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Le mythe de l’Europe en paix depuis 1945 : l’exemple français

Au lendemain des attentats du 13 novembre à Paris, devant le Congrès, François Hollande affirmait d’un air grave « La France est en guerre ». Il le répète inlassablement après chaque nouvel attentat ; après Nice, il précisait « à l’extérieur et à l’intérieur de la France ». La terre sacrée des droits de l’homme, de la paix et des Lumières se réveille en état de guerre, lâchement attaquée par la barbarie et l’obscurantisme. Voilà la version de l’histoire à laquelle nous devrions tous adhérer, nous peuples de l’Europe civilisée qui avons réussi à vivre dans la paix depuis septante ans. En réalité, nous n’avons jamais cessé d’être en guerre. Et la France est un exemple clair de ce permanent état de guerre. Un rappel historique s’impose.

Une époque de guerres ininterrompues

La seconde guerre mondiale à peine terminée, le gouvernement provisoire français, issu des forces de la résistance, souvent pris en exemple par la gauche actuelle, envoie un corps expéditionnaire au Viet Nam (qui fait partie de l’Indochine française à l’époque), pour tenter de mater la guerre d’indépendance. Sous la présidence de Léon Blum, figure politique modèle de la gauche actuelle, l’intervention devient une véritable guerre. La France envoie près d’un demi-million de soldats pour garder sa colonie ; 43.5% de cette armée sont composés de soldats d’autres colonies françaises (Maghreb et Afrique Noire) ! La France sera défaite lors de la bataille de Dien Bien Phu en mai 1954.

Pendant la même période, en 1947, la France organise un massacre à Madagascar, contre la révolte des Malgaches ; entre 11.000 morts, selon les chiffres officiels français et 100.000 selon les résistants malgaches. Là aussi, les troupes de répression françaises sont composées en grande partie de soldats provenant des colonies africaines et maghrébines...

Ces guerres intenses n’empêchent pas la France de prendre part pendant la même époque à la guerre de Corée, du 25 juin 1950 au 27 juillet 1953. Une coalition de dix-sept états (dont la Belgique et la Grande-Bretagne), emmenés par les États-Unis, sous bannière ONU, avec pour objectif, tout comme en Indochine de s’opposer aux luttes de libération dirigées par des forces communistes. Ces deux guerres ont fait plus de deux millions de morts. La guerre oubliée de Corée fut une guerre de destruction massive (en termes d’aujourd’hui on appelle ça un génocide), la capitale Pyongyang fur entièrement rasée : « Au début de l’attaque, les 14 et 15 décembre, l’aviation américaine lâcha au-dessus de Pyongyang 700 bombes de 500 livres, du napalm déversé par des avions de combat Mustang, et 175 tonnes de bombes de démolition à retardement qui atterrirent avec un bruit sourd et explosèrent ensuite, quand les gens tentèrent de sauver les morts des brasiers allumés par le napalm. Début janvier, le général Ridgway ordonna de nouveau à l’aviation de frapper la capitale Pyongyang « dans le but de détruire la ville par le feu à l’aide de bombes incendiaires » (objectif qui fut accompli en deux temps, les 3 et 5 janvier 1951) »[1].

Tant la guerre du Vietnam que la guerre de Corée aboutirent à la partition des deux pays. Le Vietnam obtiendra sa réunification par une nouvelle longue guerre d’indépendance, contre les États-Unis cette fois, en 1975. La Corée quant à elle n’est toujours par réunifiée et toujours occupée, au Sud, par les États-Unis. Voilà le genre de paix dont ont bénéficié les nations autoproclamées civilisées dès la fin de la seconde guerre mondiale. Des guerres vite oubliées chez nous mais par par les peuples concernés.

Et les peuples concernés ne sont pas que les peuples asiatiques. La victoire des Vietnamiens de 1954 contre la métropole française a donné un élan irrésistible aux autres luttes de libération partout en Afrique.

Loin de tirer les leçons de son humiliante défaite au Vietnam, la France a poursuivi sur sa lancée coloniale : « Entre 1960 et 1998, il y a eu 60 interventions militaires françaises en Afrique subsaharienne, dont 23 pour ‘maintien de l’ordre’ au service d’un régime ami, et 14 pour changer un gouvernement disqualifié aux yeux des dirigeants français ! »[2].

La plus célèbre, en ce qui concerne la France, est naturellement la guerre d’Algérie. Je veux seulement revenir sur quelques aspects. Tout d’abord, la position du Parti Communiste Français, pourtant encore auréolé de sa résistance exemplaire à l’occupant nazi, à l’égard des manifestants nationalistes algériens dès la libération. Le 8 mai 1945, une manifestation nationaliste à Sétif est réprimée dans le sang, et la révolte qui s’ensuit sera elle aussi matée avec une violence inouïe. Ici aussi les chiffres varient d’un millier à près de 80.000 selon le point de vue de l’historien.

Comme l’explique Mohammed Harbi, « en France, les forces politiques issues de la Résistance se laissent investir par le parti colonial. " Je vous ai donné la paix pour dix ans ; si la France ne fait rien, tout recommencera en pire et probablement de façon irrémédiable", avait averti le général Duval, maître d’œuvre de la répression. Le PCF – qui a qualifié les chefs nationalistes de « provocateurs à gages hitlériens » et demandé que « les meneurs soient passés par les armes » – sera, malgré son revirement ultérieur et sa lutte pour l’amnistie, considéré comme favorable à la colonisation. »[3]

L’ennemi intérieur

Un autre aspect que je veux souligner ici, c’est la création de « l’ennemi intérieur », dans la politique et l’idéologie française, qui a pris corps pendant la guerre d’Algérie. « Le 17 octobre 1961, Paris a été le lieu d’un des plus grands massacres de gens du peuple de l’histoire contemporaine de l’Europe occidentale. Ce jour-là, des dizaines de milliers d’Algériens manifestent pacifiquement contre le couvre-feu qui les vise depuis le 5 octobre et la répression organisée par le préfet de police de la Seine, Maurice Papon. La réponse policière sera terrible. Des dizaines d’Algériens, peut-être entre 150 et 200, sont exécutés. Certains corps sont retrouvés dans la Seine. Pendant plusieurs décennies, la mémoire de cet épisode majeur de la guerre d’Algérie sera occultée »[4].

Selon Mathieu Rigouste [5], c’est de cette époque que date le concept d’ennemi intérieur, lié à la présence d’une immigration importante issue de la colonisation : « L’histoire du contrôle de l’immigration dans la pensée militaire française permet d’analyser, en observant la reconstruction d’un ennemi intérieur socio-ethnique, la régénération puis la généralisation dans le temps et dans l’espace, d’une technologie conçue pour le contrôle exceptionnel de populations infériorisées ».

