RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher
15 

Les contradictions de Jonathan Littell

Le petit Jonathan s’est perdu au rayon Histoire de la grande bibliothèque de l’Occident.

L’histoire, qui nous offre parfois de ces bizarreries, ne serait-elle qu’un vaste dressing dans lequel l’âme humaine, comme une vieille chaussette trouée, traîne au fond d’un placard ? Retournement de veste ou strip-tease intégral ? Un peu des deux, I suppose... Jonathan Littell, en devenant le nègre du Monde (libre ?), rejoint Bernard Henri-Lévy parmi les vautours qui vont se repaître de la carcasse ukrainienne.

Qu’il est sinueux le chemin parcouru par lui depuis 2006...

Cette année-là il publie un pavé de 900 pages au titre antinomique : Les Bienveillantes. Ce livre, je l’avais emprunté à la bibliothèque de l’Alliance française de Shanghai. Je me souviens avoir plongé tête la première dans cette narration de la psyché nazie et la spirale de violences macabres dans laquelle un officier allemand des Einsatzgruppen plonge lui aussi le long des routes le menant vers le front de l’Est.

C’est un exposé froid, clinique, des atrocités commises par les milices du Troisième Reich complètement déshumanisées, massacrant sur leur passage Juifs, Tziganes et tous ceux qui les gênaient ou leur déplaisaient.

Je ne vais pas m’attarder sur ce livre que je recommande mais qui ne peut en aucun cas être considéré comme une référence historique bien que l’auteur ait indéniablement effectué d’intenses recherches dans ce sens. Il fait simplement partie des œuvres qui permettent de se faire une idée de ce que l’humain “ lambda ” est capable de faire lorsqu’il est placé dans un certain contexte.

Si l’ouvrage se situe dans un arrière-plan historique, les personnages centraux sont imaginaires. Et quand bien même je n’ai trouvé aucune référence à ce sujet, on peut faire l’hypothèse que Littell s’est inspiré de la division Das Reich, ayant appartenu à la Waffen-SS et qui fut certainement la plus féroce, la plus brutale ayant agi sur le front de l’Est. En effet, il y a des similitudes, outre la barbarie des actes commis, sur le fait que dans Les Bienveillantes, le héros entretient des liens avec l’Alsace par le biais de son beau-père et du temps qu’il a passé là-bas enfant et que parmi les effectifs de la division Das Reich, composée de Volksdeutsche, il y eut des Mosellans et des Alsaciens. En outre, le héros quitte pour un temps le front de l’Est pour venir se reposer en France comme le fit la division Das Reich durement touchée par des combats contre les Soviétiques, et où elle sévira plus tard dans le Sud-ouest, à Oradour-sur-Glane entre autres funestes crimes, pour ne parler que du plus connu.

Cette infâme division Das Reich a récemment fait un retour par la bande puisqu’elle sert de modèle, pour ne pas dire de canon, au non moins infâme bataillon Azov ukrainien qui va jusqu’à reprendre son emblème, la Wolfsangel et partage avec leurs illustres prédécesseurs une profonde haine des Russes. Ce bataillon, milice d’extrême-droite ostensiblement néonazie, composée de volontaires mercenaires ukrainiens et étrangers, intégrée aux forces gouvernementales depuis 2014, est responsable des bombardements sur le Donbass qui ont tué des milliers d’Ukrainiens russophones, mais aussi du massacre de 46 Ukrainiens pro-russes le 9 mai 2014 à Odessa... tout cela dans l’indifférence complète de la communauté internationale... et de Jonathan Littell. Le modus operandi du massacre d’Odessa n’est d’ailleurs pas sans rappeler ceux des Einsatzgruppen lors de tueries de masse que Littell relate, notamment dans une des scènes les plus marquantes des Bienveillantes.

Oui, qu’il est tortueux le chemin parcouru par Jonathan Littell depuis 2006. Et que sa destination est pour le moins... déroutante.

