même Chouard et Asselineau savent que ce n’est pas vrai ! Je vous invite à regarder sur UPR TV le débat Chouard / Asselineau sur les RIC et à très bien écouter ce qu’ils disent surtout à la 31ème minute !

21/02/2019 16:13 par barbe

Oui, on voit bien les tensions quand chouard parle : d’un côté, dire "il n’est pas question de démocratie directe" et de l’autre déplorer que les Suisses perdent leur démocratie (plus directe que la nôtre).
Il va de soi que si l’on permettait aux Français de voter les textes, le RIC serait inutile. Il est un pis aller. Mais entre lui et le statu quo institutionnel, mon choix est vite fait.

21/02/2019 17:02 par Georges SPORRI

Le RIC n’est pas un pis aller ! Il sera un précieux outil pour créer des comités référendaires unitaires droite / extrême droite / "évangélistes" ! Imaginer que les 45 millions d’électeurs français ont envie de faire de la politique en permanence est une ineptie, alors ça va se passer comme en Suisse = 65 % d’abstentions.
Chouard est rigolo : il ne sait pas qu’en Suisse les femmes ont obtenu le droit de vote très tard, après 68 en tout cas et bien plus tard dans le canton d’Appenzell ! Alors la Suisse actuelle est 1000 fois plus démocratique que sa Suisse fantasmée du bon vieux temps ! Mais la paix sociale qu’induisent les 4 séries votations annuelles crétinise le peuple = 30 % pour l’extrême droite et 25 % PS + Ecolos, extrême gauche marginalisée car elle n’a pas les moyens financiers pour monter souvent des initiatives et serait fortement réprimée si elle envisageait d’autres façon de faire de la politique.

22/02/2019 14:46 par barbe

Mr Sporri,
Je commence par quoi ? Allez, par le plus simple : si jamais les Suisses votaient conformément à votre moral(in)e, vous accepteriez le Ric chez nous... drôle de raisonnement, qui me fait dire que vous ne respectez pas les formes. Mais le fond, sans la forme, n’a pas de valeur, sinon que celle de votre opinion et de vos croyances. Les GJ parlent de modifications institutionnelles : l’heure n’est plus
à la lutte dans le seul monde du travail.
Vous semblez ignorer aussi que les Français ne sont pas les Suisses (ni les Allemands : Marx ne disait-il pas qu’il n’y aura jamais de révolution en allemagne, car il faudrait y marcher sur la pelouse).
Autre point : je préfère que 30 % du corps électoral se prononce sur une loi, plutôt que 0,0001 % (les chers députés). D’autant que tous ont le droit d’y participer.
Autre point : le peuple est déjà crétinisé par le système médiaticoéléctoral : on fait quoi ? on ne change rien à ces institutions ?
J’en oublie...

22/02/2019 19:08 par grd-mère Michelle

@G.Sporri
"Imaginer que les 45 millions d’électeurs français ont envie de faire de la politique en permanence est une ineptie..."
C’est bien là le drame : le manque d’imagination(ou le surplus de prétention ?) des intellectuel-le-s aux idéologies rigides qui, tout comme les affairistes que sont aujourd’hui la plupart des politicien-ne-s, veulent rester les "bons bergers" (laïcs ou religieux) d’un troupeau de moutons apeurés.
Si nous ne nous mêlons pas de politique, la politique, elle, s’occupe en effet de nous, avec ses plus ou moins bonnes idées qui ne servent qu’à nous soumettre, à nous rendre taillables et corvéables(et à faire de nous, bientôt, des robots).
C’est dans toutes les écoles, dès le plus jeune âge et durant toute la durée de la scolarité, que tous les États prétendument démocratiques devraient permettre et encourager l’exercice de l’observation et l’écoute de ses semblables, aussi divers-e-s soient-ils/elles, dans des ateliers hebdomadaires de parole, où les enfants (peut-être alors habillé-e-s de gilets jaunes, en l’honneur de ceux/celles qui, trop longtemps bâillonné-e-s, ignoré-e-s, osent enfin s’exprimer) apprendraient à parler, à s’exprimer sur leur réalité et leurs désirs, et à écouter ce que les autres ont à dire sur leur propre vie, pour pouvoir relativiser et choisir en toute liberté(munis d’informations correctes) ceux/celles qui seront dignes de les représenter.

En Belgique, toute forme de référendum a été supprimé de la Constitution après la seconde guerre mondiale car le dernier, sur "l’affaire royale", a presque conduit à la division(effective) du pays(voir les difficultés espagnoles avec la Catalogne).
Par contre, lorsque l’Etat est devenu "fédéral", et à l’occasion de révisions de la Constitution, a été intaurée la possibilité d’organiser des "consultations populaires" au niveau des nombreux parlements régionaux(Flandres, Wallonie, Bruxelles) et communautaires(francophones,néerlandophones,germanophones) (possibilité aussi d’interpeller , à 20, les élu-e-s des Communes et/ou Régions), dans le cadre des compétences qui leur sont accordées, que 5000 citoyen-ne-s peuvent exiger d’organiser. Les conclusions de ces consultations ne sont pas contraignantes, mais la proximité entre la population et ses représentant-e-s influe largement sur les résultats des élections(ce qui n’empêche pas des "coups de force" occasionnels, surtout au niveau de l’État fédéral, qu’une nouvelle révision de la Constitution, contrôlée par la société civile, devrait empêcher dans le futur).

