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Les débuts de Trump

Le 19 janvier, à Washington, Donald Trump était investi et devenait de fait le 45ème président des Etats-Unis d’Amérique, en succédant à Barack Obama. L’image que laissera ce dernier n’est guère joyeuse puisqu’au cours de ses deux mandats il aura alterné entre renoncements, déstabilisation d’Etats souverain, et bombardements de civils. Certes quelques avancées auront été obtenues par le peuple américain, mais à quel prix ? La pauvreté, les gangs, le chômage, le racisme envers les noirs, les musulmans, les migrants venus d’Amérique latine ou d’Asie sont eux toujours là, et ce ne sera sans doute pas le nouveau chef de la Maison Blanche qui résoudra ces problèmes.

Si il y a une chose dont on peut-être certain, c’est que Trump tiendra ses promesses électorales. Tout du moins il mettra tout en oeuvre pour le faire. Ses premières mesures n’ont d’ailleurs pas attendu longtemps avant d’être mises en place. Plusieurs décrets ont ainsi été signés, toutefois il est important de garder à l’idée que certains ne sont que provisoires et que le nouveau président use de cette technique sachant pertinement que le Sénat, bien que républicain, lui est en partie hostile.

L’immigration

De ce côté-ci il y a une réelle inquiétude. Durant sa campagne Trump a multiplié les discours contre l’immigration, qu’elle provienne du Moyent-Orient, de l’Afrique ou de l’Amérique latine. Il avait ainsi déclaré vouloir interdire l’entrée de musulmans sur le territoire des États-Unis. Force est de constater qu’il a l’intention de mettre en application ses idées. Ainsi un premier décret a interdit l’accès aux Etats-Unis, à des ressortissants de 7 pays : l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Libye, le Soudan, la Somalie et le Yémen. Un décret qui touche non seulement les habitants de ces pays, mais également les étasuniens originaires de ces Etats qui auraient pu se trouver hors du territoire national pour des raisons professionnelles ou privées. On a ainsi pu assister à des scènes surréalistes où des personnes ayant le passeport des EU se voyaient refuser l’accès au pays et restaient bloquées dans les aéroports.

Fort heureusement, la Justice vient (Samedi 4 février) de bloquer le décret anti-immigration du président (1). Une décision lourde de conséquence qui pourrait signifier que d’autres décrets pourraient être bloqués par la suite.

L’autre proposition phare du programme de Trump, en matière d’immigration, c’était la construction d’un mur à la frontière mexicaine – mur qui existe déjà en partie – payé aux frais du Mexique. A la suite d’un autre décret, lançant la construction du mur, le président mexicain, Enrique Pena Nieto, a riposté. Tout d’abord en réaffirmant que le Mexique ne payerait pas pour la construction de ce mur, puis pour signaler, en guise de protestation, qu’il ne participerait pas à la rencontre avec le président des EU initialement prévue le 31 janvier dernier (2).

Un président réactionnaire ?

Le Parti républicain n’a jamais été connu pour son progressisme en matière sociétale. Mariage homosexuel, IVG, droits des femmes, droits des LGBT, l’électorat de ce Parti est bien souvent traditionaliste, rétrograde, et réactionnaire. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’avec Donald Trump ils ont trouvé un président qui leur ressemble.

Ainsi un de ses premiers décrets fut d’interdire le financement d’ONG internationales qui soutiennent l’avortement. Concrètement cela signifie qu’à travers le monde des femmes pourront se voir privées du droit à l’avortement. L’image de la photo est également très révélatrice. Trump est entouré d’hommes pour signer un décret relatif au droit des femmes, une image qui a fait le tour du monde et qui n’a pas manqué de provoquer des réactions d’organisations progressistes de partout dans le monde.

La politique extérieure

Plus que la politique intérieure qui au fond concerne en premier lieu le peuple américain, l’aspect relations internationales devra être scruté de très prés. A n’en pas douter, l’élection de Donald Trump va changer la donne dans le monde entier. D’une part parce qu’il considère que l’OTAN est désormais une organisation obsolète, ce qui est une excellente chose car cette organisation n’apporte que la guerre partout où elle va et, d’autre part, parce qu’il envisage une refonte des relations internationales basée sur son slogan « America first ».

Cette vision s’est traduite par une première mesure forte, que nous ne pouvons désapprouver : le retrait des Etats-Unis du Traité de libre-échange du Pacifique. A l’heure où certains parlementaires européens – notamment du groupe Gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique (GUE/NGL) – tentent de s’opposer au CETA, traité de libre-échange avec le Canada, cette mesure pourrait conduire à inverser la tendance.

Donald Trump a également affirmé à plusieurs reprises son intention de renouer un dialogue constructif avec la Russie de Vladimir Poutine. Une alliance à la fois pour combattre Daech en Syrie, et à la fois pour apaiser les tensions entre les deux pays. Mais en dessous de ces discours se cache une autre vérité. Depuis 1945 les Etats-Unis et la Russie (où l’URSS jusqu’en 1991) étaient en compétition pour le leadership mondial. Une compétition qui ne sait pas arrêtée avec la chute de l’URSS, loin de là. De fait toutes les « attaques » étasuniennes étaient dirigées contre la Russie : campagne de communication, diabolisation, envoi de troupes aux frontières russes, intégration dans l’OTAN de pays frontaliers de la Russie. Il n’y à qu’à imaginer si, durant la guerre froide, un pays comme le Mexique où le Canada avait intégré le Pacte de Varsovie pour comprendre la réaction russe.

Mais désormais la Russie n’est plus le « danger » numéro 1, au niveau économique. C’est la République populaire de Chine, en passe de devenir la première puissance économique du monde, qui inquiète les Etats-Unis. D’où les annonces de Trump sur son intention d’augmenter les droits de douanes sur les produits venant de Chine, d’où sa position sur les îles que réclame la Chine. Il sera donc intéressant de voir dans quelques mois quand l’administration américaine aura renoué avec la Russie et commencera à diriger ses attaques contre la Chine le discours des médias. Il est fort probable que certaines critiques sur la Russie cessent, tandis que se multiplieront celles contre la Chine.

L’élection de Trump bouleverse donc à la fois la politique intérieure des EU, mais aussi les relations internationales, chaque pays devra maintenant s’adapter au fait qu’à partir de maintenant ce sera l’Amérique d’abord.

Sources :

(1) : La Justice américaine vient de bloquer le décret anti-immigration de Trump

(2) : Le président mexicain annule sa rencontre avec Donald Trump

»» https://republiquesocialeblog.wordpress.com/2017/02/04/les-debuts-de-trump/
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Dans le même temps, nous n’avons pas respecté les quotas de visas pour les Cubains désireux d’immigrer aux Etats-Unis [...] quand Castro tente d’empêcher des cubains malheureux de quitter leur pays infortuné, nous l’accusons de violer des droits de l’homme. Mais quand il menace d’ouvrir grand les portes si nous continuons à accueillir sans limites des cubains sans visas - y compris ceux qui ont commis des actes de violence pour aboutir à leurs fins - nous brandissons des menaces imprécises mais aux conséquences terribles. "

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