En réaction à l’attentat de Nice de juillet 2016, Georges Fenech, le président de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015 a proposé la création d’"un Guantanamo à la française". Il propose de regrouper tous les djihadistes de retour de Syrie dans le centre pénitentiaire de l’île de Ré. Cette idée, qui suscite la polémique, plonge ses racines dans la guerre d’Algérie au cours de laquelle le gouvernement français créa des « camps de regroupement » destinés à placer les résistants du FNL et à les couper ainsi de tout appui dans la population algérienne. Il ne reste plus qu’à introduire officiellement la pratique de la torture en France et la boucle sera bouclée.C’est d’ailleurs un débat délirant au sein du Front National : réintroduction de la torture ou de la peine de mort pour Salah Abdelslam, tout peut être envisagé.

Assassinats politiques à grande échelle

L’histoire pacifique de la France ne se limite pas aux guerres ; la patrie autoproclamée des droits de l’homme a aussi développé une longue tradition d’assassinats politiques qui a exterminé les dirigeants nationalistes de l’Afrique et du Maghreb. Dans « Retournez les fusils », Jean Ziegler consacre un hapitre aux campagnes d’assassinats politiques organisées par les services secrets européens et développe le cas du Cameroun : « Tous les dirigeants nationalistes sans exception ont été assassinés l’un après l’autre : Ruben UmNyobe, en 1955 déjà, puis ses successeurs Isaac Nyobe Pandjok, David Mitton, Tankeu Noé » [6]. Il raconte le meurtre du jeune médecin Félix-Roland Moumié, chef de l’Union des Populations Camerounaises (UPC) invité à déjeuner à Genève par un « journaliste » français, qui mourut empoisonné la nuit suivante. Le journaliste était en réalité le colonel William Betchel, officier français du SDECE (service de documentation extérieure et de contre-espionnage) qui ne sera jamais condamné pour ce meurtre. Et tant d’autres cas encore...

Il est de bon ton aujourd’hui en Occident de dénoncer la corruption (réelle) de nombre de chefs d’État africains, mais il vaudrait mieux rappeler que nos gouvernements et leurs hommes de main ont assassiné pratiquement tout ce qu’il y avait de dirigeants nationalistes intègres qui voulaient rendre à l’Afrique son indépendance dans la dignité et la justice. En tant que Belge, je ne peux pas ne pas évoquer Patrice Lumumba, sauvagement assassiné par le commandant belge Weber, le 17 janvier 1961, et donc le corps fut ensuite dissous dans l’acide. Ses fils se battent toujours en vain aujourd’hui pour la condamnation des coupables et de l’État belge. Comme le rappelle Jean Ziegler : « Cette criminalité d’État fut implacable : il fallait, à tout prix, éliminer les leaders nationalistes authentiques afin de remettre le « pouvoir » à des « élites » autochtones préparées, suscitées et contrôlées par le colonisateur » [7]. Tuer Lumumba pour installer la marionnette Mobutu.

Guerres, torture, assassinats politiques, voilà les vrais visages de cette France porteuse des Lumières quand elle agit pour défendre son empire colonial et les intérêts de « ses » multinationales, Elf, Total, Areva, Bolloré, Eramet, Technip, Bouygues, Orange, Geocoton, Rougier, etc [8]. Et il ne s’agit pas d’une histoire ancienne mais de la vie quotidienne pour des millions d’Africains.

Ce qu’il y a de nouveau aujourd’hui, c’est que la guerre, ou du moins une infime fraction, a ses retombées chez nous, sur le sol français ou le sol belge. Des victimes civiles tombent, totalement innocentes, et plongent des familles dans l’horreur. Pourquoi avons-nous fermé les yeux sur tant de victimes innocentes dans le tiers monde, victimes de nos guerres coloniales ? Pourquoi continuons-nous à soutenir des gouvernements, des partis politiques qui perpétuent cette politique ? Si le discours des recruteurs du djihad touchent autant de jeunes, c’est parce qu’il est en grande partie imprégnée d’une rhétorique anti-impérialiste et parce que toutes leurs autres formes de contestation de nos sociétés ont été réprimées[9]. Au lieu de focaliser le débat sur l’aspect religieux du phénomène, il serait plus productif d’aborder son aspect politique et de faire un bilan correct de « nos » politiques coloniales et néocoloniales. Même si les chefs de Daesh n’ont rien à voir avec les dirigeants nationalistes du siècle passé, ils peuvent occuper une place laissée vide par notre silence assourdissant sur 70 ans de politique coloniale faite de guerres et de massacres. Mais pour briser ce silence, nous ne pouvons rien attendre ni des partis au pouvoir ni des partis de l’opposition, car s’en prendre au colonialisme, c’est à coup sûr perdre des voix. Et pourtant, comme le dit Jean Ziegler, il faut « choisir son camp » : celui de ceux qui, malgré la répression et les massacres ont continué à résister, et si, chez nous, ils ont toujours été une très petite minorité, ce sont pourtant les Henri Alleg, les membres du Réseau Janson, les porteurs de valise anonymes qui peuvent encore nous faire aimer la France.

Nadine Rosa-Rosso

[1] http://chaoscontrole.canalblog.com/archives/2013/04/23/26991804.html

[2] Francis Azalier, Colonialisme et impérialisme : « l’exception française » ou « le mythe humaniste », in Une mauvaise décolonisation, La France : de l’Empire aux émeutes des quartiers populaires, Le temps des cerises, Pantin, 2007, p36-37

[3] Mohammed Harbi, Faces cachées de la seconde guerre mondiale La guerre d’Algérie a commencé à Sétif. Le Monde diplomatique, mai 2005, page 21 ; http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/HARBI/12191

[4] http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/17/17-octobre-1961-ce-massacre-a-ete-occulte-de-la-memoire-collective_1586418_3224.html

[5] Mathieu Rigouste, L’ennemi intérieur, de la guerre coloniale au contrôle sécuritaire, https://conflits.revues.org/3128

[6] Jean Ziegler, Retournez les fusils, Choisir son camp, Éditions du Seuil, Paris, 2014, pp 199-200

[7] Idem, p 198

[8] http://www.afrique-demain.org/economie-140-place-des-entreprises-francaises-en-afrique-subsaharienne

[9] Voir mon précédent article : 25 ans après la révolte des jeunes à Forest : Première, deuxième, troisième génération, toujours la répression... http://nadinerosarosso.blogspot.be/2016/05/25-ans-apres-la-revolte-des-jeunes.html

 http://nadinerosarosso.blogspot.be/2016/08/le-mythe-deleurope-en-paix-depuis-1945.html

COMMENTAIRES  

02/08/2016 22:52 par SZWED Christian

Merci pour ce rappel de faits historiques. Cette lumière sur la France colonialiste et néo-colonialiste permet de comprendre notre régime de la Vème République et tous ses méfaits, la Libye, la Syrie, le laisser-faire d’Israël meurtrier à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

03/08/2016 06:59 par Tardieu

On peut ajouter au commentaire précédent et sous la IVe République, le PS et le PCF va-t-en-guerre, colonisateurs, montant au créneau pour soutenir leur impérialiste, montrant leur véritable nature réactionnaire.