En ce moment circule une collecte de signatures pour organiser, dans les trois Régions, des consultations qui veulent mener à les déclarer "Région hors-CETA ". Vous trouvez ça insignifiant ? Pourquoi Trump s’est-il désintéressé du TTIP ? La ferme résolution des citoyen-ne-s des pays européens (ICE, initiative citoyenne européenne de plus de 3millions de signataires, pourtant non prise en compte par la Commission EUR) à favoriser leur marché commun plutôt que du libre-échange commercial inter-continental(dans le souci de préserver l’ environnement, leur autonomie, et leur liberté de penser et de consommer) lui a fait comprendre que la fin de la domination États-unienne est arrivée ! Même l’OTAN est agonisant ! Mais gare aux opérations de charme(bon-marché) de la Chine !
Il serait temps que la gauche française s’unisse, sur des objectifs réalistes, sociaux et environnementaux, pour devenir crédible, et ne plus laisser des gens comme Macron jouer son petit Napoléon avec ses idées de "défense européenne" et d’Europe à deux vitesses qui ne font que favoriser l’opposition est-ouest(et la peur de la Russie), ainsi que l’envahissement des derniers pays adhérents par des investissements pervers (et des déploiements militaires) qui répandent la logique capitaliste.
Ceci pourrait aussi aider à inverser le courant politique au niveau des institutions européennes(qui doivent, et pourraient, être profondément transformées-nouveau Traité- si le peuple européen veut bien s’en mêler, et ne pas laisser des envahisseurs/investisseurs décider à quelle sauce il sera mangé).

Pour une Europe désarmée, unie et solidaire, imaginative, inventive, novatrice, joyeusement et intelligemment active, accueillante, prioritairement soucieuse de la santé et du bien-être de chacun-e de ses habitant-e-s, du respect de leur diversité, et enfin débarrassée des vieilles velléités impérialistes, colonisatrices, de ses anciennes "grandes puissances" ! (Sans doute plus facile sans la "Grande Bretagne" !?)
La vraie puissance, aujourd’hui, c’est celle qui est capable de montrer la voie de la prospérité dans la Paix, en privilégiant des dialogues et des conciliations éclairés par la vérité de l’information à des altercations/disputes confuses, engluées dans des concepts dépassés et des intérêts égoïstes. Bon sang, ne sommes-nous pas dans le troisième millénaire ?! Les horribles souffrances que l’Histoire nous conte ne nous ont-elles donc pas fait évoluer ?

Vous me direz : Que faire des ententes contractées avec nos "alliés"(alliés pour ou contre quoi, à propos ?) ? Nous ne serions pas les premiers à rompre des contrats !
Ou alors : "Où trouver l’argent ?"
Comme disait l’autre : "C’est le fond qui manque le moins" !
La vraie richesse de l’Europe et de chacun des pays qui la composent, c’est la formidable diversité que l’on rencontre en voyageant dans leurs beaux paysages, des climats plus ou moins tempérés, des eaux vives, des terres arables ou préservées, une faune grouillante, une flore exubérante, des langues et des cultures ancestrales, l’ingéniosité et l’habileté des populations qui, à condition de ne pas les abrutir dans des travaux inutiles ou/et nuisibles(comme la fabrication d’armes et d’automobiles) ou devant des écrans "divertissants" abêtissants, et de leur en laisser l’initiative(voir le mouvement de "la transition"), consacrent avec entrain leurs forces, physique et intellectuelle, à améliorer leur bien-être(qui n’a rien à voir avec le "confort" standardisé), sans oublier les arts de toute sorte qui font qu’on ne s’y ennuie jamais.
Mais... la France et les français-es, de gauche comme de droite, pourraient-ils/elles accepter d’être, simplement, paisiblement, parmi et avec les autres, en train de construire un monde meilleur ?
Le proche avenir nous le dira...

22/02/2019 21:00 par Georges SPORRI

Cher monsieur Barbe / On change les institutions = remplacer les 577 par 65 000 délégués / Proportionnelle et parités / Les femmes votent pour des femmes, les ouvriers pour des ouvriers, les fonctionnaire B pour ...etc. / Ces gens là élisent un bureau pour accomplir le travail technique d’une Assemblée nationale / Contrairement aux RIC ce dispositif n’est pas un terrain où l’extrême droite sera à l’aise !

NB : Prière de re - écouter ce que disent Chouard et Asselineau qui expliquent très bien comment ces RIC refoulent la démocratie directe et maintiennent les institutions républicaines-bourgeoises, y compris 5ème république dans le cas d’Asselineau. C’est d’ailleurs évident, on ne peut pas organiser sérieusement 1000 votations pour corriger 1000 lois bourgeoises qui pourtant nous oppriment.

24/02/2019 09:39 par barbe

Mr Sporri
Je vous ai déjà répondu sur le premier point de votre réponse.
Vous continuez, faisant semblant d’attaquer la bourgeoisie, de vanter la procédure bourgeoise par excellence : l’élection de représentants, fussent-ils plus nombreux.
De plus à côté du travailleur, il y a le citoyen, dont le sens est de faire la loi. Les gens veulent voter les textes, directement.
Bonne journée.

24/02/2019 11:56 par Georges SPORRI

Là nous sommes d’accord ! Vous êtes pour le pouvoir des gens + citoyens / Je suis pour le pouvoir du peuple dirigé par la classe ouvrière organisée, y compris les travailleurs étrangers ( le peuple étant alors défini comme "ensemble des classes exploitées - dominées" ) / Au Venezuela vos RIC citoyens existent depuis 18 ans et les femmes n’y ont pas le droit d’avorter, en Russie elles ont obtenu ce droit en quelques mois dès 1918 ... Cela illustre parfaitement la supériorité du marxisme révolutionnaire sur le simple citoyenisme progressiste qui est d’ailleurs devenu une idéologie réactionnaire, en France (pas au Venezuela), depuis 1871.

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