RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

L’OSDH : une ONG particulière !

L’une des curiosités induites par la guerre en Syrie, reste le phénomène de la mainmise sur l’information en provenance de ce pays par une mystérieuse organisation dite « Observatoire syrien des droits de l’homme » [Osdh] dirigé par un homme - commerçant de son état - Rami Abdul Rahman. Cet homme, installé depuis 2000 à Coventry, dans le centre de l’Angleterre, a ainsi réussi l’exploit de devenir l’unique source pour les médias et la presse occidentaux [plus curieux, sinon plus grave, l’ONU utilise l’Osdh pour ses bilans du conflit syrien] pour tout ce qui se passait en Syrie. Cette dépendance d’une seule source d’information est assez rare, en temps de guerre, pour être relevée. En effet, les temps où les grandes agences de presse et les médias conséquents entretenaient des envoyés spéciaux [reporters de guerre] pour informer leurs lecteurs et auditeurs semblent bien révolus. Ainsi, les agences de presse diffusent, ont diffusé, sur la Syrie des informations invérifiables émanant d’une seule source. Ce qui n’est ni professionnel ni crédible.

Dès lors, la guerre en Syrie, outre d’avoir mis un terme au journalisme de terrain cher à Albert Londres, Joseph Pulitzer et autre Joseph Kessel, précurseurs du grand reportage, a fait de la désinformation et de la propagande son credo. Ainsi, de grandes agences, telles que la française AFP, la britannique Reuters et l’états-unienne AP, répercutent de graves informations - sans qu’elles se donnent la peine d’en vérifier la véracité et de la recouper par d’autres sources indépendantes - reprises telles quelles par la presse mondiale. Or, depuis le début de la guerre en Syrie ces faits ont eu une seule source, l’« Osdh » dont le siège est basé à Coventry en Angleterre. C’est donc à quelque 5000 km des lieux de combats en Syrie que l’Osdh - et son directeur, Rami Abdel Rahman - informe(nt) le monde de la « réalité » de la guerre dans l’ancien pays du Cham. Or, c’est à cette unique source que s’« abreuvaient » [s’abreuvent] les médias occidentaux. L’Osdh, une officine mystérieuse surgie du néant accompagne ainsi le conflit syrien depuis ses prolégomènes, semant désinformation et propagande d’un opposant au régime de Damas. Or, les informations, souvent douteuses, et à sens unique, sont prises comme argent comptant par les agences et les journaux occidentaux qui répercutent complaisamment des nouvelles généralement invérifiables, sinon infondées. Un comble pour une profession censée donner des événements des informations crédibles. Ainsi, des médias nourris à la sacro-sainte déontologie de presse se surprennent à reprendre et donner en confiance une information orientée et malveillante. Un exemple entre mille : selon l’Osdh, l’armée syrienne (que l’AFP qualifie de « troupes de Bachar al-Assad ») tue civils, femmes et enfants, quand les rebelles et les groupes jihadistes ne s’en prennent qu’aux militaires. Les raids de la coalition menée par les Etats-Unis ne tuent que les terroristes, alors que les frappes de la Russie tuent eux des civils. Il est évident que dans une guerre, les dommages collatéraux existent et ce sont les civils qui paient, mais en attribuer les effets au seul régime syrien, tout en exonérant les rebelles de toute atteinte contre les civils, c’est à tout le moins discutable. Or, depuis cinq ans l’Osdh martèle que [seul] le régime syrien tue les « civils » fantasmes repris en choeur par la presse occidentale. De nombreux journaux pourtant sérieux - comme Le Monde - y ont perdu leurs âmes et leur fiabilité.

Qui est donc, ce Rami Abdul Rahman, qui s’est imposé à la presse occidentale comme source unique d’information sur le conflit syrien ? De son vrai nom Oussama Suleiman, Rami Abdul Rahman, opposant au régime d’al-Assad a quitté la Syrie en 2000, c’est-à-dire coupé de la réalité syrienne depuis au moins onze ans à l’époque du début des évènements en mars 2011. Il a créé en 2006, l’Osdh dont il est le directeur et l’unique « informateur » recevant de Syrie des nouvelles d’inconnus - il a admis qu’il ne connaissait pas tous ceux qui lui envoient des informations sur la guerre - ce qui n’est pas du tout professionnel. Les ONG crédibles travaillent autrement, disposent de fichiers de leurs correspondants, leurs antécédents, leurs probités. L’Osdh est au final un seul homme, loin du terrain des affrontements. Pourtant, c’est avec lui que la presse occidentale travaille. Sérieusement, peut-on dire aux gens voilà la réalité de la guerre en Syrie à partir d’un magasin de prêt-à-porter, aux fins fonds de l’Angleterre ? C’est cependant avec ces fausses informations qui confinent à l’arnaque que sont alimentées les agences de presse citées plus haut qui à leur tour servent des « grosses » boîtes comme la BBC, le New York Times ou CNN, qui le répercutent à travers le monde. Le hic est que des médias, par ailleurs respectables, distillent des infos inexactes sur la réalité de la guerre en Syrie. Toutefois peut-on croire qu’un organisme, aussi puissant soit-il, puisse avoir l’omnipotence dont bénéficie l’Osdh, si quelqu’un n’en a pas décidé ainsi ? C’est l’un des mystères qui se pose quant au pourquoi de la guerre en Syrie !

Karim MOHSEN

»» http://lexpressiondz.com
URL de cet article 30429
  

Roger Faligot. La rose et l’edelweiss. Ces ados qui combattaient le nazisme, 1933-1945. Paris : La Découverte, 2009.
Bernard GENSANE
Les guerres exacerbent, révèlent. La Deuxième Guerre mondiale fut, à bien des égards, un ensemble de guerres civiles. Les guerres civiles exacerbent et révèlent atrocement. Ceux qui militent, qui défendent des causes, tombent toujours du côté où ils penchent. Ainsi, le 11 novembre 1940, des lycées parisiens font le coup de poing avec des jeunes fascistes et saccagent les locaux de leur mouvement, Jeune Front et la Garde française. Quelques mois plus tôt, les nervis de Jeune Front avaient détruit les (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Dans la souffrance, la crise à Haiti offre des opportunités aux Etats-Unis. A part fournir une aide humanitaire immédiate, la réaction des Etats-Unis au séisme tragique à Haiti offre des opportunités pour remodeler le gouvernement d’Haiti depuis lontemps en dysfonctionnement ainsi que son économie afin d’améliorer l’image des Etats-Unis dans la région.

Publié sur le site de Heritage Foundation,
janvier 2010
Quelques jours après le séisme à Haiti.

Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse et mon hamster à moi.
Sur le site du magazine états-unien The Nation on trouve l’information suivante : Le 27 juillet 2004, lors de la convention du Parti Démocrate qui se tenait à Boston, les trois principales chaînes de télévision hertziennes des Etats-Unis - ABC, NBC et CBS - n’ont diffusé AUCUNE information sur le déroulement de la convention ce jour-là . Pas une image, pas un seul commentaire sur un événement politique majeur à quelques mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Pour la première fois de (...)
23 
L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
19 
"Un système meurtrier est en train de se créer sous nos yeux" (Republik)
Une allégation de viol inventée et des preuves fabriquées en Suède, la pression du Royaume-Uni pour ne pas abandonner l’affaire, un juge partial, la détention dans une prison de sécurité maximale, la torture psychologique - et bientôt l’extradition vers les États-Unis, où il pourrait être condamné à 175 ans de prison pour avoir dénoncé des crimes de guerre. Pour la première fois, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, parle en détail des conclusions explosives de son enquête sur (...)
11 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.