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Choisir sa France, choisir son monde

Dans l’histoire récente de notre pays, on a pu déceler un antagonisme entre deux France ; et c’est la raison pour laquelle, malgré tout ce que les patriotes autoproclamés vous diront, on peut encore choisir celle que l’on aime.

Il y avait eu dans la première, à une certaine époque bénie, un indubitable esprit universaliste, égalitariste, épris de justice et de fraternité. Cette France-là n’était pas, quoi qu’on en dise, celle des élites, semble plus vraiment être dans l’air du temps et est, par voie de conséquence, celle qu’on ne connait que trop peu.

Dans la seconde prédominait en revanche un racisme « humaniste », parce que français,(1) très bien porté. Cette France-là, celle de la déchéance de nationalité, des vertus civilisatrices de la colonisation, des responsabilités de la race supérieure, du bruit et de l’odeur, de la double portion de frites et d’autres calembredaines ; celle-là on la connait mieux.

On y avouait sa xénophobie, sa misogynie et son racisme, plutôt de droite mais également de gauche, et on en parlait à table d’hôte. Quelquefois, on niait un petit peu. Tout le monde vous engueulait et cela finissait par s’avouer. Et puis, même là, même dans cette France-là, il y avait eu un reflux ; peut-être à la faveur des trop nombreuses boucheries du XXème siècle. Alors on en avait eu honte, et on avait renvoyé, dos-à-dos, tous les extrêmes.

C’était par exemple le cas de Robert 90 ans, mal voyant et dépendant d’infirmières issues de la deuxième génération de l’immigration africaine (2), pour ses soins d’hygiène. Il avait été fonctionnaire de police, résistant dans le maquis, et c’est d’une voix peu assurée qu’il revendiquait, au crépuscule de sa vie, son appartenance idéologique à la droite. « Et plutôt à l’extrême droite », avait-il tenu à préciser, alors que l’auteur de cet article, stagiaire infirmier à l’époque et antillais de son état, lui faisait une rapide toilette dans une salle de bains trop exiguë pour être honnête.

Jusque-là, rien d’anormal. On était en 2012, la France hexagonale était chaque jour une découverte, et j’étais encore bourré de certitudes.

J’avais par exemple une idée très arrêtée du profil d’un électeur du Front National. Il était majoritairement « caucasien » c’est-à-dire blanc, de culture européenne, peu instruit, chrétien et à peine ouvert sur le monde. Il pouvait être sympathique au demeurant, là n’était pas la question. Mais il avait, dès son plus jeune âge, été endoctriné par ses parents, ses mentors ou par les relents d’une idéologie que l’on croyait à jamais jaunie. Et, même s’il pouvait faire preuve d’esprit critique voire d’intelligence dans tous les autres domaines de la vie, il persistait à voir les jaunes, les noirs, les basanés et autres juifs, comme des menaces pour sa culture et plus précisément pour ce qu’il appelait sa race ; qu’il croyait paradoxalement de loin supérieure aux autres.

Je dis paradoxalement parce que si l’on se sait supérieur aux autres et en plus grand nombre, alors pourquoi se sentir assiégé par une minorité, que l’on croit différente et inférieure en tout ?

Et puis comment pouvait-on se prétendre instruit et se croire encore au-dessus d’autres groupes humains, par sa simple appartenance à un peuple ?

Car enfin, c’était tout de même bien Descartes, le Français, qui avait mis à l’humanité le pied à l’étrier de l’universalisme, en affirmant que « la raison est toute entière en chacun » et « qu’il n’y a du plus ou du moins qu’entre les accidents et non point entre les formes ou natures des individus d’une même espèce.[ (3) »

C’était quand même bien Le Christ qui avait affirmé : « Amen, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (4)

C’était quand même bien l’apôtre Paul, qui avait souligné qu’il n’y avait « plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ » (5).

Enfin, c’était quand même bien Charles Darwin, qui avait déclaré qu’ « à mesure que l’Homme avance en civilisation, et que les petites tribus se réunissent en communautés plus larges, la plus simple raison devrait aviser chaque individu qu’il doit étendre ses instincts sociaux et ses sympathies à tous les membres d’une même nation, même s’ils lui sont personnellement inconnus. Une fois ce point atteint, il n’y a plus qu’une barrière artificielle pour empêcher ses sympathies de s’étendre aux hommes de toutes les nations et de toutes les races. Il est vrai que si ces hommes sont séparés de lui par de grandes différences d’apparence extérieure ou d’habitudes, l’expérience nous montre malheureusement combien le temps est long avant que nous les regardions comme nos semblables. » (6)

Alors non, sans aller jusqu’à les traiter de salauds comme l’avait fait M. Bernard Tapie au cours d’une célèbre pirouette syllogistique...