Question : Comment a-t-on pu soutenir qu’ils étaient de gauche ? Une imposture dont nous n’avons pas fini de subir les conséquences.

Plus d’un demi-siècle plus tard, rien n’a changé, le PS et le PCF soutiennent les "rebelles" en Syrie armés par les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, le Qatar, etc., en réalité les barbares du Front al-Nosra et de Daesh.

03/08/2016 11:58 par alfare

Merci pour tous ces rappels historiques nécessaires.
Rajoutons qu’Henri Alleg (fort justement érigé ici en exemple) a été membre jusqu’à sa disparition du PCF, du PRCF et qu’il militait ou s’impliquait dans de nombreuses associations.
La seule qu’il ait fondée voila bientôt 30 ans (avec d’autres et à ma connaissance) c’est l’ACCA - d’abord "Association des Combattants de la Cause Anticoloniale" devenue par la suite AGIR CONTRE LE COLONIALISME AUJOURD’HUI toujours présidée par Henri jusqu’à sa mort.
On peut d’ailleurs lire sur le site de l’ACCA un article écrit par 4 soldats du refus encore vivants, des militants qui se considèrent seulement partie de la résistance et de la lutte contre la guerre et pour l’indépendance. Ils ont payé cher (les prisons voire le bagne de Tim Fouchi pour certains) pour avoir répondu à l’appel du pcf qui espérait créer un grand mouvement de refus à la guerre et a changé sa politique tout en maintenant son soutien aux soldats emprisonnés.
On peut lireici leur article

Autrement, méfions nous tout de même de textes qui commencent par taper largement sur le pcf, en dénonçant à l’occasion le colonialisme... (merci de nous avoir évité la rengaine des pouvoirs spéciaux pour cette fois)
je lis bien :
""Je veux seulement revenir sur quelques aspects. Tout d’abord, la position du Parti Communiste""
mais les "quelques aspects" abordés se limitent à deux !
Ou j’ai mal lu ?
Dommage.

03/08/2016 21:41 par macno

@ Tardieu.

« le PS et le PCF va-t-en-guerre, colonisateurs, montant au créneau pour soutenir leur impérialiste, montrant leur véritable nature réactionnaire.
Question : Comment a-t-on pu soutenir qu’ils étaient de gauche ? Une imposture dont nous n’avons pas fini de subir les conséquences. »

Le problème il est très simple, il se résume en une seule question : depuis quand la géopolitique est-elle ou devrait-elle être de "Gauche" ?
« Terre, horizon. Terrorisons » (les conquistadors, Prévert).
La géopolitique a commencé aux premiers pas de Christophe...
Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, la France ne serait pas la puissance économique qu’elle est, ni avec le niveau de vie qui est le nôtre actuellement, si elle n’avait pas eu ses colonies, avec les "joyeusetés" qui vont avec. C’est parfaitement cynique de dire ça, mais il faut en être conscient et l’assumer.
Même un petit pays comme la Belgique à eu son lot de colonies.
La plus grande des géopolitiques "réalistes" fut celle de l’URSS et de ses échanges avec l’Allemagne du moustachu, pétrole, céréales il me semble, d’un côté, contre machines outils et armements de l’autre...mais chuuuut !
Géopolitique de "Gauche" ?
Un point que je ne connaissais pas, la participation de la France à la guerre de Corée. Cet épisode est cité par cet article sans aucune précaution, sans préciser que cette participation fut presque symbolique et qu’elle prit forme en 1953 soit très peu de temps après la guerre, sous égide de l’ONU, et dans l’euphorie de cette époque, celle de "l’ami américain"...notre "sauveur" et de ses investissements indispensables au redressement économique de la France ! Suffisamment de raisons pour mettre son idéologie dans la poche...gauche, avec le drapeau par dessus....
Non, décidément ce style d’article, encore "gigogne" aux allures de procession moyenâgeuse à se flageller le dos jusqu’au sang en rampant sur les genoux et en traînant sa croix, ne passe pas, pire il est inutile sauf pour se gargariser de "la France, mais quelle horreur !"...
Cet article n’est qu’un exercice de style où je conviens qu’il contient plein de choses justes, mais trop d’ingrédients rend parfois un met indigeste...

04/08/2016 00:31 par legrandsoir

Cet article n’est qu’un exercice de style où je conviens qu’il contient plein de choses justes, mais trop d’ingrédients rend parfois un met indigeste...

Il est peut-être temps pour vous de changer de lectures ?

04/08/2016 07:48 par macno

@ Legrandsoir
« Il est peut-être temps pour vous de changer de lectures ? »

Là, j’aimerais que vous explicitiez plus précisément votre pensée, car le GS fait partie ma "lecture", et pas qu’un peu...
Mais je peux aussi avoir ma propre analyse...
Extrait de la conclusion de cet article :
« Si le discours des recruteurs du djihad touchent autant de jeunes, c’est parce qu’il est en grande partie imprégnée d’une rhétorique anti-impérialiste et parce que toutes leurs autres formes de contestation de nos sociétés ont été réprimées »
On ne se méfie jamais assez des conclusions...
Là je coince totalement devant un tel amoncellement de lieux communs.
En conclusion il y aurait eu beaucoup plus à dire sur la désespérance de nos sociétés et de la politique extérieure inqualifiable de la France, mais pas que d’elle (!), sans pour autant avoir recours à ce condensé d’Histoire, que je maintiens, hors sujet.
Ce n’est pas parce que les ingrédients de cet articles sont bons, et tout ce qui est dit dans la première partie (en gros, car il y aurait des nuances à apporter, mais passons) sur le Passé colonial de la France est juste, que je peux être en accord avec cette conclusion simpliste. Je maintiens qu’elle est celle d’un exercice de style, ou d’une méconnaissance totale du sujet, en l’occurrence celui de la guerre en Syrie.
La France a disparu de Syrie et de toute la région et quant à son passé colonial il est derrière elle si l’on peut me pardonner cette "lapalissade".
La Syrie, l’Irak et toute la région sont les victimes d’une géopolitique de chaos orchestré qui n’a plus rien à voir avec le colonialisme.
Ce ne sont pas les articles qui passent régulièrement sur le GS qui me contrediront...

04/08/2016 11:05 par D. Vanhove

Excellent article, qui remet en perspective ce que nos prétendues élites politico-médiatiques évitent bien de rappeler, préférant cristalliser l’attention sur les appartenances communautaires... et qui met le doigt sur ce que personne n’apprécie : une remise en cause des politiques menées par son propre pays...

