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Séance plénière de la réunion du 15ème anniversaire du Club de Discussion International Valdaï , 18 octobre 2018.

Vladimir Poutine : en cas de guerre nucléaire, nous irons au paradis en martyrs

Transcription :

[...] Fyodor Lukyanov : Vladimir Vladimirovich, il est donc convenu que la Russie ne doit pas être détruite. Mais vous avez également fait une déclaration très ferme il n’y a pas longtemps.

Vladimir Poutine : Vous me harcelez encore avec ces déclarations.

Fyodor Lukyanov : Je suis désolé, c’est mon travail, je suis payé pour ça.

Vladimir Poutine : Serons-nous les deux seules personnes à débattre ?

Fyodor Lukyanov : Une minute s’il vous plaît. Chaque chose en son temps.

Pouvez-vous s’il vous plaît m’expliquer cette déclaration que vous n’avez pas faite à Valdaï : « A quoi bon ce monde s’il n’y a plus de Russie ? » Beaucoup ont interprété cela à leur manière, affirmant que vouliez dire « Après moi, le déluge », vous connaissez l’expression. Est-ce ce que vous vouliez dire, ou est-ce que, comme je le présume, vous vouliez dire autre chose ?

Vladimir Poutine : Non (ce n’est pas ce que je voulais dire). Premièrement, le roi Louis XIV a déclaré cela en réponse aux accusations selon lesquelles il dépensait trop d’argent du Trésor pour toutes sortes de palais et de divertissements. À ce propos, ce n’était pas un tel gaspillage, car après lui, beaucoup de choses sont restées, y compris des palais. Et deuxièmement, il était aussi un homme d’État. Si je me souviens bien, il a créé la première armée régulière en Europe. Par conséquent, il y avait probablement du vrai dans tous les propos sur son extravagance, mais cela ne signifie pas qu’il a réellement fait ce qu’il a déclaré lors d’une dispute.

Quant à la déclaration que vous avez citée, je ne suis pas sûr, mais j’ai probablement dit cela à Vladimir Soloviev.

Fyodor Lukyanov : Oui, dans le film.

Vladimir Poutine : Mais vous ne pouvez pas citer des choses hors de leur contexte. Je vais vous rappeler de quoi il s’agissait. On m’a demandé si nous étions prêts, si j’étais prêt à utiliser les armes que nous avons, y compris les armes de destruction massive, pour nous protéger, pour protéger nos intérêts. Et c’est ce que j’ai répondu.

Je vais vous rappeler ce que j’ai dit. J’aidit que notre doctrine sur les armes nucléaires ne prévoyait pas de frappe préventive. Je voudrais vous demander à tous, ainsi qu’aux personnes qui analyseront plus tard mon propos et, d’une manière ou d’une autre, qui interpréteront chacun de mes mots, de garder à l’esprit qu’aucune disposition ne prévoit la possibilité d’une frappe préventive dans notre doctrine sur les armes nucléaires. Notre concept est basé sur une contre-attaque réciproque. Il est inutile d’expliquer ce dont il s’agit à ceux qui le comprennent, mais pour ceux qui ne le comprennent pas, je voudrais le répéter : cela signifie que nous ne sommes prêts et n’utiliserons les armes nucléaires que lorsque nous serons certains qu’un agresseur potentiel attaque la Russie, notre territoire. Je ne révèle pas un secret en disant que nous avons créé un système qui est mis à jour en permanence, selon les besoins, un système de radar pour la détection rapide des missiles balistiques. Ce système surveille le globe, nous avertit du lancement de tout missile stratégique en mer et identifie la zone à partir de laquelle il a été lancé. Deuxièmement, le système suit la trajectoire de ce missile. Troisièmement, il localise une zone de largage d’ogives nucléaires.

Nous ne déclencherons une contre-attaque que si nous savons avec certitude –et cela prend quelques secondes à comprendre– que le territoire de la Russie est attaqué. Ce serait une contre-attaque réciproque. Pourquoi est-ce que je dis contre-attaque ? Parce que nous allons contrer les missiles qui se dirigent vers nous en envoyant un missile en direction de l’agresseur.

Bien sûr, cela équivaut à une catastrophe mondiale, mais je tiens à répéter que nous ne pourrons en aucun cas être les initiateurs d’une telle catastrophe, car nous n’avons pas prévu de frappe préventive. Oui, on dirait que nous restons assis les bras croisés, et que nous attendons que quelqu’un utilise des armes nucléaires contre nous. Eh bien oui, c’est le cas. Mais tout agresseur doit savoir que des représailles sont inévitables et qu’il sera annihilé. Et nous, en tant que victimes d’une agression, nous irons au paradis en martyrs, tandis qu’ils périront simplement. Parce qu’ils n’auront même pas le temps de se repentir de leurs péchés.

Source : http://en.kremlin.ru/events/president/news/58848

Traduction : https://sayed7asan.blogspot.com/2018/10/vladimir-poutine-en-cas-de-guerre.html

Vladimir Poutine : en cas de guerre nucléaire, nous irons au paradis en martyrs from Sayed Hasan on Vimeo.

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L’auteur : Christophe OBERLIN est né en 1952. Chirurgien des hôpitaux et professeur à la faculté Denis Diderot à Paris, il enseigne l’anatomie, la chirurgie de la main et la microchirurgie en France et à l’étranger. Parallèlement à son travail hospitalier et universitaire, il participe depuis 30 ans à des activités de chirurgie humanitaire et d’enseignement en Afrique sub-saharienne, notamment dans le domaine de la chirurgie de la lèpre, au Maghreb et en Asie. Depuis 2001, il dirige régulièrement des (...)
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