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Les Bouazizi et les bourges

Il existe en Tunisie, qui marquait hier le troisième anniversaire de l’immolation de Mohamed Bouazizi, des désenchantements divers qu’il ne faut pas confondre. Entre l’impatience sociale, très compréhensible, des déshérités du pays profond et les gesticulations d’une bourgeoisie anti-islamiste qui se voit « européenne », on n’est pas dans les mêmes mondes, ni dans les mêmes demandes. Seul un jeu politicien factice où des gauchistes côtoient des haut-bourgeois qui se prennent pour le « Che » a tenté, sans réussir, de les rassembler.

Entre les demandes sociales pressantes – et sans solution immédiate – des pauvres et la volonté d’une bourgeoisie en furie d’en découdre avec les islamistes en s’appuyant sur l’appareil policier – encore intact – de Ben Ali, c’est une sorte de mariage contre-nature entre la révolution et la contre-révolution qui était tentée. C’est un échec.

L’appui ostensible des Occidentaux à la désignation de Mehdi Jomaâ montre que le jeu de cette bourgeoisie qui se veut « européenne », « laïque » et, ce qu’elle ne dit pas, très « anti-peuple », est définitivement classé comme un dangereux infantilisme. Qualificatif qu’on avait plus tendance à affubler les « gauchistes » plutôt que les bourgeois installés. Mais cet attelage politique bizarroïde qui cherche à éviter à tout prix le retour aux urnes – et rêve d’un scénario égyptien – a réussi à faire perdre du temps au pays. Et à alourdir les difficultés du pays profond qui a besoin d’un gouvernement qui travaille, agit et dégage des solutions.

Le pays de Bouazizi est en colère et désenchanté mais par pour les mêmes raisons que les bourgeois de Tunis. Pour les défavorisés, il faut terminer la transition pour avoir un gouvernement qui a les moyens d’agir et à qui ils peuvent, enfin, demander des comptes. Pour les nantis – ou du moins une partie d’entre eux, il faut éviter à tout prix d’aller aux élections et donc de finir avec la transition.
La transition tunisienne ne s’est pas faite dans les délais, c’est une évidence, mais elle n’a pas échoué. En comparaison avec les transitions ratées, celles de l’Algérie hier et de l’Égypte aujourd’hui, les Tunisiens s’en sortent pas mal. Et il faut en attribuer le mérite à toutes ces femmes et hommes politiques, laïcs et islamistes, qui ont gardé la tête froide, pour ne pas se laisser emporter par les manipulations qui n’ont pas manqué. Celles des djihadistes étant les plus visibles cachant le travail de sape que mènent les tenants de l’ancien régime.

Il y a un éloge à faire à cette infinie patience des femmes et des hommes politiques qui ont joué, malgré les tensions et les stratégies de blocage et de sabotage, la carte de la négociation. La Tunisie a la chance d’avoir un syndicat comme l’UGTT qui n’a pas laissé ses penchants politiques ou idéologiques l’emporter sur l’essentiel. Elle a la chance, aussi, d’avoir des femmes et des hommes laïcs, de gauche et des démocrates qui ne considèrent pas que les islamistes sont, apriori, des ennemis. Cela relève d’une conviction, démocratique, très forte, mais également d’un principe de réalité.
On arrive parfois à dégager un tyran, mais un courant ancré dans la population ne se dégage pas. On apprend à vivre avec lui. On lui apprend à vivre avec les autres. À s’astreindre aux règles communes, à accepter les diversités et les divergences. Par le dialogue, par le combat politique et non par la quête d’un autre Ben Ali. Les Tunisiens ont, en définitive, assez bien protégé leur transition. Il leur reste à la finir.

M. Saadoune

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