@macno : "La France a disparu de Syrie et de toute la région et quant à son passé colonial il est derrière elle si l’on peut me pardonner cette "lapalissade".
La Syrie, l’Irak et toute la région sont les victimes d’une géopolitique de chaos orchestré qui n’a plus rien à voir avec le colonialisme.
Ce ne sont pas les articles qui passent régulièrement sur le GS qui me contrediront..."

on ne doit pas lire les mêmes articles alors... ni en tirer les mêmes conclusions, pcq cette "politique du chaos orchestré" dont vous parlez, serait-elle le fait du hasard ?... dont la France, si je vous lis bien, serait absente ?... il me semble pourtant que Fr. Hollande relayé par M. Valls n’ont de cesse de dire qu’ils frapperont plus fort encore en ces pays dont vous dites que la France a "disparu"... Question simple : que nous (vous) ont fait ces pays que l’on va bombarder chq jour ou presque...?

par ailleurs, ce n’est pas la première fois que vous indiquez que l’article que vous commentez vous paraît trop "plein", ou "gigogne" comme vous dites... en lieu et place de ce type de commentaires qui pour le coup, n’apporte rien au débat, je vous suggère de prendre le temps de les relire calmement pour les comprendre (p-ê ?) mieux dans ce qui vous échapperait...

04/08/2016 11:23 par Autrement

macno, là, je ne te comprends pas.
Quand un "exercice de style" se présente comme un historique, c’est un historique (plus ou moins complet, plus ou moins détaillé), et ce n’est pas un exercice de style.

Si, bien sûr, une géopolitique de gauche se conçoit parfaitement : c’est la politique qui promeut une paix effective (et non la "pacification") et les échanges d’égal à égal, mutuellement fructueux, entre les pays. Évidemment, tant que les pays sont dominés par le capitalisme, les divers CAC40 au pouvoir s’efforcent d’exploiter tant leur propre peuple que ceux d’autres pays. C’est pourquoi la lutte des classes et la mobilisation pour l’union des prolétaires à l’échelle internationale (lutte que le capital est en train de gagner, selon Warren Buffet, et il dit ça pour décourager les manifestants : car on l’oublie trop souvent, l’avenir n’est pas écrit et n’existe pas encore) - devraient être une priorité dans les programmes des organisations (même celles qui ne sont pas des "partis") qui se veulent au service des peuples. C’est d’ailleurs vers la solidarité et la coopération entre peuples victimes des mêmes maux, que s’orientent toutes les forces vraiment progressistes (il s’agit de progrès social, de joie de vivre, et non de pure technologie ou de "croissance", évidemment). C’est pourquoi aussi le "nationalisme" au sens traditionnel est impuissant à assurer à lui seul la liberté et la prospérité d’un pays.

Quant au chaos du Moyen-orient, ce serait du chaos pour le chaos, comme de l’art pour l’art ? Si occuper militairement, politiquement, juridiquement un autre pays, et prétendre y faire ainsi la loi, par exemple en redéfinissant les territoires et en y installant des régimes dociles, et tout cela de force, dans le but d’accaparer les richesses naturelles du pays en question, - si ce n’est pas du colonialisme, néo-ou non, qu’est-ce que c’est ?

04/08/2016 12:52 par Palamède Singouin

@ Macno

se flageller le dos jusqu’au sang en rampant sur les genoux et en traînant sa croix,

Ne croyez vous pas qu’il s’agit plus simplement de préciser l’Histoire ? Mais peut-être êtes de vous de ceux qui prônent la suppression de son enseignement ?

04/08/2016 16:47 par macno

« on ne doit pas lire les mêmes articles alors... ni en tirer les mêmes conclusions, »
Ni en tirer les mêmes conclusions, il est peut-être là le problème.
Vite fait, je n’ai pas ni le temps ni l’envie de m’étendre.
J’avais proposé un article il y a 4 ans et qui explique en long en large et en travers les tenants et les aboutissants des causes et des objectifs de la guerre en Syrie et ailleurs dans la région dont la Libye. Cet article est paru sur le Grand Soir :
Frappe contre la Syrie, cible la Russie :
http://legrandsoir.info/frappe-contre-la-syrie-cible-la-russie.html
Tout est dit dedans.
Il faut mélanger l’ensemble avec : "le nouveau Grand Jeu"
http://www.revueconflits.com/le-nouveau-grand-jeu-bonus/
Et vous avez tous les ingrédients des objectifs carrément obsessionnels de neutralisation de la Russie en tant que puissance et de la Chine en tant que réserve de main d’œuvre bon marché et surtout qu’elle le reste !
Cette obsession, elle vient de très très loin dans le temps, et de Wall Street au début du 20ième siècle quand Wall Street a financé la Révolution bolchevique, et même bien avant, voir le Grand Jeu.
Le PNAC a ouvertement déclaré réactiver les objectifs des néoconservateurs, avec comme date clé, le 11.9. La "guerre contre la terreur" était activée et l’Islam a été manipulé sous toutes ses coutures, dont Al-Qaïda qui fut leur première marionnette...
Le "chaos" était en route avec comme objectif de contaminer les républiques musulmanes du sud Caucase de la Russie, et ainsi de mettre la main sur la Russie et ses immenses richesses, pétrole, gaz, minerais, et vastes zones agricoles parmi les plus fertiles au Monde en obtenant un gouvernement "de couleur" bien docile et "occidentalo-compatible" au Kremlin...
Ils avaient (les néocons) raté le coche sous Eltsine, n’imaginant pas l’arrivée d’un "trublion" comme Poutine...Dès 2001 ils vont mettre les bouchées doubles...
Et la France dans tout ça ?
Elle va faire allégeance aux Américains avec Sarko lors de l’épisode libyen prévu dans le PNAC...
Pas l’ombre d’un quelconque rapport avec du "colonialisme" pour le moment, et encore moins "à la française"...
Les djihadistes sont les idiots utiles du Système pour faire tomber Bachar Al Assad. Ils ne sont absolument pas anti-impérialistes. En luttant contre le gouvernement syrien, ils font le jeu des américains, des impérialistes, cherchez l’erreur...
Le sud Caucase "n’attend" que la chute de Poutine (qui est l’objectif n° 1 de la guerre en Syrie je tiens à le rappeler), pour s’embraser "spontanément", en "couleurs" !...
Voir ce petit reportage du Courrier de la Russie sur le Daghestan
http://www.lecourrierderussie.com/societe/2016/08/village-tlondoda-vie-terroriste-attentat/
On ne colonise plus, on répand le chaos et on ramasse les contrats de reconstruction...avec un gouvernement local docile, comme c’était prévu en Irak et en Afghanistan, mais avec pas mal de ratages dans ces Pays, il me semble.
La France n’est dans tout ça qu’un "porte-flingue" sans grande envergure. Les négociations sur la Syrie sont entre Lavrov et Kerry, et exclusivement entre eux, c’est tout dire...
@ Autrement,
« Quant au chaos du Moyen-orient, ce serait du chaos pour le chaos, comme de l’art pour l’art ? »
Mais absolument pas, il a un but bien précis ce chaos, que rien n’entrave le pouvoir des Américains et principalement contre la Russie et l’Allemagne, la seule alliance qui pourrait concurrencer les Américains, leur plus grand cauchemar. Voir ci-dessus. Le Grand Jeu.
Il faut bien être conscient du fait que la France "joue pour du beurre", que son économie est la la solde de l’économie américaine, faut voir comment la BNP n’a pas moufté au sujet des amendes illicites qu’elle a reçues de la part des Américains : "vous voulez encore être présent sur le sol Américain, alors bouclez là et payez !"...
Pour la « lutte des classes et la mobilisation pour l’union des prolétaires à l’échelle internationale », j’ai bien peur qu’il faille attendre un peu, le temps que le Système s’effondre et sans trop de dégâts surtout...
En attendant « la politique du chaos orchestré » existe bel et bien, et depuis l’Irak elle n’a pas fait dans le "détail" au niveau destructions et victimes.
Voir le Project for a New American Century et pas uniquement sur Wikipédia

