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Reuters parle d’une "nouvelle route de l’Iran vers le Yémen" mais il n’arrive pas à la trouver sur sa carte

L’administration Trump regorge de personnes qui, pour une raison ou une autre, haïssent l’Iran. Ces personnes tentent de briser « l’accord nucléaire » avec l’Iran et d’autres puissances. Leur propagande rend l’Iran responsable de tous les « maux » du monde. Leur position est parfaitement conforme à l’axe israélien-saoudien contre l’Iran.

Depuis que les États-Unis, le Royaume-Uni et les Saoudiens font la guerre au Yémen, ils prétendent que l’Iran est l’allié du peuple Zaydi du Yémen du Nord qui, avec l’armée yéménite, résiste à l’invasion saoudienne. L’Iran est régulièrement accusé de leur faire parvenir secrètement des armes, même si aucune preuve n’a pu en être apportée.

Reuters saute dans la brèche avec cette fantastique fausse nouvelle.

Les gardes révolutionnaires iraniens ont commencé à utiliser une nouvelle route à travers le Golfe pour expédier des armes de contrebande à leurs alliés Houthis dans la guerre civile du Yémen, ont déclaré à Reuters des sources fiables.
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Au cours des six derniers mois, le Corps de la Garde révolutionnaire islamique (IRGC) a commencé à utiliser une voie maritime, dans le haut du Golfe, entre le Koweït et l’Iran, pour trouver de nouveaux moyens de contrecarrer l’embargo qui les empêche de livrer des armes aux Houthis qui sont aussi des chiites, selon des sources iraniennes et occidentales.

Grâce à cette nouvelle route, les navires iraniens peuvent transférer de l’équipement sur de plus petits navires tout en haut du Golfe, où il y a moins de contrôles. Les transbordements ont lieu dans les eaux koweïtiennes et dans les voies de navigation internationales voisines, selon les sources.

« Des pièces de missiles, des lanceurs et des drogues sont introduits en contrebande au Yémen via les eaux koweïtiennes », a déclaré un haut responsable iranien. « L’itinéraire est parfois utilisé aussi pour transférer de l’argent. »

L’auteur de cet article de Reuters est un dénommé Jonathan Saul. Il y a des articles plus récent sur sa page Reuters comme : "Les banques européennes ont du mal à résoudre le problème de la dette toxique des compagnies maritimes", "Le transport maritime international souffre des conséquences de la cyber-attaque de Maersk" et "Les prêteurs vont augmenter la pression sur les détenteurs de dettes toxiques maritimes". Les articles plus anciens de Saul ont des titres similaires. Saul écrit, depuis Londres, des articles sur l’industrie mondiale du transport maritime. Qui oserait dire que cela n’en fait pas un expert sur le Yémen ?

Mais même un expert peut se tromper. Les Houthis ne sont pas chiites au sens où l’Iran est chiite. Ce sont des Zaidis et ils appartiennent à l’école Hanafi du droit islamique sunnite. Ils prient dans les mêmes mosquées que les croyants sunnites. L’utilisation du terme chiite pour le camp Zaidi du conflit du Yémen est une reprise laxiste d’allégations saoudiennes non fondées, dont le but est de replacer tous les conflits locaux au Moyen-Orient dans un cadre « sunnis-chiites » même s’il est complètement inapproprié. Comme Carnegie Endowment l’indique :

Les affirmations concernant l’influence de l’Iran sur les Houthis sont largement exagérées. Les Houthis reçoivent bien un soutien de l’Iran, mais il est principalement politique, et l’aide financière et militaire est minime. Cependant, depuis que les Houthis ont pris le contrôle de Sanaa, on entend de plus en plus dire que le groupe est « soutenu par l’Iran » ou « chiite », en laissant souvent entendre qu’ils ont un lien religieux avec la République islamique. Cependant, avant les bouleversements de 2011, le terme « chiite » n’était jamais utilisé au Yémen pour désigner des groupes ou des individus yéménites.

L’article de Reuters relaie des rumeurs anonymes de transferts iraniens d’armes en haute mer, mais il n’explique pas comment ces armes seraient ensuite acheminées AU Yémen. La carte ne montre aucune route à cet effet.

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L’Arabie saoudite et ses alliés d’al-Qaïda bloquent et contrôlent toutes les routes maritimes et terrestres menant au Yémen. Des millions de Yéménites sont en train de mourir de faim et une énorme épidémie de choléra ravage le pays. 400 000 personnes sont infectées par la maladie et des centaines de personnes en meurent chaque jour. Très peu de nourriture et aucun médicament ne parviennent à entrer dans le pays. Comment, s’il vous plaît, les armes iraniennes pourraient-elles sauter de dieu sait où entre les mains des Houthis quand pas même un morceau de pain ne peut le faire ?

Ces allégations de transferts d’armes dans le golfe Persique supérieur n’ont aucun sens. Il est à environ 2 000 kilomètres de la côte yéménite. Il y a quantités de routes bien plus courtes que les petits navires pourraient utiliser sans prendre beaucoup plus de risques pour aller d’Iran au Yémen. Quand on regarde l’article de Reuters de plus près, on s’aperçoit qu’il se contredit lui-même :

« Pour ces activités on se sert des petits ports iraniens, car les grands ports pourraient attirer l’attention », a déclaré un deuxième responsable iranien.

Un autre signe que l’article de Reuters est une ânerie sans nom, c’est qu’il se recommande de trois (!) « haut-fonctionnaires iraniens » anonymes. Faut-il croire que de multiples « hauts responsables iraniens » avouent à un correspondant maritime de Londres que l’Iran viole délibérément les résolutions de l’ONU en envoyant des armes au Yémen ? Pourquoi feraient-ils cela ? Pourquoi voudraient-ils corroborer la propagande saoudienne contre l’Iran ?

L’article de Reuters affirme des choses fantastiques et complètement illogiques. L’auteur ne connait pas la réalité du conflit. Les sources sont extrêmement douteuses. Reuters lui-même est incapable de trouver « la nouvelle route de l’Iran » sur la carte qu’il fournit.

Reuters est la principale agence de presse britannique. La Grande-Bretagne est fortement impliquée dans le conflit au Yémen, et les Saoudiens et leurs alliés sont les plus grands clients des fabricants d’armes britanniques. L’article alarmiste sur la « nouvelle route » va sûrement faire sensation, mais il montre que Reuters n’est pas une source d’information fiable.

Moon of Alabama

»» http://www.moonofalabama.org/2017/08/reuters-claims-but-can-not-find-i...
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