- Si M. Jean Marie Lepen est un salaud-

- Et que certains citoyens votent pour Jean Marie Lepen-

- Alors ces citoyens-là sont des salauds- (7),

...je me refusais à croire que des gens civilisés, cultivés, éduqués et se gargarisant des racines chrétiennes de la France, puissent, encore de nos jours, accorder quelque crédibilité à celui que je ne considérais que comme un ex-homme de bien devenu tortionnaire puis tribun de talent et humoriste, à ses heures perdues. Pour moi, les électeurs Jean-Marie Lepen représentaient ce qu’il y avait de pire dans l’esprit français, et étaient indignes de l’idée que je me faisais de l’humanité.

Car, comme l’avait dit José Marti en son temps : « Celui qui ne se sent pas offensé par l’offense faite à d’autres hommes, celui qui ne ressent pas sur sa joue la brûlure du soufflet appliqué sur une autre joue, quelle qu’en soit la couleur, n’est pas digne du nom d’homme. »(8)

Mais, le temps faisant parfois bien son office, plusieurs considérations substantielles m’amèneraient à réfléchir.

D’une part, depuis le milieu des années 1980 jusqu’à son score record au premier tour de l’élection présidentielle de 2002 (9), la France avait assisté, bon an mal an, à une progression régulière du Front National à tous les scrutins électoraux, jusqu’à devenir le grand vainqueur du premier tour des élections régionales de 2015, ainsi que le « premier parti chez les jeunes qui votent (10). »

On ne pouvait dès lors plus se contenter (sauf à chercher dans les entrailles des sondages, des signes certains laissant présager qu’il s’agissait, en fait, d’un vote protestataire) de l’affirmation selon laquelle une majorité de citoyens français ayant exprimé leur suffrage-soit plusieurs millions de personnes- serait composé d’abrutis complets

De plus, les thèmes traditionnellement chéris par l’extrême droite étaient désormais à l’ordre du jour, et le lexique de cette dernière (exemple : identité nationale, français de souche, racisme anti-blanc, racisme antichrétien) passait peu à peu dans le langage courant. L’immigration« massive »génératrice de délinquance, le « Grand remplacement » des français blancs au moyen d’immigrés mahométans, polygames, féconds et par notre système de protection sociale alléchés, tout y était et faisait régulièrement les gros titres de nos journaux.

Il y avait encore eu le fait que Marine Lepen ait été accueillie sous les vivats à Mayotte en décembre 2016 par des « Français de fraîche date » à la peau sombre, et majoritairement de confession musulmane. Des gens qui, dès le moment où ils quitteraient leur île sujette à des vagues migratoires importantes, parce qu’oasis de prospérité au milieu d’un océan de désespoir et de misère, revêtiraient, à leur corps défendant, les oripeaux du dangereux immigré musulman-mais bien français- fainéant et voleur du pain des autres français.

Et lorsque je m’étais finalement rendu compte que des personnes de ma propre famille, plus proches de l’île de Gorée que du mythe aryen de la race dolichoblonde (11) aux yeux bleus, étaient prêtes à voter pour ce parti politique, j’avais dû me rendre à l’évidence : certains électeurs de Marine Lepen n’étaient peut-être ni des sots, ni des « européens de souche ». Et l’idéologie qu’ils prônaient était en passe d’être partagée par une part de plus en plus importante de mon pays.

Alors à défaut d’accepter l’inacceptable au regard de toute l’histoire de mes ascendants, esclaves puis colonisés, j’ai essayé de comprendre.

Et je crois avoir saisi ce qu’incarne la pensée FN pour celle que je souhaiterais n’être, à défaut de sa disparition pure et simple, que la dernière des France. Elle est résumée par la célèbre maxime « je préfère ma fille ou ma famille, à mes amis, mes amis à mes voisins, mes voisins à mes compatriotes, mes compatriotes aux Européens. » édictée par Jean-Marie Le Pen, en 2006 (12).

