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Chavez à Paris : Reporters sans frontières éructe ses mensonges.








Mardi 20 novembre 2007.

Quand un mensonge ménardien prend l’eau, RSF écope en catimini et en sort un autre. Il en faut toujours un de prêt à appareiller dans la rade de l’Imposture (Miami Beach).


Le 19 novembre 2007, Hugo Chavez étant attendu en France pour une noble action, RSF a écrit à Sarkozy une longue lettre directement tirée de la basse propagande de l’opposition vénézuélienne. Le parti pris est assez flagrant pour que d’autres, ici et ailleurs, le dénoncent. Je me borne à en tirer un passage où Reporters sans frontières a « souligné l’ampleur » du «  contrôle qu’exerce le chef de l’État vénézuélien sur le paysage médiatique », contrôle qui s’étend au « principal quotidien national Ultimas Noticias et une soixantaine de journaux locaux ».


- Décortiquons le mensonge à l’aide d’une anecdote vraie et amusante.

Le même jour, à la même heure précise, et pour parler de la même chose (mais de manière différente), Robert Ménard et moi nous trouvions à Caracas.

Voici ce qu’il advint. Mais d’abord, le décor.

Rappelons-nous. Le gouvernement vénézuélien voulait récupérer la fréquence de la chaîne RCTV (Radio Caracas Télévision) pour dégager un espace permettant la création d’une télévision publique éducative et populaire : TEVES, Televisora Venezolana Social. Le nom est un jeu de mot : « Te ves » : tu te vois. Il se décline parfois sur des affiches, des tee-shirt rouges et des banderoles : « Yo me veo, él se ve, tú TEVES » (« je me vois, il se voit, tu TE VOIS »).

Cette décision, annoncée en décembre de l’année 2006, avait déclenché une tension qui ne cessait de croître depuis des mois. Il était prévisible que l’opposition allait se déchaîner, appuyée par les médias internationaux. Ce fut le cas. Robert Ménard y participa fébrilement, s’activant dans les couloirs du parlement européen en compagnie de Marcel Granier, patron de RCTV, putschiste, milliardaire dont une partie des activités lucratives se fait à Miami.

RSF hurlait à la « mort  » de RCTV. Aujourd’hui, cette chaîne «  fermée » use du droit qu’elle a toujours eu d’arriver sur les écrans par câble et satellite. Et RSF, honteuse comme un tricheur, ne parle plus de fermeture, mais de suppression de la fréquence hertzienne, soit exactement ce que nous disions depuis toujours, exactement LE CONTRAIRE de ce que Ménard disait le 28 mai 2007.

Donc, ce jour-là , à 10 heures du matin précises, Robert Ménard se trouvait à l’hôtel Hilton de Caracas, pour y donner une conférence de presse. Il y fut malmené par une partie du public parmi lesquels quelques français (je ne sais si je peux les nommer, ils le feront ici en commentaire s’ils veulent) et par des vénézuéliens, lesquels lui demandèrent âprement où il était quand les putschistes fermaient des médias, brisaient leur matériel, pourchassaient, frappaient et arrêtaient des journalistes.

A la même heure, je me trouvais dans le bureau de Aleazar Dà­az Rangel, directeur du quotidien vénézuélien : Ultimas Noticias (Dernières Nouvelles). C’est le plus fort tirage du pays (près de 300 000 exemplaires) le troisième sur toute l’Amérique latine où l’on trouve des pays immenses et très peuplés comme le Brésil, l’Argentine, le Mexique. Un journal qui s’attache à observer une neutralité politique concrétisée par la publication de points de vue et de tribunes d’auteurs de tous bords. Ses journalistes couvrent pratiquement tout l’éventail des opinions politiques en présence dans le pays. Dans ses pages, une sorte d’équilibre existe, que chaque camp conteste peu ou prou, mais qui tranche dans le paysage médiatique du Venezuela où la presse a souvent la forme d’un outil de propagande musclée.

En vérité, Ultimas Noticias compte dans ses rangs un peu plus de journalistes hostiles à Chávez que de « chavistes » et le décompte des articles et tribunes politiques montrent que le pouvoir est légèrement désavantagé.

Néanmoins, Ultimas Noticias a offert à ses lecteurs un angle de vision ouvert sur la bataille médiatique qui se déroulait au Venezuela depuis plusieurs mois et qui allait atteindre son point culminant le 27 mai, date du non renouvellement annoncé de la concession de diffusion hertzienne arrivée à expiration et octroyée vingt ans plus tôt à RCTV.

J’avais arraché ce rendez-vous via une journaliste de Ultimas Noticias dont le mari fit ses études à Toulouse où je vis. Mon objectif était d’obtenir de ce journal qu’il ne se contente pas de rendre compte de la conférence de presse ménardienne, mais qu’il donne à lire un point de vue sur RSF. J’ai donc raconté au doctor Alezear Diaz Rangel, ce que je savais de cette « ONG » française. Il me laissa parler pendant une demi-heure, puis décrocha son téléphone pour faire venir dans son bureau un photographe et un journaliste.

Le lendemain, une page intérieure de Ultimas Noticias était divisée en trois partie : publicité et deux articles sur RSF. Le premier, orné d’une photo de l’escritor francès, annonçait en gros et gras caractères que RSF répond aux intérêts des Etats-Unis d’Amérique, était souligné d’un sous-titre sur ses sources de financement (suivez mon regard). Le second, en dessous, deux fois plus court et coiffé d’un titre maigre, apprenait aux lecteurs que, selon Ménard, la fermeture de RCTV est une décision politique.

Cette page-là ne prouve pas que Ultimas Noticias est contrôlé par Chávez (ce que personne ne croit dans toute l’Amérique latine), mais que, journal neutre, il peut publier deux avis différents. Quand deux français traversent l’Atlantique pour parler du droit des citoyens à l’information, le directeur du journal donne la parole à celui dont il sait qu’il ment (fermeture de RCTV) et à celui qui le contredit.

La place qui fut accordée à chacun est significative d’un penchant de Ultimas Noticias pour la vérité. Par un involontaire hommage du vice à la vertu RSF, traduit : penchant pour Chávez.

Maxime Vivas

PS. Ahurissant, l’activisme de RSF contre le contrôle des médias dans le tiers monde, tandis que les amis de Sarkozy font main basse sur la presse en France. Si notre président prend la lettre de RSF comme une attaque personnelle insidieuse, il risque de couper les crédits gouvernementaux à RSF. L’Europe l’ayant déjà fait, il ne restera que les USA.




Les USA financent Reporters Sans Frontières, par Diana Barahona.

Venezuela - Reporters sans frontières et RCTV : Désinformation et mensonges, par Salim Lamrani.


Venezuela : Les paradoxes de la révolution bolivarienne, par Pierre Beaudet.






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