RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher
Un poète, un homme hors du commun.

PEY, PEY, PEY

Serge Pey est un extraordinaire poète, dans tous les sens du mot : qui sort de la règle, de l’usage ordinaires, qui n’est pas courant, exceptionnel, inhabituel, qui étonne par sa bizarrerie, son étrangeté, son originalité, qui s’écarte énormément du niveau moyen, ordinaire, qui, par ses qualités, sort de la moyenne, qui est très grand, intense, immense.
C’est un militant qui a mené la lutte clandestine dans le Chili de Pinochet.
C’est un de mes amis.
C’est un lecteur assidu du Grand Soir qu’il a défendu quand nous étions sous la grêle des calomnies.

Quelle bonne nouvelle que l’attribution du plus grand prix littéraire pour la poésie à cet homme-là !
Son ami Jean Ortiz (qui se ressemble s’assemble) lui rend hommage dans un article publié par l’Humanité.
Lisons, nous en serons meilleurs. Et plus heureux.

Maxime Vivas

Serge Pey, préfacier de notre « Vive le Che ! », vient d’être couronné à l’unanimité du Prix Apollinaire de poésie 2017, prix prestigieux s’il en est, équivalent d’un Goncourt de poésie. Créé par Cocteau en 1941. Couronné ! Le libertaire Serge Pey a dû goûter comme il se doit la saveur du mot, lui, le coupeur de têtes non-pensantes.
Il est difficile d’écrire sur un copain. Nous savons tous que Serge et son œuvre méritent... un mausolée, ou le Nobel !! Pour le mausolée, il y est réfractaire ; et comme l’homme au chapeau noir ne se vend pas, le Nobel n’est pas pour deux mains.
 
Ce prix lui a été décerné sur la terrasse du célèbre café littéraire Les deux magots, où Apollinaire avait ses alcools. Nul doute que Serge adore les magots !! Il a passé une vie à s’enrichir, à s’enrichir des autres, des luttes, des rêves, des résistances, des roseaux de pluie des indiens mexicains, des hallucinations au peyotl, des combats avec le MIR de Miguel Henríquez... Il y a trente ans, je l’avais invité pour réaliser une « performance poétique » dans mon établissement secondaire. Il performa si bien qu’il y forma un sacré souk, mais toujours de qualité pour tous. Halluciné. Hallucinogène. Hallucinatoire.
 
Sous la coupole de Niemeyer à Fabien, il y a un mois, au siège du PCF à Paris (pour honorer le CHE), avec sa compagne comédienne sarde Chiara, il scotcha la foule des camarades présents. « Mes mots rables », dit-il. « C’est la première fois que je rentre dans un siège coco ». Et il put en sortir ! ÉMU. BOULEVERSÉ. Et photo avec Pierre Laurent !
 
Serge vient d’être couronné pour son récent recueil de poésie (il en a enfanté des dizaines, aussi telluriques, aériens, fougueux, les uns que les autres), et autres matériaux poétiques, autour et dans son dernier né : « Flamenco », l’histoire d’une grande danseuse toulousaine, exilée, Carmen Gómez, la « Joselito », la danseuse aux pieds ailés, au « duende » inaltérable. La « Joselito », la mère de tous les flamencos de Toulouse, et de tous les guitaristes de grande facture de chez nous, souvent fils de l’exil républicain ou antifasciste, la famille Sandoval, Serge López, Manolo Rodriguez, et beaucoup, beaucoup d’autres. De tous les danseurs et danseuses qui prennent le Capitole pour Triana. La « Joselito » est la mère de tous ces Andalous occitans, métissés, multi-culturalisés, comme la soleá reste la mère du flamenco.
 
Je me souviens encore -il y a si longtemps- d’un voyage « ida y vuelta » à Séville, pour écouter Enrique Morente chanter son « Estrella », et nous ouvrir un horizon d’utopie sensuelle, incandescente, mais noire à la fois. Comme Lebrijano, Pinilla, el Cabrero, el Cigala, Camarón... et « les vieux », la source sans cesse renouvelée, la Paquera de Jerez, la Niña de los Peines, Marchena, Mairena, la Carmen Linares, la Cristina Hoyos, la Yerbabuena... Olé pour tous ceux que j’oublie, « Olé por bulería »
 
L’écriture de Pey est flamenca, parce qu’elle vient des racines, du sang, qu’elle est rythmée, « compassée », toujours proche de la rupture, parce qu’elle est chair, parce qu’elle est libre, provocatrice, jusqu’à inventer des balades, des itinéraires poétiques pour rejoindre et ressusciter Antonio Machado à Collioure, Victor Hugo à Cuba, Neruda partout... ARTE. POUR LE PEUPLE. Et action ! La pensée en actes et le poème arme « por todas partes ». Serge est un poète, flingueur et pro fête, à Toulouse comme à Santiago du Chili, un « payador » de l’oralité. Un fouteur de bordel poétique. Donc : politique.

Jean ORTIZ

»» https://www.humanite.fr/blogs/pey-pey-pey-645744
URL de cet article 32570
  

Même Auteur
CHE, PLUS QUE JAMAIS (ouvrage collectif)
Jean ORTIZ
Recueil d’interventions d’une vingtaine d’auteurs latino-américains et européens réunis à Pau en avril 2007 pour un colloque portant sur l’éthique dans la pratique et la pensée d’Ernesto Che Guevara, une pensée communiste en évolution, en recherche, qui se transforme en transformant, selon les intervenants. Quatrième de couverture On serait tenté d’écrire : enfin un livre sur le Che, sur la pensée et la pratique d’Ernesto Guevara, loin du Che désincarné, vidé d’idéologie, doux rêveur, marchandisé, (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

"Ce n’est pas de Wikileaks que les Etats-Unis ont peur. Ce n’est pas de Julian Assange qu’ils ont peur. Qu’importe ce que je sais ? Qu’importe ce que Wikileaks sait ? Ce qui importe, c’est ce que VOUS savez." — Julian Assange

La crise européenne et l’Empire du Capital : leçons à partir de l’expérience latinoaméricaine
Je vous transmets le bonjour très affectueux de plus de 15 millions d’Équatoriennes et d’Équatoriens et une accolade aussi chaleureuse que la lumière du soleil équinoxial dont les rayons nous inondent là où nous vivons, à la Moitié du monde. Nos liens avec la France sont historiques et étroits : depuis les grandes idées libertaires qui se sont propagées à travers le monde portant en elles des fruits décisifs, jusqu’aux accords signés aujourd’hui par le Gouvernement de la Révolution Citoyenne d’Équateur (...)
Analyse de la culture du mensonge et de la manipulation "à la Marie-Anne Boutoleau/Ornella Guyet" sur un site alter.
Question : Est-il possible de rédiger un article accusateur qui fait un buzz sur internet en fournissant des "sources" et des "documents" qui, une fois vérifiés, prouvent... le contraire de ce qui est affirmé ? Réponse : Oui, c’est possible. Question : Qui peut tomber dans un tel panneau ? Réponse : tout le monde - vous, par exemple. Question : Qui peut faire ça et comment font-ils ? Réponse : Marie-Anne Boutoleau, Article XI et CQFD, en comptant sur un phénomène connu : "l’inertie des (...)
93 
Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
69 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.