En disant cela, il n’avait rien à envier à la caricature d’analyse sociétale du futur président Jacques Chirac, lors de son discours d’Orléans du 19 juin 1991. Il y avait mis en scène le pauvre travailleur blanc gagnant péniblement sa vie, devant supporter, en plus du « bruit et de l’odeur », le spectacle de son voisin de palier basané ou franchement noir, polygame, père d’une vingtaine de bambins et percevant 50 000 francs de prestations sociales sans travailler (13).

Et en cela, ils étaient tous les deux les dignes successeurs de Napoléon qui avait déclaré au Conseil d’État en 1802 : « Je suis pour les Blancs, parce que je suis blanc. Je n’ai pas d’autre raison, et celle-là est la bonne ».

Ma compréhension de cet esprit français, qui semble faire la part belle au bon sens et à une logique évolutionniste la plus élémentaire de préservation des membres de son propre clan, s’est vue renforcée par une fresque du musée de l’immigration du Palais de la Porte Dorée. Elle y démontrait qu’à chaque crise économique ayant frappé la France, les immigrés les plus récents, de toutes les couleurs et de toutes les religions, avaient été pris à parti par les Français les plus anciens. Cela avait été par exemple le cas des italiens, dès la fin du XIXème siècle (14). Les préjugés à leur encontre n’ont, à cette époque, rien à envier à ceux utilisés pour ostraciser les populations d’immigrés qui leur succèderont, et ressemblent, à s’y méprendre, à la stigmatisation dont souffrent aujourd’hui les Roms (15) les sans-papiers ou les migrants, en France (16).

Enfin, Emmanuel Terray (17), citant Istvan Bibo, viendrait m’aider à boucler la boucle en expliquant qu’« une communauté qui est assaillie par les inquiétudes et les angoisses, une communauté qui est mal dans sa peau, qui a mal vécu son passé et qui a un certain nombre de traumatismes qu’elle n’a pas encore dépassé, qui se perçoit par conséquent comme une forteresse assiégée à qui tout le monde en veut ; pour cette communauté-là tout naturellement, soit la communauté minoritaire, soit les migrants, deviennent les boucs émissaires, les ennemis de l’intérieur, qui facilitent le travail des assiégeants ».

Le groupe majoritaire se sentant, souvent à tort, acculé, se chercherait donc des boucs émissaires à désigner dans un premier temps comme un Autre menaçant, puis à déshumaniser. Voilà que le phénomène ahurissant de la xénophobie commençait à se rendre intelligible à mes yeux. Parce qu’on peut comprendre sans justifier. Savoir sans excuser. J’avais toujours du mal à accepter, mais je croyais avoir compris. Malheureusement, avec la compréhension ne viendrait pas l’apaisement, loin de là.

En effet, l’histoire semble nous montrer que, non seulement l’ensemble des communautés humaines avaient été traversées par les mêmes inquiétudes et angoisses au cours des millénaires passés, mais surtout que cela s’était souvent soldé par des massacres de toutes sortes, perpétrés en invoquant des motifs divers et variés. Musulmans contre chrétiens, chrétiens catholiques contre chrétiens protestants, Européens contre Africains, Amérindiens, aborigènes et Tasmaniens, Maoris contre Morioris, Arméniens contre Turcs, nazis contre juifs, Japonais contre Chinois, hindous contre musulmans, Arabes contre Noirs, Indonésiens contre Chinois, communistes contre capitalistes, Tutsis contre Hutus, musulmans sunnites contre musulmans chiites et j’en passe (18). Aucune idéologie, aucune religion, aucune philosophie ne semblait pouvoir effacer les distinctions que nous, les Hommes, avions toujours dressées au sein même de la famille humaine. Et qui nous avaient servi à nous entretuer avec d’autant plus d’allant que nous le faisions au nom d’une idée, d’une religion ou pour la grandeur de la patrie.

Alors, peu à peu, j’avais senti le désespoir et la misanthropie me gagner, et mon optimisme fondre bien plus vite que la calotte glaciaire.

Et puis je me suis rappelé de l’autre France.

Je me suis souvenu de cette France autre, lointaine, que j’avais rencontrée dès mon enfance à la Martinique. C’était celle de Frantz Fanon et de Guy Cabort-Masson, Martiniquais d’abord engagés dans la guerre d’Algérie aux côtés de l’armée française, ralliant ensuite le FLN ; avant de devenir des icônes d’abord reconnues dans leur île, puis dans l’ensemble du Tiers-Monde majoritaire. Pour eux le patriotisme, même français, ne pouvait en aucune manière servir les appétits du colonialisme le plus éhonté (19).