04/08/2016 18:37 par Taliondachille

@Palamède Singouin
Pour supprimer l’enseignement de l’histoire, encore faudrait-il qu’il ait déjà existé ! Depuis la création de l’Instruction Publique par le boucher Ferry, l’Histoire est sous le contrôle total de l’oligarchie. Supprimer ce ramassis de mensonges serait œuvre d’utilité publique. Vous doutez ? Lisez les sujets des concours de recrutement des professeurs d’histoire, ils présupposent, entre autres, l’acceptation et la soumission totale au IV Reich européen. Normal, c’est ce qu’ils devront enseigner...
Le livre de Gérard Noiriel devrait rétablir quelques vérités, mais les profs ne le liront pas pour éviter la schizophrénie.

05/08/2016 08:57 par cunégonde godot

Ce qu’il y a de nouveau aujourd’hui, c’est que la guerre, ou du moins une infime fraction, a ses retombées chez nous, sur le sol français ou le sol belge. Des victimes civiles tombent, totalement innocentes, et plongent des familles dans l’horreur. Pourquoi avons-nous fermé les yeux sur tant de victimes innocentes dans le tiers monde, victimes de nos guerres coloniales ? Pourquoi continuons-nous à soutenir des gouvernements, des partis politiques qui perpétuent cette politique ? Si le discours des recruteurs du djihad touchent autant de jeunes, c’est parce qu’il est en grande partie imprégnée d’une rhétorique anti-impérialiste et parce que toutes leurs autres formes de contestation de nos sociétés ont été réprimées[9]. Au lieu de focaliser le débat sur l’aspect religieux du phénomène, il serait plus productif d’aborder son aspect politique et de faire un bilan correct de « nos » politiques coloniales et néocoloniales. Même si les chefs de Daesh n’ont rien à voir avec les dirigeants nationalistes du siècle passé, ils peuvent occuper une place laissée vide par notre silence assourdissant sur 70 ans de politique coloniale faite de guerres et de massacres. Mais pour briser ce silence, nous ne pouvons rien attendre ni des partis au pouvoir ni des partis de l’opposition, car s’en prendre au colonialisme, c’est à coup sûr perdre des voix. Et pourtant, comme le dit Jean Ziegler, il faut « choisir son camp » : celui de ceux qui, malgré la répression et les massacres ont continué à résister, et si, chez nous, ils ont toujours été une très petite minorité, ce sont pourtant les Henri Alleg, les membres du Réseau Janson, les porteurs de valise anonymes qui peuvent encore nous faire aimer la France.

Le djihad, comme son nom l’indique, est une guerre de conquête religieuse et… coloniale.
Les "terroristes" poseurs de bombes, égorgeurs d’aujourd’hui n’ont strictement rien à voir avec les révolutionnaires ou les anti-colonialistes du passé.
C’est vrai qu’il faut choisir son camp. Mais certainement pas celui du terrorisme islamique, qui dans les faits ne s’est jamais situé dans le camp des combattants anti-colonialistes, mais au contraire dans celui du colonialisme et du capitalisme euromondialiste (au passage, on ne sache pas que l’ "islam de France" se soit positionné dans le combat anti-capitaliste contre la loi euro-esclavagiste dite loi el-Khomri p.ex…).
L’État Islamique (Daesh) est une armée de mercenaires au service exclusif de l’islamisme et des puissances coloniales occidentales.
La Syrie et la Russie – pas seulement ces deux États – ont deux ennemis acharnés à leur perte : le capitalisme euromondialiste et l’islamisme.

05/08/2016 19:10 par Palamède Singouin

@ Cunégonde Godot.

Le djihad, comme son nom l’indique, est une guerre de conquête religieuse et… coloniale.

Depuis le 15° siècle et la découverte de l’Amérique, vous avez du manquer quelques épisodes des "guerres de conquête religieuse et… coloniale", pour balancer une comparaison aussi catégorique !
Par ailleurs, il serait intéressant de connaître votre niveau de maîtrise de la langue arabe qui vous permet d’ attribuer au mot « jihad » la signification que vous lui donnez.

05/08/2016 19:25 par mandrin

manifestement une pathologie d’ "isme" sévit, il conviendrait donc de mettre en circulation un peu "d’ismophobie" sa pourrait aider...

06/08/2016 02:37 par Ouled Riah

03/08/2016 à 11:58 par alfare

« Merci pour tous ces rappels historiques nécessaires.
Rajoutons qu’Henri Alleg (fort justement érigé ici en exemple) a été membre jusqu’à sa disparition du PCF.
« 
 »

Quelques précisions sur cette affirmation de "alfare" relative à Henri Alleg "membre du PCF".
L’internationaliste Henri Alleg a été, avant d’être au PCF, d’abord un militant du Parti communiste Algérien et un patriote algérien. C’est à ce titre qu’il participa à la guerre de libération nationale de l’Algérie de 1954 à 1962. C’est aussi à ce titre qu’il fut arrêté et torturé par les paras français et qu’il écrivit son livre La Question.
Fin 1965, après que ses camarades communistes algériens furent réprimés, emprisonnés et torturés au lendemain du coup d’État militaire du 19 juin 1965 du colonel Boumédiene, il quitta sa patrie d’adoption pour s’installer en France. Il deviendra secrétaire général de l’Humanité en 1966, et militera au sein du PCF, tout en gardant de puissants liens fraternels avec ses camarades algériens et sa patrie d’adoption.

Il ne s’agit pas ici d’une querelle de chapelles. Mais il existe, depuis l’indépendance de l’Algérie, une tendance forte au sein de l’appareil du PCF, et de certains de ses militants de vouloir "nationaliser " "pcfiser", en un mot de s’attribuer indûment les militants communistes algériens d’origine européenne engagés dans la guerre pour l’indépendance nationale - certains d’entre eux y laissèrent la vie-, à l’image de Raymonde Peschard, Félix Colozzi, Henri Maillot, Fernand Yveton, Georges Torrès, Henri Alleg, Pierre Cots Georges Acampora, Paul Perlès, Maurice Laban, Maurice Audin, Jean Farrugia, et bien d’autres, communistes, internationalistes, patriotes.

