Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes


Tunisie : analyse critique du Gouvernement dit d’union nationale

© Stringer, AFP | Youssef Chahed (en bas à dr.) et des membres de son gouvernement au Parlement, le 26 août.

Dans un appel urgent, ayant pour titre « Le G.U.N : UN GOUVERNEMENT DE GESTION, ET NON DE SOLUTION DE LA CRISE », reproduit intégralement ci-dessous, un collectif de 22 militant(e)s de la gauche tunisienne a rendu publique son analyse critique du Gouvernement dit d’union nationale (G.U.N) intronisé par le parlement le 26 Août 2016.

Le G.U.N : UN GOUVERNEMENT DE GESTION, ET NON DE SOLUTION DE LA CRISE

Le Gouvernement dit d’union nationale, constitué le 26 Août 2016, jour de son intronisation par L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) avec une majorité numériquement très confortable, n’a pas soulevé l’enthousiasme des citoyens et citoyennes, c’est le moins que l’on puisse dire !

Les conditions dans lesquelles ce gouvernement a été constitué – avec les tractations, les manœuvres et les calculs qui ont accompagné le processus laborieux de sa constitution – ajoutées aux alliances contre nature, avec la présence parmi ses membres d’un homme appartenant à la gauche, compromettent sa crédibilité et font de lui plutôt un simple « remake » du gouvernement Habib Essid, remercié par l’ARP avec les applaudissements, Assemblée qui ne craint plus le ridicule !

Les circonstances qui ont accompagné, des semaines durant, le processus laborieux de la constitution de ce gouvernement prétendument d’union nationale, confirment, s’il en était besoin, à quel point notre pays vit, non plus seulement une crise économique et sociale profonde et qui s’aggrave d’année en année depuis 6 ans, mais, aussi, et de plus en plus, une crise politique qui se confirme et s’approfondit de jour en jour.

Le système politique qui s’est construit et imposé depuis le 14 Janvier 2011 n’a pas réussi à initier et développer une vie politique démocratique et pluraliste qui permette au peuple tunisien, à ses élites et à ses électrices et électeurs de participer à la construction d’une deuxième République qui rompe de façon effective avec le despotisme, ses valeurs et ses pratiques répressives et anti-démocratiques, sans ouvrir grandes les portes à un despotisme d’essence théocratique, obscurantiste et encore plus rétrograde et réactionnaire que celui dont la Tunisie s’est débarrassée le 14 janvier 2011.

Dans la démocratie dont la Tunisie d’après le 14 janvier 2011 a besoin, l’action politique se doit de se mettre exclusivement au service de la chose publique et de se fonder sur des principes et des valeurs qui ne laissent aucune place à l’hypocrisie et au double langage, aux calculs sordides, aux alliances contre-nature, à l’argent politique, aux groupes de pression et aux pratiques mafiosiques.

Le prétendu gouvernement d’union nationale que l’on vient de nous offrir à l’occasion du 3ème anniversaire du « Sit-in du Départ »* est le pur produit de cette crise politique profonde.

Avec plusieurs de ses membres appartenant à Ennahdha, et d’autres à un Nidaa Tounès profondément divisé, avec un ministère important attribué à un laudateur enthousiaste de Ben Ali à quelques semaines de sa chute, avec un membre venu de la gauche mais qui n’ajoutera rien à la crédibilité de ce gouvernement, le gouvernement présidé par Youssef Chahed – mais qui est et sera en réalité celui du duo ESSEBSI / GHANNOUCHI – n’ira pas très loin.

Entré en fonction il y a bientôt un mois, AUCUNE DÉCISION D’ENVERGURE N’A ÉTÉ ANNONCÉE, alors que sur plusieurs questions clés, il y a EXTRÊME URGENCE : Le Chômage, le développement régional, la chute vertigineuse du dinar, la hausse des prix, le dossier des Caisses de Sécurité Sociale, celui de nos hôpitaux et du secteur de la Santé de manière générale, pour ne parler que de celles-là !

Il est clair que ce n’est pas d’un gouvernement constitué dans le cadre de calculs sordides, de compromissions, d’alliances contre-nature, et tout cela dans le cadre d’une soumission aux diktats du FMI, de la Banque mondiale et des instances financières internationales, qu’il faut s’attendre à ce que la Tunisie sorte enfin de la crise économique, sociale et maintenant politique dans laquelle elle s’est enfoncée.

Un groupe de militant(e)s de gauche :

Amira Aleya Seghayer - Wassim Jday - Nabil Azzouz - Samira Ben Kaddour Belkadhi - Hamadi Ben Yahia- Rafika Gharbi - Salah Zeghidi - Salah Horchani - Alamine Charni- Samira Trabelsi - Melika Hentati - Leila Chebbi - Nozha Skik - Aymen Hacen - Mehdi Abdeljaouad - Salem Ounaiès - Mohamed Salah Fliss - Houcine Ghali - Besma Triki - Imen Bechraoui - Moncef Ghanmi - Farhat Raddaoui.

....................................................

* Voir au sujet du Sit-in du Départ, par exemple, mon billet intitulé « Prix Nobel de la Paix 2015 : une petite pensée pour le "Sit-in du Départ" ! » paru ici.

»» https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/210916/tunisie-analyse-...
URL de cet article 30920
   
Cuba, Fidel et le Che - ou l’aventure du socialisme
Danielle BLEITRACH, Jacques-François BONALDI
Voilà notre livre, il est enfin sorti de l’imprimerie, tout chaud comme un petit pain… Il faut que je vous explique de quoi il s’agit, comment se le procurer s’il vous intéresse et comment organiser des débats autour si bien sûr vous êtes en mesure de le faire… Danielle Bleitrach D’abord sachez que ce livre inaugure une collection du temps des cerises, collection qui portera le nom "aventure du socialisme" Je reviendrai sur cette idée du socialisme comme aventure. L’idée donc du livre (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

A force de tout voir on finit par tout supporter...
A force de tout supporter on finit par tout tolérer...
A force de tout tolérer on finit par tout accepter...
A force de tout accepter on finit par tout approuver.

Saint Augustin


Le DECODEX Alternatif (méfiez-vous des imitations)
(mise à jour le 19/02/2017) Le Grand Soir, toujours à l’écoute de ses lecteurs (réguliers, occasionnels ou accidentels) vous offre le DECODEX ALTERNATIF, un vrai DECODEX rédigé par de vrais gens dotés d’une véritable expérience. Ces analyses ne sont basées ni sur une vague impression après un survol rapide, ni sur un coup de fil à « Conspiracywatch », mais sur l’expérience de militants/bénévoles chevronnés de « l’information alternative ». Contrairement à d’autres DECODEX de bas de gamme qui circulent sur le (...)
96 
Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.
Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature d’un de ses journalistes réguliers traitant de l’international, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît l’histoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), c’est une accusation de nazisme et d’antisémitisme qui est ainsi (...)
115 
Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
67 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.