C’était aussi celle de tous ces anonymes de la France hexagonale qui, malgré le danger, avaient caché des juifs pendant la période infâme de la seconde guerre mondiale. C’était encore celle qui, sans parler de repentance pour des actes qu’elle n’avait pas commis en son temps, n’oubliait pas les erreurs de ses aïeux, et évitait de les réitérer tout en tentant d’en atténuer les résonnances encore actuelles. C’était celle qui savait faire la différence entre missions humanitaires et guerres humanitaires pour protéger « ses intérêts. » C’était celle qui avait connu, hier, le prix en souffrances et en vies humaines du sucre, du café, du chocolat et du coton (20) ; aujourd’hui le tribut d’abord payé par les plus pauvres des pays les moins avancés, et par la faune et la flore de notre planète, pour notre gloutonnerie, nos ordinateurs, nos smartphones (21) et notre électricité.

C’était la France de Montaigne, de Condorcet, d’Anatole France, de Paul Vigné, de Jean-Paul Sartre, de Simone Weil ou encore de Pascal Blanchard ; pour ne citer que ceux-là. C’était la France des bénévoles ; celle qui avait accueilli des migrants chez elle quand ses hommes politiques et ses élites, à la recherche d’une légitimité de toutes façons perdue, s’abîmaient en contorsions xénophobes, toutes plus odieuses les unes que les autres.

C’était enfin une France qui s’inscrivait dans la droite ligne de celle des habitants de Le Magny, Le Band et de la communauté de Champagney en Franche-Comté de 1789.L’exemple de ces français paysans, artisans, bûcherons, certainement durement éprouvés par la rudesse des conditions de vie de l’époque, est, encore aujourd’hui, un formidable pied de nez à tous ceux qui feindraient de me reprocher un jugement a posteriori sur les évènements d’autrefois, avec la sensibilité d’aujourd’hui.

Venus consigner leurs plaintes sur la place de Champagney dans le Cahier de Doléances rédigé pour attirer l’attention du roi Louis XVI sur leurs difficultés, ils n’oublient pas, malgré les « inquiétudes et angoisses qui assaillent leur communauté à cet instant », ces autres êtres humains que leurs élites intellectuelles ont vainement tentés de déshumaniser à leur yeux.

On peut en effet lire à l’article 29 de ce Cahier de Doléances que : « les habitants et communauté de Champagney ne peuvent penser aux maux que souffrent les Nègres dans les colonies, sans avoir le cœur pénétré de la plus vive douleur en se représentant leur Semblables, unis encore à eux par le double lien de la Religion, être traités plus durement que ne le sont les bêtes de somme.

Ils ne peuvent se persuader qu’on puisse faire usage des productions desdites colonies, si l’on faisait réflexion qu’elles ont été arrosées du sang de leurs Semblables.

Ils craignent avec raison que les générations futures, plus éclairées et plus philosophes, n’accusent les Français de ce siècle d’avoir été anthropophages, ce qui contraste avec le nom de Français et plus encore avec celui de Chrétiens.

C’est pourquoi, leur religion leur dicte de supplier très humblement Sa Majesté de concerter les moyens pour, de ces esclaves, faire des sujets utiles au Roy et à la patrie. »

Notre pays a une histoire riche, à l’origine d’un héritage remarquable. On a toujours pu y déceler des antagonismes entre plusieurs France, entre plusieurs idées que l’on pensait pouvoir se faire d’elle. Les patriotes autoproclamés vous diront, et ils auront raison, que l’on ne peut pas choisir l’histoire de son pays. En revanche, on peut encore choisir ce que l’on voudrait voir se perpétuer, ce qui parmi le legs de l’Histoire, vaut la peine d’être transmis au monde, ainsi qu’aux générations futures.

On ne peut pas choisir son histoire, mais on peut choisir son monde, on peut choisir sa France. (22)

Amok LeRouge
(Les illustrations ont été ajoutées par LGS).

»» http://mrgeeko.simplesite.com/428826557/4415325/posting/choisir-sa-fra...