06/08/2016 07:58 par cunégonde godot

@Palamède Singouin,
Oui le djihad est une guerre religieuse, une lutte et une guerre pour Dieu, une lutte et par extension une guerre de chaque instant individuelle et collective, même si dans les faits elle n’est pas que cela, évidemment. Une guerre (ou lutte) religieuse est forcément mondiale car Dieu est (pour le moins) mondial. Une religion non mondialiste n’aurait aucun sens. C’est pourquoi l’État islamique, mais aussi la religion sur laquelle il s’appuie, l’islam (et toutes les autres religions, le christianisme est euromondialiste prosélyte p.ex.), est l’allié objectif du capitalisme euromondialiste : allié et rival. Et cela ne date pas d’aujourd’hui.

06/08/2016 14:39 par Palamède Singouin

@ Cunégonde Godot

Votre tendance très marquée à ramener des problèmes essentiellement politiques à la simple dimension religieuse relève d’un européocentrisme dont les Sarko-Valls-Hollande...etc...sont de tristes représentants.

Par ailleurs, des religions non-mondialistes, il y en plein l’Histoire, à commencer par le paganisme gréco-romain qui s’accommodait fort bien des divinités des autres peuples à condition qu’elles ne viennent pas empiéter sur « ce qui appartient à César ».

Enfin, pour ce qui est du mondialisme et du prosélytisme, notez que le judaïsme, religion mère des 2 autres monothéismes, fait plutôt dans le service minimum.

Et pour terminer, faire de « l’Etat Islamique » une puissance coloniale, ça me rappelle un peu la kyrielle des « nouveaux Hitler » : Nasser, Saddam, Milosevic, Kadhafi…bientôt Poutine.

06/08/2016 23:13 par cunégonde godot

Palamède Singouin :
@ Cunégonde Godot

Votre tendance très marquée à ramener des problèmes essentiellement politiques à la simple dimension religieuse relève d’un européocentrisme dont les Sarko-Valls-Hollande...etc...sont de tristes représentants.

Par ailleurs, des religions non-mondialistes, il y en plein l’Histoire, à commencer par le paganisme gréco-romain qui s’accommodait fort bien des divinités des autres peuples à condition qu’elles ne viennent pas empiéter sur « ce qui appartient à César ».

Enfin, pour ce qui est du mondialisme et du prosélytisme, notez que le judaïsme, religion mère des 2 autres monothéismes, fait plutôt dans le service minimum.

Et pour terminer, faire de « l’Etat Islamique » une puissance coloniale, ça me rappelle un peu la kyrielle des « nouveaux Hitler » : Nasser, Saddam, Milosevic, Kadhafi…bientôt Poutine.

Vous dites tout et son contraire, cher monsieur.
Etat islamique par le jihad ("dimension religieuse") et la rapine cherche à s’emparer de terres et de richesses, pétrolières entre autres. C’est une guerre de conquête... coloniale.
Etat islamique, financé par l’Arabie Séoudite et le Qatar entre autres est l’allié objectif (quand bien même ne le serait-il que momentanément) des puissances coloniales historiques occidentales au Moyen-Orient. Il n’est pas (pas seulement) la créature de ceux-ci, comme on cherche à nous le faire croire. Les principales forces anti-colonialistes au Moyen-Orient actuellement sont l’Iran, la Syrie et la Russie, depuis que l’Irak et la Libye ont été livrées à la prédation occidentale et à celle d’Etat islamique...
Sur la question du judaïsme et celle de la Rome antique, vous faites deux gros contre-sens, mais ce n’est pas le sujet.

07/08/2016 14:29 par macno

@ D. Vanhove et @ Autrement
On me lance des attaques de SCUD tels que :
« on ne doit pas lire les mêmes articles alors... ni en tirer les mêmes conclusions, »
et encore :
« Quant au chaos du Moyen-orient, ce serait du chaos pour le chaos, comme de l’art pour l’art ? »
Je prends la peine de répondre, et puis pfuitt !, on disparaît, on passe à autre chose...
La diversion cunégonde godot arrive et écrase tout sur son passage. Car il faut bien se rendre compte que consciemment ou non, elle n’est que diversion, rien que diversion par ses obsessions civilisationnelles, anti- européïstes, pourfendeuse de lagauchedelagauche et des islamistes. Quoique sur certains points elle n’a pas tout à fait tort, mais là n’est pas l’objet de mon propos...
« Je vous l’ai dit
Des armes et des mots c’est pareil
Ça tue pareil
Il faut tuer l’intelligence des mots anciens
Avec des mots tout relatifs, courbes, comme tu voudras
Il faut mettre Euclide dans une poubelle »
(Ferré, le chien)
On peut en dire autant des idées..., et remplacer "mots" par "idées", et Euclide par Marx, mais ne mettre ce dernier que provisoirement dans une poubelle, il peut toujours servir.
Et alors il ne faut pas hésiter à se poser plein de questions, depuis la destruction de la Yougoslavie (la guerre contre la Serbie, donc contre la Russie) en passant par LE 11.9. et le CHAOS qui a suivi et qui n’a jamais cessé, sur les objectifs réels de ce CHAOS, sur ceux qui l’ont construit, et pas de ceux qui n’ont joué que, comme je l’ai dit, le rôle de "porte-flingue", de "figurant" ou de marionnette, la diplomatie française a le choix...

La servitude de la France aux États Unis est tout bonnement démentielle...
Ah les séries américaines ! Quel mal indélébile elles ont fait dans les têtes depuis une quarantaine d’années ! Avant c’était les Films, mais au pire on y avait droit qu’une fois par semaine dans le ciné du coin, et le reste du temps on pouvait se déconditionner...À cette époque le cinéma franco/franchouillard était puissant. Depuis il s’est largement "yankeeïsé" plus de Pagnolades, plus d’Audiardises, et j’en passe.

Le refus de regarder en face "l’ami" américain et son impérialisme dévastateur est solidement gravé jusque dans l’inconscient de la Gauche. J’ai pu m’en rendre compte maintes et maintes fois avec sidération, dès que des conversations s’engageaient sur le 11.9., sujet source de véritables agressives zizanies...Une autre vérité que la "version officielle" était intolérable à entendre...

Le 11.9. et la guerre contre l’Irak sont intimement mêlés, ce n’est pas un secret.
Nicole Bacharan, l’inénarrable correspondante aux USA, a (dans un C dans l’air) en gros justifié l’intervention américaine et son "mensonge" sur les armes de destruction massives : elle a admit (pratiquement) texto et sans état d’âme que « oui, c’était bien des mensonges, mais que c’était pour les américains le moyen de garantir leur indépendance énergétique » (en pétrole). Elle s’est bel et bien située dans un contexte 100% colonial.

