Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


De l’Ironie, sinon rien !

1. De l’inutilité des Miséreux (1)

Si j’avais à soutenir le droit que nous avons de considérer les Miséreux comme inutiles, voici ce que je dirais.

Les Peuples civilisés ont éclairé le Monde et ont innové plus qu’à leur tour. Ceux qui n’ont que pour tout bagage intellectuel que leurs mains malhabiles sont tels qu’il est impossible de les plaindre.

Le Monde serait moins riche de ses riches, si ceux-ci partageaient avec cette multitude nécessiteuse et improductive.

Il est si naturel de penser que c’est le statut social qui détermine la place réservée à chacun, que ce sont les inégalités qui stimulent la créativité, engendrent le dynamisme.

On ne peut honnêtement se mettre dans l’esprit que la Nature, qui est si généreuse à qui sait la cueillir, ait mis une conscience, surtout une conscience humaine dans des corps si émaciés, si tordus, si mal recouverts de guenilles, transgressant à l’envi les codes de la bienséance.

On peut juger de l’importance des choses par l’intérêt que leur portent les meilleurs philosophes. Comme ils sont plutôt enclins à manier de coruscants [= brillants] concepts, certaines réalités implacables ne peuvent que leur échapper, d’autant que les pauvres se cachent pour mourir.

S’il fallait une preuve que les Miséreux n’ont pas le sens commun, il suffirait de voir qu’ils font bien plus de cas d’un collier de verroterie, trouvé parmi les immondices qui leur servent d’environnement, que d’un sautoir chryséléphantin [c-à-d d’or et d’ivoire], qui, chez les Nations policées, est d’une si grande conséquence.

Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des Hommes, parce que, si nous les supposions comme tels, on commencerait à en déduire que nous ne sommes pas nous-mêmes des Humains.

De petits esprits, en quête d’une facile reconnaissance, exagèrent trop l’injustice que l’on fait aux Miséreux : car, si elle était telle qu’ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête de nos gouvernants émérites, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d’en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ?

2 - Si tu peux (2)

Si tu peux voir disparaître des Terres exotiques
Et sans dire un seul mot te remettre à spéculer
Ou voir submerger les demeures des déshérités
Sans un geste et sans un remords
Si tu peux embrasser d’un seul regard
Et voir, parmi plein de chiffres, les futurs dividendes
Si tu peux apprécier des senteurs rares, des mets raffinés
Quand d’autres ne connaîtront que les reliefs
Si tu peux voir voguer tes déchets sur la mer océane
Jusqu’à des contrées lointaines, des bidonvilles
Si tu peux négliger cette joyeuse jeunesse
Oubliée par la providence, mais rattrapée par le progrès
Qui tente de donner une seconde chance à tes rebuts
Si tu peux rester digne, magnifique, la mise impeccable
Sans jamais connaître le moindre scrupule
Si tu peux jouir du superflu jusqu’à satiété
Quand tant ignorent jusqu’à la saveur de l’essentiel
Si tu sais innover, calculer, dégraisser, accumuler
Sans jamais vivre à-propos
Si tu sais feindre, maquiller, dissimuler, tricher
Sans jamais connaître de maux de conscience
Si tu sais être inflexible en affaires
Sans jamais te laisser attendrir par les conséquences
Si tu peux dédaigner l’inhumaine condition de certains
Et t’affranchir du fait qu’il n’y a pas d’effet sans cause
Si tu as les dents acérées, beaucoup d’entregent
Si, par dessus tout, la finance est une amie très chère
Alors, tu feras de nombreux envieux
Tu auras, à tes pieds, une foultitude de courtisans
Tous esclaves volontaires de ton bon plaisir
Et, ce qui vaut mieux que la sagesse et l’humanité
Tu seras parmi l’élite, mon fils.

« Personne »,

15 fructidor an 225

(1) Texte reprenant les mots, les formules, les phrases et l’esprit de De l’esclavage des Nègres, de Montesquieu : http://expositions.bnf.fr/montesquieu/themes/esclavage/anthologie/mont...

(2) Texte s’inspirant de If de R. Kipling

URL de cet article 32257
   
La République contre son École
Muriel FITOUSSI, Eddy KHALDI
Certains, après la sortie de « Main basse sur l’école publique », (1) n’ont pas voulu croire, au moins dans un premier temps, dans la radicalité des postulats et parti-pris idéologiques qui avaient présidé, comme nous le dénoncions alors, aux mesures initiées par Xavier Darcos. Puis la « fusée des réformes » a décollé, et les yeux de nombreux citoyens, au-delà même de la communauté éducative, ont été décillés. Les atteintes graves au service public d’éducation se sont succédées à un rythme infernal, de la (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n’est pas une invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse :
renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l’exploitation et à l’écrasement.

H. Krazucki
ancien secrétaire général de la CGT


Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.
Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature d’un de ses journalistes réguliers traitant de l’international, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît l’histoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), c’est une accusation de nazisme et d’antisémitisme qui est ainsi (...)
117 
Cette épuisante sensation de courir dans l’eau (plaidoyer pour rompre définitivement avec le PS)
Vous avez déjà essayé de courir dans l’eau ? Epuisant n’est-ce pas ? Au bout de quelques pas, je me dis que j’irai plus vite en marchant. Alors je marche. Comme je n’ai jamais pris la peine de me chronométrer, je ne sais ce qu’il en est réellement, mais la sensation d’aller plus vite et plus loin est bien là. Et quoi de plus subjectif que le temps ? Préambule défoulant : Socialistes, j’ai un aveu à vous faire : je ne vous supporte plus. Ni vos tronches, ni vos discours, ni vos écrits, ni vos (...)
58 
Cuba - Tchernobyl : Lettre à Maria.
24 août 2006. Chère Maria, Je ne sais pas si mon nom vous dira quelque chose. A vrai dire, je ne crois pas vous avoir laissé un souvenir impérissable. C’est pourtant vous qui m’avez donné, au détour d’une seule phrase, une des plus belles leçons d’humanité qu’un homme puisse recevoir. Il y a déjà quelques années de cela mais, comme vous pouvez le constater, je n’ai pas oublié. Vous souvenez-vous, Maria, de cet occidental en visite sur votre île qui voulait vous poser quelques questions ? En réalité, et (...)
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.