[1] René Gontier, Vers un racisme français (1939). Gérard Noiriel a produit un article appréciable sur le sujet, disponible en ligne à l’adresse suivante : https://campvolant.com/2016/09/26/vers-un-racisme-vraiment-francais-pa...

[2] Le fait que dans le vocabulaire courant, l’on en soit encore à souligner, pour un individu racisé donné, le nombre de générations intervenues depuis l’arrivée sur le territoire Français de son aïeul immigré, dénote le caractère dissonant, qu’a encore dans l’inconscient collectif, une nationalité française rattachée à une apparence extérieure évocatrice de contrées extra-européennes.

[3] René Descartes, Discours de la méthode (1634).

[4] Matthieu 25:31-40.

[5] Galates 3:26-28.

[6] Charles Darwin, La Filiation de l’Homme (1871), chapitre IV.

[7] http://m.ina.fr/video/CAB92005453/le-pen-et-tapie-video.html consultée le 30/12/2016.

[8] José Marti, Pages choisies.

[9] Il obtient 17,79 % des voix face au président sortant, Jacques Chirac.

[10] http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/12/07/regionales-le-f... consulté le 30/12/2016.

[11] Georges Vacher de Lapouge « . Si toutefois la société future s’organise sur une base dualiste, avec une classe dolicho-blonde dirigeante et une classe de race inférieure confinée dans la main-d’œuvre la plus grossière, il est possible que ce dernier rôle incombe à des éléments Jaunes et Noirs. »

[12] Jean-Marie Le Pen, 9 décembre 2006, France, dans Faculté LESLA

[13]Voir ou Revoir cet extrait devenu célèbre du « bruit et de l’odeur » conservé ici http://www.ina.fr/video/CAB91027484

[14] Dans la commune d’Aigues-Mortes, du 16 au 19 août 1893, la population locale massacre plusieurs dizaines d’italiens, à la suite d’une rixe intervenant dans un contexte tendu lié à la crise économique que traverse l’Europe. Le bilan officiel est de 8 morts et de 50 blessés ; mais pour le Times, il y aurait eu 50 morts et 150 blessés. Jugés en cour d’assise, les inculpés ont tous été acquittés.

[15] Réputés non intégrables par M. Manuel Valls qui déclarait à leur propos en mars 2013 que « les occupants de campements ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution, observe le ministre »

[16] Voir à ce propos https://www.approches.fr/IMG/File/Les_emigrations_italiennes.pdf et la description que faisait un rapport, de 1912, du Bureau de l’immigration au Congrès étasunien des immigrés italiens http://www.velo101.com/forum/voirsujet/un-jour-en-allemagne--34756/page:2

[17] Emmanuel Terray et les raisons de la révolte - Un anthropologue aux cotés des sans-papiers, un film-entretien 70min, de La Bande passante, 2010.

[18] Voir l’excellent tableau surmonté d’une mappemonde des génocides perpétrés de 1492 à 1990, réalisé par Jared Diamond dans Jared Diamond Le troisième chimpanzé (2000) pages 499 à 501.

[19] S’il vous arrivait de douter du caractère violent, destructeur, cruel et sanglant du processus colonisateur, lire et/ou relire Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme (1950) disponible en ligne à l’adresse suivante : http://www.larevuedesressources.org/IMG/pdf/CESAIRE.pdf

[20] Bernardin de Saint-Pierre, parlant de l’esclavage dans Voyage à l’Ile de France (1769) : « Ces belles couleurs de rosé et de feu dont s’habillent nos dames, le coton dont elles ouatent leurs jupes ; le sucre, le café, le chocolat de leurs déjeuners, le rouge dont elles relèvent leur blancheur : la main des malheureux noirs a préparé tout cela pour elles. Femmes sensibles, vous pleurez aux tragédies, et ce qui sert à vos plaisirs est mouillé des pleurs et teint du sang des hommes ! »

[21] Voir ou revoir à ce propos le documentaire Du sang dans nos portables de Frank Piasecki Poulsen disponible en ligne à l’adresse suivante http://www.dailymotion.com/video/xq7k8n_blood-in-the-mobile-du-sang-da...

[22] Pour aller plus loin : consulter le billet « La France RREC et la France AAA, les élites françaises passées au crible de leurs idées sur le racisme, le colonialisme et l’esclavagisme. » disponible en ligne à l’adresse suivante : http://mrgeeko.simplesite.com/428825749/4415304/posting/les-%C3%A9lite...


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