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Les contradictions de Jonathan Littell

Le petit Jonathan s’est perdu au rayon Histoire de la grande bibliothèque de l’Occident.

L’histoire, qui nous offre parfois de ces bizarreries, ne serait-elle qu’un vaste dressing dans lequel l’âme humaine, comme une vieille chaussette trouée, traîne au fond d’un placard ? Retournement de veste ou strip-tease intégral ? Un peu des deux, I suppose... Jonathan Littell, en devenant le nègre du Monde (libre ?), rejoint Bernard Henri-Lévy parmi les vautours qui vont se repaître de la carcasse ukrainienne.

Qu’il est sinueux le chemin parcouru par lui depuis 2006...

Cette année-là il publie un pavé de 900 pages au titre antinomique : Les Bienveillantes. Ce livre, je l’avais emprunté à la bibliothèque de l’Alliance française de Shanghai. Je me souviens avoir plongé tête la première dans cette narration de la psyché nazie et la spirale de violences macabres dans laquelle un officier allemand des Einsatzgruppen plonge lui aussi le long des routes le menant vers le front de l’Est.

C’est un exposé froid, clinique, des atrocités commises par les milices du Troisième Reich complètement déshumanisées, massacrant sur leur passage Juifs, Tziganes et tous ceux qui les gênaient ou leur déplaisaient.

Je ne vais pas m’attarder sur ce livre que je recommande mais qui ne peut en aucun cas être considéré comme une référence historique bien que l’auteur ait indéniablement effectué d’intenses recherches dans ce sens. Il fait simplement partie des œuvres qui permettent de se faire une idée de ce que l’humain “ lambda ” est capable de faire lorsqu’il est placé dans un certain contexte.

Si l’ouvrage se situe dans un arrière-plan historique, les personnages centraux sont imaginaires. Et quand bien même je n’ai trouvé aucune référence à ce sujet, on peut faire l’hypothèse que Littell s’est inspiré de la division Das Reich, ayant appartenu à la Waffen-SS et qui fut certainement la plus féroce, la plus brutale ayant agi sur le front de l’Est. En effet, il y a des similitudes, outre la barbarie des actes commis, sur le fait que dans Les Bienveillantes, le héros entretient des liens avec l’Alsace par le biais de son beau-père et du temps qu’il a passé là-bas enfant et que parmi les effectifs de la division Das Reich, composée de Volksdeutsche, il y eut des Mosellans et des Alsaciens. En outre, le héros quitte pour un temps le front de l’Est pour venir se reposer en France comme le fit la division Das Reich durement touchée par des combats contre les Soviétiques, et où elle sévira plus tard dans le Sud-ouest, à Oradour-sur-Glane entre autres funestes crimes, pour ne parler que du plus connu.

Cette infâme division Das Reich a récemment fait un retour par la bande puisqu’elle sert de modèle, pour ne pas dire de canon, au non moins infâme bataillon Azov ukrainien qui va jusqu’à reprendre son emblème, la Wolfsangel et partage avec leurs illustres prédécesseurs une profonde haine des Russes. Ce bataillon, milice d’extrême-droite ostensiblement néonazie, composée de volontaires mercenaires ukrainiens et étrangers, intégrée aux forces gouvernementales depuis 2014, est responsable des bombardements sur le Donbass qui ont tué des milliers d’Ukrainiens russophones, mais aussi du massacre de 46 Ukrainiens pro-russes le 9 mai 2014 à Odessa... tout cela dans l’indifférence complète de la communauté internationale... et de Jonathan Littell. Le modus operandi du massacre d’Odessa n’est d’ailleurs pas sans rappeler ceux des Einsatzgruppen lors de tueries de masse que Littell relate, notamment dans une des scènes les plus marquantes des Bienveillantes.

Oui, qu’il est tortueux le chemin parcouru par Jonathan Littell depuis 2006. Et que sa destination est pour le moins... déroutante.

En quelques jours, l’auteur franco-étasunien vient de se fendre de deux tribunes dans le quotidien Le Monde. La première, intitulée « Tant que Poutine restera au pouvoir, personne ne sera en sécurité. Aucun de nous » mais surtout la deuxième, « Mes chers amis russes, c’est l’heure de votre Maïdan » n’ont pas manqué de m’étonner, si on me permet cette litote. Que les choses soient claires, s’il s’était contenté de condamner l’intervention russe, j’en serais resté là. Dans le concert, que dis-je, la cacophonie médiatique, ç’aurait été faire preuve d’une modération extrême. Mais non, celui qui pour écrire son œuvre qui lui valut le prix Goncourt et le prix de l’Académie française, a fait un travail d’historien dans les tréfonds des crimes nazis en Europe de l’Est, en appelle désormais le peuple russe à reproduire ce qui fut l’acte de naissance du bataillon Azov, à savoir le Maïdan ukrainien, pour se débarrasser de Vladimir Poutine.

Certains y verront un naufrage. Moi, Littell me fait penser à une vieille chaussette trouée. Tout le monde sait ce qu’on fait des vieilles chaussettes trouées. Au mieux, elles peuvent encore servir à cirer les bottes.

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