Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Et dire que je croyais que tous ces dégâts à Gaza étaient provoqués par les bombes israéliennes (The Independent)

Alors que c’était les grille-pains explosifs.

Au cours des dernières années, une bonne partie de l’humanité est devenue plus tolérante envers un groupe qui autrefois était rejeté par la société. Jusqu’à récemment, il était encore de bon ton d’être offusqué par une minorité : la communauté des tueurs d’enfants. Il semble que les mentalités changent et que nous commençons enfin à écouter leur point de vue.

Voici l’exemple d’un de ces braves types, qui ne demande qu’à s’exprimer, le porte-parole Uri Dromi, qui a expliqué hier sur Radio 4 que bien que le gouvernement israélien ait bombardé une école où plusieurs enfants sont morts, les décès sont clairement de la faute des gens qui vivent dans les zones bombardées.

Quel pensée rafraîchissante qui nous change de cette vieille rengaine qui voulait que le responsable d’un assassinat soit l’assassin. Monsieur Drôme, ancien porte-parole du gouvernement israélien, a déclaré que les Israéliens avaient été « attirés dans un piège, et maintenant le Hamas verse des larmes de crocodile sur les morts ».

Si seulement nous étions plus nombreux à comprendre le bombardement d’une école sous cet angle. Nous sommes toujours prompts à juger un pauvre gamin d’une ville américaine qui tire sur ses camarades de classe, sans même prendre le temps d’envisager que les enfants tués l’avaient sans doute attiré dans un piège et après, pour ne rien arranger, leurs parents ont tous fait semblant de pleurer.

Encore plus imaginatif fut Michael Oren, ex-ambassadeur israélien aux Etats-Unis, sur Channel 4 News. Il a expliqué que le Hamas était responsable de tous ces morts, parce que « des grille-pains et des réfrigérateurs ont été piégés, »

Tout ceci nous montre qu’il ne faut jamais tirer des conclusions à la hâte. Beaucoup d’entre nous voient la photo d’un bâtiment rasé, avec une bombe qui dépasse des gravats, et pensons toute suite qu’il y a un rapport entre la bombe et l’explosion. Mais en regardant de plus près on voit clairement que l’explosion est due à des maladroits pas très futés qui se sont fait sauter avec un grille-pain.

Je parie que si nous retournions à Hiroshima pour vérifier de manière plus approfondie ce qui s’y est réellement passé, nous découvririons que l’explosion n’avait rien à voir avec une bombe atomique, et qu’elle a été provoquée par une bouilloire piégée. J’espère que les organismes de consommation à Gaza abordent ce problème pour avertir les gens des dangers. A Gaza, le numéro cette semaine de Que Choisir ? pourrait commencer ainsi : « Nous avons reçu plusieurs plaintes de gens qui ont acheté un de ces grille-pains du Hamas, et ont été surpris lorsque toute la rue a explosé ».

Benjamin Netanyahu a défendu les droits civils des tueurs d’enfants en nous informant que les Palestiniens mettent délibérément en scène les « morts télégéniques » pour être filmés, pour attirer la sympathie. Il semblerait donc que le Hamas se promène sur les sites bombardés pour placer les plus beaux cadavres bien en vue des caméras de télévision, car sinon nous pourrions penser « peu importe que les Israéliens aient tué cet enfant, de toute façon il était moche ».

D’autres porte-paroles ont répété ces mêmes phrases, et peut-être bientôt passeront-ils à l’étape supérieure, en affirmant que les Palestiniens que nous voyons hurler de douleur devant leurs enfants morts ont été formés dans une école d’acteurs spéciale du Hamas. Des metteurs-en-scène hurlent, « Allez, une dernière répétition. Dès que le grille-pain explose, je veux tout le monde à genoux en train de sangloter, donnez tout ce que vous avez, tout, puis nous passerons à la prise. »

Alors que le bombardement se poursuit, je pense que nous entendrons encore plus de raisons pour lesquelles les Palestiniens sont à blâmer pour avoir été bombardés. Un ministre israélien dira : « Ces gens de Gaza se plaignent toujours qu’ils vivent dans une zone densément peuplée, alors nous essayons de les aider en réduisant la population autant que nous pouvons pour leur donner plus d’espace. Mais ils ne sont toujours pas contents. Certaines personnes ne sont jamais satisfaites. »

Les Israéliens insistent qu’ils donnent des avertissements avant de bombarder, et en général nous pardonnons à quelqu’un qui bombarde une école pourvu qu’il prévienne cinq minutes à l’avance. Étant donné la densité de la population, et l’ampleur du bombardement, aucun avertissement ne sera suffisant s’il n’est pas accompagné d’instructions sur comment fuir vers la quatrième dimension, mais bon, l’intention est là.