En quelques jours, l’auteur franco-étasunien vient de se fendre de deux tribunes dans le quotidien Le Monde. La première, intitulée « Tant que Poutine restera au pouvoir, personne ne sera en sécurité. Aucun de nous » mais surtout la deuxième, « Mes chers amis russes, c’est l’heure de votre Maïdan » n’ont pas manqué de m’étonner, si on me permet cette litote. Que les choses soient claires, s’il s’était contenté de condamner l’intervention russe, j’en serais resté là. Dans le concert, que dis-je, la cacophonie médiatique, ç’aurait été faire preuve d’une modération extrême. Mais non, celui qui pour écrire son œuvre qui lui valut le prix Goncourt et le prix de l’Académie française, a fait un travail d’historien dans les tréfonds des crimes nazis en Europe de l’Est, en appelle désormais le peuple russe à reproduire ce qui fut l’acte de naissance du bataillon Azov, à savoir le Maïdan ukrainien, pour se débarrasser de Vladimir Poutine.

Certains y verront un naufrage. Moi, Littell me fait penser à une vieille chaussette trouée. Tout le monde sait ce qu’on fait des vieilles chaussettes trouées. Au mieux, elles peuvent encore servir à cirer les bottes.

URL de cet article 37911
  
AGENDA

RIEN A SIGNALER

Le calme règne en ce moment
sur le front du Grand Soir.

Pour créer une agitation
CLIQUEZ-ICI

Sur les eaux noires du fleuve.
Maurice LEMOINE
Plus de six décennies de conflit armé affectent la Colombie, pays considéré, d’un point de vue formel, comme une démocratie. Aux guérillas nées en réaction à la violence structurelle et à l’injustice sociale a répondu une épouvantable répression. En cette année 2002, le gouvernement a rompu les négociations avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie. Ces terribles FARC viennent d’enlever Ingrid Betancourt. L’élection présidentielle se profile, dont est favori un dur, un certain à lvaro. De (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

« Dire que l’on ne se soucie pas de la protection de la vie privée parce qu’on n’a rien à cacher équivaut à dire que l’on ne se soucie pas de la liberté d’expression parce qu’on n’a rien à dire. » - Edward Snowden

La crise européenne et l’Empire du Capital : leçons à partir de l’expérience latinoaméricaine
Je vous transmets le bonjour très affectueux de plus de 15 millions d’Équatoriennes et d’Équatoriens et une accolade aussi chaleureuse que la lumière du soleil équinoxial dont les rayons nous inondent là où nous vivons, à la Moitié du monde. Nos liens avec la France sont historiques et étroits : depuis les grandes idées libertaires qui se sont propagées à travers le monde portant en elles des fruits décisifs, jusqu’aux accords signés aujourd’hui par le Gouvernement de la Révolution Citoyenne d’Équateur (...)
Analyse de la culture du mensonge et de la manipulation "à la Marie-Anne Boutoleau/Ornella Guyet" sur un site alter.
Question : Est-il possible de rédiger un article accusateur qui fait un buzz sur internet en fournissant des "sources" et des "documents" qui, une fois vérifiés, prouvent... le contraire de ce qui est affirmé ? Réponse : Oui, c’est possible. Question : Qui peut tomber dans un tel panneau ? Réponse : tout le monde - vous, par exemple. Question : Qui peut faire ça et comment font-ils ? Réponse : Marie-Anne Boutoleau, Article XI et CQFD, en comptant sur un phénomène connu : "l’inertie des (...)
93 
Le DECODEX Alternatif (méfiez-vous des imitations)
(mise à jour le 19/02/2017) Le Grand Soir, toujours à l’écoute de ses lecteurs (réguliers, occasionnels ou accidentels) vous offre le DECODEX ALTERNATIF, un vrai DECODEX rédigé par de vrais gens dotés d’une véritable expérience. Ces analyses ne sont basées ni sur une vague impression après un survol rapide, ni sur un coup de fil à « Conspiracywatch », mais sur l’expérience de militants/bénévoles chevronnés de « l’information alternative ». Contrairement à d’autres DECODEX de bas de gamme qui circulent sur le (...)
103 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.