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Eléments d’information économiques pour les adeptes télévisés du cri ovin et bovin « Venezuelaaaaa ! »

Les preuves du crime économique contre le Venezuela

Laisser de côté ce à quoi est confronté le Venezuela aujourd’hui, sous forme d’une multi-agression permanente en matière économique, serait un acte d’irresponsabilité délibérée. Ce serait aussi une analyse partielle et biaisée.

Ce serait la même chose que d’analyser l’économie mexicaine sans considérer qu’elle a les États-Unis comme voisin du nord. Ou supposer qu’un pays a de l’accès à la mer sans l’avoir. Donc, comment une étude ou une proposition peut-elle être lue sur la base de prémisses fausses et inexistantes, éclipsant une bonne partie de ce qui se passe ?

1. Le « risque-pays » accordé par les agences de notation est inadmissible vu le respect du Venezuela concernant le paiement de la dette extérieure. Au cours des quatre dernières années, la République Bolivarienne du Venezuela a honoré ses engagements de paiement pour un total de 73.359 millions de dollars. Toutefois le « risque-pays » ne cesse pas d’augmenter. Ont été repérés 32 mois au cours des 14 dernières années où le « risque-pays » du Venezuela a augmenté malgré la hausse du prix du pétrole. Actuellement, le « risque-pays », donné par JP Morgan (EMBI +), se situe à 4.820 points, soit 38 fois plus de que ce qui est attribué au Chili malgré le fait que ce dernier a un ratio dette / PIB similaire à celui du Venezuela.

2. Le mot « default » est utilisé contre le Venezuela indépendamment de sa signification. Deux exemples récents, bien que le Venezuela ait respecté le paiement de la dette extérieure : a) Fitch Ratings a déclaré que le Venezuela avait un « default sélectif », b) Standard & Poors a abaissé la note de CC / C à SD / D (default sélectif). Mais cela vient de loin. Un autre exemple moins récent : en février 2016, Bloomberg a affirmé que le Venezuela avait 76% de chance d’entrer en « default » dans un an. Et ainsi nous aurions des milliers et des milliers de témoignages qui confirment que les notations contre le Venezuela ne suivent pas un critère de rationalité économique.

3. Donald Trump a ordonné un décret (basé sur un décret précédent d’Obama) contre l’économie vénézuélienne. Il suffit de le lire en détail pour se rendre compte qu’il s’agit d’un boycott explicite dans le but d’empêcher les relations du Venezuela avec des partenaires privés étasuniens, tout en limitant le respect des paiements de la dette extérieure ainsi que les possibilités de refinancement de celle-ci.

4. Une grande partie du système financier international, depuis quelques années déjà, promeut un système de blocus vis-à-vis les opérations financières du Venezuela ; limitant ainsi les actions de plusieurs institutions nationales (publiques et privées) pour effectuer des paiements aux fournisseurs, recevoir des paiements, effectuer les transactions, gérer les portefeuilles d’investissement, respecter les obligations financières et accéder aux sources de financement internationales. Il y a eu des annulations unilatérales de contrats de correspondants bancaires contre le Venezuela (Citibank, Comerzbank, Deutsche Bank). Depuis juillet 2017, l’agent de paiement des obligations émises par PDVSA a signalé que sa banque correspondante aux États-Unis (PNC Bank) a refusé de recevoir des fonds de la compagnie pétrolière nationale. Pour sa part, Novo Banco (Portugal) a notifié en août 2017 l’impossibilité d’effectuer des opérations en dollars par les institutions publiques vénézuéliennes en raison du blocage des intermédiaires. La société Euroclear, en charge de la garde d’une partie significative des obligations vénézuéliennes, maintient d’importantes opérations de transactions des obligations retenues en procès de « Révision » ; dû aux pressions exercées par l’OFAC (plus de 1,2 milliard de dollars). La banque alliée du Venezuela, Bank of China Frankfurt, n’a pas été en mesure de réaliser une opération destinée au paiement d’engagements auprès de la société minière canadienne Gold Reserve à hauteur de 15 millions de dollars.

5. Il y a eu des blocages pour le paiement de la nourriture et d’autres produits de base. Par exemple, au cours de la troisième semaine de novembre, plus de 23 opérations de paiement de 39 millions de dollars pour aliments ont été remboursées parce que les banques intermédiaires de fournisseurs ne voulaient pas accepter de l’argent venant du Venezuela. Des situations similaires se sont produites pendant les achats de Noël, achats des médicaments (insuline, médecine pour la malaria et le paludisme), achat des graines, le transport des athlètes vénézuéliens (Wells Fargo Bank a empêché l’opération), la communication (la banque néerlandaise Rabobank a refusé le paiement pour la fonctionnalité de la chaine Telesur alléguant que le donneur d’ordre a été sanctionné par l’OFAC).

6. L’évolution du taux de change illégal « parallèle » n’a aucun « parallélisme » avec aucune variable macroéconomique. La valeur de ce type de change s’est multipliée 1.410 fois depuis août 2014 jusqu’à aujourd’hui ; tandis que le montant des billets et des pièces s’est multiplié par 43 ; le montant de la liquidité s’est multiplié par 64 ; et le taux de change implicite par 141. Même l’orthodoxie néoclassique ne sert pas à expliquer le comportement de cette arme politique de destruction économique, utilisée pour induire une augmentation disproportionnée de l’inflation.

Nous pourrions ajouter à cette liste toutes les tentatives du MERCOSUR d’isoler le Venezuela ; et les sanctions de l’Union européenne ou du Canada ; et le retrait de compagnies aériennes telles qu’Avianca ou Aerolíneas Argentinas. Et en plus de cela, il faut ajouter la chute retentissante du prix du pétrole entre 2014 et 2016 (passant d’un prix annuel moyen du baril de 88, à 35 dollars).

Cette réalité est indéniable et aucun autre pays n’est soumis à ce type de siège économique aussi persistant et d’une aussi forte intensité.

Alfredo Serrano MANCILLA

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