A présent ils veulent mobiliser 16 000 réservistes de plus, mais s’ils pensent qu’ils sont incapables de faire suffisamment de dégâts, une meilleure stratégie pourrait être d’abandonner leurs bombardiers F16 qui ne sont clairement pas à la hauteur, et de les remplacer avec des grille-pains piégés car ces derniers sont apparemment plus efficaces.

Dans les temps moins éclairés, les responsables de tels assassinats étaient hués dans la rue et leurs photos affichées dans les journaux avec des titres enflammés. Mais heureusement, nous sommes de plus en plus progressistes et on ne peut que regretter de ne pas avoir eu dans le passé plus d’égards pour les assassins.

Pauvre Fred West [célèbre tueur en série en Grande-Bretagne - NdT], par exemple, aurait enfin eu une chance pour se défendre, et se serait assis dans un studio de télévision pour dire : « Bien sûr, je regrette la mort de civils. Mais vous devez comprendre que ces gens que j’ai assassinés pouvaient être de sacrés emmerdeurs. J’ai été attiré dans un piège pour les tuer, et je ne peux même pas être certain de les avoir tués avant de réaliser ma propre enquête. Vous savez, certains se tuent pour s’attirer la sympathie en piégeant leur planche à repasser. »

Au fur et à mesure que les temps changent, peut-être que Netanyahu et ses porte-paroles seront plus directs, et organiseront un « Tueur-d’enfants-Pride » où les tueurs d’enfants défileront pour le carnaval, où ils pourront enfin se sentir en sécurité et ne pas se sentir méprisés pour avoir exercé leur droit fondamental à réduire une école en miettes.

Mark Steel

Traduction "peut-on réellement prendre un sioniste au sérieux ?" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

»» http://www.independent.co.uk/voices/comment/how-silly-of-me-to-assume-...
URL de cet article 26545
   
Même Thème
Chroniques de GAZA 2001-2011
Christophe OBERLIN
L’auteur : Christophe OBERLIN est né en 1952. Chirurgien des hôpitaux et professeur à la faculté Denis Diderot à Paris, il enseigne l’anatomie, la chirurgie de la main et la microchirurgie en France et à l’étranger. Parallèlement à son travail hospitalier et universitaire, il participe depuis 30 ans à des activités de chirurgie humanitaire et d’enseignement en Afrique sub-saharienne, notamment dans le domaine de la chirurgie de la lèpre, au Maghreb et en Asie. Depuis 2001, il dirige régulièrement des (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Un socialiste est plus que jamais un charlatan social qui veut, à l’aide d’un tas de panacées et avec toutes sortes de rapiéçages, supprimer les misères sociales, sans faire le moindre tort au capital et au profit.

Friedrich Engels


Lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la société
NdT - Quelques extraits (en vrac) traitant des psychopathes et de leur emprise sur les sociétés modernes où ils s’épanouissent à merveille jusqu’au point de devenir une minorité dirigeante. Des passages paraîtront étrangement familiers et feront probablement penser à des situations et/ou des personnages existants ou ayant existé. Tu me dis "psychopathe" et soudain je pense à pas mal d’hommes et de femmes politiques. (attention : ce texte comporte une traduction non professionnelle d’un jargon (...)
41 
Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.
Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature d’un de ses journalistes réguliers traitant de l’international, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît l’histoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), c’est une accusation de nazisme et d’antisémitisme qui est ainsi (...)
117 
Comment Cuba révèle toute la médiocrité de l’Occident
Il y a des sujets qui sont aux journalistes ce que les récifs sont aux marins : à éviter. Une fois repérés et cartographiés, les routes de l’information les contourneront systématiquement et sans se poser de questions. Et si d’aventure un voyageur imprudent se décidait à entrer dans une de ces zones en ignorant les panneaux avec des têtes de mort, et en revenait indemne, on dira qu’il a simplement eu de la chance ou qu’il est fou - ou les deux à la fois. Pour ce voyageur-là, il n’y aura pas de défilé (...)
39 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.