Si on reste sur cette vision "colonial" de la géopolitique, il faut absolument "isoler" ou empêcher toute analyse sur le PNAC et surtout sur le 11 Septembre qui deviendrait alors injustifiable aux yeux même du peuple américain, et ce même avec un but "justifiable" d’indépendance énergétique.
L’intervention, à 99% américaine en Afghanistan est par contre injustifiable à 100% sous l’angle colonial.
Quant à la Libye, où le chaos y est bien réel, il est en gros identique à celui de l’Irak, alors si on additionne les trois, le motif colonial a sérieusement du plomb dans l’aile.

Le seul objectif qui subsiste et qui n’est même plus contesté par de très nombreux analystes, est celui d’un ordre unilatéral américain sur le Monde, et celui ci est fort heureusement sérieusement contesté par la Russie et par la Chine.
Mais que vient faire dans ce combat de Titans, la France, son Histoire coloniale et ces quelques Rafale ?
Que des conneries, et surtout des dégâts collatéraux de toutes sortes qui n’ont rien à voir avec ce drame mondial qui se joue en Syrie.
Lire Andrej Fursov et le Grand Jeu, tous les chemins y mènent...
Dernières nouvelles : Milosevic est disculpé, mais rien n’arrête la machine de guerre de l’OTAN
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article7448

07/08/2016 17:46 par Louise de Bretagne

"Les crimes de l’extrême civilisation sont pires que ceux de l’extrême barbarie !"
Barbey d’Aurevilly

08/08/2016 12:43 par cunégonde godot

macno :
La servitude de la France aux États Unis est tout bonnement démentielle...
Ah les séries américaines ! Quel mal indélébile elles ont fait dans les têtes depuis une quarantaine d’années ! Avant c’était les Films, mais au pire on y avait droit qu’une fois par semaine dans le ciné du coin, et le reste du temps on pouvait se déconditionner...À cette époque le cinéma franco/franchouillard était puissant. Depuis il s’est largement "yankeeïsé" plus de Pagnolades, plus d’Audiardises, et j’en passe.

Vous est-il jamais venu à l’esprit de qualifier le cinéma américain d’américano-américanouillard p.ex. Et pourquoi donc ? Hier soir au programme sur Arte, la chaîne la plus eurochouillarde de toutes : la Horde sauvage. Du cinéma américanouillard typique, aussi simplet que la musique "rock" de même origine. C’est dire...

Le refus de regarder en face "l’ami" américain et son impérialisme dévastateur est solidement gravé jusque dans l’inconscient de la Gauche. J’ai pu m’en rendre compte maintes et maintes fois avec sidération, dès que des conversations s’engageaient sur le 11.9., sujet source de véritables agressives zizanies...Une autre vérité que la "version officielle" était intolérable à entendre...

« Le refus de regarder en face » qualifie lagauche actuelle. Pas seulement lagauche "radicale" (petite-bourgeoise) française, mais toute lagauche occidentale, qui vient de se prendre une grosse baffe sur le museau avec le Brexit : un brutal "traumatisme" qui l’a laissée quasiment coite sur le sujet...

08/08/2016 19:35 par Louise de Bretagne

التفسير.
الجهاد هو النضال من المجاهدين لنشر الإسلام على الأرض في بسم الله الرحمن الرحيم

explication ;
Le djihad c’est le combat mené par le moudjahid pour répandre l’islam sur la terre au nom d’Allah le clément et miséricordieux

09/08/2016 09:59 par Nour

Un bonne article sur le fond. Meme si il y a des imprecisions, mais il ne s’agit pas d’un texte universitaire.
Cependant Macno a raison
Il ne s’agit pas de colonialisme mais d’une geostrategie imperialiste qui a crée et armé ces bandes terroristes afin d’avoir un pretexte pour piller certains pays et proceder a l’’eclatement de la Federation de Russie pour s’en approprier les richesses, isoler la Chine en tant que puissant concurrent
Le terrorisme est aussi utilisé par les Etats occidentaux contre leur propre citoyen afin d’obtenir un soutien dans ses guerres de pillages et de museler à l’intérieur toute contestation sociale.
C’est pourquoi les agences de renseignements organisent régulièrement des attentats afin de maintenir une tension, une peur permanente contre un ennemi commun garant d’une unité derriere la politique du gouvernement.
Gardons nous de tout sectarisme, c’est par la discussion et l’echange sur nos désaccords, sur tous les sujets, y compris ceux que les neoconservateurs ont appelé theorie du complot afin d’empecher toute discussion seieuse et contradictoire, toute reflexion qui ne cadrent pas avec la fascination et le conditionnement des medias de l’empire oligarchique etatsuniens.
Nos ennemis nous dictent ceux sur quoi nous devrions discuter, critiquer, remettre en cause, ceder aux chantages mediatiques c’est renoncer à ses priopres principes et être condamné à répéter les mensonges des groupes capitalistes et de leur gouvernement.

10/08/2016 22:51 par Aris-Caen

OooH !
Comment peut-on encore dire aujourd’hui ce genre de contrevérité ?

@macno

la France ne serait pas la puissance économique qu’elle est, ni avec le niveau de vie qui est le nôtre actuellement, si elle n’avait pas eu ses colonies, avec les "joyeusetés" qui vont avec. C’est parfaitement cynique de dire ça, mais il faut en être conscient et l’assumer.

Depuis Jacques Marseille et son « Empire colonial et capitalisme français » 1984, on sait que l’empire français a coûté bien plus cher à l’Etat qu’il na rapporter. Seul quelques uns ont fait leur (très) bon beurre. L’impérialisme ne rapporte jamais ni aux peuples des colonisateurs ni aux peuples colonisés.
Regarde l’état de paupérisation des occidentaux aujourd’hui. Les états-uniens devraient tous être riches alors qu’ils n’ont jamais été aussi pauvre.
L’impérialisme utilise l’argent commun pour des recettes privés. Tu devrais savoir ça ! Non ?
Le « niveau de vie » des français, ils ne le doivent qu’a leurs luttes continuelles.
L’impérialisme dit français est l’oeuvre de la République et de Paris et non pas du Peuple Français.

(évidemment, les trotskistes n’aiment pas ce type de démonstration communiste populaire)

10/08/2016 23:06 par legrandsoir

évidemment, les trotskistes n’aiment pas...

nooooon... macno va répondre en 3 tomes, d’autres vont s’en mêler...

Je vois bien que tout le monde s’en fiche du modérateur prolo de base d’un journal militant d’information alternative.

Et ça se dit de gauche. Ha !

10/08/2016 23:33 par Aris-Caen

@Nadine ROSA-ROSSO

Pourquoi avons-nous fermé les yeux sur tant de victimes innocentes dans le tiers monde, victimes de nos guerres coloniales ? Pourquoi continuons-nous à soutenir des gouvernements, des partis politiques qui perpétuent cette politique ? Si le discours des recruteurs du djihad touchent autant de jeunes, c’est parce qu’il est en grande partie imprégnée d’une rhétorique anti-impérialiste

Nous ? Tu veux dire "eux" camarade ?
Je commence à fatiguer avec ces papiers qui font l’amalgame entre nous et eux, comme si Marx n’avait jamais existé et qu’il n’y avait qu’une seule classe, un seul homme.
Je ne suis pas très intelligent, mais je trouve que le niveau baisse considérablement.

"Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur de ce monde..."

Concernant le djihad et "anti-impérialisme" je cite cunégonde qui à ces mots très justes :

@cunégonde godot

C’est vrai qu’il faut choisir son camp. Mais certainement pas celui du terrorisme islamique, qui dans les faits ne s’est jamais situé dans le camp des combattants anti-colonialistes, mais au contraire dans celui du colonialisme et du capitalisme euromondialiste (au passage, on ne sache pas que l’ "islam de France" se soit positionné dans le combat anti-capitaliste contre la loi euro-esclavagiste dite loi el-Khomri p.ex…).
L’État Islamique (Daesh) est une armée de mercenaires au service exclusif de l’islamisme et des puissances coloniales occidentales.

11/08/2016 01:15 par legrandsoir

Nous ? Tu veux dire "eux" camarade ?

Nous signifiant "nous, les Belges," ou "nous, les Français"... la phrase est plutôt juste, non ?

C’est vrai qu’il faut choisir son camp. Mais certainement pas celui du terrorisme islamique

Quelqu’un aurait suggéré une telle chose ?

— > Votre humble modérateur trouve que les échanges commencent à partir en vrille et annonce qu’il appliquera un filtrage "sévère"...

11/08/2016 04:34 par Aris-Caen

@legrandsoir

— > Votre humble modérateur trouve que les échanges commencent à partir en vrille et annonce qu’il appliquera un filtrage "sévère"...

Après seulement 27 commentaires ?
Et sur un sujet aussi basique que l’impérialisme ?
Ca ne part pas«  en vrille », ça argumente et ça cause c’est tout. C’est bien fait pour cela le Grand Soir !
N’est-il pas ?

Le nouveau modérateur est-il un emploi de vacances du Grandsoir ?
Sur Israël ont va jusqu’a 90 commentaires et ça chauffe bien plus que pour ce pauvre article.

Oyé ! Y a t’il encore du monde au Grand Soir ou bien tout le monde bronze devant un Ricard ?

11/08/2016 07:58 par legrandsoir

Même pas.

11/08/2016 14:17 par macno

@ legrandsoir
« nooooon... macno va répondre en 3 tomes, d’autres vont s’en mêler... »
En 2 tomes et ça suffira largement, mais au moins vous m’avez bien fait rire...
Moi ce qui me gêne ce sont les sempiternels commentaires simples ou simplistes, comme vous voulez, mais qui mis bout à bout forment un sacré paquet de...je ne dirai pas.
Je n’interviens pas souvent sauf quand j’ai quelque chose à dire, concept que beaucoup devraient suivre. Quoique "ce n’est pas parce que l’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule", s’pas ?
J’interviens pour dire quoi au fait ?
@ Aris-Caen
(Feu) Jacques Marseille n’est peut-être pas une référence, et c’est peut-être un "calcul" extrêmement compliqué (euphémisme) à établir, celui « que l’empire français a(urait) coûté bien plus cher à l’État qu’il n’a rapporté ». Mais je ne ferais pas un caca nerveux pour une petite, toute petite partie de mon commentaire. C’est étrange cette sale manie de ne reprendre qu’un atome d’un commentaire et de négliger tout le reste...
Mais moi je dis ça...
On ne peut décemment pas attaquer ce sujet-fleuve dans un commentaire, sinon, le modérateur va nous haïr...
Au fait, ça va au niveau longueur ?

11/08/2016 23:06 par legrandsoir

Je n’interviens pas souvent

Votre moyenne est légèrement supérieure à 2 commentaires par jour.

12/08/2016 22:49 par Aris-Caen

@macno

(Feu) Jacques Marseille n’est peut-être pas une référence, et c’est peut-être un "calcul" extrêmement compliqué (euphémisme) à établir, celui « que l’empire français a(urait) coûté bien plus cher à l’État qu’il n’a rapporté ». Mais je ne ferais pas un caca nerveux pour une petite, toute petite partie de mon commentaire. C’est étrange cette sale manie de ne reprendre qu’un atome d’un commentaire et de négliger tout le reste...

J. Marseille était le plus détestable des invités de « C dans l’air » de France5 et un libéral du haut de la poubelle. J’avoue même que lorsque j’ai appris sa mort j’ai eu un frisson de bonheur...de court terme car il fût aussi vite remplacé par une demoiselle à la bouche molle, mais carnassière.
Cependant ce type, ancien du PCF, a fait dans l’ouvrage susnommé, une histoire socio-économique de l’empire français bien sourcé, comme Annie Lacroix-Riz en fait ou bien comme des historiens libéraux anglais ou étatsuniens en ont fait ou en font encore.
Cependant, ma référence à cette ouvrage ne faut pas 1kg de cacahuètes car mon argument est que :
- l’impérialisme ne rapporte jamais ni aux peuples des colonisateurs ni aux peuples colonisés,
- l’impérialisme utilise l’argent commun pour des recettes privés,
- l’impérialisme dit français est l’oeuvre de la République et de Paris (le capital/bourgeoisie) et non pas du Peuple Français (les prolos)

Le problème c’est que la « toute petite partie de ton commentaire » est simplement une énorme fraude. C’est tout ! Alors, comment prendre au sérieux le reste même s’il semble juste ?

Pour terminer avec un peu d’ironie je dirais en reprenant ton argument de départ que les prolos français n’ont jamais été aussi riche qu’entre 1870 et 1940 (III République ou le colonialisme bat son plein) et depuis aussi l’envoi des troupe françaises à Sarajévo ou kaboul... Idem pour la populace étatsunienne qui prend des bains d’or depuis 200 ans d’impérialisme made USA.

13/08/2016 08:40 par babelouest

Ah oui, certes, "les prolos" français ont eu une belle embellie, on va dire de 1970 à 1985. Comme par hasard, déjà à part quelques îles des Caraïbes et la Guyane, les colonies n’existaient plus. Du moins officiellement.

13/08/2016 09:20 par macno

@ Aris-Caen.
Au temps pour moi !
Je reconnais le bien fondé de ton analyse. J’avais pris le sujet par un très mauvais bout, celui de la géopolitique que tous les peuples de la planète subissent sans en être réellement les décideurs...
Je suis d’accord avec ton analyse :
« - l’impérialisme ne rapporte jamais ni aux peuples des colonisateurs ni aux peuples colonisés,
- l’impérialisme utilise l’argent commun pour des recettes privés,
- l’impérialisme dit français est l’œuvre de la République et de Paris (le capital/bourgeoisie) et non pas du Peuple Français (les prolos) »

La « demoiselle à la bouche molle, mais carnassière » c’est Agnès Verdier-Molinié (?), elle est peut-être pire que l’était Jacques Marseille.
Ceci dit, j’ai relu vite fait et je ne pense pas retirer grand chose de ce que j’ai écrit.
Cordialement.

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